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Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

     www.pourlecommunisme.com est un site qui s'attaque directement aux critiques faites contre le communisme (millions de morts imputés à l'idéal communiste, faillite économique, etc...). Il ne fait la promotion d'aucun régime existant ou ayant existé par le passé, s'efforce de comprendre les faits et de proposer des pistes pour l'avenir.

     Vous êtes anticommuniste et voulez débarasser le monde d'un jeune fou qui, selon vous, risque de faucher à nouveau des millions de vies?

Vous êtes stalino-maoïste (pardon : marxiste-léniniste-pensée-Mao-Zedong) et voulez écraser la vermine révisionniste que je suis?

Vous voulez simplement parler du communisme?

Alors ce blog est pour vous.

 

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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 23:22

Une analyse assez lucide... Il n'est qu'à voir les réactions ulcérées de FrontdeGaucholâtres en commentaires.

PCF: Cette fois-ci, c'est vraiment la lutte finale...

Les résultats détaillés du vote des militants du PCF sont aujourd'hui connus. Ils font de Jean-Luc Mélenchon le candidat du Front de Gauche à l'élection présidentielle. Cela faisait des années que le PCF est devenu chaque fois plus un parti "local", appuyé non pas sur un projet national mais sur des "notables" locaux et leurs clientèles. Par le vote d'aujourd'hui, les militants communistes ont consenti à la conclusion logique de cette transformation: l'effacement du PCF de la scène nationale.

 

Cela n'a pas été sans mal. Il n'est pas inutile de s'arrêter sur les résultats détaillés du scrutin (disponibles ici), car ils révèlent beacoup de choses intéressantes sur le PCF. D'abord, sur ses effectifs: pour ce scrutin, le nombre d'adhérent ayant le droit de vote (c'est à dire, ayant leur carte du PCF et étant à jour de leurs cotisations...) n'est plus que de 69.000.

 

La suite sur le blog de Descartes.

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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 00:07

           Un petit article, juste pour appeler les camarades de passage sur ce blog à lire et signer un texte collectif du réseau "Faire Vivre et Renforcer le PCF" présenté sur Réveil Communiste, dans l'espoir d'être communiqué au plus grand nombre avant le "Congrés" de Juin prochain, dont j'ai déjà dénoncé la précocité.

 

L'adresse du texte :

 

http://reveilcommuniste.over-blog.fr/article-contribution-collective-soumise-a-signatures-pour-la-discussion-au-congres-d-etape-du-pcf-50885366.html

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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 23:51

            congresmjcf2010.jpg

 

ATTENTION LONG ARTICLE

AVERTISSEMENT :  CE COMPTE-RENDU EST STRICTEMENT PERSONNEL. IL N'ENGAGE EN RIEN LA FEDERATION DES JC DU 92, ET MES POSITIONS NE SONT PAS REPRESENTATIVES NI MAJORITAIRES DANS LA FEDERATION. TOUTE CRITIQUE DOIT DONC ETRE ADRESSEE A MOI SEUL.

            Le mouvement des jeunes communistes a tenu son congrès du 16 au 18 Avril. Etaient en question l’amendement de trois textes qui avaient déjà été étudiés par les fédérations du mouvement au cours du mois de Mars, et de renouveler la direction du Mouvement des Jeunes Communistes de France, son conseil national.

 

            Les trois textes décrivaient pour le premier l’analyse du monde dans lequel nous vivons, pour le second notre projet de société, et le troisième les principes de notre organisation et de son activité.

 

Les congrès communistes pour les nuls

 

            Je rappelle comment fonctionne le congrès du MJCF, fonctionnement assez proche de celui du PCF : un ou plusieurs textes nationaux sont proposés par le conseil national, et, au cours de congrès fédéraux (départementaux), les militants vont proposer des amendements, qui seront retenus ou non par votes au niveau de chaque fédération. Puis les amendements sont remontés au niveau national, où une coordination interne au conseil national tente de résumer les amendements des départements et de produire une nouvelle version du texte. Mais dans l’étape finale, le congrès national, les délégués de chaque fédération peuvent, s’ils ne sont pas satisfaits de cette nouvelle mouture, proposer à nouveau des amendements qu’ils ont votés, plus ou moins reformulés, pour adapter encore les textes nationaux, qui, après le congrès, définiront l’orientation du Mouvement des Jeunes Communistes de France (MJCF) jusqu’au prochain congrès (le dernier avant 2010 eut lieu en 2006).

 

L’analyse du monde et de l’Europe

 

            C’est principalement lors de la journée de Vendredi que les évènements les plus positifs ont eu lieu. Les deux premiers textes furent soumis à amendement ce jour-là. Pour le résumer très globalement, le premier texte actait la crise du modèle capitaliste, tant sur le plan économique que social ou écologique, recensait les mouvements de la « pensée dominante » (notamment le mythe méritocratique entretenu par la droite, ainsi que le « diviser pour régner » - on ne passait pas loin d’un nouveau délire contre « l’islamophobie »), puis évoquait les résistances « des jeunes » à travers le monde, principalement en Europe, en Amérique latine, puis au Proche-Orient. On était dans un discours assez « jeuniste » qui citait LES jeunes comme une classe opprimée et résistante, comme si la jeunesse formait une seule classe. Et surtout, pour ce qui était de l’Europe, ce texte se désolait de l’absence de convergence aboutie entre les contestations de la construction européenne « libérale » (mais pas de la construction européenne tout court), sans comprendre quelle en était la principale raison. Et cette raison, que j’ai fait valoir lors du congrès fédéral des Hauts-de-Seine, était que les idéologies dominantes dans les différents pays d’Europe ne sont pas les mêmes, tout comme les motivations des oppositions au Traité de Lisbonne. Par rapport à la France, l’Irlande est nettement à droite, et les arguments des nonistes irlandais de Juin 2008 (crainte pour la souveraineté fiscale de l’Eire, pour son commissaire européen, pour sa neutralité, pour sa législation sur l’avortement…) étaient assez peu comparables à ceux des français de 2005 (Europe « ultralibérale », crainte de la Turquie, du plombier polonais, de Bolkestein…). Dans la version initiale du texte, une référence positive était accordée à la Confédération Européenne des Syndicats (CES), comme organe de la convergence des luttes en Europe (1). Cette référence fut largement rejetée par les fédérations.

 

            Lors des débats du congrès, je n’en intervins pas moins, au nom de ma fédération, pour amender le texte et distinguer clairement la –possible- convergence des luttes en Europe et sa récupération pro-eurofédéraliste qu’incarne la CES. L’amendement fut largement adopté par les congressistes.

 

Bouches de Loire contre Val-de-Marne

 

            Dès le débat sur les amendements du premier texte, apparut une ligne de fracture entre des tendan… pardon des lignes idéologiques, qui se répartissent également géographiquement. Même si toutes les fédérations ne sont pas monolithiques (en tout cas pas celles des Hauts-de-Seine), et parce que je suis bien obligé de décrire les faits pour les lecteurs qui ne connaissent pas le MJCF, je dois citer les départements en questions. Du côté « marxiste orthodoxe », on trouve la fédération des Bouches-du-Rhône, de la Loire (d’où l’expression « Bouche de Loire »), du Rhône, partiellement celle du Nord, du Pas de Calais, un peu des Hauts-de-Seine. De l’autre côté, la fédération du Val-de-Marne, l’une des plus peuplée du MJCF, qui a défendu des positions moins "orthodoxes" et plus "sociétales". Une autre fédération, celle de Seine-Saint-Denis, exprime parfois des positions assez proches, mais est elle-même divisée entre marxistes et réformistes. Il existe d’ailleurs de petites rivalités entre fédérations du 93 et du 94. Rappelons cependant qu’au total 38 fédérations étaient représentées, dont beaucoup avec de très petites délégations (moins de dix voire cinq délégués), et inclassables sur les clivages que je viens d’évoquer. Rappelons aussi que l’actuel secrétaire national du mouvement, Pierrick Anoot, est issu de la petite fédération de la Somme.

 

            Comme ce fut le cas à Cuba, bien que ne me considérant pas globalement comme un marxiste, je me sens plus proche des «marxistes orthodoxes ». Je sais que ces descriptions de chapelles pourraient lasser des lecteurs, mais elles permettent de mieux situer les préoccupations des uns et des autres au travers des amendements déposés, et ces débats qui traversent le PCF dans son ensemble.

 

            Ainsi, dans l’étude du premier texte, les « orthodoxes » insistèrent pour que l’on replace les notions de prolétariat et de socialisme, tandis que le Val-de-Marne déposait des amendements, non dénués de pertinence pour beaucoup d’entre eux, contre la ghettoïsation, les discriminations, la dénonciation du néocolonialisme…Des lignes de rupture apparurent sur la question de l’environnement et du progrès technique : un amendement val-de-marnien condamnant les excès du progrès technique fut repoussé au vote, après une intervention bucco-rhodanienne rappelant que pour les matérialistes que nous sommes, le progrès technique fait partie des solutions, non du problème, tout comme je le pense. La Loire insiste sur la laïcité.

 

            Ma propre fédération déposa trois amendements (ce qui est appréciable vu le nombre de fédérations et d’amendements déposés, pour trois heures de discussions). Nous attaquons l’anticommunisme, qui ne se réduit pas à des parallèles entre l’Allemagne nazie et l’URSS, mais à des répressions comme l’interdiction temporaire de la jeunesse du parti communiste de Bohême-Moravie (KSCM). Nous demandons la reconnaissance de Cuba comme l’une des sources d’inspiration du socialisme en Amérique latine. J’interviens sur la Confédération Européenne des Syndicats. Par trois fois, la commission qui gère le débat propose de rejeter les amendements (comme elle le fait dans la grande majorité des cas). Par trois fois, elle est battue au vote et nos amendements sont retenus.

