Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

     www.pourlecommunisme.com est un site qui s'attaque directement aux critiques faites contre le communisme (millions de morts imputés à l'idéal communiste, faillite économique, etc...). Il ne fait la promotion d'aucun régime existant ou ayant existé par le passé, s'efforce de comprendre les faits et de proposer des pistes pour l'avenir.

     Vous êtes anticommuniste et voulez débarasser le monde d'un jeune fou qui, selon vous, risque de faucher à nouveau des millions de vies?

Vous êtes stalino-maoïste (pardon : marxiste-léniniste-pensée-Mao-Zedong) et voulez écraser la vermine révisionniste que je suis?

Vous voulez simplement parler du communisme?

Alors ce blog est pour vous.

 

Communisme communiste révolution réforme capitalisme libéralisme argent entreprise impôt état France Europe URSS Chine USA Monde PCF NPA LCR LO UMP PS Modem élection Buffet Besancenot Laguiller Bové Marx

Rechercher

Archives

3 décembre 2007 1 03 /12 /décembre /2007 21:12

c45def4caaa29392e8f11bb47a6f101b.jpg 

 

      J’aurais préféré d’autres circonstances pour poster mon premier article concernant le Venezuela et Hugo Chavez. Dans la nuit (heure GMT) du 2 au 3 Décembre, nous avons assisté à la première défaite électorale –de justesse- du président vénézuélien depuis 1998, date de son accession au pouvoir. Etait en jeu une réforme de la Constitution qui, loin de se limiter à ce que les médias occidentaux en ont retenu (la suppression de la limite du nombre de mandats présidentiels, comme en France, ou certaines dispositions sur la presse, voir ici pour plus d’informations : http://cbparis.over-blog.com/categorie-291815.html ou encore là: http://www.oulala.net/Portail/IMG/_article_PDF/article_3193.pdf ) modifiait près de 70 des 330 articles de la Constitution vénézuélienne (datant de 1999, donc déjà sous Chavez). Les propositions de modifications de la constitution étaient divisées en deux blocs (A pour les propositions présidentielles, et B pour celles d’une commission mixte).

 

L’étrange défaite 

            Les deux blocs ont été rejetés avec un peu moins ou un peu plus de 51% de suffrages défavorables, et 45% d’abstention. L’opposition (qui fédère tout et n’importe quoi, des sociaux-démocrates à la droite la plus dure y compris les partisans du putsch d’Avril 2002) n’a réuni que 4,5 millions de suffrages alors que 16 millions de personnes étaient inscrites sur les listes électorales, mais seulement 4,3 millions votèrent « Oui ».

            En comparant avec les résultats de la présidentielle de Décembre 2006, remportée par Hugo Chavez avec 63% des voix, soit  près de 7,2 millions de suffrages, quand le candidat de l’opposition , Manuel Rosales, n’en récoltait que 4,2 millions, on tire une conclusion évidente. L’opposition n’a gagné qu’environ 300.000 voix en un an, soit 1 à 2% du corps électoral, mais les électeurs chavistes ont comme oublié de voter. Le dixième des 2,9 millions de voix chavistes en moins aurait suffit à inverser les résultats du référendum. Cela aurait certes donné une approbation très précaire de la nouvelle Constitution, et le président bolivarien ne s’en serait pas satisfait.

            Les nombreuses manifestations pro-réforme n’auront donc mobilisé que 60% des électeurs chavistes. Il est extrêmement important que la gauche vénézuélienne remobilise son électorat, avant que le pire n’arrive : que d’anciens électeurs chavistes ne soient séduits par l’opposition. Car ce n’est pas ce qui se produit pour l’instant.

 

Prime à la calomnie ? 

            Les vénézuéliens sont des adultes rationnels, aussi ne passerai-je pas mon temps à leur reprocher leur non-vote, à tenter de disséquer les causes possibles de l’échec, à dire « si Chavez avait fait ou n’avait pas fait ceci… ». L’échec est acté. Il est cependant regrettable qu’il satisfasse ceux qui ont très largement donné dans la calomnie contre Chavez et son gouvernement (rebaptisé « régime » dans de nombreux reportages, au mépris de son élection démocratique, voire même « dictature »).

