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Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

     www.pourlecommunisme.com est un site qui s'attaque directement aux critiques faites contre le communisme (millions de morts imputés à l'idéal communiste, faillite économique, etc...). Il ne fait la promotion d'aucun régime existant ou ayant existé par le passé, s'efforce de comprendre les faits et de proposer des pistes pour l'avenir.

     Vous êtes anticommuniste et voulez débarasser le monde d'un jeune fou qui, selon vous, risque de faucher à nouveau des millions de vies?

Vous êtes stalino-maoïste (pardon : marxiste-léniniste-pensée-Mao-Zedong) et voulez écraser la vermine révisionniste que je suis?

Vous voulez simplement parler du communisme?

Alors ce blog est pour vous.

 

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23 avril 2010 5 23 /04 /avril /2010 00:01

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Mercredi 21 Avril au soir, en train, je me rappelle que, huit ans plus tôt jour pour jour...

 

          Et je me suis rappelé d'une étude consacrée à cette fameuse journée que j'avais rédigée en Mars 2007. Il apparaîtrait hors contexte de la publier maintenant. Voilà pourquoi je l'ai intégrée à un article jadis consacré seulement à José Bové (vous vous rappelez, l'obscurantiste intégriste qui cassait tout, là... avec des moustaches...non, pas Hitler...vous ne vous rappelez plus? Pas grave) et que j'ai rebaptisé pour l'occasion.

 

C'est beau Internet, on peut même remonter le temps.

 

Je rappelle que ce blog sert aussi d'archive politique. Allez, très bientôt des articles plus en phase avec l'actualité.

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Published by DiadoreCronos - dans Droite
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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 22:28

 


                -         
Camarade, il est temps de se lever, la Bête est à nos portes !

                -         
Tiens, vous m’appelez camarade maintenant…ah oui, le terme existe encore au PS, j’oubliais.


-         
Hénin-Beaumont sera le Stalingrad de 2009, la citadelle héroïque où viendront se battre les héritiers de ceux qui, soixante-dix ans plus tôt, venaient mourir à Madrid !


-         
Et il a combien de divisions, Steeve Briois, renforts allemands et italiens inclus ?


-         
39% des suffrages exprimés au premier tour !


-         
Contre qui ?


-         
20% pour le divers gauche Duquenne, 17% pour la liste de rassemblement de la gauche ! C’est dire si l’heure est grave !


-         
Et c’est qui, la gauche-rassemblée-mais-qui-fait-moins-que-la-gauche-pas-rassemblée ?



-         
L’alliance du PS, du PCF, et du Modem !


-         
La gauche, disiez-vous, avec le Modem ?


-         
Tu aurais fait la fine bouche, en 1939 ou en 1941, pour savoir s’il fallait s’allier avec des centristes ?


-         
Des centristes de droite.


-         
Peu importe, on ne tergiverse pas face à l’extrême-droite !


-         
Et qu’est-ce qui a lancé les hostilités ? Je veux dire, même pour des fascistes, il faut un motif pour engager le combat.


-         
Ben une nouvelle municipale, suite à la destitution du maire.


-         
Ah oui, Dalongeville, le maire révoqué pour fausses factures ?


-         
Présumées, je vous rappelle.


-         
Oui, mais révoqué du PS quand même. Et pas passé tout seul devant le juge. On a un petit peu de mal à croire que toute l’équipe municipale ait été ignorante des faits. Ou alors c’est dû à une forte inertie…


-         
Ces problèmes-là seront réglés par la justice, puis entre militants républicains. Pour l’instant, l’urgence est de repousser le Front National, et vite !


-         
Sans moi.


-         
Comment ça ?


-         
Oui, je n’irai pas à Hénin-Beaumont. Déjà, je n’y vote pas.


-         
Mais juste un tour pour tracter, ou une petite manif, allez ! D’ailleurs, vous les aviez faites, les manifs anti-LePen, en 2002, non ?


-         
Pour mobiliser les abstentionnistes, et que le score de Chirac soit tellement massif qu’il en perde toute signification partisane. Enfin c’est l’excuse que je me donnais. Je serais minable, je dirais : « J’avais que 17 ans ». Je serais plus cynique, je dirais: « C’était pour louper des cours. »


-         
Vous vous rendez compte du risque que vous faîtes porter à la démocratie ?


-         
Qui risque quoi ? Honnêtement, j’ai lu le programme de Briois (http://briois.ublog.com/files/projet-2009.pdf). Je ne connais pas du tout Hénin-Beaumont, je juge juste les principes politiques. Ce qu’on y trouve, ce sont des mesures de sécurité (je dirais bien « sécuritaires », si ce mot n’avais valeur d’injure, alors que je ne vois pas ce qui est scandaleux), des engagements de réduction des dépenses, d’assainissement des comptes publics, de baisses d’impôts…Bref, un programme de droite, c’est de bonne guerre. La seule mention qui ressemble un tant soit peu à la « préférence nationale », c’est l’idée d’ « Attribuer les logements sociaux d’Hénin-Beaumont en priorité aux habitants et aux familles Héninoises et Beaumontoises. »


-         
La préférence nationale, je vous disais !


-         
En fait, pas grand-chose à voir. Une discrimination sur le critère de la résidence n’a rien de comparable avec une discrimination sur la base de la nationalité. Un étranger résidant à Hénin-Beaumont depuis plusieurs années est un héninois. Et puisqu’on en parle, ce n’est pas la préférence nationale en soi qui pose problème dans les idées du FN.


-         
Quoi ?


-         
Oui. Qu’un état restreigne l’accès à certains emplois (comme les emplois publics qui sont réservés aux français, dans le cas actuel), même si l’on peut discuter la pertinence et la justice de cette restriction, ce n’est pas scandaleux en soi si les étrangers peuvent obtenir la nationalité française sans trop d’entraves. La préférence nationale à l’emploi et au logement est plus odieuse étant donné les situations qui résultent de la perte d’un emploi ou de l’impossibilité de trouver un logement, mais ce n’est pas là que nous sommes avec les propositions de Briois.

