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Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

     www.pourlecommunisme.com est un site qui s'attaque directement aux critiques faites contre le communisme (millions de morts imputés à l'idéal communiste, faillite économique, etc...). Il ne fait la promotion d'aucun régime existant ou ayant existé par le passé, s'efforce de comprendre les faits et de proposer des pistes pour l'avenir.

     Vous êtes anticommuniste et voulez débarasser le monde d'un jeune fou qui, selon vous, risque de faucher à nouveau des millions de vies?

Vous êtes stalino-maoïste (pardon : marxiste-léniniste-pensée-Mao-Zedong) et voulez écraser la vermine révisionniste que je suis?

Vous voulez simplement parler du communisme?

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27 août 2009 4 27 /08 /août /2009 01:17

Après avoir pensé l'annuler, je poste cette conclusion, car je dois vraiment changer de sujet. La montée du chômage (malgré la "croissance surprise" de 0,3% au second semestre), les séquestrations de patrons, l'actualité du Venezuela et de son ignooooooooble "dictateur" Chavez qui "ferme les derniers médias privés" (depuis des années qu'il est accusé de le faire, il est étonnant qu'il n'ait pas encore fini)... autant de sujets sur lesquels je n'écris rien. Le compte rendu de voyage ne m'occupe plus vraiement depuis le 13 août, et j'ai un autre projet sur le feu, concernant des vidéos sur ladite crise, et ladite révolution.

Je déteste rédiger des conclusions, tant en fin de dissertation qu’en fin de rapport, car elles obligent à se répéter. Je pense que ceux qui auront lu les dix précédents chapitres du compte-rendu auront compris que les cubains disposent de l’essentiel, tant sur les plans alimentaire, sanitaire, vestimentaire, etc… mais aussi, j’ose le dire, en matière d’information. Un touriste français qui aurait voulu lire au cubain un rapport de Reporters Sans Frontières à des cubains aurait pu le faire. Et je ne vois pas quel risque un cubain aurait encouru à nous dénoncer telle ou telle exaction du régime, surtout à la veille de notre départ. Aucun d’entre nous n’aurait eu intérêt à dénoncer un cubain.


Ils ont l’essentiel, disais-je. En lisant mon compte-rendu, Gilles Questiaux, sur Réveil Communiste, a remarqué les propos de Ramon Belloch selon qui la principale tare de l’économie cubaine serait justement que les cubains, étant fournis par l’état sur leurs besoins fondamentaux, en seraient démotivés et réduiraient leurs initiatives économiques et leur ardeur au travail.


http://reveilcommuniste.over-blog.fr/article-34660181.html


Gilles Questiaux y a vu une critique fondamentale du socialisme : en effet, si, comme tout communiste doit le vouloir, l’éducation, l’alimentation, la santé, l’électricité, l’eau, le logement ne constituent plus une incertitude pour le travailleur lambda, et que la conséquence en est le relâchement général du travail, alors le socialisme serait donc condamné à moyen terme.


On peut y répondre de plusieurs manières. Une économie socialiste où l’essentiel est garanti, mais où la consommation plus « dispensable » (loisirs, voyages, luxe, suralimentation...) reste tributaire des efforts de chacun,  n’a pas de raison de languir dans la paresse générale. Le problème de Cuba serait donc, blocus oblige (et quelques erreurs d’orientation industrielle aussi), que l’économie cubaine serait juste capable de fournir cet « essentiel », toutes les ressources étant mobilisées par l’état, exceptées bien sûr celles de l’économie parallèle. On peut aussi voir la réponse de Ramon Belloch sous un angle cynique : si l’économie cubaine était organisée de sorte à ce que les cubains n’aient pas l’essentiel, que des manques cruels se fassent sentir, alors l’esprit d’initiative serait plus fort, et dynamiserait sans doute l’économie nationale (la principale motivation étant la survie), mais au prix d’inégalités beaucoup plus fortes aussi (le principal ressort de ce système étant que les déshérités ne soient jamais sortis de la misère pour rester pressurés…).

Je vois pour ma part une autre signification : la reconnaissance d’un faible niveau d’initiative, que le pouvoir cubain lui-même a admis par sa tentative d’individualiser le travail agricole en 1993. Mais dont  les causes ne sont pas forcément celles indiquées par Ramon, ni réductibles  au blocus ou à la chute de l’URSS. Elles sont peut-être avant tout dans le choix fondamental de l’économie de commande et des prix fixés. Rappelons que le marché et le capitalisme sont deux choses différentes, que le marché comme le Plan subsistent à des degrés divers dans toute économie, et donc qu'un système socialiste n'a pas de raison d'éradiquer tout rapport marchand.

Si l’on veut répondre aux interrogations de Gilles, il faut garder à l’esprit que même dans le socialisme, on ne recrutera pas la totalité de la population active dans les secteurs de la santé, dans l’agroalimentaire, dans l’industrie lourde et des produits de base, ni dans l’éducation et les services sociaux. Un espace de « marge », ou de « liberté » pourra toujours être laissé à une fraction des individus, et ce même si l’on part à l’origine sur le principe d’une économie planifiée. Dès lors que l’on n’est plus dans la satisfaction des besoins élémentaires de la population, la collectivité n’est plus fondée à décider de ce qui doit être produit pour, puisque justement, on n’est plus dans le domaine du besoin objectif, mais du désir subjectif. Pour cela, l’entreprise individuelle ou, à plus haut niveau, la coopérative restent des structures plus appropriées que l’économie de Plan. Et pour ces travailleurs-là, pas de revenu garanti, ou alors un plancher minimal.

Mais pour ceux qui veulent continuer sur Cuba, d’autres compte-rendus (assez proches du mien cependant) vous attendent :

Celui des Jeunes Communistes du 92 :

http://jc92.over-blog.com/article-34578540.html

Celui, plus détaillé que le mien, de Nicolas Maury, des Bouches du Rhône :

http://www.editoweb.eu/nicolas_maury/Carnet-de-route-impressions-de-Cuba-premiere-partie_a3110.html

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13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 21:01

Les Français


Voyager, c’est aussi se découvrir soi-même (désolé pour le lieu commun). C’était particulièrement vrai pour ce voyage, en ce qui concerne les JC. Rencontrer des membres de toutes les fédérations (en fait 19 sur une cinquantaine de fédérations en France) est un évènement rare, car même lors des ANA (assemblées nationales des animateurs), les délégués ne se côtoient que pendant trois jours au maximum.


La délégation, comme je l’ai dit dans un autre article, surreprésentait les franciliens, surtout les fédérations du 93 et du 94 (près de 55 personnes, auxquelles s’ajoutèrent 3 parisiens et 5 altoséquaniens, du 92 quoi). Venaient ensuite les délégations du Rhône-Alpes (Rhône et Loire), et du Nord. Les autres fédérations étaient souvent réduites à moins de 4 membres.


De profondes différences apparurent entre les fédérations, entre les plus « voldemoriennes » (stals) et celles qui l’étaient moins, celles qui comptaient des membres venus en vacances et ceux venus accomplir un travail de découverte, de solidarité et de témoignage. Il m’apparaissait, au cours des discussions, voir des (enfin une surtout) fédérations sociale-démocrates, et d’autres plus « orthodoxes ». La réalité était bien entendue plus complexe, surtout dans les deux plus grosses délégations (93-94).


On eut droit à des tensions. Entre les tendances (euh pardon : les orientations) idéologiques, les marxistes / pas marxistes (et je me retrouvais du coup plus proche des marxistes, car je préfère encore être marxiste que ne pas avoir de base politique du tout, ou que d’être soc-dem), entre sections au sein d’une même fédération, entre conditions sociales aussi (entre celui qui travaille pour payer ses études et celui qui est supposé ne pas le faire), ou des différents personnels beaucoup plus triviaux. Quelques coups et plus encore de noms d’oiseaux à déplorer, et une triste image donnée aux cubains.


On a donc surtout vu les conséquences : 1) d’une absence de sélection des délégués sur la base de leurs motivations dans ce voyage. Il m’a semblé qu’une fédération (le Nord, je crois) avait fait ce travail, en exigeant un dossier de motivation aux candidats pour un mandat de délégué qui coûtait tout de même 1800 euros. Le dossier politique aurait dû être envoyé plus tôt dans chaque délégation, et un contrôle de sa lecture aurait dû être fait avant le départ, ce qui aurait permis (répétition encore des articles précédents) d’économiser du temps aux conférenciers cubains. Mais on vit aussi les conséquences 2) du cloisonnement des fédérations entre elles en France. Contre cela plusieurs solutions sont possibles. Les fédérations de la Loire et du Rhône sont censées se rapprocher à l’avenir, ce qui est peu surprenant pour des raisons géographiques, par le biais des militants de la Loire venant étudier à Lyon, mais aussi en organisant  des Assemblées Régionales des Animateurs (ARA). En Ile-de-France, où des ARA feraient inutilement concurrence aux ANA, on devrait (proposition personnelle) monter des cycles de formations politiques trans-fédérations (ne serait-ce que pour la petite couronne).


Du côté de l’organisation du voyage, et donc de la coordination, on ne peut pas lui reprocher certaines indolences des cubains (quelques conférences annulées, une visite sur la place de la Révolution en queue de poisson puisque tout était fermé, et qu’on ne pouvait sortir de la place). A la décharge des cubains, on eut pas mal d’indélicatesses des français (absentéisme partiel aux conférences, la quantité fort déplaisante de bouteilles et canettes abandonnées dans les bus, hôtels ou dans le camp de travail…).