 

Le deuxième texte : passer aux revendications concrètes

 

            Le second texte présentait notre projet sur un plan apparemment classique pour le MJCF : d’abord vouloir le partage des richesses, le partage des savoirs, des pouvoirs, de nouveaux droits pour les jeunes…Bref, les principaux slogans du mouvement déclinés, dans la version initiale du texte, en une nécessité de « remettre l’argent au service des hommes » (curieuse conception qui consiste à parler de « l’argent » comme une réalité en soi, et non du système qui génère la production et donc une valeur à cet argent), à rendre les institutions participatives, à développer une école pour le savoir…et, dans la version initiale du texte, à réformer les institutions internationales (OMC et FMI compris !) et bien sûr à mettre l’Union Européenne au service du social et des citoyens… Les transformations textuelles qui avaient eu lieu suite aux conférences fédérales avaient déjà permis de casser l’idée que l’on pourrait réformer les institutions internationales, créées par les élites du capitalisme pour le capitalisme. Mais, mystérieusement, le texte parlait un peu plus loin de réformer l’Union Européenne !

 

            Le texte était devenu plus concret sur certains points : l’instauration d’un SMIC européen était réclamée, tout comme la semaine de 32 heures, l’allocation étudiante pour ne plus avoir à travailler pendant ses études…des sujets sur lesquels mon approbation est variable. Je refuse la semaine de 32 heures en tant que proposition immédiate, tout en approuvant l’allocation étudiante (mais de préférence conditionnée aux revenus des parents). Intervenait aussi l’exigence d’une Union Européenne ouvrant totalement ses frontières au reste du monde…

 

            Cette question de l’ouverture des frontières, ou de « l’Europe forteresse » m’a valu une mésaventure au cours du congrès fédéral des Hauts-de-Seine. J’avais, au cours d’un argumentaire contre les positions pro-européennes du texte initial du MJCF, fait une digression contre la notion d’Europe forteresse. En précisant notamment que depuis une décennie, un pays comme l’Espagne avait accueilli cinq millions d’immigrants, l’Italie et la France deux millions chacune (voire plus pour l’Italie). S’il existe effectivement une répression contre une partie des immigrés, les clandestins, et que ceux-ci servent d’armée de réserve à de nombreuses entreprises, même si des dizaines de milliers de personnes risquent leur vie et parfois la perdent en franchissant la Méditerranée sans avoir de visa, l’idée de l’Europe actuelle vue comme une « forteresse blanche » est un mythe. Ou alors c’est une forteresse dont certaines portes sont grandes ouvertes. Contrôlées et filtrantes, comme les murs de Ceuta et Melilla, mais ouvertes. Ces précisions m’ont valu de passer pour le rouge-brun officiel de la fédération, et une partie de mes amendements anti-européens furent rejetés parce que je ne citais pas l’Europe forteresse (sans qu’on me contredise sur l’inexistence de celle-ci, ni que l’on réponde à mes critiques de l’UE…d’autant que le meilleur moyen de s’opposer à l’Europe forteresse est encore de rejeter l’Europe fédérale !).

 

Marxisme contre « métissage »

 

            Dans le débat national s’opposèrent encore les deux ensembles précités (94 et dans une moindre mesure le 93 face à la Loire et les Bouches du Rhône) autour de deux notions : le marxisme et le socialisme d’un côté, et le métissage de l’autre. Les « orthodoxes » du 42 et du 13, tout comme d’autres fédérations comme celle de Paris ou de Côte d’Or, voulaient intégrer dans le texte national une revendication claire du socialisme comme collectivisation des biens de production. Plusieurs amendements de diverses fédérations étaient parvenus au national. Dès que l’un d’entre eux (celui de Paris) fut soumis au débat, aussitôt une opposition se constitua dans les deux grandes fédérations de la petite couronne. Dans le 93, on disait qu’on n’avait pas envie d’aller à la rencontre des jeunes en leur soumettant des grands concepts tels que le socialisme ou le marxisme, en déconnection des préoccupations concrètes du public visé. On en rajouta sur le caractère usé, daté, vieilli, archaïque de la théorie marxiste. Et surtout, que le combat des jeunes communistes était vu comme un combat pour de nouveaux droits, sans forcément viser un renversement de système encore inenvisageable (en clair, « le chemin est tout, le but n’est rien… » de Bernstein, dont Lénine jugea qu’il avait là merveilleusement défini l’opportunisme). Un intervenant d’une autre fédération ajouta, non sans pertinence, qu’il ne voulait pas voir revenir le règne de la citation marxiste dans les échanges entre jeunes communistes (sur le mode Lénine/Marx a dit… donc cela clôt la discussion). Du côté du Val-de-Marne, on intervint pour relancer le débat sur les étapes du socialisme : doit-on, avant de parvenir au communisme, et donc d’abolir l’Etat dans le schéma marxiste-léniniste, avoir une étape de socialisme avec un état fort ? Le Congrès avait voté plus tôt, sur proposition du Val-de-Marne, et approuvé par la Loire et les Bouches du Rhône, un amendement faisant de l’abolition de l’Etat le but du mouvement communiste. Lorsque le débat sur la notion de socialisme fut enclenché, un intervenant du 94 refusa la notion de socialisme, donc l’étape étatique du communisme, en considérant que c’était le maintien de l’Etat par les bolcheviques qui avait débouché sur les régimes dictatoriaux du bloc soviétique.

 

            A titre personnel, je ne crois pas en l’abolition de l’Etat, et je l’ai déjà exprimé sur ce blog. J’étais donc en désaccord avec les marxistes orthodoxes, mais aussi avec les anti-socialistes du 94 et 93 : ce qui doit être voulu, c’est justement un état socialiste, pour servir la prise du pouvoir des travailleurs, et en constituer le bras armé. Et l’analyse historique exposée par l’intervenant val-de-marnais me semble totalement fausse : c’est le contexte de guerre mondiale et civile qui a fait que la révolution bolchevique ne pouvait être démocratique, et nullement le maintien de l’Etat.

 

            Logiquement, je devais donc voter pour la reconnaissance du socialisme.

 

            Une intervention ligérienne recadra les choses, notamment que toute considération sur l’intérêt des jeunes pour le socialisme, ou l’archaïsme du marxisme, ne pouvaient qu’être subjectifs. Et surtout, que la lutte communiste ne pouvait être vue comme une série de petits pas vers l’amélioration des droits sociaux. Depuis l’époque où Bernstein prônait le révisionnisme, l’Histoire a montré que toutes les conquêtes du mouvement ouvrier sont réversibles, surtout s’il n’y a pas (ou plus) de pouvoir socialiste.

 

            L’amendement fut adopté au vote. C’est l’une des victoires du Vendredi, et elle fait parler d’elle dans le Parti. 

 

            Peu de temps après, le Val-de-Marne lançait son cheval de bataille :  le métissage. Le terme avait été expurgé des textes initiaux suite aux débats fédéraux. Le 94, soutenu à un moment par les Yvelines, retentera plusieurs fois de le réintégrer sur le texte sur le projet vu le Vendredi après-midi. On eu droit à des envolées lyrico-socio-philosophiques sans intérêt évident, et des confusions immédiates : pour la plupart des gens, dont moi-même, le métissage, c’est l’hybridation de l’identité. Un métis, c’est quelqu’un issu de deux types humains différents. Si c’est le métissage génétique que l’on prône dans le projet communiste, alors tous les non-métis sont donc exclus de ce projet (ce qui concerne la plupart des français, n’en déplaise à certains qui veulent absolument déformer l’histoire de France pour en faire celle d’un métissage permanent) ! Le discours sur le métissage n’est rien d’autre qu’un discours raciste qui inverse les arguments de la théorie de la race pure. Dès que cela fut évoqué en réponse, les « métisseurs » - du 94 principalement- y virent une déformation de leurs propos. Mais qu’est-ce qu’un métissage autre que génétique ? Un métissage culturel ? Une culture métisse est aussi un hybride. Le métissage ne peut surtout pas passer comme synonyme de l’ouverture aux autres cultures : on peut très bien être curieux de la culture d’autrui et s’en instruire, sans juger nécessaire de modifier profondément la sienne. Le métissage est ou ne sera pas, ce n’est pas au mouvement des jeunes communistes de l’interdire ni de le prôner. Tous les amendements qui voulurent intégrer cette notion furent déboutés au vote. Le Val-de-Marne retenta sa chance sur le texte traitant de l’organisation vu le Samedi après-midi, où cette notion aurait été pourtant encore moins pertinente, et fut également désavoué.

 

L’Union Européenne exécutée en moins de deux

 

            Un autre grand moment de ce Vendredi fut le rejet de la ligne européïste du MJCF. Preuve que, même sur ce point, les lignes bougent.

 

            Déjà, dans l’étude du premier texte, j’avais eu droit à une surprise : une fédération proposa un amendement rejetant le mythe de l’Europe sociale. De façon involontairement comique, un délégué parisien intervient pour dire qu’un tel amendement remettrait en cause la ligne du PCF et du Front de Gauche vis-à-vis de l’Europe. Et pour lui, ce simple fait aurait eu valeur d’argument ! A ma grande joie, l’amendement est adopté au vote. Le débat sur l’Union Européenne va prendre une tournure intéressante…

 

            …Et c’est ce qui se passe l’après-midi. Constatant que le texte reconnaît l’impossibilité de réformer les institutions internationales, la délégation des Hauts-de-Seine dépose un amendement visant à suggérer que l’Union Européenne puisse elle-même être irréformable, et qu’il faille être prêt à prôner la rupture avec elle. La fédération de Paris suggéra encore plus tôt un amendement qui fut soumis au vote en premier par la commission des textes, et qui stipulait qu’il était illusoire de réformer l’Union Européenne. Aucun contre-argument ne vint, et l’amendement fut largement voté, rendant le notre caduc.

 

            Le lendemain, un amendement de la fédération d’Ille-et-Vilaine tenta de dissocier l’opposition à l’OTAN et à l’Union Européenne et à réintroduire l’idée que nous voulions une Union Européenne. Il me suffit de prendre la parole pour exposer la contradiction que cela représentait avec le texte vu la veille pour que l’amendement soit rejeté à une quasi-unanimité.

 

            Ces évènements, outre d’être grandement réjouissants par rapport à ma ligne anti-européïste, ont aussi révélé que l’adhésion au mythe de « l’Europe sociale » s’est considérablement effritée depuis quelques mois voire années. La crise mondiale et le traitement auquel est soumis la Grèce n’y sont peut-être pas pour rien. Au congrès national, l’eurofédéralisme a cédé d’un coup tel une planche pourrie.