         En fait, l’idée de préférence nationale n’est scandaleuse en général que si elle est couplée avec l’impossibilité d’acquérir la nationalité. Le racisme de la programmatique du FN, bien réel, vient justement de ce qu’un étranger, y compris s’il est né en France (car malgré le « droit du sol », des centaines de milliers de personnes sont dans ce cas), sera non seulement discriminé en raison de sa nationalité, mais en plus ne pourra en sortir car le FN voudra (en tout cas il le voulait en 2002), passer au « droit du sang », sur le principe de « la nationalité s’hérite ou se mérite ». Bref, si vous êtes étranger en France, vous êtes discriminés légalement, et en plus vous ne pouvez devenir français sauf à flatter les autorités pour qu’elles jugent que vous « méritez » d’être naturalisé. Vous n’aviez qu’à pas naître du mauvais côté de la planète, ou pas avec ces parents-là. Or, bâtir une inégalité de droit sur la base de la naissance, c’est justement la définition du racisme.

          Mais, même maire d’Hénin-Beaumont, Briois ne pourra quasiment rien faire.


-         
Et si une victoire du FN inaugurait la renaissance du parti des Le Pen ?


-         
Et bien je préfère 15-20% d’extrême-droite identifiée à une situation où la moitié de ces gens se glissent dans l’électorat « normal » de Sarkozy.


-         
Donc la préférence nationale en elle-même ne vous révolte pas ?


-         
Je n’en suis pas partisan, mais si je devais me révolter contre elle, je devrais commencer tout de suite, car je vous ai déjà dit qu’en France les emplois publics excluent les étrangers.


-         
Mais la gauche supprimera cela, si vous nous aidez à revenir en 2012 au pouvoir !


-         
Les promesses, c’est pas à un communiste qu’il faut les faire. Vous connaissez l’histoire de la femme divorcée dont le nouveau mari s’aperçoit qu’elle est vierge à sa seconde nuit de noces ?


-         
Non.


-         
Il lui demande comment elle peut être vierge alors qu’elle a déjà été mariée. Elle répond : « Mon premier mari était communiste. Que des promesses. »


-         
Amusant, c’est bien de savoir rire de soi.


-         
Mais pas de se laisser démolir. Et c’est justement ce à quoi nous mène la politique des compromissions perpétuelles du PCF. Suivre le PS pour ne pas perdre les élus, même quand il s’agit d’un maire PS qui finit au tribunal. Tout accepter pour ne pas perdre l’Huma, y compris qu’elle tapine en publiant les pubs du gouvernement contre de l’argent public. Accepter des alliances avec le Modem… Et cette politique « de survie » n’enraye pas le déclin, on négocie au mieux des stagnations, comme aux européennes. Au fait, vous voulez savoir la suite de l’histoire de la divorcée ?


-         
Il y en a une ?


-         
Oui. Elle est restée vierge. Son deuxième mari était un socialiste. Et elle l’a eu dans le cul.

 

 

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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 00:07

(Un nouvel article pour le numéro de Juin de la revue des Jeunesses communistes du 92. Là encore, aucune garantie qu'il soit imprimé tel quel...Note du 21 Juin: ce numéro ne paraîtra pas, rendez- vous en Septembre)

Vous étiez surpris qu’en 2007, Nicolas Sarkozy ait entamé son mandat par quelques vacances sur le yacht de Bolloré ? Rassurez-vous : de fait, c’est un bosseur. Pendant que vous passerez vos vacances en touristes ou exploités en jobs saisonniers, nos ministres et députés UMP ne vous oublieront pas, comme chaque été.

C’est une tradition de longue date : en Août 1993, Balladur faisait passer la durée de cotisation de retraite de 37.5 à 40 années sur les seuls salariés du privé (pour mieux dénoncer des « privilèges de fonctionnaires » en fait créés par la droite).

De retour au pouvoir en 2002, la droite a rencontré un grand mouvement de résistance contre sa réforme des retraites de 2003. Ce fut donc en Août 2004 que passa la réforme Douste-Blazy, relançant les franchises médicales, et la tarification à l’activité pour les hôpitaux, censée rationaliser les dépenses, comme dans une entreprise.

Les sarkozystes célébrèrent leur victoire en Août 2007 par le bouclier fiscal et la défiscalisation des heures supplémentaires, mesures censées générer plus de croissance et d’emplois pour tous. L’absence de croissance fut patente et la hausse des emplois, réelle en 2007 (avant même que ces mesures aient un effet) s’est effacée devant la crise actuelle … Suivirent en Juillet 2007 la loi dite de « liberté et de responsabilité des universités » (LRU), et le minage du droit de grève par le service minimum en Août…
 
A côté de cela, la droite n’oublie pas ses autres vieilles lunes : le durcissement du traitement des demandeurs d’emplois (2008), de l’immigration (2006), le renforcement du pouvoir présidentiel (révision de la Constitution de Juillet 2008)…

Et pour 2009, nous aurions droit au travail le Dimanche, ne serait-ce que pour nous faire comprendre que la droite, elle, ne se repose jamais.