Je remarque deux choses :


La première, qui devra être portée à la connaissance de la direction du MJCF pour le prochain voyage de solidarité, est que tout travail de solidarité, surtout si on n’en connaît pas les conditions (les cubains n’avaient pas permis aux coordinateurs français de visiter le camp en avance), doit déboucher sur la division de la délégation en deux groupes. A savoir : ceux qui travailleront, et les autres. Parmi ceux qui ne travailleront pas, on devra mettre d’office tous les mineurs (il y avait plusieurs délégués de 17 ans). Car si le travail, comme ce fut le cas dans ce voyage, génère un risque pour les personnes (insolations, hypoglycémies, autres malaises, insuffisance de l’hygiène), alors seuls les majeurs peuvent prendre le risque de participer aux travaux. N’ayant pas procédé ainsi, la délégation française se retrouva, au bout du deuxième jour de présence dans le camp, devant plusieurs malaises, à se poser la question d’un retour anticipé de toute la délégation, question qui n’aurait pas eu sa place si l’on s’était organisé en deux groupes : ceux qui auraient accepté le travail auraient dû assumer ce choix jusqu’au bout, et travailler tant qu’ils sont en bonne santé, le système de santé cubain s’étant montré capable de gérer les accidents. Mais notre coordination venait soudain de se rappeler que le travail était quelque chose de dangereux, et au cours du débat agité suivant l’annonce du départ anticipé du camp, ce furent ceux qui voulaient rester pendant toute la durée initialement prévue du travail de solidarité qui se firent accuser de jouer avec la santé des autres !


Deuxième chose : un certain relativisme culturel ressassé par des membres de la coordination. Parce que Cuba est le pays d’accueil que l’on était censé découvrir, parce que Cuba est un pays révolutionnaire et la France un pays capitaliste, il était évident dès le départ que, qu’on en soit conscients non, la France serait mise en situation d’infériorité morale dans ce voyage. Enfin c’est un peu l’impression que j’ai eue. Et qui apparaissait surtout lorsqu’on nous donnait l’impression que Cuba était impénétrable, qu’il fallait renoncer à la voir avec nos « préjugés d’occidentaux». Ce qui était passablement absurde : on ne se déculture pas en deux semaines, et on ne peut pas parler de « préjugés occidentaux » sur des questions comme le multipartisme, par exemple. Le multipartisme n’existe pas qu’en France, il concerne toute l’Europe, Russie incluse, l’Amérique du Nord, du Sud, le Japon, l’Inde, nombre d’états africains… On peut défendre le monopartisme cubain, mais pas en se réfugiant derrière le clivage Occident/Reste du monde. Autre exemple : vers la toute fin du voyage, posant des questions à un camarade (français) de la coordination sur le système sanitaire cubain, il me répondit encore qu’il ne faut pas rester dans les normes « occidentales » de la médecine (je croyais que la médecine était une science universelle, contrairement à l’astrologie, mais bon). Et que par exemple, en Inde, il y avait un bon système hospitalier, mais que l’on pouvait trouver des vaches (sacrées !) dans les hôpitaux. Un bon système hospitalier en Inde, je demande à voir, mais des vaches dans l’hôpital, quelque soit le pays, c’est dégueulasse ! Et ce n’est pas être « occidental » que de dire cela… (pour paraphraser Chirac…). Et tout cela pour finir sur une conclusion absurde à l’issue du voyage : n’ayant passé que deux semaines à Cuba, nous sommes censés ne rien avoir vu ou presque, mais nous devons défendre la Révolution cubaine en France ! Défendre Cuba contre les clichés et les calomnies, je suis pour. Mais dans ce cas qu’on me laisse exercer mon esprit critique sur ce que j’ai vu, en retirant le voile du « tu peux pas comprendre t’es occidental »…

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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 22:49

Les cubains


L’un des meilleurs moyens de me retirer l’envie de visiter un pays est de me vanter les qualités humaines de ses habitants, qui, comme par hasard, dans tous les pays qu’on vend au touriste français, sont toujours chaleureux, festifs, qui vous donnent envie de découvrir leur pays etc… Cela m’irrite au plus haut point, tant je sais que cette image a toutes les chances d’être fausse, mais aussi parce que à tant vanter les qualités d’un peuple, on fait passer l’idée que leurs qualités seraient exceptionnelles par rapport à celles des français. Les cubains m’ont clairement fait comprendre qu’ils sont un peuple comme les autres, parfois intéressés, souvent distants, et la fâcheuse habitude d’aborder le chaland en le tutoyant et se prétendant son ami n’a jamais rien annoncé de bon au cours du voyage.


Déjà, des cubains, dans l’hôtel, nous en avions peu qui étaient venus spécifiquement pour nous. Deux traductrices, une responsable de notre voyage. Et sinon, quelques conférenciers. Les conversations étaient forcément difficiles. Et l’idée d’aborder un cubain dans la rue et d’avoir une conversation profonde sur son pays était au fond un peu romantique et naïve. Au mieux les camarades ont pu parler de quelques points matériels, des études que font les cubains (surprenantes souvent : ainsi un sexagénaire travaillant dans le camp agricole de La Bertica nous a dit qu’il avait étudié l’économie en plus de l’agronomie).


Les cubains m’ont surpris sur au moins un point : leur rapport à la violence. Dans le centre des pionniers Che Guevara, on voit, tant parmi les illustrés pour enfants mis en vente que dans les peintures murales et affiches, une forte mise en valeur de l’art militaire, des treillis, des armes… 

 



Les mêmes dessins pas très « Peace and Love » seraient difficiles à trouver en France. On va se dire : c’est normal, ils sont dans un contexte d’affrontement avec les USA, la guerre civile qui a mené à la Révolution est un (des) évènement(s) fondateur(s) de leur nation (avec la guerre de 1895). Pour la France aussi, aurait-on pu dire ; nous aurions nous aussi pu avoir des écoles dans lesquelles on aurait donné aux enfants l’exemple du maquisard stockant la dynamite pour faire sauter des voies ferrées lors du passage d’un convoi nazi. Mais, construction européenne oblige, et société de consommation (où la rude vie du guérillero est trop rustique et contraignante) oblige aussi, la référence à l’armée, fut-elle régulière ou rebelle, est bannie du paysage éducatif en France, et du paysage culturel tout court. Aimer l’armée, en France, c’est un truc de droite. Ou de stal. Porter un treillis, c’est un truc de punk, ou au pire de facho. Le mépris de l’armée et des armes est un bon moyen de briller dans les conversations, y compris pour certains JC. Les cubains ont conscience que l’usage des armes peut être un devoir civique, quand nombre de français se donnent le luxe de croire le contraire.


Mais une autre surprise fut de savoir que les cubains étaient anti-staliniens. Du moins, que Cuba n’avait pas Staline pour référence (ce qui était plausible avant même d’entrer dans l’île), mais aussi que la critique de Staline et de ses actes criminels étaient normales chez eux. Et je fus surpris lorsque les camarades de notre encadrement nous invitèrent à cesser nos chants staliniens. Car certains chants à base de trotskystes, de piolets, de Sibérie et de goulags faisaient fureur dans la délégation. Non pas qu’il y ait, je pense, de gens qui ignorent les méfaits de masse commis sous Staline dans la délégation. Il y avait en revanche peut-être des adeptes du discours relativiste et révisionniste (niant l’ampleur de la famine de 1933, ou faisant l’apologie des purges). En tout cas, au moins un autoproclamé « affreux stal » (je ne donnerai pas son nom) et plusieurs « Voldemoriens » (Voldemor étant un nom de code de Moustache). Enfin, quoiqu’il en soit, les chants stals procuraient un malin plaisir à toute une partie de la délégation. Et pour tout dire, par simple humour noir, moi aussi j’aimerais envoyer un message vocal de ce genre à Olivier Besancenot :


« Je connais un pays

Où les trotskystes ont leur place

La Sibériiiiiiiiiiiiie…..

Un JCR, un piolet dans la carcasse

Que c’est joliiiiiiiiiiiii…. »


Sauf que l’humour noir est apparemment moins en vogue chez les cubains (les français ayant même la réputation d’avoir l’humour violent), et que les cubains ont été négativement surpris de notre répertoire. Il m’a semblé pourtant, y compris dans La Havane, que cet humour était universel.

 

 


Humour vampiresque, La Havane, Juillet 2009
envoyé par DiadoreCronos. - Evadez-vous en vidéo.

 


Un autre enseignement des cubains fut leur patriotisme. Celui-ci est réclamé partout, dans les monuments, les inscriptions de propagande, mais, plus spontanément, dans l’habillement. Les cubains peuvent, s’ils le veulent, porter des symboles américains : des t-shirts Mickey Mouse, ou portant les lettres FBI, ou d’autres encore...


 

 


A l'entrée du centre des pionniers, La Havane, Juillet 2009
envoyé par DiadoreCronos. - Explorez des lieux exotiques en vidéo.

 


Mais bien plus souvent, ce sont des vêtements à l’effigie du Che, du drapeau cubain, de la Révolution. Peut-être seulement du fait de la forte diffusion de vêtements par le Parti. Mais la passion patriotique des cubains se voit aussi dans l’affluence, par exemple au centre des pionniers, ou encore au fort de la Cabana, lors de la cérémonie du Canonazo. La forteresse en question est une vieille construction coloniale espagnole qui assurait la sécurité de la ville. Elle devint le quartier d’Ernesto Guevara en 1959, le lieu où, selon les détracteurs du Che, il aurait supervisé les exécutions de centaines de personnes (batististes justement châtiés selon les communistes cubains). Régulièrement, une cérémonie du tir au canon par des acteurs déguisés en soldats espagnols (avec la chevelure blonde typique) attire des centaines de personnes. Des touristes, mais aussi beaucoup de cubains.