 

L’organisation ne reconnaît pas le centralisme démocratique

 

            La discussion du Samedi portait sur le troisième texte, relatif à l’organisation. J’étais déjà moins focalisé sur ce texte, car les fédérations de jeunes communistes ont toujours une relativement grande liberté d’action ; donc, sur le fond, je ne craignais pas grand-chose d’un texte sur l’organisation, sauf si elle apportait un fonctionnement encore moins démocratique que l’actuel. Ce ne fut pas le cas.

 

            Mais la liberté d’action des fédérations, justement, peut être un problème, si celle-ci permet aux uns et aux autres, en fonctions de leurs parti-pris locaux, de faire défection aux campagnes nationales lancées par le MJCF. Par campagnes nationales, j’entends tant les actions menées aux côtés du PCF, comme les campagnes du Front de Gauche, que les initiatives propres au MJCF, comme la campagne pour l’emploi et la formation (sur laquelle je n’ai pas donné mon avis, pour des raisons que j’expliquerai plus tard dans le texte). Les fédérations « orthodoxes » ont voulu réintroduire dans les principes du MJCF ce que nous appellons le centralisme démocratique. Ques aco, ce concept historique du communisme ? Et bien une règle simple : lorsque la ligne du mouvement est débattue, chacun a le droit d’être en désaccord avec la majorité, mais pas de constituer une tendance ; et une fois que la ligne est votée, chacun doit l’appliquer, même s’il s’était prononcé contre lors du débat.

 

            Si l’on applique cette idée au niveau de chaque militant, si chaque militant doit donc appliquer la ligne même sur des points qu’il contestait, alors je suis contre, parce que cela me semble illusoire et liberticide. Aucun adhérent du MJCF ne peut gager qu’il sera toujours en accord avec toutes les décisions du Conseil National (auquel cas j’aurais vite rendu ma carte, et celle du PCF avec). Lors de la campagne européenne du Front de Gauche, certains camarades, refusant la stratégie d’alliance avec les mélenchoniens, ne participèrent pas à la campagne. Je fus près d’être des leurs, et ne les condamne pas, même si au final j’ai participé aux campagnes européenne de 2009 et régionale de 2010. Chaque militant, pris isolément, peut considérer qu’une décision majoritaire –et même unanime- du CN est mauvaise, voire nuisible au Parti/Mouvement, et il est utopique de s’attendre à ce que 100% des militants s’engagent à mettre en pratique cette décision. Et si nous avions des moyens de les y forcer et les appliquions, alors nous serions une secte.

 

            En revanche, j’approuve le centralisme démocratique pour ce qui est des fédérations. Un secrétaire de section ou de fédération est quelqu’un qui s’est engagé et a pris des responsabilités, non seulement auprès des membres de sa section/fédération, mais aussi auprès du mouvement national. Il est donc normal qu’il applique la décision nationale. Aucune armée ne peut vaincre sans discipline. Le MJCF n’est pas une secte, mais il peut au moins s’approcher du fonctionnement d’une armée en marche.

 

            Un intervenant notait qu’il était vain d’écrire le principe du centralisme démocratique s’il n’y avait pas un réel suivi des fédérations. Ca n’en rendait pas moins le principe important, et je votais pour. Mais cette fois-ci, les « orthodoxes » furent minoritaires.

 

Les personnes bougent, mais pas dans le sens des idées

 

            Le congrès s’est mal terminé le Dimanche 18 Avril au matin, lors de l’élection du Conseil National, soit les 90 camarades qui prennent les décisions qui orientent et représentent le mouvement.

 

            D’abord un petit passage narcissique.

 

            Je m’étais moi-même présenté pour intégrer le Conseil National, au nom de la fédération des Hauts-de-Seine. Lors du congrès fédéral, à la fin du mois de Mars, ma candidature fut validée par 17 voix pour et 4 contre, malgré mes déclarations au sujet de l’Europe Forteresse qui avaient fait de moi le nazebol (3) des Hauts-de-Seine. Je suis resté en situation d’autocensure jusqu’au congrès national. D’où le faible rythme de publication sur ce blog (pour une fois que j’ai une bonne excuse pour ne pas publier). Et bien ça n’a pas suffi. Ma candidature n’a pas été retenue au conseil national. La principale raison me semble indépendante de ma volonté, puisqu’il y eut un redressement du rapport Province/Ile-de-France, en faveur de la province, où des fédérations se reconstituent. Mais lorsque l’on évoquait auparavant la surreprésentation francilienne, on évoque surtout deux ou trois fédérations : le 94, le 93 et plus relativement Paris. Au total, huit sièges franciliens sur cinquante sont supprimés, tandis que les fédérations de province en gagnent… un. Les Hauts-de-Seine sont intégrés dans le mouvement de restriction de l’Ile de France : on ne perd pas de sièges (on n’en avait que trois ceci dit), mais on n’en gagne pas non plus, malgré la progression du nombre d’adhérents. Sur cinq candidatures faites par le 92, deux sont évacuées, dont la mienne. Il y a aussi des facteurs qui m’incombent : les membres du CN sortant ont-ils lu mon blog ? Savent-ils à quel point je dévie de la ligne du PCF/MJCF ?

 

           Je paye aussi sans doute mes années d’inaction politique, c’est-à-dire 2006-2007, ma période niortaise où, hormis l’alimentation de ce blog, je militais dans la mesure du possible, c’est-à-dire peu, avec la section PCF, mais sans rejoindre les JC. Il faut dire que cela serait revenu à créer la fédération des Deux-Sèvres des Jeunesses Communistes, qui n’avait jamais existé ou pas depuis longtemps. J’aurais pu la créer au moment de la lutte anti-CPE, en allant à la rencontre des lycéens. Il aurait sans doute fallu un miracle pour qu’elle atteigne les dix adhérents. Et elle se serait sans doute évaporée à mon départ, ou directement dès que les examens du baccalauréat auraient envoyé la plupart des militants dans d’autres départements pour suivre leurs études (la JC de Vendée a connu ce sort en 2007, je n’en n’entends plus parler en 2010). Une telle activité aurait gonflé en tout cas mon CV militant, le mettant au niveau d’Olivier Besancenot (dont le seul fait d’armes avant de devenir une marionnet…pardon un porte-parole et candidat de la LCR était d’avoir créé une section syndicale dans un magasin).

 

            Fin du –gros- passage narcissique.

 

            Le plus inquiétant dans ce nouveau CN aura été le peu de places accordées aux fédérations de gros stal… pardon « orthodoxes » qui ont remporté de belles victoires idéologiques dans ce congrès : les Bouches du Rhône ont 4 sièges, la Loire 3, le Rhône (où la JC entretient des relations assez conflictuelles avec le PCF) un seul. La fédération du Nord a cinq sièges, mais n’est que partiellement « stal ». Le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis ont 11 et 12 sièges. Une fédération a été vidée du conseil : il s’agit de la Côte d’Or, dont l’unique siège a été enlevé. Tout cela parce que le conseiller bourguignon aurait fait preuve de « fractionnisme » en envoyant à plusieurs fédérations un mail contenant des amendements reçus par la coordination nationale et qui remontaient des congrès fédéraux. Ayant indirectement reçu le mail, je ne vois pas en quoi il y avait là esprit de tendance. Au contraire, je trouverais absolument normal que chaque fédération puisse publier les amendements qu’elle va envoyer au congrès national avant ledit congrès. Ce qui permettrait aux congressistes de préparer des fusions d’amendements convergents avant même d’arriver sur le lieu du congrès, et de faire gagner du temps et de la qualité aux débats. Mais l’appareil préfère rester seul à savoir…

 

(1)    Cette confédération, qui réunit 82 organisations de 36 pays, a certes mené de justes résistances à la dérégulation du travail en Europe, contre les arrêts Viking ou Ruffert, mais n’en promeut pas moins un « modèle social européen » de capitalisme régulé et encadré. Ce qui a difficilement sa place dans les préférences d’une organisation communiste.

 

(2)  Voir aussi le document suivant : http://jeunes-communistes.org/IMG/pdf/dossier_d_animation_de_la_campagne_Emploi-Formation_du_MJCF-3.pdf

 

(3)    Nazebol : national-bolchévique. Sorte de rouge-brun, alliant bolchevisme et nationalisme, pourquoi pas raciste. Espèce présente entre autres en Russie, avec un parti du même nom.

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Published by DiadoreCronos - dans Gauche radicale - PCF
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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 23:24

 

       Les évènements se précipitent dans le périmètre de l'ex-bloc soviétique : révolution au Kirghizstan, décapitation du pouvoir polonais dans un accident d'avion. En attendant que je consacre un article à la Pologne, il est urgent d'appeler les camarades à lire le texte écrit par cinq secrétaires fédéraux du PCF qui exigent le report du 35ème congrès national du PCF de Juin à Décembre 2010.

       En effet, un congrès "d'étape" est prévu en Juin. "D'étape", car il est question d'avancer sur les "transformations du Parti" (suite au refus des militants de changer le nom ou la forme "parti" du PCF lors de l'Assemblée extraordinaire de 2007 puis du Congrès de Décembre 2008). Il est aussi question de faire passer Pierre Laurent au rang de numéro un statutaire du Parti, en lieu et place de Marie-George Buffet.

 

       Et bien sûr, il sera à l'ordre du jour de "statuer" sur la stratégie du Front de Gauche.

 

       Nous n'avons que deux mois pour cela. C'est bien évidemment trop peu. Il sera impossible de rédiger des textes alternatifs (d'ailleurs certains au Conseil National ont envisagé qu'au PCF, comme c'est déjà le cas au MJCF, on abolisse la possibilité de proposer des textes d'orientation alternatifs à ceux de la direction sortante. Ainsi, le CN sortant pourra perpétuer lui-même sa ligne politique sans entraves).