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5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 18:39

 

Je ne suis pas toujours d'accord à 100% avec Sébastien Fontenelle (dont le nouveau blog est sur Bakchich), et moins souvent encore avec son copain Pierre Tévanian (allez voir sur www.lmsi.net), mais je suis en parfaite harmonie avec son article d'aujourd'hui :

http://www.bakchich.info/article5714.html

Ajoutez l'article suivant d'Edgar, et je n'ai vraiment rien à dire de plus.

http://www.lalettrevolee.net/article-24425851.html



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30 mars 2008 7 30 /03 /mars /2008 23:53


N’ayant plus écrit au cours des deux derniers mois (quasiment), vous vous demandez sans doute (les 3 ou 4 qui fréquentent le blog) ce que je fais de ma résolution d’écrire plus souvent. D’abord quelques prétextes ou excuses pour cette absence : partielles (sans doute les dernières), recherche de logement, emménagement, etc…

  

Me voici donc (futur) militant à Colombes (92700). Colombes qui, comme vous devriez le savoir, a basculé à gauche (enfin le PS je veux dire) le 16 mars (notons au passage que contrairement à ce que les journalistes tendaient à faire croire, la candidate de l’UMP n’était pas Rama Yade, en troisième position sur la liste, mais la maire sortante, Nicole Goueta).

J’en profite donc, deux semaines après les évènements, mais sans que ce soit dépassé, pour faire un commentaire de ce que j’ai vu au soir du second tour, sur le petit écran.

Le PS et ses alliés (dont nous, ce que, contrairement au gauchiste ordinaire, je ne réprouve pas dans le contexte actuel), a bénéficié d’une victoire par inertie. C’est-à-dire une victoire obtenue, dans une forte abstention (33% au premier tour, 36% au second), par la démobilisation de l’électorat de l’adversaire, et en récupérant les voix des mécontents en se posant comme la principale force d’opposition. Et en l’absence quasi-totale de critique sérieuse du gouvernement. D’ailleurs j’en suis toujours à me demander pourquoi la popularité de Sarkozy a tant baissé, l’électorat est toujours le même que celui qui a voté pour lui à 53%, et les « réformes » que son gouvernement applique sont celles qu’il avait annoncées. Ce qui m’étonne encore plus, c’est que cette chute de popularité ait profité à une telle opposition.

Pour en venir aux faits, au 16 mars, au soir, on a vu des « ténors » (d’un orchestre aphone) du PS dont les seuls arguments se réduisaient à « nous avons gagné, Sarkozy doit entendre le vote des français ». Mais encore ? A comparer les pugnacités des intervenants, on aurait presque cru que c’était l’UMP qui l’avait emporté ce soir-là. Aucune critique sérieuse, fondée, n’était avancée par les intervenants PS contre 9 mois de bilan gouvernemental, laissant le champ à une étrange « autosatisfaction » des membres du gouvernement.

Eric Woerth, Christine Lagarde et plusieurs autres se sont ainsi félicité des bons chiffres du chômage (ramené selon eux à 7,5% au mois de Février). Pas une critique en face. Personne pour préciser que déjà, dès la fin du gouvernement De Villepin, les statisticiens de la commission européenne refusaient les chiffres français, biaisés à la baisse (par rapport à la définition de l’OIT, pourtant peu exigeante puisque se focalisant sur les chercheurs d’emplois à durée indeterminée). Eurostat fixe ainsi le taux de chômage français à 7,8% en Janvier. Et que le mouvement de réduction du chômage existe dans toute l’Europe. Il y a cependant réellement eu, du quatrième trimestre 2006 au troisième semestre 2007, d’environ 500.000 emplois net. Ceci dit, il faut noter : 1) que les second et troisième semestres d’une année, en France, sont souvent ceux qui apportent la plus forte création d’emplois nets, les trimestres d’hivers étant plus rudes (un chiffre du 1er Janvier 2007 au 1er Janvier 2008 serait sans doute moins flatteur mais encore indisponible) ; 2) que les départs à la retraite, qui n’expliquent certes rien aux créations nettes d’emplois, procurent au gouvernement un avantage que n’avait pas par exemple le gouvernement Jospin : la population active croit moins et cela aide à réduire le taux de chômage.

Mais le plus hallucinant fut de voir plusieurs ministres (Hortefeux et Pécresse par exemple) expliquer que le vote défavorable ou le non-vote des français comme une « impatience quant aux réformes» (on est tellement impatient de votre programme qu’on fait gagner vos adversaires), et ensuite de nous dire que les réformes prennent du temps à prendre leurs effets. Sur ce point, dans l’absolu, ils ont raison : il faut au moins un an pour évaluer les effets d’une politique économique. Mais alors on voit donc difficilement en quoi des mesures passées en automne (comme la libéralisation des heures supplémentaires) peuvent expliquer des créations d’emploi simultanées.  

D’autant que le raisonnement sarkozyste était « l’activité des uns crée l’emploi des autres » , donc on fait plus d’heures supplémentaires, et le surplus d’activité économique engendre de nouveaux besoins et demandes, d’où créations d’emplois. Problème : outre la critique que l’on peut faire d’un tel raisonnement (une partie des travailleurs, s’ils accroissent leur productivité individuelle, peuvent toujours absorber les demandes des autres ; l’activité des uns peut alors créer l’activité des mêmes), on constate aussi qu’il n’y a pas ou peu de croissance. 2% en 2007 (sans que cela puisse être imputé à Sarkozy), et des prévisions à 1,8% en 2007, rabaissées par le Fmi à 1,5%, en attendant pire, pour 2008…Il n’y a donc pas de croissance de l’activité des uns pour créer celle des autres…

A propos de croissance, certes le gouvernement français n’y peut pas grand-chose. Tant que nous serons dans une économie de marché mondialisée, le gouvernement national peut seulement souffler plus ou moins sur les voiles, mais pas créer le vent. Mais il a différent moyens de tendre ses voiles. Ainsi, Pécresse et Woerth soutenaient (toujours sans réponse de la part des « socialistes ») que le paquet fiscal de 15 milliards d’euros était nécessaire pour soutenir la croissance en période de dépression américaine. Le plus surprenant était d’entendre ces propos de la part de Valérie Pécresse : ainsi, la ministre en charge de l’enseignement supérieur, par intérêt partisan, défendait une mesure conjoncturelle –dont on discutera sans doute les effets- alors que ces 15 milliards d’euros annuels auraient largement pu bénéficier au réinvestissement dans les universités, soit un investissement de long terme bien plus prometteur. Les efforts actuels du gouvernement pour l’enseignement supérieur sont, même le très peu gauchiste Jacques Marseille l’avait reconnu, très insuffisants (que peu ait été fait sous Jospin n’est pas une réponse au problème réel).