 

 

 


Canonazo, La Havane, Juillet 2009
envoyé par DiadoreCronos. - Voyage et découverte en vidéo.


J’aurais aimé qu’un trotskyste du genre ripostien soit là pour constater ce patriotisme cubain. Patriotisme qui n’a aucun problème avec l’internationalisme, puisque pour parler d’alliance entre les nations, il faut encore qu’il y ait des nations souveraines.

 

 


Patria es humanidad, La Havana, Juillet 2009
envoyé par DiadoreCronos. - Evadez-vous en vidéo.

 

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9 août 2009 7 09 /08 /août /2009 22:19

Situation sanitaire


Présentation du système sanitaire cubain


Je vais passer brièvement sur la présentation qui nous a été faite par le Docteur Rodriguez, spécialiste en santé publique, qui fit aux délégués français une présentation dont une grande partie aurait pu être évitée si nous avions tous pris soins de consulter le site du MINSAP (Ministère de la Santé Publique), tout à fait accessible en France. On peut notamment y lire les principes fondateurs de la santé publique cubaine, à savoir la gratuité, la non-discrimination, et la régionalisation, et que ces bases étaient déjà exprimées par Fidel Castro dès 1953, après l’attaque ratée de La Moncada.


Le médecin nous a ensuite rappelé les bons chiffres revendiqués par Cuba, et confirmés par les instances onusiennes (OMS, Office Panaméricain pour la santé, Fonds Mondial pour l’Enfance, ONUSIDA, Programme de Développement des Nations Unies…) : le passage de l’espérance de vie de 60 à 78 ans en 50 ans, la réduction de la mortalité infantile de 60 à 4.7 pour mille naissances vivantes, et il s’offrit également le luxe –visiblement mérité par la santé cubaine- de citer à l’appui un rapport d’un institut suédois. Avec des causes de mortalité comparables à celles des pays occidentaux (maladies cardiaques en premier lieu, tumeurs malignes ensuite, maladies cardiovasculaires), Cuba est « un pays pauvre où l’on meurt comme les riches ».


Cuba s’est inspiré des autres pays du bloc de l’Est en développant un abondant corps médical, décrié comme une absurdité en termes de ressources humaines par les anticastristes, avec 500.000 personnes occupées dans le secteur de la santé, et 60.000 médecins (un pour 151 habitants). Cuba a envoyé de 1963 à 2008 126.000 coopérants à travers le monde, dans de missions dont certaines ont concerné…le Portugal ! En 2009, ils sont toujours 37.000 en mission extérieure.


L’île consacre pourtant une part relativement faible de son revenu (lui-même bas) à sa santé (4% du PIB, à comparer aux 10% de la France ou aux 17% des USA). Ce qui fait déduire rapidement quel doit être le niveau de rémunération de chacun des nombreux médecins (dont les deux tiers sont des femmes). C’est aussi pour éviter des coûts matériels importants que ce système s’est orienté sur la prévention. Le pays compte, en plus de ses hôpitaux, pas moins de 400 polycliniques (dont je reparlerai plus bas), où les médecins travaillent en équipe. Ainsi, une équipe de généraliste y est entourée par un médecin interne, plusieurs spécialistes (pédiatres, gynécologues, etc…) et une infirmière supervisante. Les polycliniques peuvent gérer des situations d’urgences (comme les infarctus du myocarde).

Malgré le principe de gratuité, il existe à Cuba un système de protection sociale, même si le principe du reste à charge (ou ticket modérateur) employé par la plupart des états n’y semble pas développé. A côté du régime de protection des inactifs et de celui des salariés, devrait voir le jour une couverture des travailleurs indépendants. La gratuité totale des soins est cependant conditionnée à la délivrance d’un certificat, dont la distribution abusive peut entraîner l’interdiction d’exercer pour un médecin.


Parmi les questions posées par les français, il y eut des questions relatives à la psychologie (apparemment l’un des sujets d’importance de la santé à Cuba, tant en matière scolaire – avec des classes limitées à 21 élèves et suivies par des psychopédagogues- que généralement, par une commission de prévention sociale). Ou encore sur le handicap, la délivrance des prothèses et des fauteuils étant censée être gratuite comme le reste.


Puis il y eut mes questions. Plusieurs points me taraudaient : l’état des stocks de médicaments, le risque de démotivation des médecins cubains au constat de revenus faibles, et l’existence de cadeaux offerts aux médecins par les patients. Ces sujets d’inquiétude, qui sont en fait des antiennes récurrentes de la contre-propagande des cubano-américains contre le Cuba socialiste, avaient été renforcés par un témoignage de camarade. En effet, un an auparavant, une famille de camarades de la section de Colombes s’était rendue à Cuba au printemps. Et parmi les récits de voyage, la rencontre avec des médecins et des patients qui avaient reconnu que, de temps à autre, un paysan offrait à son médecin un peu de sa production, parfois un cochon, afin de remotiver ledit praticien, ou de passer plus vite dans les files d’attente.


Les réponses du Docteur Rodriguez furent bien sûr rassurantes : en ce qui concerne la pharmacie, Cuba produit elle-même plus de cinq cent médicaments, essentiellement des génériques. Mais certaines substances très spécifiques font défaut, par exemple pour traiter des cancers chez l’enfant. Cuba doit alors les importer d’outre-Atlantique, l’importation des USA étant interdite ! Et dès qu’un médicament a plus de 10% de composants américains, son importation devient problématique. La réponse fut plus épineuse pour le reste de mes questions. Rodriguez dit d’abord que si cadeau il y avait d’un patient vers un médecin (ce qui n’était pas nié), il ne devait pas s’agir d’une pratique lucrative pour le médecin. Pour ce qui est de la démotivation, il me donna une réponse plutôt pertinente, à condition d’être factuellement vraie : sur 126.000 cubains partis en mission de solidarité sanitaire à l’extérieur, 2% ne seraient pas revenus à Cuba (et seraient restés vivre dans le pays de mission, ou partis pour un pays tiers). La réponse est intéressante, en cela qu’elle reconnaît le phénomène que les gens de Miami appellent les defectors, c’est-à-dire les coopérants cubains qui fuient, pour aller ensuite cracher sur Cuba et notamment son système de santé. Si Rodriguez dit vrai, ils sont une petite minorité, qui peut sans doute s’expliquer par des rancœurs personnelles, des désaccords de fond avec la politique de la santé du gouvernement cubain, voire par la corruption (le site Cuba Solidarity Project a rapporté le cas d’un médecin cubain qui avait refusé des offres sonnantes et trébuchantes pour déserter).

Récits de voyageurs


L’un des regrets que me laissera ce voyage sera de ne pas être entré dans un hôpital cubain. J’ai en effet eu le mauvais goût de ne pas être malade durant ce voyage (tourista comprise), alors que plus d’une dizaine de camarades durent être hospitalisés, dont deux pour des infections bactériennes ou tropicales. J’ai seulement pu, au cours de mes ballades, entrer (seulement entrer) dans une polyclinique située juste à côté du Ministère de l’Industrie Légère. Les polycliniques sont des postes avancés du système de santé cubain. Là où j’étais venu, le patient pouvait soit être accueilli en salles d’observation, soit à un laboratoire biologique. Cependant, pour entrer dans un hôpital, j’ai été prévenu qu’il fallait être accompagné d’un(e) cubain(e). J’aurais pu avoir la présence d’esprit de me porter volontaire pour accompagner les camarades hospitalisés, surtout dans le cas de l’un deux qui dut faire trois établissements avant de trouver satisfaction.


Ce qui me tenait à cœur, c’était de me confronter avec les grands poncifs des cubano-américains à l’encontre du système de santé cubain. Celui-ci est censé être gratuit. Les anticastristes prétendent que le patient doit en réalité verser couramment des dessous de table, offrir des cadeaux aux médecins pour passer les files d’attente. Les hôpitaux cubains, dans la prose de Miami, deviennent de véritables porcheries, les médicaments sont absents, ou alors doivent être achetés à des prix que les cubains ne peuvent souvent pas verser. Les hôpitaux qui font la réputation de l’île sont en fait des hôpitaux pour touristes situés pour la plupart à La Havane.


Même en n’étant pas entré moi-même dans un hôpital, j’ai trouvé bien mieux en recueillant les témoignages de mes camarades hospitalisés. En les abordant, je me souvenais d’une camarade qui avait vu des chiens dans un hôpital cubain en 2006 ; je me remémorais aussi les photographies répugnantes de murs garnis de cafards écrasés, ou de diverses autres crasses, vues sur un blog cubano-américain…

Les anciens patients de notre délégation me répondirent tous qu’ils avaient vu des hôpitaux d’une propreté, non pas parfaite, mais tout à fait convenable par rapport à un hôpital français. Ils n’ont pas vu d’animaux, furent-ils invertébrés et à antennes. Une d’entre elle signala juste que les infirmières lui conseillèrent de ne pas laisser traîner ses mains, puisqu’un cas de gale était présent dans l’hôpital.