 

       De la même manière que nous n'avons pas été consultés pour constituer l'alliance avec le Parti de Gauche fin 2008 en vue des Européennes, le congrès de Juin 2010 a toutes les chances d'acter ce que les dirigeants du Parti rabâchent déjà. A savoir que le Front de Gauche aurait été une "réussite". Alors que nous avons très peu de raisons de le penser, comme je le notais après le premier tour des régionales. Certes, avec 1.1 millions de voix sur 17 régions, nous faisons "mieux"... que la présidentielle de Marie-Georges Buffet en 2007. Il suffit de prendre la référence qui nous arrange... si maintenant on se base sur les législatives de 2007 (où le PCF faisait 1.2 millions de voix, sans être présents partout) ou sur les cantonales de 2008 (1 million de voix pour les candidats PCF, sur une partie du territoire également), alors il n'y a aucune raison de voir dans le Front de Gauche, qui en est déjà à son deuxième exercice, une réussite quelconque.

 

       Aussi, quand notre Sauveur bien-aimé Mélenchon affirme dans Le Monde du 9 Avril que "Tout le monde sait qu'un candidat communiste ne fera pas de score. Si on réussit les régionales, c'est parce que c'est le Front de gauche". Il n'a qu'à moitié tort. A moitié raison parce qu'il n'y a effectivement aucun candidat communiste crédible médiatique (1) à l'heure qu'il est. Mais il se base sur l'idée que les régionales ont été réussies, et sur un sondage qui lui accord 6% à la présidentielle de 2012 en cas de candidature Front de Gauche. Je rappelle pour ma part qu'en Janvier 2007, des sondages avaient donné jusqu'à 5% des intentions de vote à Marie-George Buffet. Et qu'on ne sait toujours pas qui seront les candidat(e)s du PS et d'Europe Ecologie, ni quelles campagnes ils/elles feront, ni quelle sera l'actualité qui conditionnera la présidentielle de 2012.

 

       Autrement dit, la principale assise de Mélenchon, actuellement, c'est sa grande gueule et son énorme égo.

 

 

       Mais les militants communistes n'ont aucune chance de faire connaître ces vérités en l'espace de deux mois. Il faut d'urgence repousser ce congrès dont les modalités d'organisation sont en soi une insulte à la démocratie interne.

 

Le texte des cinq secrétaires fédéraux :

 

(J'appelle tous les camarades à prendre contact avec le blog Réveil Communiste - ou avec moi-même, via diadorecronos@hotmail.com comme sur le site - pour envoyer leurs signatures de soutien à cette initiative).

 

http://reveilcommuniste.over-blog.fr/article-5-secretaires-federaux-demandent-le-report-du-congres-du-pcf-a-decembre-2010-48463118.html

 

(1)  Il y a des communistes capables de mener une campagne, le plus connu d'entre eux étant André Chassaigne, l'auteur d'une des seules vraies performances du Front de Gauche aux régionales. Mais encore faut-il que le député Chassaigne ait bénéficié de la moitié de la couverture médiatique de Mélenchon.

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 00:32

       Voici la dernière prestation du "camarade" Mélenchon.


       Le contexte est le suivant : pendant l'entre-tour des régionales, Mélenchon, tapin... pardon militant pour la "gauche" au second tour des régionales, est interrogé par un étudiant journaliste de Sciences-Po. Mélenchon commence par s'indigner que, deux jours après le premier tour des régionales qui ont vu une très forte absention, des journaux comme le Parisien n'aient mieux à faire que de titre sous la réouverture des maisons closes.

       En effet, récemment, une députée UMP, Chantal Brunel, proposait la réouverture des bordels, fermés en France depuis 1946, au prétexte bien connu que les prostituées y seraient "protégées des violences de la rue". Le Parisien y a consacré une Une.

Et le jeune journaliste, entendant Mélenchon pester sur cette une, lui demande son avis sur le sujet.

 

       Voici le résultat.

 
 

       Les commentaires de cette vidéo, que ce soit sur Rue89 ou Dailymotion, sont souvent favorables au président du Parti de Gauche, félicité pour avoir eu la franchise de traiter les journaleux comme ils le méritent.

 

       Précisons au passage que la séquence est bien évidemment tournée sans l'accord de l'intéressé. Il y a donc, dans la publication initiale de cette vidéo sur le Net, une violation de la vie privée de Jean-Luc Mélenchon. Certes. Mais le contenu de cette vidéo n'en soulève pas moins de sérieuses objections à l'attitude (et sans doute la personnalité) du politicien.

       Pour ma part, en effet, je trouve que Mélenchon est odieux et en tort sur le fond (pour la forme j'ai une grande tolérance).

 

       Je ne soutiens pas les journalistes en tant que corporation, et encore moins Sciences Po.

      

       Je ne suis pas partisan de la réouverture des maisons closes (lire à ce sujet la réaction de militant-e-s féministes dans l'Huma; voilà des gens pour qui ce sujet n'est pas trop superficiel pour qu'ils s'abaissent à le commenter, contrairement au seigneur Mélenchon).

 

       Entendons nous bien.

       La prostitution, c'est l'esclavage sexuel le plus violent que subissent des dizaines de milliers de femmes en France. On peut être pour ou contre la réouverture des maisons closes, la condition de ces femmes et les moyens de mettre fin à leur calvaire sont effectivement un sujet politique important. Politique, et pas seulement "sociétal". Il y a bien des sujets que l'on peut trouver sans dignité politique, comme la régularisation du cannabis, ou jadis le PACS: de l'action ou inaction politique sur ces sujets ne dépendent pas des vies humaines.

 

Tandis que ne pas traiter la prostitution, c'est effectivement laisser des milliers de personnes (très largement des femmes, mais aussi quelques jeunes hommes ou garçons) dans une situation de sous-humanité.


       Jean-Luc Mélenchon aurait pu dire qu’il était contre les maisons closes, et pour de véritables actions afin de mettre fin à l’esclavage sexuel. Ou alors, il aurait pu dire au minimum qu'il n'avait pas de déclaration construite à faire sur ce sujet, et qu'il préfèrait parler d'autre chose.


       Mais non.


       Il dit texto, à environ une minute du début de la vidéo, que le sort des prostituées, il n'en a "rien à faire". Il dira ensuite que c'est un "sujet de merde", avant de partir dans un long délire anti-journalistique, insultant par la même occasion des journalistes consciencieux, car il y en a. Il faudrait que Mr. Mélenchon sache que tous les journalistes n'ont pas pour métier de décider de la Une d'un quotidien national. Beaucoup font des articles et des reportages, parfois dangereux, qui ne leur apporteront pas de gloire.

 

            Maintenant, posons-nous la question : si le sort des prostituées est un « sujet de merde », alors que sont les vrais sujets ?

                       

-      La branlette autour de « l’Europe Sociale », que nous ressasse l’ancien partisan du Oui à Maastricht qu’est Mélenchon, et qui n’engage que ceux qui y croient ?

 

-       Des mesures ineptes et démagogiques comme le « revenu maximal » ? (1)

 

-      Ou alors dénoncer, comme le sénateur de l’Essonne l’a fait le 1er Mars à la Mutualité (en présence de votre serviteur), les polémiques actuelles autour de l’Islam, de l’intégrisme religieux, de la burqa et des minarets, polémiques qui serviraient à préparer un génocide des musulmans en France ? 

 

C’est ça, tes « vrais sujets », Mélenchon ?


       Par sa réaction, Jean-Luc Mélenchon prouve:

 

1) qu'il ne sait pas garder son sang-froid, même face à un étudiant;

2) qu'il pratique des généralisations injurieuses et abusives à l'égard des journalistes ;

3) qu'il méprise la condition dramatique de milliers de personnes réduites à la prostitution.

 

       Intempérance, bêtise et inhumanité : pas vraiment des qualités pour un candidat à la présidentielle de 2012...

 

       Pour moi c'est décidé, Jean-Luc Mélenchon ne sera pas mon candidat en 2012. Ou alors il faudra qu'il en fasse beaucoup pour me faire changer d'avis.

 

       Certains diront peut-être: "Tu parles du drame de la prostitution...Mais tu proposes quoi, toi, qui critique le refus de Mélenchon de s'exprimer sur le sujet?". Et bien ce sera l'objet d'un article en fin de semaine.

 

Vous pouvez, en attendant, également lire l’article de Christine Tasin sur Riposte Laïque, qui a eu à peu près la même réaction que moi.

 

(1)    : Vouloir limiter les revenus en réaction aux délires des rémunérations de la haute finance ayant contribué à la crise financière est apparemment une idée de bon sens. Sauf que cette idée ne règlerait rien  car elle serait, une fois promulguée, contournée de tous les côtés. Imaginons que la banque Y veuille offrir un revenu de 20.000 euros par mois à Mr. X, trader, pour éviter qu’il ne parte aux USA ou dans d’autres contrées plus « libérales ». Mais la loi française interdirait des revenus supérieurs à 10.000 euros mensuels. Alors la banque Y va tout simplement embaucher ou utiliser un homme de paille Z à qui elle transfèrera 10.000 euros, que Z remettra au noir à Mr. X. Et si le fisc français trouve le moyen d’intercepter tous ces échanges (on imagine quel appareil policier énorme il faudrait pour cela), et bien Mr. X et nombre de ses autres camarades de promotions de Polytechnique, Supélec, Centrale ou autres partiront à l’étranger. Pas grave en soi si l’on a un nouveau système permettant de les remplacer. Mais une fuite accélérée des cerveaux peut être dommageable si on n’a en tête qu’une grosse social-démocratie à l’instar de celle prônée par le Parti de Gauche…

 

 

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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 22:01

 

Panne d'articles en ce moment: charges professionnelles, congrès du MJCF en préparation (et je n'ai pas publié mes amendements, ce serait répétitif à force)... et surtout alors que les sujets actuels demanderaient un temps que je n'ai pas. Réformes des retraites chez nous, réforme des assurances santé aux USA (en attendant une nouvelle réforme salvatrice et ultime de l'assurance-maladie en France), abandon de la taxe carbone...


La Wéunion sé plu a nou zot (1)



Sinon, j'aurais voulu signaler, suite au second tour des régionales, la perte de la seule région de France administrée par un parti communiste. Mais réunionnais celui-là (2). Le Parti Communiste Réunionnais de Paul Vergès, 85 ans, a en effet perdu le conseil régional par 37% des suffrages exprimés, contre 45% à l'UMP, alors qu'une liste PS se maintenait au second tour avec 17% des voix. J'avais en premier lieu pensé à une réédition des scénarii où le PS a secondé la chute des élus PCF, pour ensuite récupérer les sièges aux dépens de la droite à la prochaine échéance.