Le plus insupportable dans les deux soirées électorales fut sans aucun doute Xavier Bertrand. Le glorieux vainqueur du régime des cheminots (grande « charge » qui se serait de toute façon dégonflée d’elle-même, surtout quand on sait que le régime spécial SNCF a 120.000 cotisants pour plus de 300.000 retraités ; les salariés de la SNCF ont parait-il bien des privilèges, mais pas celui de l’immortalité) s’était ici transformé en inquisiteur. Le nouveau défenseur du peuple posait la Question aux « socialistes » : allez-vous, salauds de bolcheviks dépouilleurs du peuple laborieux, revenir sur ce très populaire paquet fiscal, sur la suppression des droits de succession pour « 95% des français », et l’exonération sur les intérêts d’emprunts immobiliers (« jusqu’à 3500 euros d’économie » selon notre héros populaire).

C’est là qu’on s’aperçoit de la bassesse du niveau atteint par les PS-eux (j’ai plus envie d’écrire « socialistes ») : aucun n’a eu envie de répondre à Xavier Bertrand. Même pas pour suggérer que la suppression de l’impôt sur les successions revient à favoriser l’enrichissement par la naissance…Vieillerie idéologique que tout cela, voyons…Il aurait sans doute été impoli de rappeler à Xavier Bertrand que tous les français n’ont pas le même héritage à transmettre, et que l’argument des 95% ne voulait pas dire grand-chose…A supposer que des économistes de passage nous auraient expliqué que l’impôt sur les successions désinciterait les français à investir, de peur de savoir leur patrimoine (productif ou pas) égratigné par l’impôt leur de leur succession, on aurait encore pu leur rétorquer qu’une mesure juste consisterait à ne supprimer l’impôt sur les successions que dans le cas où l’héritier n’est pas membre de la famille du cédant…Défendre l’idée qu’un patron de PME cède son affaire à un de ses salariés qui y a œuvré pendant des années plutôt qu’à fiston ou fifille pourrait être honorable pour des gens de gauche. Mais pas pour ceux du PS.

De la même manière, l’exonération des intérêts immobiliers aurait très bien pu être pourfendue au motif qu’elle est indiscriminée, que le trésor public va être égratigné pour permettre des économies à des gens qui n’avaient aucune difficulté à accéder au logement. Des mesures liées au revenu des bénéficiaires sont parfaitement possibles, sans même parler de la collectivisation de l’achat et location de logement, ce qui nécessiterait un article entier.

            Pour finir, les prestations de Roselyne Bachelot. Qui a d’abord défendu le courageux projet de franchises médicales, précisant, pour les odieux bolcheviks qui trompent le peuple en prétendant qu’elles inciteront les plus modestes à ne plus se soigner, que ces franchises ne se plafonneront à 50 euros annuels. Comme s’il n’y avait pas plusieurs millions de personnes en France dont le budget se jouait à quelques euros chaque mois. Des gens de gauche (ce qui manquait sur les plateaux télévisés ces deux soirs là) auraient aussi pu rappeler que, comme pour l’euro forfaitaire, les multiples restrictions inventées pour que cette mesure ne soit pas trop désincitative aux soins (exclusion  des ALD, pas pour les moins de 16 ans, etc…) rajouteront aussi à la confusion, autant pour les salariés des CPAM que pour les assurés, et générer des évitements de soins par incertitude.

            Et le 9 mars, Roselyne Bachelot s’était encore illustrée en vantant la « clarté » du gouvernement sur la question européenne (et du glorieux vote du 4 Février), par opposition aux « ambiguités » du PS. Traduction : nous, contrairement aux PS-eux, nous n’avons pas de cas de conscience. Nous violons la démocratie, et nous le faisons bien.

            Et en face ? Du vent. La seule chose qui aurait pu décoiffer les ministres UMP.

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5 mai 2007 6 05 /05 /mai /2007 19:30

Je poste un petit (enfin…) article avant le second tour, pour parler pêle-mêle de ce que j’ai pu entendre dans ces deux semaines…


Le débat Royal-Bayrou


           Je suis peut-être idiot, mais je ne vois pas en quoi l’idée d’organiser un débat Royal-Bayrou après le premier tour (et donc l’élimination de Bayrou) était « immorale », comme l’ont répété les lieutenants de Sarkozy durant les jours qui ont précédé ce débat. Bayrou ne prétendait nullement briguer la présidence, mais simplement s’exprimer comme chaque citoyen a le droit de le faire. Et le débat Royal-Bayrou ne dérangeait en rien le débat Sarkozy-Royal d’hier. Mais la France semble être devenue un pays où il est si difficile de débattre que deux débats en deux semaines semblent une tâche insurmontable.

 

            Ainsi, Rachida Dati, porte-parole de Sarkozy, se plaignait que ce débat Royal-Bayrou allait « prendre les électeurs en otages ». Otages de quoi ? Privés de quoi ? De Robien avançait ce superbe sophisme sur Canal+ : 57% des électeurs du 1er tour auraient voulu un duel Sarko-Royal, donc Bayrou n’a pas à s’exprimer entre les deux tours. C’est doublement idiot : on ne vote pas pour un duel mais pour un candidat, lors du premier comme du second tour d’une élection. Personne, le 22 avril, n’a voté pour Royal-Sarkozy (ou le contraire). Il est donc inepte et sans signification de cumuler les voix de Royal et de Sarkozy du 22 avril pour en déduire quoi que ce soit.

