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Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 23:45

Le système politique cubain


Conférence descriptive


 L’une des premières conférences que nous ayons eues nous était faite par trois députées du Parlement National cubain, pour nous présenter un système plus original qu’on ne le croit.


Oui, depuis 1961, Cuba est de fait un système à parti unique. Il existe peut-être des formations dissidentes tolérées à Cuba, mais aucune ne peut faire concurrence au Parti Communiste Cubain (PCC). Les intervenants que nous avons eu dans d’autres conférences (avec l’UJC ou la FEU par exemple), nous ont dit que cette unicité du Parti était acceptée à Cuba pour des raisons historiques – le fait qu’il y a eu en 1961 un contexte historique qui ait permis de mettre en place un parti unique rend-t-il pour autant évident que toute alternative fut impossible ?


Le PCC ne participe pas aux élections. Il ne se présente pas en tant que parti, mais ne présente pas ses candidats. Les cubains élisent, en dehors de leur municipalité, les parlements de leurs 14 provinces et leur parlement national. Mais ils ne choisissent pas leurs candidats à la base, et ne se présente pas qui veut. Des organisations de masse (la Fédération des Femmes Cubaines, ou La Centrale des Travailleurs Cubains, ou la FEU) désignent des candidats qui se présenteront aux électeurs sur la base d’un simple curriculum vitae, précisant leur parcours professionnel, universitaire, ou d’autres actions civiques mettre à leur crédit. Il nous a été répété plusieurs fois par nos intervenant( e) s qu’il importait pour les cubains d’avoir des élus qui soient personnellement exemplaires. Ils sont révocables en cours de mandat et ne touchent aucun revenu lié à leur mandat. L’une des parlementaires, à la fois médecin et députée, était membre d’une commission de travail de l’Assemblée nationale consacrée à la santé et aux sports, qui se réunit deux fois par an, pour une semaine à chaque fois. Le conseil d’Etat, dont Raul Castro est le président, organe exécutif de l’Etat, est validé par le vote du Parlement national.


L’une des questions que n’ont pas manqué de poser les délégués a été de savoir si les députés cubains avaient réellement le droit de manifester des désaccords profonds entre eux, et sur quels sujets. Un exemple de sujet nous a été donné : le report de l’âge de la retraite de cinq ans, alors qu’il était à 55 ans pour les femmes et à 60 ans pour les hommes, et aujourd’hui à 60 et 65 ans. Mais on ne nous répondit pas sur les différentes positions en jeu, ni sur l’identité des partisans des différentes alternatives. On peut supposer qu’en vertu même du principe d’élections sur des critères personnels, il n’y aurait pas de tendance dans un parlement cubain…Comme il n’y a pas de tendances au PCF…A plusieurs reprises, au cours du voyage, les organisateurs français, ou encore le camarade Ramon Belloch, nous ont assuré que les débats étaient nombreux parmi les élus cubains. De plus, l’arrivée de Raul Castro à la tête du Conseil d’Etat en 2006 a donné lieu à une série de débats sur le politique générale du gouvernement cubain.

Mais il faut rappeler une vérité basique : l’existence de débats, même nombreux, ne prouve pas que l’on ne soit pas dans une dictature. Dans un pays, il y a toujours un nombre de sujets de débat tendant vers l’infini. Et dans chaque débat, plusieurs opinions, voire une infinité. Donc il y a une infinité de positions différentes qui peuvent être exprimées à tout moment. Si un gouvernement décide de proscrire la moitié des sujets de débat, ou la moitié des opinions, il autorise toujours un nombre infini de positions (puisque l’infini divisé par deux, cela fait toujours l’infini). Il peut toujours y avoir une infinité de débats au sein d’une dictature de droite par exemple, où toutes les tendances de gauche sont interdites.


L’une des questions que nous n’avons pas eu le temps de poser en conférence aurait pu être de savoir si les organisations de masses qui désignent les candidats le font par le biais d’une procédure interne démocratique, et si ces organisations sont d’accès libre à tous. En effet, ce principe de désignation des candidats par des organisations n’est pas en soi scandaleux si chaque cubain( e) peut adhérer à ces structures, militer et voter pour que les candidats proposés aux élections générales partagent les mêmes vues et projets que lui/elle. Et il semble bien que ces organisations soient d’entrée libre, comme c’est le cas pour la Fédération des femmes cubaines, qui réunit 4 millions de personnes (soit de fait toutes les femmes adultes de Cuba) ou la Fédération des Etudiants Universitaires. Mais, en deux semaines, il aurait été difficile de trancher la question de la sincérité des processus de désignation de candidats dans des organisations que nous avons à peine eu le temps de voir.