 

La situation réunionnaise me faisait initialement penser à celle de Colombes où, en 2001, le maire communiste, Dominique Frelaut, après 36 années de mandat, fut finalement battu par la droite, avant que le PS ne gagne la ville avec le PCF en minorité en 2008. A Colombes comme à Saint-Denis de la Réunion, l'âge du candidat et l'incapacité du parti (communiste) à organiser sa succession furent fatals.

Mais, après quelques lectures, il m'est apparu de profondes différences entre les deux contextes. Une gestion assez "familiale" du PCR par Vergès, des alliances avec des  candidats de droite, un cafouillage inextricable au sujet des alliances avec la liste PS entre les deux tours (alors qu'à Colombes socialistes et communistes marchent depuis longtemps ensemble, pour le meilleur et de plus en plus pour le pire...)... Je vous propose davantage de précisions avec les articles suivants:

http://www.temoignages.re/comment-la-federation-du-parti,42398.html
(Témoignages est la revue du Parti Communiste Réunionnais)

http://www.zinfos974.com/Pour-le-PS,-l-affaire-TAK-a-fait-perdre-la-gauche_a16226.html
http://www.zinfos974.com/Paul-Verges-a-reconnu-que-son-travail-l-a-eloigne-de-sa-base_a16200.html
http://www.zinfos974.com/Andre-Thien-Ah-Koon-11eme-sur-la-liste-de-l-Alliance_a15855.html
http://www.lemonde.fr/elections-regionales/article/2010/03/22/a-la-reunion-l-ere-paul-verges-prend-fin_1322360_1293905.html
http://www.zinfos974.com/Il-y-a-63-ans,-en-mai-1946,-Paul-Verges_a3046.html

Sur Paul Vergès lui-même :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Verg%C3%A8s
http://www.lexpress.fr/region//paul-verges-au-scanner_852392.html

 

Les refons quittent le navire

 

Changeons de sujet, et remarquons qu’aujourd’hui le PCF a encore perdu des membres. Après quelques milliers d’électeurs (merci le Front de Gauche), après Jean Ferrat…

vient le tour de…

(suspense)

Patrick Braouezec.

 

Et vous devinerez pas la meilleure ?

 

Il se casse pas tout seul.

 

Bon d’accord, il n’emmène pas Gayssot avec lui, et encore moins Marie-Georges ni Pierre Laurent. Mais à sa suite, se cassent : Roger Martelli, Jacqueline Fraysse, Lucien Sève, Patrick Jarry…

 

Mais qui sont donc tous ces gens ?

 

Des refondateurs, ou encore des « refons ». Des gens qui étaient membres du PCF tout en pensant que le Parti est mort et qu’il faut se reconvertir dans une mélasse de gauche-citoyenne-sociale-écologique-bisounoursienne. Que l’histoire du PCF est insurmontable, qu’on n’arrivera pas à expier le passé soviétique. Mais ce sont surtout des gens qui n’ont plus d’idées communistes, pour qui l’abolition de la propriété privée du capital productif n’est qu’une vieillerie. S’ils ne pensaient pas ainsi, ils sauraient que l’abandon du terme « communiste » dans le nom du Parti – abandon qu’ils préconisent – ne changerait rien au fait que nos idées et nos projets sont communistes. Mais, dans la réalité, ils ne sont plus du tout communistes, juste vaguement sociaux-démocrates, et ils pensent qu’il suffit de deux-trois discours bourrés des mots « citoyen », « durable », « démocratique », « progrès », « ensemble », « écologique », « émancipation » pour avoir une ligne politique vraiment nouvelle et créatrice. Ils pensent aussi qu'il suffit de se pinturlurer en vert et de crier sur tous les toits que l'on est "nouveau" pour l'être.

 

Ces « camarades » n’ont pas hésité à créer leur machin, la FASE, « fédération pour une alternative Sociale et Ecologique » (un nom plus creux tu meurs), le jour même où s’ouvrait le 34ème Congrès du Parti. Bien sûr, ce n’était pas pour diviser mais rassembler, ça va de soi…

 

En Décembre 2007 et Décembre 2008, ils n’ont pu faire aboutir leurs projets de débaptiser ou liquider directement le Parti, et cela a été largement commenté sur le blog.

 

Braouezec est député de Seine-Saint-Denis. Il a soutenu la campagne de José Grobof en 2007. Généralement méprisé dans le Parti, le garçon ne s’en est pas moins ému quand la tête de liste francilienne aux régionales lui a été refusée (et puis quoi encore ?).

 

Il a claqué la porte en signant ceci dans le Monde. Et on peut lire dans les commentaires de l’article que son geste ne lui a pas apporté la sympathie des anticommunistes, loin de là. Ce qui devrait servir d’exemple à plus d’un : renoncer au communisme, ou même simplement renoncer au PCF, c’est à la fois perdre la puissance d’une structure (si, si, un million de voix c’est pas rien) tout en ne gagnant rien en crédibilité, puisque l’on devient un ex-communiste (donc toujours un sale coco pour les anticommunistes, et une raclure de traître pour les communistes).

 

Roger Martelli est un historien du Parti, et a rédigé ici une « analyse » dans le genre qu’il nous pond depuis chaque élection : le PCF ne fait que régresser, il faut abattre la bête. Il cite ici le nombre de sièges de conseillers régionaux perdus par le PCF. C’est tout à fait vrai, nos sièges ont fondu comme neige au soleil. Mais l’essentiel n’est pas tant le nombre de sièges que le nombre de voix. Le soutien populaire à un parti peut même se trouver renforcé si celui-ci refuse de se vendre pour quelques sièges. Pour ce qui est des voix, on a vu dans le précédent article que ce n’était pas terrible, mais pas comparable à une chute de moitié en ce qui concerne le nombre de sièges.


            Lucien Sève est philosophe.
 

Jacqueline Fraysse est députée.


            Patrick Jarry est maire de Nanterre, officiellement encarté, mais depuis longtemps en distance avec le Parti, et investi dans des structures parallèles aux noms et idées vagues, comme Alternative Citoyenne.

 

            Le PCF a donc perdu deux députations et une grande ville. Nanterre n'est plus la Rouge.

 

             Mais ce n’est pas très grave en soi.


            Il y a un côté positif à ce départ des refons. Maintenant, la direction du Parti, autour de Pierre Laurent, ne pourra plus jouer, comme au congrès de 2008, à faire croire qu’elle est le rempart du Parti contre la liquidation. Liquidateurs, ils le sont, par l’intermédiaire du Front de Gauche. Et c’est à nous de le faire apparaître.


            Le problème est qu’entre ripostiens, marxistes-léninistes droits dans leurs bottes et les supposés «nationaux-bolchéviques » (3) gérinistes, l’opposition à la liquidation est redevenue divisée comme elle l’était avant 2008…

 


(1) "La Réunion n'est plus à nous" en pseudo-créole DiadoreCronien.


(2) En effet, il n'y a pas de fédération d'Outre-Mer du PCF. Dans un esprit anticolonialiste, nous avons accepté l'existence de partis communistes guadeloupéen, martiniquais, réunionnais... Qui ne sont pas forcément indépendantistes, mais ont le grand avantage d'épargner à nos camarades ultra-marins de devoir prendre leurs consignes depuis Paris et l'avion pour se rendre aux congrès nationaux. C'est écologique en plus.

(3) L’expression, visant notamment André Gérin, est de Stéphane Gatignon, maire de Sevran, passé en 2009 à Europe Ecologie.

 

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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 23:04


Dimanche 14 Mars 2010

      J'écris un article rapide pour commenter les résultats des régionales 2010, que je tenterai de muscler demain soir.

      L'UMP est crédité de 27% des suffrages au niveau national, le PS à 29-30%, les cohn-bendit-duflotistes à 13% - ce qui est encore bien trop. Le Front National reprend une place qui correspond davantage à l'influence réelle de son discours dans la société (12% des voix). Le Front de Gauche se place à un peu plus de 6%, en sachant que dans cinq régions (Bretagne, Basse-Normandie, Champagne-Ardennes, Bourgogne, Lorraine) il n'était pas présent en tant que tel, le PCF local ayant malheureusement préféré s'allier au PS dès le premier tour.

      Mais tous ces scores sont à relativiser, avec 52% d'abstention. Ce qui fait que les scores réels (en proportion des inscrits) sont:

 

PS : 14%
UMP : 12-13%
Europe Ecologie : 6%
Fn : 5.5-6%
Front de Gauche : 2.8% (rappel: aux européennes de 2004, les listes PCF étaient à 2.55%, les listes Front de Gauche étaient à 2.6% en Juin 2009. C'est dire la "percée").

      En Ile-de-France, la liste de Pierre Laurent obtiendrait plus de 6%, soit de quoi fusionner avec celle d'Huchon au second tour.
       Il y aurait sinon de belles réussites de listes menées par des camarades, Alain Bocquet (10.7% dans le Nord-Pas-de-Calais), André Chassaigne (apparemment 14% en Auvergne), Dominique Bucchini (10% en Corse)...

         Mais avant tout:

 
J'EN CONNAIS UN QUI PEUT SE VOILER LA FACE !

                                                      (NPA: 2% des exprimés)

besancecoup.jpg



Lundi 15 Mars 2010


       En fait, en lisant les résultats définitifs du ministère de l'Intérieur, les militants du Front de Gauche doivent modérer leur enthousiasme, et moi corriger quelques uns des chiffres annoncés hier (plus haut).

Vous pouvez voir ici les résultats des régionales 2010, et les résultats de celles de 2004 là.

       Il n'y a pas de succès du Front de Gauche. Sur les huit régions où le PCF et des alliés autres que le PS et les Verts avaient leurs listes indépendantes en 2004, il y a eu recul en nombre de voix (c'est ce qui compte dans l'absolu, surtout alors que la population inscrite augmentait) dans cinq régions. Seules l'Auvergne, la Corse et plus relativement l'Aquitaine, échappent à ce mouvement.