            Ensuite, redisons-le, François Bayrou avait totalement le droit de s’exprimer, même s’il était éliminé. Et cela était même nécessaire, car les électeurs ont besoin de savoir pour quoi ils voteront s’ils élisent Ségolène Royal le 6 mai. Elle ne gouvernerait pas seule mais avec un exécutif et une majorité parlementaire, qui serait peut-être une coalition PS-UDF. Ceux dont le vote peut être affecté par ce genre de nouvelle ont tout à fait le droit d’en être averti.

            Et rappelons qu’il n’y a, au final, même pas eu d’alliance ni de rapprochement entre Royal et Bayrou, seulement une discussion avec des points d’accords et d’achoppements. Qu’il n’y a là aucune « magouille politicienne ». Que personne ne prétend que Bayrou est le propriétaire de ses voix, ni que les électeurs de Bayrou du 22 avril encourraient une quelconque obligation découlant des actes de leur candidat du premier tour. Royal et Bayrou n’ont fait qu’esquisser une offre politique. Je préfère de loin cette manière franche de pratiquer la démocratie aux grands discours sarkozystes sur le « rassemblement des français ». Tiens, pour ceux qui aiment les additions électorales comme De Robien : 68.82% des suffrages ne sont pas allés à Sarkozy le 22 avril ; au nom de quoi prétend-t-il rassembler le peuple français ? Personne ne rassemblera tous les français, ni Sarkozy ni Royal. Le premier, en tout cas, ne sera jamais mon président.


Diabolisation de Sarkozy ?

  
          Que beaucoup, à gauche, aient concentré leurs attaques sur Sarkozy, sa personne, le supposé danger qu’il représenterait, c’est un fait. Qu’il y ait eu un « matraquage » anti-Sarko, c’est risible, d’autant qu’en France la majorité de la presse est de droite, et que ce « matraque antisarkosyste » doit être mis en rapport avec le matraquage pro-Sarkozy et autour de Sarkozy qui est revenu plusieurs fois pendant ces cinq ans. Des journaux à grands tirages comme Le Point ou L’Express lui ont consacré de fréquentes unes ; les médias télévisuels ont très largement relayé son activité, surtout en 2002 (date à partir de laquelle j’ai commencé à cesser de regarder la télévision)…

 

 

           Mais il est vrai qu’à force de centrer le discours sur lui, en lui donnant des superlatifs (« ultralibéral » -qu’il n’est pas, « ultrasécuritaire »…), on a, à gauche, renforcé son image, même par effet de répulsion.


Bientôt Silvio Sarkozy ?


            Il aurait été pourtant plus simple de s’attaquer à son programme, en faisant un rapprochement qui n’a rien de diabolisant : de fait, de par ses idées et ses projets, Nicolas Sarkozy ressemble beaucoup à Silvio Berlusconi. Beaucoup plus qu’à Margaret Thatcher ou Ronald Reagan dont il ne partage pas la ferveur pour le libéralisme théorique. Un candidat qui propose un programme estimé à plus de 50 milliards d’euros par le site debat 2007 (cf. plus bas) tout en promettant de baisser de 4 points les prélèvements obligatoires (à 44.4% du PIB actuellement) n’est pas un candidat libéral, mais populiste. Et c’est dans un sens ce qui s’est produit avec Berlusconi en Italie, avec des ressemblances fort troublantes entre l’action gouvernementale du Cavaliere et le programme actuel de l’UMP :

 

            -la suppression de la fiscalité sur les héritages et successions ;

            -l’assouplissement des procédures de licenciement (loi Biaggi) ; après le CNE de De Villepin, Sarkozy envisage quant à lui un contrat de travail unique ;

            -le gouvernement Berlusconi a également augmenté l’âge du départ à la retraite (mais davantage compréhensible dans un pays à la démographie catastrophique). Avec Fillon comme l’un de ses principaux lieutenants, Sarkozy ne peut que renforcer la « réforme » des retraites françaises initié en 1993 puis 2003.


           
La défiscalisation des heures supplémentaires ne se retrouve pas chez Berlusconi, mais les italiens n’ont pas, de leur côté, adopté les 35 heures que Sarkozy veut faire disparaître de fait.

Quel fut le bilan de la politique de Berlusconi ? En aucun cas une croissance renforcée, mais systématiquement plus faible que la croissance française. En revanche, le nombre d’emplois a plus fortement progressé en Italie qu’en France (+7.8% en Italie contre +5.2% en France sur la période 2001-2006). Mais en s’accompagnant d’une réduction du produit réel par emploi, puisqu’en Italie l’emploi a progressé plus vite que le PIB réel ! Il ne faut pas non plus oublier que le gouvernement italien a également régularisé des centaines de milliers de personnes (avec un solde migratoire italien subitement très élevé en 2003-2004, à plus de 500.000 personnes, contre 350.000 au plus en 2002 et 2005). Ces régularisations ont également accru les statistiques de l’emploi, en mettant à découvert des postes qui autrefois restaient dans l’économie parallèle, puissante en Italie.

            Et l’un des faits marquant du quinquennat Berlusconi fut qu’à force de proposer baisses d’impôts et hausses de dépenses, la dette publique repartit en 2005 et 2006 à la hausse, alors que les gouvernements italiens consacrèrent leurs efforts à diminuer ce poids colossal pendant des années. Entre 1995 et 2004, la dette publique italienne connut une diminution constante, de 124% du PIB à 103%, avant de revenir à près de 107% en 2006…

           Nicolas Sarkozy propose de baisser les prélèvements obligatoires de 4 points, alors que nos déficits cumulés couvrent déjà 4 points du PIB, et que le coût de son programme est estimé à 61 Mds d’euros et 54 Mds si l’on y inclue les économies auxquelles Sarkozy prétend (non-remplacement de fonctionnaires, franchise médicale…) On pourra bien sûr objecter « la croissance paiera »…sauf que lorsque l’on fixe des mesures comme « 3% du PIB à la recherche » (mesure louable en soi), le coût augmentera d’autant plus que le PIB augmentera, de même qu’il faudra revaloriser les revenus sociaux, que les exonérations fiscales progresseront aussi en valeur avec la croissance.