En discutant avec l’une de nos traductrices cubaines, j’ai cependant pu avoir la confirmation qu’elle avait elle-même pu soutenir la candidature d’une des trois parlementaires qui nous avaient fait la conférence sur le système politique cubain. Je lui ai également posé des questions sur les activités que proposait la FMC dont elle était membre, ou encore ce qui se faisait dans les Comités de Défense de la Révolution (CDR) organes de « vigilance révolutionnaire » présents dans chaque quartier, dans des locaux auxquels les résidences les plus pauvres n’ont rien à envier, et décrits par les anticastristes comme des organes de « police » de la société cubaine.


Je ne suis peut-être pas tombé sur la bonne interrogée, puisqu’elle me répondit que la FMC avait organisé des manifestations pour le retour d’Elian (il y a neuf ans!) et qu’au sein des CDR, on préparait les festivités du 50 anniversaire de la Révolution…Bref, difficile de sortir des déclarations consensuelles. J’aurais pu m’attendre à d’autres réponses concernant l’activité de la FMC, association chargée de lutter pour l’égal accès des genres à l’emploi, aux responsabilités politiques, et aux mêmes conditions de travail et de rémunération. Lors d’une conférence présentant la Fédération des Femmes cubaines, suivant celle sur le système politique cubain, on eut droit aux premières critiques faites par des cubains sur leur pays, concernant la sous-représentation des femmes aux parlements provinciaux (20% de députées à ce niveau, contre 43% au parlement national). Mais cette critique reste dans le sens de l’idéologie du PCC.


Le rôle de celui-ci, puisqu’il ne participe pas aux élections, est assez flou : il est censé donner des impulsions à la société, jouer le rôle d’avant-garde. L’UJC, regroupant 150.000 jeunes, et lui aussi basé sur le principe de l’entrée sélective (le nouveau membre doit être parrainé par deux membres au moins), revendique ce rôle de guide et de formateur. La constitution de la République de Cuba se réfère explicitement à l’héritage de Marx, Engels, Lénine et José Marti. Là encore, je n’ai pas eu le temps de demander d’exemple « d’impulsion » du PCC ou de l’UJC qui se matérialiserait ensuite dans des décisions politiques concrètes.


Impressions personnelles


Pour faire une petite conclusion, le simple fait qu’il existe une organisation à l’entrée sélective, sans responsabilité devant l’ensemble du corps citoyen, qui puisse avoir un rôle dans le système politique – même s’il est défini de façon très floue -, est une idée qui me pose problème. De même que l’idée, en apparence séduisante, d’élire quelqu’un non sur la base de promesses programmatiques, mais de son cursus et de ses qualités personnelles. Ramon Belloch nous a justifié ce fait en faisant la comparaison avec un contexte pourtant bien différent, celui de la France d’il y a 20 ou 30 ans, où la CGT exigeait de ses délégués syndicaux d’être d’excellents travailleurs, pour que l’employeur ne puisse pas se permettre de cacher la répression antisyndicale derrière des motifs d’incompétence professionnelle. Mais transposé dans la vie politique d’un état ayant fait la Révolution, ce motif ne tient plus. Et un élu n’a pas principalement pour rôle d’être exemplaire à titre personnel, mais de soutenir des changements positifs pour ses concitoyens. Autant donc qu’il en annonce la couleur via un programme.


Mais pour les anticastristes, toutes ces explications auront en elles-mêmes peu d’intérêt, puisqu’ils sont déjà convaincus que les désignations de candidats sont filtrées par le Parti via les CDR, et que de toute façon, la (grande) majorité des membres du Parlement national sont des membres du PCC…


Pour ma part, je ne pense pas que ces arguments résolvent en eux-mêmes la question de la nature du système cubain. D’une part, le PCC compte des centaines de milliers de membres. Même en devant recourir à la contorsion, et à la dissimulation, des opposants peuvent en être membres. Au plus fort de la crise du système après la chute de l’URSS, le Parti aurait pu renverser le Conseil d’Etat, et donc Fidel Castro. Et ce avec plus d’intérêt encore si les histoires des magazines américains sur la supposée fortune personnelle de Fidel Castro étaient vraies. N’oublions pas que c’est la Securitate qui a renversé Ceausescu, riche dictateur d’un pays pauvre. Le régime roumain était pourtant autrement plus violent : près de soixante mille morts entre 1965 et 1989, quand les anticommunistes en reprochent une dizaine de milliers au régime cubain, principalement dans les années 50, et que les dernières exécutions ont concerné trois preneurs d’otages en 2003.