Leur satisfaction portait sur plusieurs points : d’abord, la rapidité de prise en charge, notamment pour les radiographies, réalisées en moins d’une heure. Les attentes pour les autres soins duraient d’une à deux heures, soit souvent moins que ce qui avait été expérimenté dans le système français. Seul celui qui fit trois établissements, pour arriver dans un hôpital spécialisé dans les infections tropicales, eut à chercher pendant quelques minutes le personnel qui devait le recevoir. Ensuite, pour ceux qui eurent des prescriptions de médicaments, leur faible coût : un tel n’eut que deux CUC à verser quand il aurait dû payer bien plus en France, les autres ne payèrent rien. Plusieurs, notamment ceux ayant souffert d’infections, se virent prescrire de l’eau salée.


Autre point : la plupart des patients qu’ils ont rencontrés dans ces hôpitaux étaient des cubains. Aucun des différents hôpitaux qu’ils ont fréquentés n’était un hôpital pour touristes.

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8 août 2009 6 08 /08 /août /2009 21:41

Situation de l’équipement en général


Une première – bonne – surprise en arrivant à Cuba, et en regardant les routes, a été de trouver un pays relativement motorisé. Pas autant que l’Ile-de-France, bien sûr – et tant mieux-, et pas du tout avec les mêmes modèles. La majorité des cubains semblent ne pas avoir accès à l’automobile, à voir le nombre de personnes qui patientent aux arrêts de bus. Signe au moins que le réseau public de cars fonctionne. Précision pour les touristes : les autobus cubains ne rendent pas la monnaie, du fait de la forte affluence. Ce qui m’amène à m’interroger : les bus comptent bien plus de cubains que de touristes. Les cubains devraient payer en pesos cubains, et les touristes en CUC. Or, il est difficile pour le conducteur qui voit seulement les passagers insérer une certaine somme dans l’urne de différencier qui est touriste de qui ne l’est pas (enfin c’est toujours possible avec une certaine latitude, mais impossible de façon précise). Je n’ai pas pu distinguer si les cubains payaient en pesos cubains ou en CUC. Dans le second cas, un voyage devrait être difficilement abordable pour eux. Or ils sont toujours nombreux à prendre le bus. Ceux-ci sont correctement entretenus.


En ce qui concerne les automobiles, on constate corollairement à la motorisation du pays une forte présence de gasolinas (stations-services). Sur une de mes vidéos, j’ai pu noter le prix du litre d’octane: 0,95 peso convertible. Là encore, apparemment, un prix inabordable pour un cubain (pensons à l’étudiante cubaine qui reçoit l’équivalent de 4 pesos convertibles pour se nourrir et payer son transport sur un mois, ou l’ouvrier agricole qui reçoit 2,5 pesos convertibles par sac de 50 kilos de patates, et qui en collecte 5 par jour). Ils ne les paient pas forcément de leurs poches, s’ils sont salariés et qu’ils roulent à titre professionnel.


Lorsque l’on traverse La Havane, surtout ses quartiers résidentiels éloignés des sentiers touristiques, on se voit retomber dans les clichés anticastristes : les façades des bâtiments sont généralement délabrées, n’ont plus pour couleurs qu’une gamme allant du blanc cassé au gris sale, et la chaussée se détériore, alors que les routes sont sans nids de poules sur les principaux axes utilisés pendant les excursions. La situation des ordures est très inégale, certains quartiers ayant des poubelles, d’autres ayant des tas de déchets entassés (mais circonscrits).


Cependant, un œil plus attentif permettra de constater une réalité assez différente derrière les portes : je n’ai pas pris de vidéo pour respecter l’intimité des cubains, mais généralement, les intérieurs des demeures (dont souvent les salons donnent sur la porte principale, chaleur oblige), donnent une nette impression de bon entretien. L’électricité est généralement présente – si nous avons eu des coupures courtes au camp de travail, nous n’avons pas assisté à une panne générale dans La Havane-, de même que la télévision, des meubles en état, parfois des tableaux sur les murs. Il y a bien sûr parfois des exceptions, comme cet appartement que je vis près du Malecon (la longue route qui borde la mer), où plusieurs enfants étaient assis sur un sol nu… en train de regarder la télévision.


On rencontre parfois des affiches prévenant de l’exécution d’un travail volontaire de réfection des bâtiments. Mais, toujours selon une camarade, outre le fait que les cubains n’ont pas souvent les moyens de réhabiliter leurs murs externes, il se trouve aussi que La Havane est classée au patrimoine mondial de l’Unesco, ce qui complexifie nettement toute initiative de construction ou de réfection individuelle.


Le pouvoir cubain tient à assurer la sécurité des touristes, mais pas avec une surprésence policière comme le dénoncent les gauchistes anticastristes. On a pu se déplacer longtemps dans la capitale sans rencontrer beaucoup de policiers. En revanche, point commun avec nos métropoles : la vidéosurveillance que l’on retrouve dans nombre de carrefours.


Notons aussi une certaine fréquence, outre des vendeurs de rue, des cafés ou bars improvisés, dans des paillottes en bord de route. Ou encore le fait, comme me le confirmaient les membres de la brigade d’instructeurs d’arts qui nous faisaient conférence, qu’il y a à Cuba des artistes indépendants qui vivent de leurs ventes de disques. Ou aussi le nombre de cubains qui entraient au salon de l’artisanat, vaste galerie commerçante.


Il semble donc qu’après la satisfaction des postes alimentaires, vestimentaires, du logement dans des conditions précaires (en extérieur surtout), les cubains ont encore une marge, qu’elle soit obtenue par le salaire ou par l’activité parallèle.

Taxi havanais

 



Port de La Havane


Caméra de vidéosurveillance



Vue d'un village près de Playa Larga (100 kms au sud de la Havane, face à la mer des Caraïbes)


"Beaux-quartiers" havanais


Immeubles sur le Malecon, devant la Tribune Anti-Impérialiste


Rues de La Havane

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8 août 2009 6 08 /08 /août /2009 03:24

Situation alimentaire


Les réformes agraires à Cuba depuis 1959


Les faits suivants sont tirés de la conférence-débat que nous avons eu avec des agriculteurs et agronomes cubains dans le camp de travail, la veille de notre départ.


Jusqu’à 1959, la surface agricole cubaine était largement dominée par des propriétaires (individuels ou en tant que firmes) américains. 1% des propriétaires possédaient la moitié des terres, tandis que les 71% de propriétaires (cubains) les plus pauvres n’avaient que 11% des 90 millions d’hectares cultivables en 1959. Pour beaucoup de travailleurs agricoles (ils étaient 600.000 sur une population de 7 millions de cubains, beaucoup plus jeune que la population actuelle), l’année de travail durait quatre mois, en dehors desquels ils cherchaient vainement du travail en ville.


L’une des premières réformes de la Révolution, l’année même de son succès, fut de nationaliser les propriétés supérieures à 400 hectares, soit 40% de la propriété rurale. En 1961, les petits agriculteurs étaient réunis en une confédération. Les tensions liées à la propriété privée n’avaient en effet pas entièrement disparues, un paysan travaillant sur des terres qui ne lui appartenaient pas ayant été tué dans l’Est de l’île. La même année, une autre réforme rabaissa à 65 hectares la surface maximale au-delà de laquelle les propriétés entraient dans le domaine d’Etat.


Le gouvernement développa plusieurs systèmes de coopératives. D’abord, ce furent les coopératives de crédits et de services, puis, dans les années 80, les coopératives de production renforcées, où plusieurs producteurs se rassemblent sur une même surface pour généraliser les avancées techniques.


La période spéciale fut l’occasion d’une petite tentative de « libéralisation » de la terre, déjà évoquée dans un chapitre précédent, pour confier la terre en usufruit à tout paysan qui fait preuve de la condition physique nécessaire pour les exploiter, et qui paie son matériel agricole sur le temps long.


Ces réformes successives n’ont pas empêché de nombreuses terres de rester inexploitées, comme semblent le confirmer les paysages aperçus au cours des multiples voyages en cars.


Les camarades qui avaient préparé le voyage nous expliquèrent que les paysans cubains touchaient 60 pesos cubains par sac de 50 kilos de pomme de terre, mais ne voient pas forcément leur rémunération directement : à la fin de l’année, les responsables de la filière de production calculent leur rentabilité, leur productivité et la contribution de chacun. L’un des agronomes nous a ainsi dit qu’un paysan pouvait toucher une prime annuelle allant jusqu’à 22.000 pesos (730 euros). Le paysan cubain ne semble pas être l’acteur le plus défavorisé du pays en termes de salaire, surtout lorsque la main d’œuvre vient à manquer, ce qui est à l’ordre du jour après les passages de cyclones en 2008.


Il y a aujourd’hui 1,5 millions de travailleurs agricoles pour 11 millions de cubains, à comparer avec les 600.000 pour 7 millions d’il y a 50 ans. Soit une petite hausse de la proportion d’agriculteurs dans la population, sans doute à mettre au compte du changement de la structure d’âge de la population cubaine, nettement vieillie depuis. Il faut aussi compter le soutien que les cubains de 15 à 18 ans apportent pendant leurs vacances et week-end. Il n’empêche, cette absence de baisse de la proportion d’agriculteurs est une différence de taille avec les pays d’agriculture mécanisée. Signe fort de cette différence : sur la délégation des 100 jeunes français, on a au mieux trouvé une personne dont les parents vivaient en milieu rural (il y avait 60% de franciliens parmi nous), et aucun agriculteur ou enfant d’agriculteur. Difficile alors de rapporter aux cubains des connaissances précises de l’agriculture française…


A Cuba, les machines agricoles sont rares (pas inexistantes cependant, et des tracteurs apparaissent sur plusieurs de mes vidéos). Ce précieux matériel est alloué en priorité aux agriculteurs les plus productifs, à titre de stimulation. Il s’agit d’équipement importé, Cuba produisant elle-même du matériel plus léger, telles les coupeuses de canne à sucre. Les fertilisants chimiques sont en usage restreint, au profit des biofertilisants (ou comment briller sans trop l’avoir voulu auprès des amateurs d’agriculture biologique…). Les agronomes nous ont assuré que les phénomènes de pollution des sols et des rivières par les nitrates, tels qu’ils se produisent en Bretagne, ne sauraient arriver à Cuba, pourtant grande productrice porcine, puisque le recyclage total des déjections est imposé à tout élevage intensif sur le territoire.