[Une estimation du coût des principaux programmes est donnée sur www.debat2007.fr; http://www.debat2007.fr/index.php?id=lespropositionsde00 pour Sarkozy, http://www.debat2007.fr/index.php?id=505 pour Royal dont le programme est estimé à 60 Mds d’euros et 45 après les nouvelles recettes prévues par le programme PS]


           
Cela fait des années que l’on sait qu’on ne relance pas la croissance d’un pays de taille moyenne comme la France ou l’Italie en déséquilibrant le budget. La France de Sarkozy ne sera pas fasciste, mais sans doute pas non plus le lieu l’un miracle économique et social.

            J’aurais plutôt tendance à dire qu’avec Sarkozy, le futur de la France sera le passé de l’Italie.

 

 

 

 

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18 avril 2007 3 18 /04 /avril /2007 23:17

Je viens de recevoir les professions de foi des douze candidats à la présidentielle. J’ai notamment remarqué celle de Philippe de Villiers (bon, je sais, l’affiche détournée que j’ai faite est facile, mais bon).

 

Le département des merveilles…

 

A plusieurs reprises, comme on pouvait s’y attendre, le Président du Conseil Général de Vendée prend son département en exemple. Normal, me direz vous, c’est quand même plus logique qu’un Sarkozy qui lui prétend à une « rupture » alors qu’il était numéro 2 du gouvernement pendant 5 ans.

 

Mais passons au contenu du discours : en Vendée on crée plus d’emplois qu’ailleurs, il y a plus d’entreprises par habitant et crées qu’ailleurs, moins de rmistes et plus d’apprentis réinsérés dans le marché du travail, 73% des vendéens possèdent leur logement contre 55% au national, etc…

 

En tant que vendéen, j’en ai assez que le Vicomte se serve de mon département pour son discours droitier. Qu’il préside le Conseil Général ne lui donne pas tous les droits. Et en premier lieu, cela ne lui donne pas le droit de faire oublier que la Vendée fait partie de la France. Ce qui signifie qu’en Vendée, nous avons la même imposition sur le revenu qu’ailleurs en France ; la même perception des cotisations sociales et de la CSG ; les 35 heures pour les entreprises de plus de vingt salariés ; le même Code du Travail qu’ailleurs ; la même TVA ; et ainsi de suite…

 

Que De Villiers puisse se vanter de certaines de ses initiatives (concernant l’apprentissage notamment), tant mieux pour lui. Mais il est bon de rappeler que tout ce qui concerne les prélèvements et dépenses d’Etat (16 et 20% du revenu intérieur français ou PIB) ou de la Sécurité Sociale (dont les dépenses font 25% du PIB) ne relèvent pas de lui. Au total, en France, 7% du PIB est à la charge des collectivités territoriales, dont les conseils généraux, mais aussi la région (or les Pays-de-Loire sont présidés par le PS) et les communes (dont La Roche-sur-Yon, chef-lieu de Vendée, PS aussi).

 

Pourquoi je précise tout cela ? Pour faire réfléchir quelques uns : le « miracle vendéen », si l’on peut en parler ainsi, s’est produit malgré les prélèvements obligatoires, les réglementations du travail, etc…bref les conditions normales de l’économie en France. Le Conseil Général a une marge de manœuvre, mais réduite. Or, si la Vendée est effectivement plus dynamique que les autres départements, cela veut dire deux choses :

 

-soit il s’agit d’un cas régional, d’un rattrapage économique d’un département longtemps arriéré, ou d’un autre particularisme local qui fait qu’il est impossible d’extrapoler le « modèle vendéen » à toute la France, n’en déplaise à Villiers ;

 

-soit au contraire, que la Vendée prouve qu’on peut réussir même avec un niveau de pression fiscale comme celui de la France, les mêmes lois, etc…et donc tout le discours villiériste expliquant les déboires économiques de la France par « les 35 heures, les charges sociales, le  trop-plein de fonctionnaires… » est à revoir.

 

Je ne pense pas qu’il y ait trop d’impôts en France, mais plutôt que leur prélèvement, ainsi qu’un certain nombre de lois, est inintelligent.

 

Notons aussi une autre prétention absurde du « modèle » villiériste : trois quarts des vendéens sont propriétaires de leur logement, et alors ? Le prix du foncier en Vendée est incomparable à celui de l’Ile-de-France. La situation de la Vendée n’a que peu de chances d’être transposable à la Seine-Saint-Denis.

 

Pour « sauver la France »…

 

Encore plus fort, dans sa politique générale : De Villiers prétend faire 70 milliards d’euros d’économie en : 1) réformant les retraites (20 milliards d’euros d’économies),  2) supprimer les flux migratoires (30 milliards d’économies), 3)supprimer les 35 heures (20 milliards d’économies).  

 

Pour le point 1), on est dans le surréalisme : même avec les douteuses réformes Fillon, on sait que les dépenses de retraites vont progresser, de 13% du PIB à 15-16% en 2030, ce qui aujourd’hui représenterait 35 à 50 milliards d’euros, bien plus dans le futur. De Villiers prétend supprimer les régimes spéciaux, mais en même temps revaloriser les petites retraites. Mais même avec cela, comment compte-il passer d’un besoin de financement à venir de 35 milliards d’euros à une économie de 20 milliards ? En augmentant encore nettement plus que Fillon le nombre d’annuités nécessaires ? Et comment s’assurer que tous les cotisants atteignent bien ce nombre d’annuités ?

