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Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

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13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 21:01

Les Français


Voyager, c’est aussi se découvrir soi-même (désolé pour le lieu commun). C’était particulièrement vrai pour ce voyage, en ce qui concerne les JC. Rencontrer des membres de toutes les fédérations (en fait 19 sur une cinquantaine de fédérations en France) est un évènement rare, car même lors des ANA (assemblées nationales des animateurs), les délégués ne se côtoient que pendant trois jours au maximum.


La délégation, comme je l’ai dit dans un autre article, surreprésentait les franciliens, surtout les fédérations du 93 et du 94 (près de 55 personnes, auxquelles s’ajoutèrent 3 parisiens et 5 altoséquaniens, du 92 quoi). Venaient ensuite les délégations du Rhône-Alpes (Rhône et Loire), et du Nord. Les autres fédérations étaient souvent réduites à moins de 4 membres.


De profondes différences apparurent entre les fédérations, entre les plus « voldemoriennes » (stals) et celles qui l’étaient moins, celles qui comptaient des membres venus en vacances et ceux venus accomplir un travail de découverte, de solidarité et de témoignage. Il m’apparaissait, au cours des discussions, voir des (enfin une surtout) fédérations sociale-démocrates, et d’autres plus « orthodoxes ». La réalité était bien entendue plus complexe, surtout dans les deux plus grosses délégations (93-94).


On eut droit à des tensions. Entre les tendances (euh pardon : les orientations) idéologiques, les marxistes / pas marxistes (et je me retrouvais du coup plus proche des marxistes, car je préfère encore être marxiste que ne pas avoir de base politique du tout, ou que d’être soc-dem), entre sections au sein d’une même fédération, entre conditions sociales aussi (entre celui qui travaille pour payer ses études et celui qui est supposé ne pas le faire), ou des différents personnels beaucoup plus triviaux. Quelques coups et plus encore de noms d’oiseaux à déplorer, et une triste image donnée aux cubains.


On a donc surtout vu les conséquences : 1) d’une absence de sélection des délégués sur la base de leurs motivations dans ce voyage. Il m’a semblé qu’une fédération (le Nord, je crois) avait fait ce travail, en exigeant un dossier de motivation aux candidats pour un mandat de délégué qui coûtait tout de même 1800 euros. Le dossier politique aurait dû être envoyé plus tôt dans chaque délégation, et un contrôle de sa lecture aurait dû être fait avant le départ, ce qui aurait permis (répétition encore des articles précédents) d’économiser du temps aux conférenciers cubains. Mais on vit aussi les conséquences 2) du cloisonnement des fédérations entre elles en France. Contre cela plusieurs solutions sont possibles. Les fédérations de la Loire et du Rhône sont censées se rapprocher à l’avenir, ce qui est peu surprenant pour des raisons géographiques, par le biais des militants de la Loire venant étudier à Lyon, mais aussi en organisant  des Assemblées Régionales des Animateurs (ARA). En Ile-de-France, où des ARA feraient inutilement concurrence aux ANA, on devrait (proposition personnelle) monter des cycles de formations politiques trans-fédérations (ne serait-ce que pour la petite couronne).


Du côté de l’organisation du voyage, et donc de la coordination, on ne peut pas lui reprocher certaines indolences des cubains (quelques conférences annulées, une visite sur la place de la Révolution en queue de poisson puisque tout était fermé, et qu’on ne pouvait sortir de la place). A la décharge des cubains, on eut pas mal d’indélicatesses des français (absentéisme partiel aux conférences, la quantité fort déplaisante de bouteilles et canettes abandonnées dans les bus, hôtels ou dans le camp de travail…).


Je remarque deux choses :


La première, qui devra être portée à la connaissance de la direction du MJCF pour le prochain voyage de solidarité, est que tout travail de solidarité, surtout si on n’en connaît pas les conditions (les cubains n’avaient pas permis aux coordinateurs français de visiter le camp en avance), doit déboucher sur la division de la délégation en deux groupes. A savoir : ceux qui travailleront, et les autres. Parmi ceux qui ne travailleront pas, on devra mettre d’office tous les mineurs (il y avait plusieurs délégués de 17 ans). Car si le travail, comme ce fut le cas dans ce voyage, génère un risque pour les personnes (insolations, hypoglycémies, autres malaises, insuffisance de l’hygiène), alors seuls les majeurs peuvent prendre le risque de participer aux travaux. N’ayant pas procédé ainsi, la délégation française se retrouva, au bout du deuxième jour de présence dans le camp, devant plusieurs malaises, à se poser la question d’un retour anticipé de toute la délégation, question qui n’aurait pas eu sa place si l’on s’était organisé en deux groupes : ceux qui auraient accepté le travail auraient dû assumer ce choix jusqu’au bout, et travailler tant qu’ils sont en bonne santé, le système de santé cubain s’étant montré capable de gérer les accidents. Mais notre coordination venait soudain de se rappeler que le travail était quelque chose de dangereux, et au cours du débat agité suivant l’annonce du départ anticipé du camp, ce furent ceux qui voulaient rester pendant toute la durée initialement prévue du travail de solidarité qui se firent accuser de jouer avec la santé des autres !