Je me suis permis de poser une question plus épineuse : qui fixe les prix des productions agricoles, et les agriculteurs ont-ils des moyens de contester ces prix ? Les prix sont fixés en fonction des coûts de revient par les conseils d’administration de chaque province. Les paysans cubains bénéficieraient ainsi de taux de marge de l’ordre de 50% sur leurs coûts de revient, soit plus que dans la plupart des pays comparables…Encore faut-il savoir si la notion de coût de revient, dans un pays où l’Etat offre une partie du matériel, est elle-même comparable à celle des pays voisins. Et du fait de ce fort taux de marge, on suppose donc que les paysans n’ont pas besoin de manifester pour des prix supérieurs. Circulez…


Impressions sur l’état alimentaire de la population


Sur ce point, je ne peux gager de rien, mais les organismes des Nations Unies dont la FAO  ne notent pas de difficultés alimentaires particulières à Cuba. A titre personnel, ce que je voulais voir à Cuba, c’est si je croiserais dans les rues nombre de personnes maigres, décharnées, ou avec des ventres enflés…Rien. J’ai vu une population saine d’allure, avec une minorité de gens maigres (des vieux seulement), et la minorité d’obèses qu’on trouvera dans toute population ayant une alimentation correcte. Dans les vidéos que je posterai, on pourra s’en rendre compte : ni les stigmates de la faim, de maladies diverses, ni même la pauvreté vestimentaire ne se remarquaient chez les havanais. Les agronomes du camp de travail nous avaient dit que Cuba ne parvenait pas à l’autosuffisance alimentaire : apparemment, l’île réussit à importer ce qui lui manque – dont, précision importante, les céréales, les cubains faisant une consommation de bière respectable, même si ils ne sont pas en tête de leur zone, nettement devancés par les panaméens selon un membre de l’UJC.


Au passage, je me suis toujours rendu dans des magasins, cafés ou dispensaires où tout était payé en peso convertible (CUC). Normal pour un touriste. Mais je n’ai pas pu me rendre compte du niveau d’approvisionnement des magasins où l’alimentation se vend en pesos cubains.


Autre indice du niveau d’alimentation : la mendicité. Elle existe, contrairement à ce que certains affirment, mais elle n’est pas très prégnante. J’ai rencontré dans La Havane quelques rares mendiants, plus de petits vendeurs de babioles diversement confectionnées (tels des appareils photo en cannettes de Coca-Cola, ou encore des automobiles de la même facture, etc…)… La mendicité n’est donc pas interdite ou traquée, ou alors pas systématiquement. Les cas les plus nombreux sont ceux des vendeurs de cigares qui vous abordent dans les rues (en prononçant l’anglais « Cigar ? »). En négociant –longuement- avec l’un d’entre eux, il est arrivé à me demander un peso pour sa famille. Mais si la mendicité n’est pas vraiment persécutée, elle n’est pas non plus omniprésente. J’ai été moins dérangé par elle que lors de la plupart de mes trajets dans Paris.


Le cas le plus flagrant que j’ai eu était celui de deux étudiants cubains rencontrés près de l’hôtel, à l’Est de La Havane. J’ai déjà cité le cas du couple de camarades français qui avaient rencontré deux cubains qui avaient fini par leur demander de l’argent. Dans mon cas, la manœuvre des cubains a été plus douteuse.


Appelons-les Maria et Juan.


Juan m’aborde alors que je déambule dans la rue marchande (bien grand mot : quelques boutiques, de la marque Caracol – qui réunit la plupart des boutiques qu’un touriste pourra trouver à La Havane- mais relativement bien fournies). Il remarque que je suis français, me parle dans un espagnol assez rapide (naturel donc), me demande ce que je cherche (et au passage, s’il ne s’agit pas de marijuana). Je lui réponds que je cherche seulement de la crème solaire. Il m’emmène alors vers une des boutiques dont j’ignorais l’existence, où l’étal garni de tubes comporte la lotion que je cherche.  Je paie et nous ressortons. Ayant une heure et demie devant moi avant de revenir à l’hôtel, j’annonce que je souhaite voir la mer. Je sais qu’il suffit d’aller tout droit, la ligne de l’océan se voit d’ailleurs très bien, mais Juan souhaite me guider. Nous passons alors dans un quartier de petites habitations très inégales, comme celles que vous verrez sur les vidéos : des murs fins, en blanc ou colorés, peintures décrépies. Nous nous arrêtons devant une entrée faite de tôles. Juan m’invite à entrer, c’est chez lui. Je ne rate pas l’occasion, j’entre chez un cubain moyen. Il y a une pièce qui sert de salon, où apparemment plusieurs personnes ont leur lit, des draps tendus sèchent ou font office de moustiquaires. Je vois cependant une télévision allumée, en plein reportage sur une ville en décombres (la chaine est cubaine, certainement). Et, posé à côté de la télévision, un lecteur DVD. Je demande à Juan quel genre de films regarde-t-il. Il me répond qu’il regarde de tout, et me demande même si j’ai des films à l’hôtel. Je ne suis pas toujours sûr que nous nous comprenions bien, puisque mon niveau d’espagnol m’oblige à le faire se répéter souvent.


Nous ressortons de la maison, avec sa sœur, Maria. En continuant la route vers la plage, je vois quelques tas d’ordures aux coins des rues, là où dans d’autres quartiers on trouve des poubelles. Un Comité de Défense de la Révolution dans une petite maison en rien dissemblable aux autres. Les cubains me demandent plusieurs fois si je suis marié ou en couple (ce qui occasion des confusions, entre « casa » - la maison - et « casar se » -se marier). La motivation est simple à comprendre : se marier à un étranger est un bon moyen de pouvoir quitter Cuba. Dans mon cas la question ne se pose pas – c’est mon dernier jour à Havana Este avant de partir en camp de travail – mais ils aiment sonder les touristes à ce sujet. Constatant que nous sommes dans un quartier côtier vulnérable, et apercevant quelques cubains travaillant à la réfection de maisons sur des petits chantiers improvisés, je demande qui a financé les constructions de logements, surtout après les cyclones. Juan me répond que le gouvernement offre les matériaux de construction, et qu’ensuite tu construis ta demeure toi-même (plus tard, des camarades me diront que les quartiers – les CDR ? – aident les particuliers dans leurs travaux. Ou sont censés le faire). L’achat d’une maison coûte 25 à 30.000 pesos cubains, soit une somme qui n’est jamais atteinte. La plupart des cubains sont donc propriétaires de leurs logements mais paient un loyer de quelques pesos par mois.


Nous arrivons en bord de mer, dans une petite discothèque à ciel ouvert où l’on trouve quand même à l’entrée une petite plaque en hommage aux héros du 26 Juillet (1953, si vous avez suivi). Première chose, ils me demandent de leur offrir des bières à tous les deux. Plutôt reconnaissant pour la visite guidée et le tuyau pour m’acheter une crème solaire, j’accepte. Nous continuons la discussion. Juan et Maria sont tous deux étudiants. Lui, en sport. Elle, pour être institutrice. Il a un parent aux Bahamas, à titre professionnel. Leur père est mort. Situation financière précaire, donc. Ils me demandent encore des  bières. J’accepte, en précisant que ce seront les dernières. Ils prennent deux bières et des gâteaux apéritifs (mauvais de surcroît). Au passage, je paie encore une bière à un de leurs amis, visiblement fou.


Le temps passe, je rentre. Juan commence à me répéter que, parce qu’il est mon ami, je devrais lui offrir un cadeau. Naïvement, je crois au départ qu’il me demande quelque chose de spécifiquement français – que je n’ai pas -, et bien vite je vois qu’il veut parler d’argent. Il sait parfaitement que le prix des bières que j’ai payées équivalent à 3 ou 4 euros, et que cette somme est faible en France. Je refuse, mais continue mon chemin vers l’hôtel, sur la même route qu’eux. Juan commence alors à me haranguer sur un débit vocal bien trop rapide pour que je puisse comprendre. Je continue ma route les mains dans les poches. Et ce pendant plusieurs minutes. Certainement qu’il me traite de radin ou d’ingrat. Maria me propose de reprendre des gâteaux apéritifs qu’ils avaient achetés avec mes deniers. Ils sont toujours aussi mauvais. Lorsque je refuse d’en reprendre, je me justifie en disant que je n’ai pas faim. Elle répond : « Moi, si ». Finalement, réalisant que son frère n’est pas très convaincant, elle m’arrête, m’explique qu’elle a faim, sans m’expliquer clairement – c’est-à-dire compte tenu de mon faible niveau d’hispanophonie - ce qui leur faisait défaut. Je finis par lâcher dix pesos convertibles, soit un petit salaire mensuel, puis nos chemins se séparent. Cela tombait bien : le temps pressait vraiment pour rejoindre l’hôtel, et un autre de leur parent venait d’arriver, pour lequel Juan me demandait encore de la monnaie.