 

Le point 2) est encore plus foireux : même à supposer que « l’immigration » coûterait à « la France » (France en partie faite d’immigrés) 30 milliards d’euros, ce n’est pas en « supprimant les flux migratoires » qu’on supprimerait ce coût, mais en expulsant les ressortissants étrangers et immigrés déjà présents en France, ce qui serait bien sûr inacceptable. Demain un article sur l’immigration pour en dire plus.

Quant à l’économie qu’il veut réaliser sur les 35 heures, c’est peut-être le point sur lequel le Vicomte délire le moins, mais ça ne veut pas dire que j’adhère à son refus du partage du travail pour autant (voir l’article sur les 35 heures).

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4 décembre 2006 1 04 /12 /décembre /2006 21:23

Depuis que je m’intéresse à la politique, je n’ai jamais censé d’entendre parler de « pensée unique », de « pensée dominante », et de voire passer nombre de petits « résistants » qui s’illustraient contre ce dragon du « politiquement correct ». Problème : tout le monde crie à la « pensée unique ». Selon ATTAC, les « altermondialistes », formations de la « gauche de la gauche » et une partie de la sociale-démocratie, la « pensée unique » est de droite, et c’est ce qui explique que nous ayons vu se succéder les réformes de flexibilisation du marché du travail, des marchés financiers, les privatisations, etc…

 

Mais combien d’autres écrivains de droite, de sites web libéraux ou d’extrême-droite nous entretiennent à leur tour sur la « bien-pensance gauchiste », la « pensée unique socialiste » dénoncée par Sarkozy ou De Villiers (le fait que Sarkozy soit le n°2 du gouvernement en dit long sur le réel pouvoir de cette « pensée unique »). C’est ce qui expliquerait que la France soit « irréformable », que les formations « libérales » fassent de mauvais scores électoraux (Madelin fit moins de voix que Laguiller en 2002), car les français seraient anesthésiés par la propagande anti-libérale. D’ailleurs, la presse française n’est-elle pas entre les mains de la gauche ? Les enseignants et journalistes ne sont-ils pas tous de gauche ? Et les artistes, c’est pire : connaissez-vous un artiste qui ose se dire de droite ?

 

Alors : 

 

Sommes-nous sous la dictature intellectuelle du libéralisme ?

Sommes-nous sous la dictature intellectuelle de la gauche ?  

Ou encore…ni l’un ni l’autre ?

 
Les facs rouges, c’est où ?

Il serait une évidence que l’enseignement français est aux mains de gauchistes soixante-huitards et que toute personne qui y professerait des idées de droite serait viré en peu de temps. J’ai lu des bouquins qui nous décrivaient en effet des établissements scolaires où, en vertu des idées de Mai68, il n’y avait plus aucune autorité ni discipline, les élèves n’apprenaient rien et n’étaient sanctionnés de rien, et j’ai entendu des politiciens appeler au retour des « notations chiffrées », de la dictée, du redoublement, des sanctions…

 

Je ne peux donner que mon expérience personnelle, qui ne vaut que pour elle-même, mais puisque c’est mon blog elle y a sa place.

Bref, au cours de ma carrière étudiante, je n’ai  pas vu ce spectacle d’un enseignement entre les mains des gauchistes, et il me semble avoir « échappé » à l’éducation soixante-huitarde qui prétendument règne ailleurs. Mais ça reste une expérience personnelle.

Je me demande comment j’ai fait, mais je n’ai jamais vu ces écoles soixante-huitardes. J’ai commencé ma scolarité dans une école « de quartier », rien de bien huppé, mais où j’ai toujours fait des dictées, reçu des notes chiffrées, où l’on redoublait à moins de 10 de moyenne et était puni en cas d’injure à un enseignant. Pareil au collège et au lycée.
 

 Quant aux opinions des enseignants, elles étaient très peu perceptibles pour les élèves au collège. Au lycée, j’ai eu effectivement quelques enseignants très impliqués à gauche. Mais dans un enseignement de Sciences Economiques et Sociales il n’y a de toute façon pas de neutralité politique possible : un professeur de SES de droite aura la même latitude pour présenter ses opinions. Mais lorsque Jean-Marie Le Pen est arrivé au second tour de la présidentielle de 2002 (j’étais en Terminale), les mêmes enseignants gauchistes nous ont déconseillé de manifester, considérant que l’on ferait mieux de réviser notre baccalauréat. La plupart des élèves ont manifesté spontanément – et pour manquer des cours pour nombre d’entre eux.


Après le bac je fais une première année de géographie dans l’antenne universitaire de La Roche sur Yon : les opinions politiques des enseignants me sont restées secrètes ; quant aux syndicats étudiants, ils comprenaient une section UNI (droite) assez active de par ses collages, et une UNEF pépère.

 Puis, 2003-2005, je fais double-cursus sciences humaines –sciences économiques à Poitiers, inscrit dans deux facultés à la fois. En Sciences Humaines, je constate que tous les enseignants ne sont pas de gauche, qu’ils ne soutiennent pas l’activisme de certains syndicats étudiants (notamment la lutte contre la réforme LMD, véritable flop). Un seul enseignant de géographie évoque les théories de Lénine, mais c’est un « point de détail » de son cours.