       En Ile-de-France, lourde saignée : près de 75.000 voix de moins que Marie-Georges Buffet en 2004 (il fallait le faire). Dans le Nord-Pas-de-Calais, même si l'abstention permet à Alain Bocquet de conserver son score parmi les exprimés (10.78), il perd près de 41 000 voix en six ans. En Picardie, j'ai apprécié de voir la liste "PCF orthodoxe" battre la liste du Front de Gauche. Mais près de 17 000 voix sont perdues par rapport à la liste Gremetz de 2004, même en cumulant les deux listes (Gremetz et le Front de Gauche de Aury). En Alsace nous ne sommes pas loin de l'extinction, sur une terre qui ne nous a jamais été très favorable. En Corse, il y a, relativement à 2004, une bonne progression, mais il faut rappeler que la Corse est une région peuplée comme un demi-département moyen.

                                Evolution du nombre de voix entre les régionales 2004 et 2010

Regionales-2010-differences.gif
       La conclusion est simple: la stratégie du Front de Gauche n'a pas marché. On peut au mieux parler de non-échec, au sens où nous n'avons pas vraiment reculé. Et au niveau national, nous calons en dessous des 6%, à 5.84%.
       Notre score parmi les inscrits n'est pas de 2.8 comme je l'écrivais hier soir, mais de 2.6. Par rapport aux européennes, un peu moins de 100.000 voix ont été gagnées, mais par rapport aux régionales de 2004, là où la comparaison est possible, ce n'est pas brillant.

       Ca tombe bien dans un sens, en voyant le Front de Gauche à 6%, je me suis dit qu'il ne méritait ni plus ni moins. Pas moins pour ne pas risquer d'être battu par le MoDem ou le NPA, et surtout pour ne pas aller vers un nouveau désastre électoral dont le PCF aurait assumé les frais. Et pas plus, car il est clair qu'une victoire réelle du Front de Gauche aurait profité à celui que les médias ont couronné comme chef du Front, à savoir Jean-Luc Mélenchon (oh que j'en ai marre d'entendre parler du "Front de Gauche de Mélenchon"...). Que va-t-il bien pouvoir nous sortir pour qu'on lui laisse davantage de place ? Que s'il avait été tête de liste francilienne, il aurait fait mieux que Pierre Laurent? Pas inconcevable en effet...Mais si ma tante en avait...

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22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 21:37

 

Bonne année à tous, avec juste trois semaines de retard.

Mois de Janvier passé sous silence, pour raisons personnelles lourdes, puis pour simple raison de baisse de pression (alors que ce n'est pas le moment, ce n'est jamais le moment !!!). Je pourrais faire un article bilan sur mon année 2009. Mais il suffirait de deux phrases : en 2009, j'ai travaillé sur beaucoup de projets, mais dans le désordre, avec une mauvaise synchronisation ( fuck l'anglicisme "timing" ! ), ce qui m'a fait perdre du temps sans pour autant glander. En plus de tout ça je suis progressivement devenu un connard de rouge-brun islamophobe, et je suis partiellement revenu sur mes positions immigrationnistes, mais partiellement seulement, hein, n'allez pas voir au M2IN (1 ) si j'y suis.

Il s'impose donc que je fasse un autre article.

Tiens, en Avril 2010, il y a un congrès du Mouvement des Jeunes Communistes de France. Comme tous les deux ans.

Les 23 et 24 Janvier (et oui, demain !), le Conseil National du MJCF se réunit pour faire la synthèse des contributions préparatoires au Congrès, contributions appelées depuis fin Novembre.

Et, connaissant ma précocité habituelle, vous ne vous étonnerez pas que j'aie répondu à cet appel... Dimanche dernier.


Et j'ai osé envoyer ça.

(1) M2IN : Ministère de l'Immigration et de l'Identité Nationale.

Note: début Décembre, plusieurs textes avaient été transmis aux militants pour la préparation du Congrès: des résolutions du précédent congrès, des textes définissants des pistes de réflexions, des états des lieux, avec des thématiques comme "le rapport des jeunes à l'engagemen", "l'emploi et la formation", "savoirs et éducation", "Europe", "Monde"...

Contribution pour la préparation du Congrès du MJCF d’Avril 2010.

Cette contribution n’engage que moi. Elle réagit à ou prolonge plusieurs points évoqués dans les textes diffusés pour la préparation du congrès, suit au CN du 28 Novembre 2009. De ce fait, elle se répartit sur quatre points, et non en un seul texte linéaire.

Europe

Le débat sur l’attitude à avoir vis-à-vis de la construction européenne semble apparemment réglé au PCF depuis plusieurs années. Le ralliement à un gouvernement pro-européen (celui de la gauche plurielle), la liste « Bouge l’Europe », puis l’adhésion au Parti de la Gauche Européenne avaient apparemment entériné le parti-pris de « l’Europe sociale ». La victoire du Non au Traité de Rome, et le rôle particulièrement actif de l’Humanité dans le décryptage du texte du Traité avaient pu sembler confirmer cette stratégie.

En réalité, l’opposition au principe même de la construction européenne existe toujours dans le Parti, et il n’y a pas de raison que ce débat n’existe pas au sein du MJCF.

Une partie des camarades rejette la construction européenne puisqu’elle est, depuis ses débuts, réalisée dans l’intérêt du capitalisme européen. C’est notamment la thèse que défendent trois camarades dans « L’idéologie européenne » (éditions Aden, 2008). La Communauté européenne a toujours été un projet antisocialiste, à la fois contre le bloc de l’Est, mais aussi pour contourner les scènes politiques nationales où l’opposition communiste était forte (en France et en Italie).

Cette tendance à la confirmation du capitalisme comme système indépassable ne s’étant jamais démentie depuis, jusqu’au Traité de Rome, a forgé la certitude d’une partie des camarades que toute tentative de changer le sens de la construction européenne ne pourrait être que vaine. Dans la « gauche antilibérale » comme dans le Front de Gauche, fut martelée l’idée que l’on pourrait « changer d’Europe » en construisant « l’Europe des peuples ». Les mêmes peuples qui élisent des majorités de droite ou sociales-centristes, que ce soit en Italie, en Espagne, en Allemagne, ou en France !

Il n’y a pas de peuple « de droite » ou « de gauche ». Mais le fait est que l’affrontement de classe et idéologique ne suit pas le même cours  ni la même vitesse d’un pays à l’autre. La décennie 2000-2009 a vu une domination générale de la droite et du centre. On aurait pu croire qu’il en serait autrement à partir du déclenchement de la crise en 2008. Mais les élections européennes de 2009, du moins là où la participation a été significative, ont vu la droite arriver en tête. Même si elle n’est que (très) relativement majoritaire en France, l’opposition s’est vue partagée entre un PS en demi-effondrement et la poussée d’une formation écologiste que rien ne situe réellement à gauche.

Le fait est donc que la droite domine en Europe, que la crise n’y a pas changé grand-chose, et que dans plusieurs pays, les forces qui remettent en cause le capitalisme en tant que tel sont très faibles (cas du Royaume-Uni, où les forces socialistes – communistes sont très marginales, ou de l’Allemagne, où le PDS a abandonné le socialisme et s’est intégré dans le parti social-démocrate Die Linke).

Dans ces conditions, être pour « l’Europe » (au sens du fédéralisme européen), tout en prétendant défendre les idées du communisme, c’est demander à passer d’une lutte difficile (la lutte pour le communisme en France) à une lutte TRES difficile, voire inenvisageable pour des décennies, qu’est celle du communisme en Europe.

Au-delà de ces constats, remarquons que le PCF comme le MJCF n’ont jamais clairement dénoncé les mythes fondateurs de la construction européenne.

Comme le mythe selon lequel, depuis la création de la CECA en 1951, la construction fédérale européenne aurait créé, ou même simplement renforcé, la paix entre états européens, en premier lieu la France et la République fédérale allemande. Or rien ne le prouve. La paix franco-allemande vient tout simplement de la ruine des deux nations en 1945, de leur impossibilité de prétendre à la domination de l’Europe face aux deux superpuissances d’après-guerre (USA et URSS), à la présence de forces américaines en Allemagne (et en France jusqu’en 1966) et à la nécessité de coopérer dans le cadre de l’alliance atlantique. Le libre-échange existant entre les états de la Communauté Européenne (qui ne supposait nullement la marche vers une structure fédérale) ne peut même pas être crédité d’avoir cimenté la paix, pas plus que la montée du commerce international à la fin du 19ème siècle n’avait empêché la Première Guerre Mondiale.

La construction européenne n’est pas davantage responsable de l’existence de la démocratie (entendue dans les limites du système capitaliste) sur le continent européen, les états membres de la CEE comme de l’UE étant déjà démocratiques avant leur intégration. Ni le bloc de l’Est, ni les dictatures grecque, espagnole ou portugaise ne sont tombés du fait de la Communauté Européenne.

Des exemples de coopérations interétatiques (dont Airbus est un exemple, et non une création du fédéralisme européen), d’échanges d’étudiants entre continents, d’échanges commerciaux dans d’autres zones de libre-échange que l’Union Européenne, nous rappellent que le fédéralisme n’est nullement une nécessité.

En raison de l’inégale progression de la lutte pour le communisme entre les différents pays du continent européen, et de la quasi-impossibilité que la victoire du communisme se fasse d’emblée au niveau européen, ne redevient-il pas plus pertinent de privilégier la défense de la souveraineté nationale ? Seul un pays indépendant peut créer le socialisme. Pas un pays que plusieurs traités internationaux obligent à reconnaître la propriété privée et l’économie de marché, fut-elle « sociale » comme des faits irrévocables.

Aussi, le congrès d’Avril 2010 pourrait être l’occasion de relancer un débat nécessaire sur la construction européenne, dans son principe même, et pas seulement sur son « orientation ».

Marxisme & expériences se réclamant du socialisme

Un certain nombre de camarades demandent le retour du PCF à des fondamentaux marxistes. Il peut s’agir tant de camarades de l’association La Riposte (auteure du texte n°2 lors du 34ème congrès du PCF) que du réseau « Faire vivre et renforcer le PCF » (issu du texte n°3) ou de camarades qui refusent toute affiliation autre que celle du Parti.