Je n’ai pas beaucoup parlé avec les cubains de l’activité des CDR. D’une part, à cause d’une faible maîtrise de l’espagnol. De plus, cela n’aurait pas forcément été significatif par le faible nombre de personnes que j’aurais eu le temps d’interroger. Mais aussi parce que les cubains savent quelles idées, globalement, se font les européens ou nord-américains de leur pays. A titre d’exemple : les cubains pouvaient entrer dans l’hôtel où nous logions en première semaine. Au bar, le poste de télévision retransmettait soit une chaine commerciale de musique latino, soit…CNN en espagnol. Des avis extérieurs sur Cuba peuvent filtrer, par le biais de ces postes comme par celui des touristes. Et dans leurs conversations, les cubains disent parfois ce que les touristes veulent –consciemment ou non – entendre.


Ainsi, un couple de camarades français a rencontré un couple de cubains qui leur ont d’abord parlé de leurs études – payées par le régime-, puis se sont lancés dans deux discussions : le français, non hispanophone, avec le cubain (francophone), et la française, hispanophone, avec la cubaine. Le cubain déclara qu’à La Havane, sur trois millions d’habitants, il y avait un million de flics. Le français lui répondit qu’il ne voyait pas une plus grosse présence policière qu’en France (et c’était mon avis aussi). Le cubain répondit que la plupart des policiers étaient en province. Pendant ce temps, la cubaine expliquait le contraire à la française, à savoir que les flics étaient concentrés dans les grandes villes, en premier lieu La Havane ! La discussion se poursuivit comme cela était prévisible : les cubains qui semblaient en pleine forme physique se plaignirent soudain de difficultés alimentaires et demandèrent de l’argent. La même aventure devait m’arriver aussi, comme je le raconterai plus tard.

Les cubains peuvent avoir accès à Internet, même si le prix en est très élevé, que le nombre de postes et la vitesse de chargement sont bas. De notre hôtel, des postes en accès libre mais payants (3 pesos convertibles la demi-heure, ce qui peut représenter plusieurs semaines de salaire, mais des cubains peuvent obtenir ces sommes, par exemple des touristes) permettent d’accéder à des serveurs de courrier comme Hotmail. Même à supposer qu’il y aurait un filtrage du net comme en Chine, il se peut que des informations extérieures sur Cuba parviennent, même en langage codé. Interdire toute entrée d’informations hostiles au régime est techniquement impossible, ne serait-ce que par l’afflux de touristes, et le régime ne semble même pas vouloir réellement empêcher ces entrées, souhaitant au contraire l’augmentation du nombre de touristes. La rareté du Net est plus un problème technique (Cuba ne peut se connecter que grâce à l’aide canadienne, et met en place un câble qui la reliera au réseau mondial via le Venezuela) et économique que politique.

Une justification de l'abolition des partis bourgeois, par leur incapacité à empêcher le coup d'état batististe. Musée de la Révolution, La Havane
(Le bandeau en lettres bleues dit: "Le coup d'état a montré la faiblesse des partis politiques bourgeois et leur trahison des intérêts populaires")




Le Musée de la Baie des Cochons. Notons la surprise: officiellement, il n'y avait pas d'armée, seulement la police et la milice révolutionnaire, pour défendre Cuba contre le débarquement des exilés anticastristes. Mais on voit quand même du beau matériel pour armer une simple "milice"...


Musée de la Baie des Cochons, Cuba, Juillet 2009
envoyé par DiadoreCronos. - Explorez des lieux exotiques en vidéo.

Exemple de librairies, dans La Havane. On trouve la même gamme de thèmes et de titres dans la librairie de l'aéroport de la ville.

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Published by DiadoreCronos - dans Voyages
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commentaires

stoni 06/08/2009 11:18

Merci de m'avoir dit pour le coût par tête de pipe !OUais t'en fais pas, j'avais bien compris ce que tu voulais dire, c'est cool !!!Tes articles sont supers, mais j'aime bien réagir, alors t'en fais pas, si j'ai l'air agressif c'est pas volontaire !Vivement les vidéos de filles en bikini !!