 
En fac d’économie, je m’attendais à trouver l’antre d’ultralibéraux que décrivent certains gauchistes comme Bernard Maris. La réalité est plus mitigée. Les enseignants de sciences économiques, chargés de TD ou maîtres de conférences, sont en général des modérés, dont les opinions varient du centre-gauche à la droite dure. Un seul enseignant nous a dit qu’il était un « ancien marxiste », et il fallait surtout retenir le « ancien ». Dans son cours d’histoire des théories économiques, sa présentation des thèses de Marx se finissait par une démolition de la théorie marxiste de la valeur. Un chargé de TD de Microéconomie nous apprend qu’en supprimant le salaire minimum, on pourrait réduire le chômage (enfin « selon la théorie classique »), mais quelques états d’âmes sociaux-démocrates lui font dire que « c’est quand même pas souhaitable que des gens travaillent pour 2000 FF par mois ». Lors des premiers cours d’économie générale, l’universitaire nous dit que le marché libre n’est pas la jungle, et nous expose des séries de cas abstraits comme quoi il vaut mieux soutenir l’offre que la demande. Le cours de Microéconomie commence par une « démonstration » du « Trop d’impôt tue l’impôt », en guise de justification de la baisse de l’Impôt sur le Revenu du gouvernement Raffarin. En seconde année, un enseignant de Macroéconomie nous propose carrément son programme économique à la dernière page de son polycopié. On y lit entre autres : suppression du SMIC, désindexation des salaires par rapport à l’inflation, hausse du temps de travail, privatisations générales…


 
On peut penser ce que l’on veut de ces thèses, mais à chaque fois que j’entends parler des « facs rouges » ou de l’enseignement supérieur français phagocyté par les « gauchistes », je me dis que Poitiers ne doit donc pas être en France.


Quant aux « syndicats étudiants », le droitiers dénonceront bien sûr la domination de syndicats de gauche comme l’UNEF. En oubliant qu’à côté de cette « domination », il y a surtout une très forte abstention aux élections étudiantes, une indifférence assez générale face aux formations politisées, qui permet à quelques groupes minoritaires de donner l’illusion d’une coloration politique aux campus…


Les médias gauchistes ?

Passons au cas national. Que n’entend-t-on sur la domination des médias par la gauche, dans un pays où paraît-il, les journalistes seraient presque tous de gauche…Je voudrais juste renvoyer à quelques chiffres, donnés par l’OJD sur les tirages de la presse nationale . 
 

http://www.ojd.com/engine/adhchif/adhe_list.php?mode=chif&cat=1771

 Quand bien même il serait vrai que 90% des journalistes seraient de gauche (et qu’appelez-vous la gauche ? Si vous êtes d’extrême-droite, l’UMP est de gauche…), l’important est de connaître l’influence de chaque « camp ». Et quand on regarde les chiffres de l’OJD, quelques rappels s’imposent : des revues déclarées à droite font chaque jour ou semaine des centaines de milliers d’exemplaires vendus, et sans doute encore plus de lecteurs :

 Le Point fait 380.000 exemplaires par semaine en 2005, l’Express 430.000, Valeurs Actuelles 75.000, Le Figaro 320.000 par jour et Les Echos plus de 110.000 par jour. Ces journaux se réclament clairement du libéralisme économique, et malgré leur « ouverture éditoriale », sont très largement à droite…sauf bien sûr si vous raisonnez d’un point de vue d’extrême-droite.

 Et en face, il y a quoi ? L’Humanité, moins de 70.000 exemplaires ? Libération (centre-gauche) à moins de 140.000 ? Le Nouvel Obs est l’un des rares périodiques un peu de gauche (modérée) à dépasser les 500.000 exemplaires.

 Je ne vais donc pas dire qu’en France la presse serait exclusivement de droite –ce serait mentir de beaucoup-, mais c’est un fait que la droite en France peut parfaitement s’exprimer et dispose d’un arsenal médiatique tout à fait conséquent pour le faire. Si les idées de droite ne triomphent pas comme le souhaiteraient leurs défenseurs, c’est avant tout parce qu’elles n’apparaissent pas justes pour un grand nombre de français.

 On aurait pu traiter le cas d’autres médias –la télévision notamment. A l’heure actuelle, en veille de campagne présidentielle, les chaines télévisées françaises publiques ou privées peuvent davantage se faire reprocher de focaliser le débat sur deux candidats plutôt que de privilégier le PS ou l’UMP uniquement.
 

Conclusion


 Je ne sais pas s’il existe un « complot des médias », mais si c’est « la gauche » qui le dirigeait pour manipuler les français contre la droite, alors elle s’y prend fort mal, vu la puissance de la presse droitière actuelle. Et encore, je n’ai même pas évoqué l’importance des groupes financiers de l’armement ou du bâtiment dans la possession de ces médias, jusque dans le capital de l’Humanité.

 Mais pourquoi cet acharnement de tant « d’intellectuels », d’écrivains et plumitifs en tout genre, à dénoncer le « politiquement correct », la « pensée unique », et ce même lorsqu’ils soutiennent un camp comme la droite dite « modérée » qui n’est absolument pas privée d’accès aux médias ?

 J’avance une explication toute simple : beaucoup d’intellectuels en mal de notoriété se rêvent en dissidents et résistants ; à droite, on s’imagine écrivain de samizdat dans le dernier pays « communiste » d’Europe, résistant à une mystérieuse domination bolchevique mais sans Armée Rouge ni Tchéka. A gauche, on se rêve en Che Guevara face aux polices mentales –et physiques aussi- des forces du Capital –qui elles ne relèvent pas de l’invention. Seulement voilà : la France est de fait un pays relativement ouvert, des flots de bouquins de droite comme de gauche peuvent s’y publier. Et c’est déplaisant pour nos résistants en plume. On peut ajouter le fait que pour certains, le fait que l’adversaire existe est déjà une oppression : on se plaint d’être dominé parce qu’on est pas ultra-dominant soi-même.

 Le jugement que je porte vaut aussi pour nous, communistes. Si nous faisons d’aussi mauvais résultats électoraux, c’est davantage de notre faute que d’un quelconque complot médiatique. Nos divisions, l’incohérence d’une partie de notre discours, plusieurs décennies passées au service de l’URSS, tout cela n’est à imputer qu’à nous-mêmes. La droite n’a à l’heure actuelle pas besoin de s’acharner sur nous, nous nous neutralisons très bien tout seuls.

 

 

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