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Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 22:04

Projet de solidarité


Pour faire le lien entre l’agriculture et la situation alimentaire du pays, je présente un peu notre travail de solidarité. Durant 4 jours (durée initialement prévue, en réalité 3 jours du 22 au 25 Juillet), nous avons fourni environ six heures de travail (moins le dernier jour) dans une compagnie de travail située à Batabano, à une heure et demie – deux heures d’autobus de La Havane. La mission : ramassage de patates douces. En clair, ramassage dans des sillons déjà labourés, tri des patates pourries, et mise en sacs.


On s’attendait à beaucoup de choses avant l’arrivée au camp. La coordination responsable du voyage (constituée de responsables du MJCF) n’avait pu vérifier sur place les conditions de logement. En arrivant, nous avons effectivement trouvé les chambres de dix personnes, avec sommairement l’électricité, et l’eau au niveau du camp, en exceptant certaines coupures. Les douches – du côté masculin – étaient rarement réellement fonctionnelles, le plus souvent réduites à un robinet suspendu, et les murs étaient très sales, le sol couvert de flaques boueuses. Enfin bref, l’équivalent de vieilles douches de campagne françaises dont l’entretien aurait fait défaut depuis un certain temps. Rappelons aussi qu’à Cuba, dans toute l’île, l’eau du robinet n’est pas potable actuellement. Pour se désaltérer ou encore se laver les dents, il fallait se ruer au petit dispensaire d’eau et sodas – payants, bien évidemment, ne délivrant parfois que des demi-litres d’eau  à 1 CUC. On nous fournissait cependant une citerne d’eau non potable et quelques dizaines de litres d’eau filtrée le matin avant de se rendre aux champs,  par groupes de quarante personnes.


Le sol de la cantine ne faisait guère plus envie, respirant l’odeur de restes de viande – restes qu’on supposait quand même rares, car le fait de rendre des assiettes à moitié finies était mal pris dans un pays de pénurie. Les repas étaient servis dans des plateaux métalliques, qu’il fallait rendre sans trop tarder pour qu’ils soient réutilisés après lavage. Le repas était largement composé de riz, soit blanc, soit brun avec des haricots, parfois du poulet ou du porc, et quelques tranches d’ananas, ou du riz sucré en guise de dessert. Les cubains s’occupèrent correctement de nous, s’assurant du fonctionnement de l’électricité, nous confiant des moustiquaires – fort utiles pour compenser les ravages subis pendant le travail. Quelques musiciens et danseurs étaient présents dans la colonie, et nous offrirent lors de notre seconde soirée au camp un concert improvisé – le réveil du troisième jour fut difficile, même au son du clairon (enregistré)…

L'arrivée au camp
(Cultivando ideas: Cultiver des idées. 50 anos haciendo la Révolucion: 50 ans à faire la Révolution)


Une chambre du camp (des interrupteurs à la fin de la vidéo)

La cantine du camp
(Habla en voz baja: Parle à voix basse. Cuide la higiene :  fais attention à l'hygiène)




Le travail, justement, ne présente pas de difficultés en soi, mais impose de reprendre plusieurs fois les mêmes vêtements sales, car la lessive est très difficile, les traces de terre – rouge car ferrugineuse – ne s’enlevant pas au savon. La principale plaie, pour votre serviteur en tout cas, fut le soleil de dix-onze heures. Nos horaires furent fixés entre 7h30 et 13h30 en journée normale ; nous ne pouvons pas travailler de nuit faute de projecteurs, et la température devient insupportable dans l’après-midi. Même de retour au camp –transport en camion-, on ne peut pas se rafraîchir, cumulant ainsi la chaleur de jour en jour. Selon les traductrices cubaines qui nous accompagnent, et qui, en tant qu’étudiantes, travaillent tous les étés aux champs, les conditions de ce camp sont normales par rapport aux autres qu’elles ont rencontrés.


Plusieurs camarades se retrouvèrent rapidement au point médical tenu par une infirmière dans le camp. Une hypoglycémie, des malaises, un œdème… Au second jour de présence, la coordination décida de nous faire rentrer à La Havane Samedi après-midi au lieu de Lundi matin, ce qui passa mal auprès d’une partie des camarades, mais les cubains ne se plaignirent pas. Au final, nous leur avons fourni environ 400 sacs de 50 kilos de pommes de terre, pour environ 100 travailleurs, répartis sur deux champs, l’un retourné mécaniquement et très fertile, l’autre, où s’est retrouvé votre serviteur, beaucoup moins bien doté. Nous tombions de toute façon hors de la période la plus fertile de l’année agricole à Cuba, qui va de Septembre à Avril.


Et au final, pourquoi la patate douce ? Parce que les cyclones de l’an passé, Gustav et Ike, ont ravagé une grande partie de l’aire cultivable cubaine. Pour éviter un désastre alimentaire, le gouvernement a opté pour ce tubercule qui a la faculté de se récolter en trois mois, permettant une à deux récoltes entre deux saisons cycloniques. Le riz à des propriétés comparables, ce qui explique le menu patates/riz qui se rencontre jusque dans les hôtels pour étrangers (quoique notre hôtel havanais n’était pas une usine à touriste du Club Med, on n’y servait pas de langouste, rassurez-vous). Les délégations internationales de travail volontaire ont joué un rôle important dans le redressement alimentaire cubain. Avec trois jours (voire deux et demi) de contribution, il n’est pas sûr que les jeunes communistes français soient ceux à qui la Révolution Cubaine sera la plus redevable.

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Published by DiadoreCronos - dans Voyages
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commentaires

Benkharov 24/10/2009 00:15


L'article ne mentionne pas, hélas, les quelques "courageux" camarades qui faisaient semblant d'être malades pour ne pas aller aux champs...Ou qui étaient tout simplement barbouillés.

Vive la solidarité et l'émancipation par le travail !


stoni 08/08/2009 12:19

Merci pour les vidéos !!A l'image ça a l'air moins déglingué que tu ne le décris textuellement... mais l'image !!!Où sont les filles en bikini ?