Je préviens : en France ou à Cuba, je suis un bon client pour les mendiants. Et je n’ai pas voulu faire de raisonnement trop rapide : on peut avoir, surtout lorsque l’on est orphelin et étudiant, des ruptures de revenus qui vous donnent intérêt à mendier plutôt que de vendre les meubles. Mais, quand même, beaucoup d’indices vont dans le sens de l’idée selon laquelle ma générosité a été abusée. Des affamés qui, outre leur bonne condition physique apparente, ont l’électricité, la télévision, le lecteur DVD (Juan a aussi répondu par l’affirmative quand je lui ai demandé s’il avait une voiture), et surtout, qui me demandent en priorité de leur offrir des bières, ainsi qu’à certains de leurs amis, cela fait louche, même s’il se peut qu’ils aient réellement faim à moyen terme. A Cuba comme dans tous les pays du Tiers-Monde, le touriste reste une pompe à fric. Ce qui est plus surprenant dans une île qui aurait, paraît-il, été réduite à la famine par le socialisme, est qu’il n’y ait pas beaucoup plus de Juan et de Maria.

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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 22:04

Projet de solidarité


Pour faire le lien entre l’agriculture et la situation alimentaire du pays, je présente un peu notre travail de solidarité. Durant 4 jours (durée initialement prévue, en réalité 3 jours du 22 au 25 Juillet), nous avons fourni environ six heures de travail (moins le dernier jour) dans une compagnie de travail située à Batabano, à une heure et demie – deux heures d’autobus de La Havane. La mission : ramassage de patates douces. En clair, ramassage dans des sillons déjà labourés, tri des patates pourries, et mise en sacs.


On s’attendait à beaucoup de choses avant l’arrivée au camp. La coordination responsable du voyage (constituée de responsables du MJCF) n’avait pu vérifier sur place les conditions de logement. En arrivant, nous avons effectivement trouvé les chambres de dix personnes, avec sommairement l’électricité, et l’eau au niveau du camp, en exceptant certaines coupures. Les douches – du côté masculin – étaient rarement réellement fonctionnelles, le plus souvent réduites à un robinet suspendu, et les murs étaient très sales, le sol couvert de flaques boueuses. Enfin bref, l’équivalent de vieilles douches de campagne françaises dont l’entretien aurait fait défaut depuis un certain temps. Rappelons aussi qu’à Cuba, dans toute l’île, l’eau du robinet n’est pas potable actuellement. Pour se désaltérer ou encore se laver les dents, il fallait se ruer au petit dispensaire d’eau et sodas – payants, bien évidemment, ne délivrant parfois que des demi-litres d’eau  à 1 CUC. On nous fournissait cependant une citerne d’eau non potable et quelques dizaines de litres d’eau filtrée le matin avant de se rendre aux champs,  par groupes de quarante personnes.


Le sol de la cantine ne faisait guère plus envie, respirant l’odeur de restes de viande – restes qu’on supposait quand même rares, car le fait de rendre des assiettes à moitié finies était mal pris dans un pays de pénurie. Les repas étaient servis dans des plateaux métalliques, qu’il fallait rendre sans trop tarder pour qu’ils soient réutilisés après lavage. Le repas était largement composé de riz, soit blanc, soit brun avec des haricots, parfois du poulet ou du porc, et quelques tranches d’ananas, ou du riz sucré en guise de dessert. Les cubains s’occupèrent correctement de nous, s’assurant du fonctionnement de l’électricité, nous confiant des moustiquaires – fort utiles pour compenser les ravages subis pendant le travail. Quelques musiciens et danseurs étaient présents dans la colonie, et nous offrirent lors de notre seconde soirée au camp un concert improvisé – le réveil du troisième jour fut difficile, même au son du clairon (enregistré)…

L'arrivée au camp
(Cultivando ideas: Cultiver des idées. 50 anos haciendo la Révolucion: 50 ans à faire la Révolution)


Une chambre du camp (des interrupteurs à la fin de la vidéo)

La cantine du camp
(Habla en voz baja: Parle à voix basse. Cuide la higiene :  fais attention à l'hygiène)




Le travail, justement, ne présente pas de difficultés en soi, mais impose de reprendre plusieurs fois les mêmes vêtements sales, car la lessive est très difficile, les traces de terre – rouge car ferrugineuse – ne s’enlevant pas au savon. La principale plaie, pour votre serviteur en tout cas, fut le soleil de dix-onze heures. Nos horaires furent fixés entre 7h30 et 13h30 en journée normale ; nous ne pouvons pas travailler de nuit faute de projecteurs, et la température devient insupportable dans l’après-midi. Même de retour au camp –transport en camion-, on ne peut pas se rafraîchir, cumulant ainsi la chaleur de jour en jour. Selon les traductrices cubaines qui nous accompagnent, et qui, en tant qu’étudiantes, travaillent tous les étés aux champs, les conditions de ce camp sont normales par rapport aux autres qu’elles ont rencontrés.


Plusieurs camarades se retrouvèrent rapidement au point médical tenu par une infirmière dans le camp. Une hypoglycémie, des malaises, un œdème… Au second jour de présence, la coordination décida de nous faire rentrer à La Havane Samedi après-midi au lieu de Lundi matin, ce qui passa mal auprès d’une partie des camarades, mais les cubains ne se plaignirent pas. Au final, nous leur avons fourni environ 400 sacs de 50 kilos de pommes de terre, pour environ 100 travailleurs, répartis sur deux champs, l’un retourné mécaniquement et très fertile, l’autre, où s’est retrouvé votre serviteur, beaucoup moins bien doté. Nous tombions de toute façon hors de la période la plus fertile de l’année agricole à Cuba, qui va de Septembre à Avril.


Et au final, pourquoi la patate douce ? Parce que les cyclones de l’an passé, Gustav et Ike, ont ravagé une grande partie de l’aire cultivable cubaine. Pour éviter un désastre alimentaire, le gouvernement a opté pour ce tubercule qui a la faculté de se récolter en trois mois, permettant une à deux récoltes entre deux saisons cycloniques. Le riz à des propriétés comparables, ce qui explique le menu patates/riz qui se rencontre jusque dans les hôtels pour étrangers (quoique notre hôtel havanais n’était pas une usine à touriste du Club Med, on n’y servait pas de langouste, rassurez-vous). Les délégations internationales de travail volontaire ont joué un rôle important dans le redressement alimentaire cubain. Avec trois jours (voire deux et demi) de contribution, il n’est pas sûr que les jeunes communistes français soient ceux à qui la Révolution Cubaine sera la plus redevable.

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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 21:21

Discussion économique générale

Ma première impression en arrivant sur l’île, et en voyageant en autobus, fut un relatif soulagement par rapport à ce que je craignais : même si l’immobilier extérieur était souvent décrépi, je me retrouvais dans un pays relativement motorisé, je ne vis pas de bidonvilles (et je n’en ai pas vu de tout le voyage), et des cubains en bonne forme physique, propres, correctement vêtus.

On n’en était pas moins dans un pays sous blocus, et où la pauvreté globale du pays n’allait pas tarder à se manifester à nous, via les sollicitations des cubains notamment. Une conférence était prévue pour nous expliquer les effets du blocus sur Cuba.

Le blocus ne signifie pas la suppression de tout échange entre Cuba et les USA, mais l’impossibilité pour Cuba d’écouler une partie de sa production, de recevoir des touristes des USA, de commercer directement avec les partenaires voulus. Les échanges avec les USA se font par voie détournée, et se règlent par compensations. Les partenaires non américains font parfois l’objet de pressions de la part des USA. Les contorsions que l’économie cubaine doit faire pour se fournir l’amène à se retrouver devant des fournisseurs en monopole / oligopole et à des surcoûts importants. Surtout, le blocus l’empêche de recevoir des touristes américains. Non pas parce que cela est impossible : un américain peut théoriquement passer par les aéroports canadiens et mexicains pour parvenir à Cuba. Certains le font, tels des pasteurs américains se rendant régulièrement dans l’île pour y faire parvenir des biens de première nécessité. Mais il semble qu’il s’agisse d’une possibilité limitée, sans quoi les restrictions du gouvernement Bush sur les allées et venues des cubano-américains rendant visite à leur famille seraient passées inaperçues. Sans le blocus, Cuba pourrait recevoir un nombre nettement plus grand de touristes, nombre estimé à 3 millions de touristes annuels en plus. Le travail à l’étranger serait également une plus grande manne de revenus pour le peuple cubain : contrairement à ce qui est souvent cru à l’étranger, ce n’est pas tant Cuba qui refuse l’émigration que les états nord-américains ou européens qui imposent des visas en nombre très réduit. Ainsi, il est plus facile de faire venir 100 français à Cuba qu’un seul cubain sans raisons familiales ou professionnelles particulières en France.

Pour un descriptif plus long des effets du blocus :
http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/spip.php?article113

Je me suis permis de poser une question pendant cette conférence, demandant simplement quels étaient les principaux partenaires commerciaux actuels de Cuba. Un autre camarade a ait fait remarquer avant moi qu’il avait vu des véhicules de marques européennes, des ventilateurs de marque américaine, etc… Le conférencier me répond que, dans l’ordre décroissant, les partenaires commerciaux sont : 1) Les pays de l’ALBA, 2) La Russie, 3) La Chine, 4) l’Union Européenne.