Etienne 06/08/2009 01:29

Voui, voui, il y avait une grosse délégation du Rhône. Je te les montrerai sur les photos Aurélien. Des camarades bien sympathiques d'ailleurs.Tu es sûr que ne se présente pas qui veut ? J'avais compris le contraire. Par ailleurs ce n'est pas ce qui me gène le plus. Ce que je n'arrive pas vraiment à comprendre c'est l'absence de programme. En plus, élire quelqu'un sur sa vie ça fait un peu puritain...

stoni 05/08/2009 11:50

Ouais bien sûr, mais c'était pour le principe même du truc, tu vois.Néanmoins, je ne partage pas ton avis quand tu dis que tu reproches à la démocratie le fait que "ce ne soit pas les mêmes classes qui ont droit à la représentation et au média" (putain je cite de mémoire, c'est chiant la fenêtre des commentaires qu'on peut pas réduire !!). mais quelle importance ? bien sûr que certains partis seront désanvatagés, puisque se poursuit la lutte des classes ! tu ne peux pas concevoir une démocratie bourgeoise avec un traitement égal, tant qu'il y a lutte de classes.bon sinon t'as pas répondu à ma question sur le financement du voyage. combien par tête de pipe STP ?j'espère quand même que tu vas poster des photos touristiques du buena vista social club et de nanas en bikini sur la plage.non je rigole. 

DiadoreCronos 05/08/2009 18:30


Je crains qu'on se soit mal compris: lorsque je parlais de l'accès inégal des classes à la représentation démocratique, je faisais un constat sur la démocratie bourgeoise, pas un voeu pour que la
démocratie bourgeoise devienne égalitariste tout en restant capitaliste.
Dans mon précédent post, je voulais dire que même en connaissant les critiques que les marxistes font à la démocratie telle que nous l'avons en France, et même en imaginant une démocratie
prolétarienne, le système cubain a des limites qui n'en font pas un modèle. En disant cela, il faut bien sûr garder en tête le contexte matériel de la création de ce système. Si, en roulant à vélo,
un caillou crève mon pneu, cela explique que je roule à 2 à l'heure, mais ça ne fait pas de cette vitesse un idéal pour autant.

Le voyage a coûté 1800 euros par délégué, et 2700 pour ceux qui arrivaient 3 jours avant et partaient 3 jours après (une quinzaine de personnes, je ne sais pas s'il y avait des rhodaniens parmi
eux).