Le débat sur le marxisme ne peut pas se régler d’un trait de plume.
Les théories économiques qui fondent l’analyse marxiste, par exemple l’analyse des prix avec la théorie de la valeur-travail, ont fait l’objet de réfutations depuis l’époque de Marx lui-même. Cela ne remet pas en cause l’idée que le profit capitaliste repose sur la spoliation du travail, seul créateur de richesse (avec la nature). Mais en revanche, le caractère inéluctable de l’effondrement du capitalisme via la baisse du taux de profit est sujet à débat.

Ce qui est en revanche certain, c’est que l’absence de formation sur le marxisme, le matérialisme dialectique, la notion de lutte des classes, et l’histoire du mouvement ouvrier ont des conséquences fâcheuses. Parmi elles, le fait que les camarades, au PCF comme au MJCF, se retrouvent dans l’incapacité de défendre l’histoire du Parti et d’expliquer les expériences qui se sont réclamées du socialisme. Le risque est aussi de ne pas comprendre la nature de classe de l’Etat, et de s’abandonner à la croyance qu’un état généreux et correctement dirigé aiderait à « dépasser le capitalisme ». Ou encore, et c’est un risque plus important chez de jeunes camarades, l’absence de connaissance du marxisme peut aboutir à ce que des  formes de résistance passablement prémarxistes et archaïques, telles que l’action spontanée sans fondement idéologique et le refus de l’organisation (l’exemple qui vient en premier à l’esprit est l’action des faucheurs d’OGM) apparaissent comme « modernes ».

Le voyage de solidarité des jeunes communistes à Cuba a également joué un rôle formateur. Nul ne demande aux camarades une défense inconditionnelle de l’expérience cubaine, mais le voyage a permis de clarifier le contexte de cette révolution et un aperçu concret de la société cubaine, à mille lieues du « goulag tropical » décrits par les anticommunistes.

L’expérience est donc non seulement à reproduire, mais à faire partager.

Rapport de la jeunesse à l’engagement

Le texte sur le rapport des jeunes à l’engagement semble déplorer le fait que les jeunes seraient davantage intéressés par un engagement au résultat concret immédiat, que par un engagement politique aux conséquences (très) indirectes sur la vie personnelle de l’adhérent. Le texte propose un  exemple (celui d’un tournoi sportif) où des camarades peuvent démontrer, par une action palpable, l’intérêt de l’engagement communiste. C’est un bon exemple, comme celui d’un concert, exemples déjà éprouvés par les camarades, avec des succès variables.

Cependant, il faut garder à l’esprit que le rôle premier d’un militant, c’est l’information. Beaucoup de jeunes sympathisants, militants potentiels ou militants tout court, peuvent avoir l’impression d’être hors du domaine des luttes. Ainsi, des jeunes qui étudient dans des structures d’enseignement réduites, loin des campus et difficilement mobilisables, les jeunes travailleurs en PME ou en société de services à faible syndicalisation et (heureusement pour eux) moins concernés par les plans sociaux que les travailleurs de l’industrie…tels sont des exemples de ces jeunes pour qui les appels à s’impliquer dans les luttes peuvent apparaître abstraits, et difficilement réalisables.

En réalité, tout militant peut avoir une activité politique décisive, qui est l’information. Il ne s’agit pas seulement d’informer les autres (par les habituels et indispensables tracts et collages), mais aussi de s’informer soi-même. Normalement, toutes les fédérations ont leur activité de formation. Mais il faut s’assurer que chaque adhérent, même s’il devait se retrouver, pour des raisons qui lui appartiennent, à remettre sa carte au bout d’un an, ait l’impression d’avoir gagné quelque chose dans sa période d’adhésion.

La carte et la cotisation doivent donc garantir une (in)formation régulière sur les thèmes qui fondent l’engagement et occupent l’activité des communistes, en suivant les principes suivants :

-          nécessité d’une forte information factuelle : ne pas seulement transmettre des opinions, mais aussi des faits, vérifiables, aux camarades formés. Et qui dit faits vérifiables dit bibliographie ;

-          …et qui dit bibliographie vérifiable dit références communes. Donc le MJCF pourrait développer le matériel de formation à disposition de tout le mouvement. Cela peut signifier des dossiers électroniques (à l’instar des DVD de formation édités par le Parti), des livres prêtables d’une fédération à l’autre, des films, mais aussi des formations transfédérales (c’est-à-dire conviant plusieurs fédérations, sans être un stage national pour autant).

Pour revenir à l’aspect « rendu concret et immédiat » de l’engagement politique, la formation doit aussi être développée sur un point qui concerne tant les lycéens que les étudiants, et plus encore les jeunes travailleurs : la formation aux droits du travailleur. Des fédérations, par exemple celle des Bouches-du-Rhône, avaient déjà édité des documents d’information à destination des travailleurs saisonniers, les prévenant de leurs droits. Des formations de ce genre, qui peuvent ne pas être réservées aux adhérents, auraient intérêt à se généraliser. Outre l’information sur le droit, elles peuvent comprendre des rappels sur l’actualité récente en matière de luttes du monde du travail, des exemples de violation des droits des salariés ou sous-traitants.

Formation

                Dans le texte consacré à la question de l’emploi et de la formation, est justement pointée la question de l’orientation, qui fait cruellement défaut à un grand nombre de lycéens. Ou encore de la possibilité de passer d’une filière à l’autre, du droit à l’erreur et à la réorientation. Une voie qui n’est pas évoquée dans le document est la promotion des filières doubles. Certains étudiants prennent le risque de  s’inscrire dans deux filières en même temps, encourant le risque d’une incompatibilité des horaires ou d’une surcharge de travail. Cette double-formation, si elle est réussie, donne un avantage supplémentaire dans l’accès au travail, mais permet aussi d’allier formation professionalisante et enrichissement culturel. Des doubles-diplômes, avec enseignements et horaires aménagés ont fait leur apparition (par exemple le cursus droit-langues). Il ne faut pas rejeter l’opinion qui consiste à dire que les études doivent en premier lieu aboutir à un emploi. Cela part souvent du constat que trop de jeunes font des études dans le but d’obtenir une licence et de tenter les concours administratifs, voire de ne pas aborder tout de suite le marché du travail. Ces stratégies qui n’en sont pas vraiment peuvent mener à des situations personnelles inextricables (échecs aux concours, difficulté à trouver un emploi, accès tardif au premier emploi qui repousse également le début des cotisations sociales, génère des carrières incomplètes et, dans une quarantaine d’année, des retraites diminuées).

                Nos propositions devraient donc viser non seulement le développement de l’orientation, mais aussi des filières multiples aménagées.

 

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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 12:27

Comme précisé dans le dernier article, chaque épisode de ma série de vidéos sera posté dans la nuit du Mardi au Mercredi, à raison d'un par semaine, jusqu'au huitième épisode. En attendant, d'autres articles.

19/09 : un paragraphe expliquant clairement pourquoi le réseau "Faire vivre le PCF" n'est pas une tendance a été rajouté, mais fait défaut sur la version de l'article publiée le 5 Septembre sur Réveil Communiste.

               Que les lecteurs se rassurent, ce texte ne va pas militer pour la reconnaissance des tendances au sein du Parti Communiste Français. Nous entendrons par tendance une organisation interne au parti ayant des membres inscrits, et pourquoi pas un financement propre, organisant ses activités parallèles pour ses membres (le stage de Saint-Chinian, ouvert à tout membre du Parti, n’est donc pas assimilable à une activité tendancieuse), et surtout qui défend son intérêt propre, plus que celui du Parti, voire contre l’intérêt du Parti. Par exemple, La Riposte est une tendance, et, pour des raisons que j’expliquerai dans ce texte, leur refus de participer à un changement de direction ou à une opposition unifiée (ou même tout simplement le fait d’avoir proposé un texte alternatif avant même de connaître celui du Conseil National) illustre tout à fait que leurs intérêts ne sont pas ceux du Parti. Les refondateurs, qui participaient à un congrès parallèle en vue de créer leur « Fédération » alors que se tenait le Congrès National, en Décembre 2008, forment une tendance.

J’écris ce texte car, depuis bientôt un an, au fur et à mesure que s’organise l’opposition issue du texte 3, je constate que la crainte –injustifiée- d’apparaître comme étant une tendance risque de paralyser l’organisation de l’opposition.

Certains camarades qui avaient signé le texte 3 ont refusé de participer aux réunions ultérieures, que ce soit à Aubervilliers, Malakoff ou Saint-Chinian (ce qui est leur droit indiscutable), mais dissuadent d’autres camarades de le faire, sous prétexte que le réseau «Faire Vivre et Renforcer le PCF » (FVR-PCF) serait une tendance en formation.


               Or cette qualification de "tendance" est fausse pour une raison de contexte : le réseau ne constitue pas une organisation défendant sa propre version du communisme au sein d'un parti ayant une ligne communiste. Le réseau est une ligne de défense du Parti contre une direction qui n'est pas communiste dans lesfaits, et oeuvre de fait à la liquidation du Parti. Le refus de cette liquidation ne peut pas s'apparenter à un intérêt déviant de celui du Parti, au contraire : c'est l'intérêt même du Parti.

              Au sein même du réseau, les objectifs des luttes à mener dans le Parti ne sont pas clairs. Alors que nous savons qu’un nouveau congrès aura lieu d’ici 2011, et qu’il y aura une nouvelle bataille de textes, nous devrions déjà être en train de nous organiser pour présenter aux communistes des idées de changement de la ligne et des pratiques concrètes du Parti, et être prêt à publier un texte unitaire dès les jours qui suivraient la parution du prochain projet de base commune du Conseil National, du moins si celui-ci n’apporte pas les changements nécessaires (ce « du moins …» est une précision théorique, je le réexpliquerai plus bas).