Résultat surprenant. Surtout quand on sait que l’ALBA n’a que quelques années. Et que la Chine n’est que troisième, alors que la croissance continue de ce pays depuis les années 80 aurait pu amener Cuba à réorienter ses échanges vers Pékin avant la chute de l’URSS. Je me permets d’y voir là une faute dans la diversification des partenaires de cubains, surtout alors que la puissance de la Chine, créancière des USA, la rend de moins en moins vulnérable aux pressions de Washington.

J’ai également posé à Ramon Belloch (cf. le compte-rendu N°2) la question suivante : « Quelle est la principale tare de l’économie cubaine qui ne soit pas imputable à l’action des USA ? ». Et il me répondit que les cubains avaient beaucoup de droits garantis par le gouvernement : le logement, la santé, l’électricité, offerts à un prix très bas en pesos cubains (non convertibles). Et que l’esprit d’initiative s’en trouvait alors diminué. Je trouve la réponse crédible et intéressante. Parce qu’elle reconnaît un manque d’initiative dans l’économie cubaine. Non pas que les cubains ne soient pas ingénieux : il suffit de voir le nombre d’antiquités automobiles qu’ils arrivent à faire rouler. Mais il reste à savoir si cette inertie dans l’économie vient seulement d’une certaine assistance de l’état. Assistance qui n’est que partielle, notamment sur la question du logement. Une discussion avec un cubain m’apprit qu’en ce domaine, dans un pays où tous les habitants sont censés être propriétaires de leur logement, le gouvernement donne les matériaux de construction, et que vous construisez ensuite vous-même votre logement. Ce qui expliquerait le nombre d’ouvriers du bâtiment travaillant sur des petits chantiers, sans bordures et avec le minimum de protection, que j’ai pu voir dans La Havane et près de l’hôtel. Mais dans un autre secteur, qu’est l’agriculture, on retrouve un problème de la centralisation par l’état des outils de travail (problème en soi différent de leur caractère collectif). Une rencontre-débat avec des agriculteurs cubains nous apprit que dans les années 1990 (à partir de 1993), le gouvernement cubain a tenté de « libéraliser » la terre en la remettant en usufruit à des paysans qui, sans posséder la terre à titre privé, pouvaient conserver le revenu de leurs ventes et non recevoir le prix d’état…mais encore fallait-t-il recevoir le matériel agricole, délivré par l’état aux agriculteurs « les plus efficaces ». Je ne peux bien sûr pas juger de la réalité de cette allocation, mais elle rappelle l’une des problèmes des réformes de l’agriculture soviétique de la fin des années 80, où les mêmes tentatives de libéralisation de l’activité agricole s’étaient heurtées à ce problème de l’équipement, ne réussissant pas à suivre l’exemple chinois (où l’agriculture était moins mécanisée au passage).


Des exemples d'entreprises étrangères présentes à Cuba :

La compagnie navale norvégienne Maersk



L'allemand Mercedes



Des chantiers non finis, dans un pur style soviétique:

(pour celui-là, je n'ai pas de certitude sur le fait que la construction ait été interrompue)



(ce chantier, juste à côté de notre hôtel, était bel et bien abandonné)

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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 23:34

Mon précédent article sur le système politique cubain étant déjà fort long, je posterai les photographies et vidéos liées à ce thème dans cet article.

Une de mes déceptions sur place fut la presse. Celle-ci est déjà limitée, de fait, à Granma, le journal du Parti, et Juventud Rebelde, le journal des jeunes. Après, il y a des journaux spécialisés, pour les enfants, ou les artistes par exemple. Mais ce sont les deux journaux cubains que vous trouverez en priorité à La Havane. Voici les unes du 17 Juillet :




 

Comme une petite ressemblance, non ?


Sinon, dans les colonnes de Granma, les cubains sont invités à transmettre leurs critiques, questions, et autres réclamations concernant des problèmes techniques, économiques ou moraux. Là encore, déception : dans la double page de courrier des lecteurs, que des messages portant sur des réclamations du genre : « Les gamins ne sont pas respectueux du mobilier scolaire, c’est un affront aux valeurs de la révolution »,  « comment faire pour obtenir l’évacuation des déchets de ma rue », « comment obtenir la réparation de mon réfrigérateur qui fait perdre beaucoup d’énergie à la révolution », « il faut que la corruption cesse dans les magasins d’Etat », « j’ai constaté un gaspillage d’énergie dans l’éclairage public », « j’ai été très mal reçu par un responsable dans un magasin d’état » , « les bus de ma ville sont sales et trop peu fréquents »… Toutes choses qui, en elles-mêmes, sont pertinentes et utiles. Mais il n’y a pas de débat politique, les lettres font toujours positivement référence aux valeurs de la Révolution. Mais un article a retenu mon attention : celui où un cubain se plaint que sa correspondance internationale soit parfois interrompue, que les enveloppes arrivent parfois ouvertes, que les cadeaux prévus par les correspondants disparaissaient aussi. Article intéressant car touchant un point crucial de la liberté d’expression (les cubains peuvent donc écrire à l’étranger), et met en cause une entreprise publique cubaine (Empresa de Correos Cubana) dans de possibles violations de la confidentialité des échanges. Un pays censé être une dictature ne devrait normalement pas laisser ce genre de critiques circuler.


D’autres images à caractère politique:

On trouve souvent, sur les grands axes routiers, des panneaux de propagande comme ceux-ci:

"Les femmes cubaines unies pour la patrie"


Ou encore, très courant, des appels à la libération des cinq cubains emprisonnés à Miami (je fus surpris par le degré de préoccupation engendré par cette affaire dans l'île).
(le panneau dit: "Prisonniers aux USA pour avoir lutté contre le terrorisme")


On trouve aussi régulièrement des rappels du coût du blocus américain sur l'économie cubaine. Ici, un panneau explique que le coût de 8 heures de blocus, en pertes pour l'économie de l'île, équivaut au budget de la réparation de 40... je cherche encore la traduction de "circulos infantiles", car "cercles pour enfants" me semble peu significatif.


Exemple d'affiche murale dans La Havane: un poisson rouge seul contre le reste du banc...



A l'approche du 26 Juillet, on voit aussi fleurir de petites affiches sur feuilles A4 blanches, produites par les CDR. Ici, il est question de fêter le cinquantenaire de la Révolution par "plus d'efficacité dans notre travail"!


D'autres affiches pour le 26 Juillet. On peut s'étonner de cette forme aussi "artisanale" de propagande :

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 23:45

Le système politique cubain


Conférence descriptive


 L’une des premières conférences que nous ayons eues nous était faite par trois députées du Parlement National cubain, pour nous présenter un système plus original qu’on ne le croit.


Oui, depuis 1961, Cuba est de fait un système à parti unique. Il existe peut-être des formations dissidentes tolérées à Cuba, mais aucune ne peut faire concurrence au Parti Communiste Cubain (PCC). Les intervenants que nous avons eu dans d’autres conférences (avec l’UJC ou la FEU par exemple), nous ont dit que cette unicité du Parti était acceptée à Cuba pour des raisons historiques – le fait qu’il y a eu en 1961 un contexte historique qui ait permis de mettre en place un parti unique rend-t-il pour autant évident que toute alternative fut impossible ?


Le PCC ne participe pas aux élections. Il ne se présente pas en tant que parti, mais ne présente pas ses candidats. Les cubains élisent, en dehors de leur municipalité, les parlements de leurs 14 provinces et leur parlement national. Mais ils ne choisissent pas leurs candidats à la base, et ne se présente pas qui veut. Des organisations de masse (la Fédération des Femmes Cubaines, ou La Centrale des Travailleurs Cubains, ou la FEU) désignent des candidats qui se présenteront aux électeurs sur la base d’un simple curriculum vitae, précisant leur parcours professionnel, universitaire, ou d’autres actions civiques mettre à leur crédit. Il nous a été répété plusieurs fois par nos intervenant( e) s qu’il importait pour les cubains d’avoir des élus qui soient personnellement exemplaires. Ils sont révocables en cours de mandat et ne touchent aucun revenu lié à leur mandat. L’une des parlementaires, à la fois médecin et députée, était membre d’une commission de travail de l’Assemblée nationale consacrée à la santé et aux sports, qui se réunit deux fois par an, pour une semaine à chaque fois. Le conseil d’Etat, dont Raul Castro est le président, organe exécutif de l’Etat, est validé par le vote du Parlement national.


L’une des questions que n’ont pas manqué de poser les délégués a été de savoir si les députés cubains avaient réellement le droit de manifester des désaccords profonds entre eux, et sur quels sujets. Un exemple de sujet nous a été donné : le report de l’âge de la retraite de cinq ans, alors qu’il était à 55 ans pour les femmes et à 60 ans pour les hommes, et aujourd’hui à 60 et 65 ans. Mais on ne nous répondit pas sur les différentes positions en jeu, ni sur l’identité des partisans des différentes alternatives. On peut supposer qu’en vertu même du principe d’élections sur des critères personnels, il n’y aurait pas de tendance dans un parlement cubain…Comme il n’y a pas de tendances au PCF…A plusieurs reprises, au cours du voyage, les organisateurs français, ou encore le camarade Ramon Belloch, nous ont assuré que les débats étaient nombreux parmi les élus cubains. De plus, l’arrivée de Raul Castro à la tête du Conseil d’Etat en 2006 a donné lieu à une série de débats sur le politique générale du gouvernement cubain.