stoni 04/08/2009 14:06

Merci pour tes compte rendus quotidiens, que je ne manque pas de lire à présent.J'ai entendu parler du voyage organisé par la JC, par des camarades étant à la JC. Ce qui n'est pas mon cas, étant donné que je commence à faire vieux (25 berges), et qu'au cours de ma vie lycéenne, puis de jeune travailleur, je n'ai jamais croisé un membre de la JC. Quand j'ai adhéré au PCF, je ne savais même pas que ce mouvement existait.Bref.Nous étions plusieurs communistes réunis début juillet, et un camarade la JC parle du voyage, auquel il ne participerait pas.Une première discussion s'est faite sur le financement du voyage, mais je ne m'y attarde pas maintenant, puisque ça n'a que très peu de rapport avec ce que tu as écrit. Peut-être en ferai-je un article sur mon blog. Pourrais tu d'ailleurs me rappeler le montant du coût par personne (je crois 1200 euros, mais je ne suis pas certain) ?La deuxième conversation a porté sur le caractère de parti unique du PCC.Bien entendu, les camarades se sont raidis, la chose les mettant mal à l'aise. Des appréciations mi figue mi raison ont enchaîné : "ouais, je suis pas pour, mais bon... quand même, c'est un pays qui expérimente la révolution..." Ce genre de trucs.J'étais étonné, car pour ma part, je ne voyais pas grand chose de choquant là-dedans. La culture dont je suis issu (famille pauvre non communiste, mais votant PS) ne m'a jamais donné l'admiration que la plupart des camarades ont pour Cuba. Je trouve cette dernière admiration très folklorique, voire esthétisante. Perso, je considère que ce pays a eu la chance de vivre cette révolution, qui a su perdurer, car, en comparaison avec les autres pays d'Amérique latine qui se sont encaissé des décennies (et qui encaissent encore) de doctrine Monroe... Tu te dis, tant mieux pour eux ! Bon, après, pour moult raisons (qui n'ont rien à voir avec les libertés, la presse, et gnagna), ça ne va guère plus loin.J'ai pourtant été le seul à prendre la défense de Cuba sur son parti unique, du moins, à ne pas être gêné à cette idée.Les cubains ont mis en place une structure nationale, où l'infrastructure est organisée en mode de production socialiste. De fait, je ne vois pas pourquoi la superstructure devrait refléter le spectre d'un autre mode de production (bourgeois). Normalement, il n'y a pas de bourgeoisie dans un pays socialiste. Quel intérêt de représenter une strate inexistante ?Nous avons subi un tel matraquage idéologique sur le concept de "démocratie" qu'il nous est très difficile d'envisager les choses différement. Et encore, la démocratie tel que notre contemporanéité et la bourgeoisie l'entend : la gestion de l'Etat - du superstructural - par le jeu de divers partis politiques (en général bien écrémés).Pour moi, le pouvoir donné au peuple c'est la POSSESSION DES MOYENS DE PRODUCTION. Je me fous pas mal de maîtriser l'organe étatique de mon pays, si je ne peux pas en maîtriser les moyens de production !Si mon Parti (communiste) joue le jeu des institutions républicaines, c'est pour, je l'espère, déclencher une révolution socialiste en cas d'accession au pouvoir.Ouais, je sais, c'est plus trop la mode de dire ça au PCF... Enfin normalement, ça devrait être ça...Nous reprochons à Cuba leur parti unique, mais Cuba se trouve dans un paradigme totalement différent.De même qu'en France, nous avons peut-être la liberté de voter pour qui on veut (enfin, parmi ceux qui se présentent). A ce que je sache, nous subissons la répression (de lutte des classes) de ne pas avoir le choix de travailler pour qui on veut. On ne vote pas pour son patron ! Et l'appropriation des moyens de production est interdite !!! Si je décide de prendre la place de mon patron, et d'instaurer une révolution dans mon entreprise (soit, je confie le capital aux mains des salariés, si on veut), les flics viennent, m'arrêtent, et c'est normal, puisque la loi l'interdit.ça, ça ne choque personne, bizarrement...La France, pays soi-disant démocratique, impose la dictature du capital à ses salariés, et leur empêche toute prise de pouvoir économique par sa législation.Ce qui est tout à fait normal, pour une structure bourgeoise.Alors, si Cuba a son parti unique, vraiment, je ne vois guère de contrainte.D'autant plus que le but du socialisme étant quand même, à long terme, la disparition de l'Etat (coordonateur de l'infrastructure et de la superstructure), puisque dans le communisme (seconde phase du socialisme), il n'y pas plus de différence entre les consommateurs et les producteurs, plus d'intermédiaire, ni entre la production et la consommation.Alors, sans Etat, plus de partis politiques.Bon j'ai fait mon cours magistral, je suis content.j'attends la suite de tes articles avec impatience.

DiadoreCronos 05/08/2009 00:34



Merci de ce commentaire, Stoni. Cela fait longtemps que je distingue démocratie et multipartisme, et que je sais que la démocratie a aussi une nature de classe,  ne serait-ce que
parce que ce ne sont pas les mêmes classes qui ont accès à la représentation et aux médias. Cependant, pour qu'un système monopartiste soit démocratique, il faut encore qu'il soit accessible au
plus grand nombre des membres de la société / des travailleurs. Dans le cas cubain, comme dans le cas des ex-états du Pacte de Varsovie, le Parti filtre les entrants. Il se verrouille de
l'intérieur, donc. Cela peut sembler être une nécessité dans un pays où toute opposition peut être le jouet de la puissance américaine voisine. Cuba est un pays en "guerre de basse intensité"
(qui a tout de même fait plusieurs milliers de morts depuis 1959). De ce fait, Cuba ne peut incarner réellement la démocratie socialiste. Pour ma part, j'aurais été plus conquis par un système où
plusieurs équipes peuvent s'affronter lors d'élections, où il y a des programmes, et pourquoi pas des tendances, mais où il existe des règles infranchissables concernant le socialisme et
l'indépendance nationale, et où l'armée peut intervenir pour rappeler ces règles à un gouvernement déviant. Enfin ce n'est pas à moi de refaire l'histoire de Cuba.