Il faut se rappeler le rapport de forces dans lequel nous sommes : au dernier vote de base commune, seulement 22 000 personnes ont apporté leur soutien au texte du Conseil National, soit 28% à peine des 80 000 cotisants inscrits (dont 55% ne se sont pas exprimés !). Les textes d’opposition en totalisent 13 000. Il suffirait donc d’un renfort d’une dizaine de milliers de personnes pour inverser le rapport de forces. Bien sûr, c’est une arithmétique simpliste, me direz-vous. Il faudra au passage :

-          Trouver le moyen de résoudre la division créée par La Riposte, soit par une alliance (peu probable), soit en l’évinçant, c’est-à-dire en faisant connaître aux camarades sa réalité tendancieuse, et en proposant un texte unitaire qui coupe l’herbe sous le pied aux prétentions internationalistes du groupe trotskyste. Et surtout, en prévenant les camarades pour ne pas qu’ils se trompent de texte lors du vote !

-          A l’inverse, des élus  locaux pourraient changer d’orientation s’ils voient que la majorité change à la base, du moins pour les élus qui ont besoin du soutien de leur base pour continuer leur travail de terrain.

Certains, à la lecture des précédents paragraphes, se demanderont d’où vient mon « obsession » pour les votes au Congrès, si l’important n’est pas plutôt dans les luttes, si nous avons besoin d’un texte alternatif pour gagner un congrès, ou même si nous pouvons gagner un congrès et si cela servirait à quelque chose, etc…

On a besoin de deux jambes pour marcher : les luttes, et la participation à la vie démocratique nationale. La direction actuelle, Huiste puis Buffetiste, nous a offert deux désastres électoraux (2002 et 2007), ainsi que de faux succès (le Front de Gauche), elle s’est arrogé la victoire du Non en 2005, alors que, malgré le rôle joué par l’Humanité, le non communiste ne représente qu’une (très) faible minorité du Non. La conséquence de notre échec de 2007 est visible dans les rangs : 99 000 cotisants en 2006, 79 000 en 2008. Le risque d’une disparition du Parti par un émiettement de la base et par une dépendance financière de plus en plus forte au PS ou à de nouveaux avatars « de gauche » est réel. La direction nationale peut donc détruire le Parti d’en haut, et l’excellence du militantisme de terrain de milliers de camarades ne l’empêchera pas. C’est pour cela que le mot d’ordre « Les luttes et rien d’autre » n’est pas en soi pertinent. Ce dont nous avons aussi besoin, c’est de changer de direction.

A moins de s’appeler Greg Oxley, il est impossible de croire que Marie-Georges Buffet, Pierre Laurent ou la majorité de la liste Buffet du dernier Congrès vont soudainement se défaire de leurs « conceptions sociales-démocrates » et donc que « ce ne serait pas une affaire de personnes », comme on se l’est souvent entendu dire en Automne dernier.

Premièrement, parce que si nos dirigeants, à commencer par ceux qui ont rédigé le programme, élaboré la stratégie, tenté les alliances (et notamment les « collectifs antilibéraux ») avaient réellement en tête les intérêts du Parti, l’évidence de leurs échecs aurait dû les amener à la conclusion que s’il y a des militants qui savent comment relever le PCF, alors ils ne sont pas ces militants, qu’ils ont utilisé leur chance en tant qu’élus, et qu’ils ont échoué. Et la conclusion immédiate aurait été la démission de leurs responsabilités internes, ou du moins l’absence de renouvellement de leur candidature au prochain congrès

Les camarades ont le droit de se tromper et d’échouer, mais quand ils échouent, ils doivent le reconnaître, et passer la main avant de retenter leur chance plus tard. Du moins, ce devrait être le cas lorsque l’on occupe les plus hautes fonctions dans le Parti.

Nous avons constaté exactement l’inverse, soit, au nom d’un discours de type catho-flagellant (« nous sommes tous coupables de nos échecs, le militant de base autant que la secrétaire nationale »). Il est donc évident que si l’on identifie une tendance comme étant un groupe suivant ses propres intérêts et non ceux du Parti, alors la première tendance qui existe au sein du PCF est celle qui occupe la majorité du CN.

Et cette tendance a ses armes : publier une base commune deux mois avant le vote, en ne laissant que trois semaines aux textes alternatifs ; censurer des électeurs ; filtrer les candidatures aux congrès national. Le seul moyen de vaincre cette tendance est que l’opposition, qui regroupe des camarades aux idées diverses, et œuvre dans l’intérêt du Parti, s’organise, en ayant clairement en tête de remporter la victoire, et pas vaguement d’œuvrer pour faire « évoluer le Parti ». Car pour mener les actions suivantes :

-          Mettre en contact des camarades de tout le pays ;

-          Etre capable de dialoguer pour arriver à un texte unitaire à présenter et diffuser le plus vite possible après celui du CN;

-          Obtenir la majorité des voix ;

-          S’organiser dans chaque fédération pour que le maximum de délégués au Congrès national soient sympathisants du texte en question ;

-          Déposer le plus de demandes d’intervention au Congrès afin d’avoir du temps de parole pour contrer le « détricotage » du texte que tenterait sans doute le CN sortant ;

…il faudra un haut niveau de discipline et une correspondance permanente entre militants. L’accusation de tendance sera donc inévitable, mais à la lumière de ce que j’ai écrit plus haut, nous saurons quoi répondre.

Maintenant, si nous décidons de ne pas mener ce combat, par peur de paraitre tendancieux, quelles alternatives nous reste-t-il ? Et bien il se passerait justement ce que certains ont redouté lors du stage de Saint-Chinian, à savoir que les cellules, sections et fédérations seront –plus qu’aujourd’hui- déchirées entre liquidateurs et anti-liquidateurs, communistes et réformistes, et qu’il sera impossible de devenir secrétaire de section à majorité réformiste / légitimiste si l’on est identifié comme communiste antiliquidation. Je m’explique : si l’on renonce à gagner un congrès, alors la seule voie restante pour les adversaires de la liquidation sera de conquérir le Parti, section par section, fédération par fédération (ce qui, au passage, prendra un temps énorme, pendant lequel le Parti a largement le temps de disparaître). Dès lors que cette entreprise sera connue, les refondateurs et les liquidateurs feront tout pour nous contrer, et la guerre de tranchées sera ouverte dans chaque section ! Je peux très bien m’opposer à la liquidation dans un congrès, et accepter dans ma section un secrétaire légitimiste, si j’estime que c’est un bon militant. Si je renonce à mener une lutte nationale au congrès, il ne me restera plus qu’à affronter mon secrétaire de section, ou alors à tout abandonner.

Pour finir, on se dira : mais comment gérer un parti dont le Conseil National serait redevenu communiste, tandis que les fédérations seraient restées réformistes, voire liquidatrices ? Comme je l’ai dit plus haut, les élus (internes au Parti ou élus de la République) qui tiennent au soutien de leur base changeront de ligne. Les sections refondatrices, ou les élus qui ne tiennent que par le PS nous quitteront. Mieux vaut cent personnes qui marchent dans une direction que deux cent qui font une mêlée. Mais l’une des étapes primordiales des mois à venir est aussi le recrutement de militants, à condition de les faire entrer dans un but de renouvellement et de renforcement du PCF, et de leur mettre en perspective la possibilité (historique) de changer de direction. Certains camarades trouvent que cette démarche est tendancieuse. J’espère que ce texte leur aura prouvé le contraire.

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9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 00:10

Ajout du Mardi 16 Juin

Je révise un peu le côté "satisfait" et "je-m'en-foutiste" de cet article. L'institut OpinioWay a fait un sondage sur la sociologie et les motivations des électeurs le jour -même du vote. Il révèle que, si nous (le Front de Gauche) battons les trotskystes du NPA, cela n'est dû qu'au vote des retraités (qui sont la seule catégorie de votants à s'être rendus aux urnes à plus de 50%). Si les retraités ne votaient pas, outre une abstention plus forte encore, nous aurions eu un Front de Gauche à 5% et un NPA à 9% des exprimés. Certes, les effectifs de votants auraient été faibles, mais cela veut dire que malgré le dégonflement de sa bulle sondagière, Besancenot est effectivement mieux perçu par les actifs, ouvriers, employés, chômeurs, ou encore étudiants et lycéens (chez lesquels le NPA fait 8% et le FDG 6%, et les écarts sont plus importants dans les catégories précitées).

Cela rappelle surtout qu'alors que la part d'inscrits ayant voté pour le Front de Gauche (2.35%) n'est aucunement supérieure à celle des listes PCF "ouvertes" de 2004, que les électeurs du FdG sont bien, pour leur très grande majorité, ceux du Parti Communiste. Mélenchon a peut-être fait un bon score dans le Sud-Ouest (8%), mais nous aide en peu de choses (ou alors nous a-t-il aidé à ne pas reculer, mais c'est improuvable).

En bref, pas vraiment de succès, les principales motivations que l'on peut donner au contentement des militants PC (pour ceux qui ne s'en foutent pas, comme Stoni [http://stoni1983.over-blog.com/article-35525339.html]) sont en fait la déroute du PS et le fait d'avoir apparemment battu le NPA, mais sur une base électorale qui ne se renouvelle pas...

Mardi 9 Juin

Une abstention qui progresse encore, à 59.5%...

Une "majorité présidentielle" à 28% de 40% de votants,  soit un gouvernement soutenu par 11% des inscrits, sans même compter que 10% des français en âge de voter ne sont pas inscrits sur les listes électorales...

Un PS dont le néant a été récompensé par un score encore malheureusement trop élevé...

Un succès "écologiste" probablement sans lendemain, car Cohn-Bendit n'a pas d'ambition nationale (ne pas avoir de responsabilités est aussi un secret pour rester populaire en France...).

Un Modem, dont l'alliance était censée être "l'avenir d'une gauche moderne et responsable" scotché à 8.5%...

Le FN et le Front de Gauche au coude à coude, le Front de Gauche ayant bien tapé, ni trop bas (pour ne pas justifier encore l'idée que le PCF était fini) ni trop haut (pour ne pas justifier non plus la dissolution du Parti Communiste dans un Front de Gauche devenu un nouveau parti...ce qui se passera peut-être quand même).

Un NPA vautré à 5%. Joie.

Et le reste je m'en fous.

Bonne soirée du Dimanche 7 Juin.

J'écris peu sur mon blog en ce moment, pour cause de vie réelle. Cet été, je m'attacherai à faire ce que j'aime le plus: des articles programmatiques.

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