Deuxième chose : un certain relativisme culturel ressassé par des membres de la coordination. Parce que Cuba est le pays d’accueil que l’on était censé découvrir, parce que Cuba est un pays révolutionnaire et la France un pays capitaliste, il était évident dès le départ que, qu’on en soit conscients non, la France serait mise en situation d’infériorité morale dans ce voyage. Enfin c’est un peu l’impression que j’ai eue. Et qui apparaissait surtout lorsqu’on nous donnait l’impression que Cuba était impénétrable, qu’il fallait renoncer à la voir avec nos « préjugés d’occidentaux». Ce qui était passablement absurde : on ne se déculture pas en deux semaines, et on ne peut pas parler de « préjugés occidentaux » sur des questions comme le multipartisme, par exemple. Le multipartisme n’existe pas qu’en France, il concerne toute l’Europe, Russie incluse, l’Amérique du Nord, du Sud, le Japon, l’Inde, nombre d’états africains… On peut défendre le monopartisme cubain, mais pas en se réfugiant derrière le clivage Occident/Reste du monde. Autre exemple : vers la toute fin du voyage, posant des questions à un camarade (français) de la coordination sur le système sanitaire cubain, il me répondit encore qu’il ne faut pas rester dans les normes « occidentales » de la médecine (je croyais que la médecine était une science universelle, contrairement à l’astrologie, mais bon). Et que par exemple, en Inde, il y avait un bon système hospitalier, mais que l’on pouvait trouver des vaches (sacrées !) dans les hôpitaux. Un bon système hospitalier en Inde, je demande à voir, mais des vaches dans l’hôpital, quelque soit le pays, c’est dégueulasse ! Et ce n’est pas être « occidental » que de dire cela… (pour paraphraser Chirac…). Et tout cela pour finir sur une conclusion absurde à l’issue du voyage : n’ayant passé que deux semaines à Cuba, nous sommes censés ne rien avoir vu ou presque, mais nous devons défendre la Révolution cubaine en France ! Défendre Cuba contre les clichés et les calomnies, je suis pour. Mais dans ce cas qu’on me laisse exercer mon esprit critique sur ce que j’ai vu, en retirant le voile du « tu peux pas comprendre t’es occidental »…

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Published by DiadoreCronos - dans Voyages
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commentaires

astrée 25/08/2009 11:28

Il me semble que Voldemor = Moustache = Staline

stoni 23/08/2009 19:29

Et je rajoute que je n'ai pas ABSOLUMENT RIEN compris au premier commentaire posté par ledit Nicolas Maury ci-dessus, mais c'est sûrement tout à fait normal.néanmoins je me sens exclu, en tant que lecteur lambda.

stoni 23/08/2009 19:27

Oui justement, que penses tu du "reportage" publié par Nicolas Maury sur son blog ?

DiadoreCronos 25/08/2009 22:30


Le compte-rendu de Nicolas est souvent plus précis que le mien, et les deux compte-rendus se ressemblent même assez (à la faute de frappe près ... :) ) sur certains passages. Je pense que la
principale différence est que j'ai voulu rendre compte de ce que j'ai vu de mes yeux et appris en conférence, mais pas faire un article encyclopédique, avec force dates, noms d'institutions,
fonctionnement détaillé du système cubain. J'invite le lecteur qui souhaite plus de détails à lire sur Cuba à se rendre sur d'autres sites pro-cubains, comme celui de Viktor Dedaj (Cuba Solidarity
Project).

Pour ce qui est de Voldemor : oui, c'est un surnom donné à un dirigeant de l'URSS entre 1924 et 1953 dont l'évocation n'est plus très appréciée au PCF. Après, pour ce qui est des détails du monde
d'Harry Pod'terre, je suis peu au point (vu que j'ai préféré lire Harry Pod'fer...bon ok je sors). Les 'voldemoriens' étaient donc les "stals" de la délégation, par opposition, non pas avec
d'autres délégués, mais avec le tabou concernant Stal...Voldemor.


Nicolas Maury (BdR) 14/08/2009 11:22

Très bonne analyse du comportement des délégués cependant il y a quelques ajout a faire:-au niveau vocabulaire -> tout en restant dans "Harry Potter au pays des soviet" (le materialisme dialectique) un voldemorien d'existe pas puisqu'ils se nomment "mangemort" car seul moustache s'appelle voldemor (d'ailleur le plus juste aurait été de dire mangebébéaupetitdéjeuné)-ce voyage a permit le rapprochement de plusieurs fd autour du noyau BdR/Loire (la grande fd des Bouches de la Loire comme on dit par chez nous) qui comprend notamment des fd de provinces et des unions de RP