Mais il faut rappeler une vérité basique : l’existence de débats, même nombreux, ne prouve pas que l’on ne soit pas dans une dictature. Dans un pays, il y a toujours un nombre de sujets de débat tendant vers l’infini. Et dans chaque débat, plusieurs opinions, voire une infinité. Donc il y a une infinité de positions différentes qui peuvent être exprimées à tout moment. Si un gouvernement décide de proscrire la moitié des sujets de débat, ou la moitié des opinions, il autorise toujours un nombre infini de positions (puisque l’infini divisé par deux, cela fait toujours l’infini). Il peut toujours y avoir une infinité de débats au sein d’une dictature de droite par exemple, où toutes les tendances de gauche sont interdites.


L’une des questions que nous n’avons pas eu le temps de poser en conférence aurait pu être de savoir si les organisations de masses qui désignent les candidats le font par le biais d’une procédure interne démocratique, et si ces organisations sont d’accès libre à tous. En effet, ce principe de désignation des candidats par des organisations n’est pas en soi scandaleux si chaque cubain( e) peut adhérer à ces structures, militer et voter pour que les candidats proposés aux élections générales partagent les mêmes vues et projets que lui/elle. Et il semble bien que ces organisations soient d’entrée libre, comme c’est le cas pour la Fédération des femmes cubaines, qui réunit 4 millions de personnes (soit de fait toutes les femmes adultes de Cuba) ou la Fédération des Etudiants Universitaires. Mais, en deux semaines, il aurait été difficile de trancher la question de la sincérité des processus de désignation de candidats dans des organisations que nous avons à peine eu le temps de voir.


En discutant avec l’une de nos traductrices cubaines, j’ai cependant pu avoir la confirmation qu’elle avait elle-même pu soutenir la candidature d’une des trois parlementaires qui nous avaient fait la conférence sur le système politique cubain. Je lui ai également posé des questions sur les activités que proposait la FMC dont elle était membre, ou encore ce qui se faisait dans les Comités de Défense de la Révolution (CDR) organes de « vigilance révolutionnaire » présents dans chaque quartier, dans des locaux auxquels les résidences les plus pauvres n’ont rien à envier, et décrits par les anticastristes comme des organes de « police » de la société cubaine.


Je ne suis peut-être pas tombé sur la bonne interrogée, puisqu’elle me répondit que la FMC avait organisé des manifestations pour le retour d’Elian (il y a neuf ans!) et qu’au sein des CDR, on préparait les festivités du 50 anniversaire de la Révolution…Bref, difficile de sortir des déclarations consensuelles. J’aurais pu m’attendre à d’autres réponses concernant l’activité de la FMC, association chargée de lutter pour l’égal accès des genres à l’emploi, aux responsabilités politiques, et aux mêmes conditions de travail et de rémunération. Lors d’une conférence présentant la Fédération des Femmes cubaines, suivant celle sur le système politique cubain, on eut droit aux premières critiques faites par des cubains sur leur pays, concernant la sous-représentation des femmes aux parlements provinciaux (20% de députées à ce niveau, contre 43% au parlement national). Mais cette critique reste dans le sens de l’idéologie du PCC.


Le rôle de celui-ci, puisqu’il ne participe pas aux élections, est assez flou : il est censé donner des impulsions à la société, jouer le rôle d’avant-garde. L’UJC, regroupant 150.000 jeunes, et lui aussi basé sur le principe de l’entrée sélective (le nouveau membre doit être parrainé par deux membres au moins), revendique ce rôle de guide et de formateur. La constitution de la République de Cuba se réfère explicitement à l’héritage de Marx, Engels, Lénine et José Marti. Là encore, je n’ai pas eu le temps de demander d’exemple « d’impulsion » du PCC ou de l’UJC qui se matérialiserait ensuite dans des décisions politiques concrètes.


Impressions personnelles


Pour faire une petite conclusion, le simple fait qu’il existe une organisation à l’entrée sélective, sans responsabilité devant l’ensemble du corps citoyen, qui puisse avoir un rôle dans le système politique – même s’il est défini de façon très floue -, est une idée qui me pose problème. De même que l’idée, en apparence séduisante, d’élire quelqu’un non sur la base de promesses programmatiques, mais de son cursus et de ses qualités personnelles. Ramon Belloch nous a justifié ce fait en faisant la comparaison avec un contexte pourtant bien différent, celui de la France d’il y a 20 ou 30 ans, où la CGT exigeait de ses délégués syndicaux d’être d’excellents travailleurs, pour que l’employeur ne puisse pas se permettre de cacher la répression antisyndicale derrière des motifs d’incompétence professionnelle. Mais transposé dans la vie politique d’un état ayant fait la Révolution, ce motif ne tient plus. Et un élu n’a pas principalement pour rôle d’être exemplaire à titre personnel, mais de soutenir des changements positifs pour ses concitoyens. Autant donc qu’il en annonce la couleur via un programme.


Mais pour les anticastristes, toutes ces explications auront en elles-mêmes peu d’intérêt, puisqu’ils sont déjà convaincus que les désignations de candidats sont filtrées par le Parti via les CDR, et que de toute façon, la (grande) majorité des membres du Parlement national sont des membres du PCC…


Pour ma part, je ne pense pas que ces arguments résolvent en eux-mêmes la question de la nature du système cubain. D’une part, le PCC compte des centaines de milliers de membres. Même en devant recourir à la contorsion, et à la dissimulation, des opposants peuvent en être membres. Au plus fort de la crise du système après la chute de l’URSS, le Parti aurait pu renverser le Conseil d’Etat, et donc Fidel Castro. Et ce avec plus d’intérêt encore si les histoires des magazines américains sur la supposée fortune personnelle de Fidel Castro étaient vraies. N’oublions pas que c’est la Securitate qui a renversé Ceausescu, riche dictateur d’un pays pauvre. Le régime roumain était pourtant autrement plus violent : près de soixante mille morts entre 1965 et 1989, quand les anticommunistes en reprochent une dizaine de milliers au régime cubain, principalement dans les années 50, et que les dernières exécutions ont concerné trois preneurs d’otages en 2003.


Je n’ai pas beaucoup parlé avec les cubains de l’activité des CDR. D’une part, à cause d’une faible maîtrise de l’espagnol. De plus, cela n’aurait pas forcément été significatif par le faible nombre de personnes que j’aurais eu le temps d’interroger. Mais aussi parce que les cubains savent quelles idées, globalement, se font les européens ou nord-américains de leur pays. A titre d’exemple : les cubains pouvaient entrer dans l’hôtel où nous logions en première semaine. Au bar, le poste de télévision retransmettait soit une chaine commerciale de musique latino, soit…CNN en espagnol. Des avis extérieurs sur Cuba peuvent filtrer, par le biais de ces postes comme par celui des touristes. Et dans leurs conversations, les cubains disent parfois ce que les touristes veulent –consciemment ou non – entendre.


Ainsi, un couple de camarades français a rencontré un couple de cubains qui leur ont d’abord parlé de leurs études – payées par le régime-, puis se sont lancés dans deux discussions : le français, non hispanophone, avec le cubain (francophone), et la française, hispanophone, avec la cubaine. Le cubain déclara qu’à La Havane, sur trois millions d’habitants, il y avait un million de flics. Le français lui répondit qu’il ne voyait pas une plus grosse présence policière qu’en France (et c’était mon avis aussi). Le cubain répondit que la plupart des policiers étaient en province. Pendant ce temps, la cubaine expliquait le contraire à la française, à savoir que les flics étaient concentrés dans les grandes villes, en premier lieu La Havane ! La discussion se poursuivit comme cela était prévisible : les cubains qui semblaient en pleine forme physique se plaignirent soudain de difficultés alimentaires et demandèrent de l’argent. La même aventure devait m’arriver aussi, comme je le raconterai plus tard.

Les cubains peuvent avoir accès à Internet, même si le prix en est très élevé, que le nombre de postes et la vitesse de chargement sont bas. De notre hôtel, des postes en accès libre mais payants (3 pesos convertibles la demi-heure, ce qui peut représenter plusieurs semaines de salaire, mais des cubains peuvent obtenir ces sommes, par exemple des touristes) permettent d’accéder à des serveurs de courrier comme Hotmail. Même à supposer qu’il y aurait un filtrage du net comme en Chine, il se peut que des informations extérieures sur Cuba parviennent, même en langage codé. Interdire toute entrée d’informations hostiles au régime est techniquement impossible, ne serait-ce que par l’afflux de touristes, et le régime ne semble même pas vouloir réellement empêcher ces entrées, souhaitant au contraire l’augmentation du nombre de touristes. La rareté du Net est plus un problème technique (Cuba ne peut se connecter que grâce à l’aide canadienne, et met en place un câble qui la reliera au réseau mondial via le Venezuela) et économique que politique.

Une justification de l'abolition des partis bourgeois, par leur incapacité à empêcher le coup d'état batististe. Musée de la Révolution, La Havane
(Le bandeau en lettres bleues dit: "Le coup d'état a montré la faiblesse des partis politiques bourgeois et leur trahison des intérêts populaires")




Le Musée de la Baie des Cochons. Notons la surprise: officiellement, il n'y avait pas d'armée, seulement la police et la milice révolutionnaire, pour défendre Cuba contre le débarquement des exilés anticastristes. Mais on voit quand même du beau matériel pour armer une simple "milice"...


Musée de la Baie des Cochons, Cuba, Juillet 2009
envoyé par DiadoreCronos. - Explorez des lieux exotiques en vidéo.

Exemple de librairies, dans La Havane. On trouve la même gamme de thèmes et de titres dans la librairie de l'aéroport de la ville.

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