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Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 21:21

Discussion économique générale

Ma première impression en arrivant sur l’île, et en voyageant en autobus, fut un relatif soulagement par rapport à ce que je craignais : même si l’immobilier extérieur était souvent décrépi, je me retrouvais dans un pays relativement motorisé, je ne vis pas de bidonvilles (et je n’en ai pas vu de tout le voyage), et des cubains en bonne forme physique, propres, correctement vêtus.

On n’en était pas moins dans un pays sous blocus, et où la pauvreté globale du pays n’allait pas tarder à se manifester à nous, via les sollicitations des cubains notamment. Une conférence était prévue pour nous expliquer les effets du blocus sur Cuba.

Le blocus ne signifie pas la suppression de tout échange entre Cuba et les USA, mais l’impossibilité pour Cuba d’écouler une partie de sa production, de recevoir des touristes des USA, de commercer directement avec les partenaires voulus. Les échanges avec les USA se font par voie détournée, et se règlent par compensations. Les partenaires non américains font parfois l’objet de pressions de la part des USA. Les contorsions que l’économie cubaine doit faire pour se fournir l’amène à se retrouver devant des fournisseurs en monopole / oligopole et à des surcoûts importants. Surtout, le blocus l’empêche de recevoir des touristes américains. Non pas parce que cela est impossible : un américain peut théoriquement passer par les aéroports canadiens et mexicains pour parvenir à Cuba. Certains le font, tels des pasteurs américains se rendant régulièrement dans l’île pour y faire parvenir des biens de première nécessité. Mais il semble qu’il s’agisse d’une possibilité limitée, sans quoi les restrictions du gouvernement Bush sur les allées et venues des cubano-américains rendant visite à leur famille seraient passées inaperçues. Sans le blocus, Cuba pourrait recevoir un nombre nettement plus grand de touristes, nombre estimé à 3 millions de touristes annuels en plus. Le travail à l’étranger serait également une plus grande manne de revenus pour le peuple cubain : contrairement à ce qui est souvent cru à l’étranger, ce n’est pas tant Cuba qui refuse l’émigration que les états nord-américains ou européens qui imposent des visas en nombre très réduit. Ainsi, il est plus facile de faire venir 100 français à Cuba qu’un seul cubain sans raisons familiales ou professionnelles particulières en France.

Pour un descriptif plus long des effets du blocus :
http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/spip.php?article113

Je me suis permis de poser une question pendant cette conférence, demandant simplement quels étaient les principaux partenaires commerciaux actuels de Cuba. Un autre camarade a ait fait remarquer avant moi qu’il avait vu des véhicules de marques européennes, des ventilateurs de marque américaine, etc… Le conférencier me répond que, dans l’ordre décroissant, les partenaires commerciaux sont : 1) Les pays de l’ALBA, 2) La Russie, 3) La Chine, 4) l’Union Européenne.

Résultat surprenant. Surtout quand on sait que l’ALBA n’a que quelques années. Et que la Chine n’est que troisième, alors que la croissance continue de ce pays depuis les années 80 aurait pu amener Cuba à réorienter ses échanges vers Pékin avant la chute de l’URSS. Je me permets d’y voir là une faute dans la diversification des partenaires de cubains, surtout alors que la puissance de la Chine, créancière des USA, la rend de moins en moins vulnérable aux pressions de Washington.

J’ai également posé à Ramon Belloch (cf. le compte-rendu N°2) la question suivante : « Quelle est la principale tare de l’économie cubaine qui ne soit pas imputable à l’action des USA ? ». Et il me répondit que les cubains avaient beaucoup de droits garantis par le gouvernement : le logement, la santé, l’électricité, offerts à un prix très bas en pesos cubains (non convertibles). Et que l’esprit d’initiative s’en trouvait alors diminué. Je trouve la réponse crédible et intéressante. Parce qu’elle reconnaît un manque d’initiative dans l’économie cubaine. Non pas que les cubains ne soient pas ingénieux : il suffit de voir le nombre d’antiquités automobiles qu’ils arrivent à faire rouler. Mais il reste à savoir si cette inertie dans l’économie vient seulement d’une certaine assistance de l’état. Assistance qui n’est que partielle, notamment sur la question du logement. Une discussion avec un cubain m’apprit qu’en ce domaine, dans un pays où tous les habitants sont censés être propriétaires de leur logement, le gouvernement donne les matériaux de construction, et que vous construisez ensuite vous-même votre logement. Ce qui expliquerait le nombre d’ouvriers du bâtiment travaillant sur des petits chantiers, sans bordures et avec le minimum de protection, que j’ai pu voir dans La Havane et près de l’hôtel. Mais dans un autre secteur, qu’est l’agriculture, on retrouve un problème de la centralisation par l’état des outils de travail (problème en soi différent de leur caractère collectif). Une rencontre-débat avec des agriculteurs cubains nous apprit que dans les années 1990 (à partir de 1993), le gouvernement cubain a tenté de « libéraliser » la terre en la remettant en usufruit à des paysans qui, sans posséder la terre à titre privé, pouvaient conserver le revenu de leurs ventes et non recevoir le prix d’état…mais encore fallait-t-il recevoir le matériel agricole, délivré par l’état aux agriculteurs « les plus efficaces ». Je ne peux bien sûr pas juger de la réalité de cette allocation, mais elle rappelle l’une des problèmes des réformes de l’agriculture soviétique de la fin des années 80, où les mêmes tentatives de libéralisation de l’activité agricole s’étaient heurtées à ce problème de l’équipement, ne réussissant pas à suivre l’exemple chinois (où l’agriculture était moins mécanisée au passage).


Des exemples d'entreprises étrangères présentes à Cuba :

La compagnie navale norvégienne Maersk



L'allemand Mercedes



Des chantiers non finis, dans un pur style soviétique:

(pour celui-là, je n'ai pas de certitude sur le fait que la construction ait été interrompue)



(ce chantier, juste à côté de notre hôtel, était bel et bien abandonné)

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Published by DiadoreCronos - dans Voyages
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