            Que n’a-t-on entendu, en effet ! Que Chavez voulait le pouvoir à vie, alors que sa réforme allait simplement, et ce n’était qu’un des 70 articles de la Constitution modifiés par son projet, lui permettre de tenter autant de mandats qu’il le souhaiterait, tout en devant passer le barrage du vote à chaque fois ! Si pouvoir se présenter plus de deux fois à une présidentielle fait de vous un dictateur, alors tout président français de la cinquième République est un dictateur ! On a aussi énormément menti sur la « fermeture » d’une télévision d’opposition, RTCV, alors que le gouvernement n’a fait qu’utiliser la loi en retirant à cette chaine sa fréquence hertzienne, tout en la laissant libre de se diffuser par câble ou satellite ! On entendit Reporters Sans Frontières crier à la disparition des « médias d’opposition », quand ceux-ci sont pourtant toujours bien présents (voir : http://cbparis.over-blog.com/article-14050967.html ).

            D’autres accusations bien plus incroyables circulèrent encore, proférées par des journalistes, français entre autres, que quasiment personne n’ose contredire si ce n’est le Monde Diplomatique et quelques sites de gauche sur le Net : il y aurait même des escadrons de la mort au Venezuela ! Sitôt cette énormité entendue, je me rue sur le site d’Amnesty International, et constate qu’au Venezuela, il y a, comme malheureusement tous les pays d’Amérique latine (sauf probablement ceux du cône Sud, du moins depuis leur retour à la démocratie), des meurtres commis par les forces de police, qui restent trop souvent impunis, des personnes dont la vie est menacée, sans que l’on puisse en rendre le gouvernement responsable !

            En lisant le rapport suivant (en anglais : http://thereport.amnesty.org/eng/Regions/Americas/Venezuela ; à comparer avec ceux du Brésil et de la Colombie : http://thereport.amnesty.org/eng/Regions/Americas/Brazil et http://thereport.amnesty.org/eng/Regions/Americas/Colombia ) on constate que le principal tort du gouvernement vénézuélien est de ne pas être assez ferme contre des policiers véreux et corrompus qui, à deux reprises dans l’année écoulée, ont abattu des journalistes enquêtant sur leurs agissements. Mais qui songerait à qualifier le président brésilien Lula de dictateur en raison du millier (au moins) de meurtres dont le Brésil est malheureusement la scène tous les ans ? Et pourquoi ne pas s’acharner contre le président colombien Alvaro Uribe, alors qu’en Colombie les paramilitaires (sans parler des FARCs) assassinent régulièrement ?

 

Avec philosophie… 

            Cette –très courte- défaite de Hugo Chavez, qui, rappelons-le encore, ne correspond en rien à un « sursaut populaire » contre « l’autocrate » Chavez, devrait prouver une chose à tous : Chavez est bel et bien un président qui respecte l’expression démocratique. S’il était vraiment un truqueur d’élections, alors il doit s’y prendre fort mal, car quelques milliers d’urnes bourrées lui auraient permis d’inverser les résultats. L’opposition a tout à fait pu s’exprimer dans cette confrontation, et la gagner. Mais bien sûr, les vaillants opposants, à Paris ou ailleurs, au « régime Chavez » ne reconnaîtront en rien cette honnêteté du président vénézuélien. Ils chanteront peut-être la « victoire de la démocratie », alors que cette démocratie est déjà au Venezuela !

            « L’avantage » que peut avoir cette défaite, est qu’elle empêche, sauf nouvelle modification réussie de la constitution avant 2013, Hugo Chavez de se représenter à la présidentielle de 2013. Non pas que je souhaite son départ : mais il se verrait obligé de trouver un successeur, et de faire en sorte que son parti, le Parti Socialiste Unifié du Venezuela, gagne les élections par lui-même et pas seulement par son candidat.

           

            En conclusion, le Venezuela a déjà l’immense mérite, depuis Décembre 2006, d’être le premier pays au monde a avoir sincèrement et démocratiquement voté pour un candidat qui annonçait clairement son intention de passer au socialisme – ce qui n’était pas évident chez Chavez en 1998 ou 2002. Allende n’avait qu’une majorité relative, et son programme ne parlait pas explicitement du socialisme (cf. l’article de ce blog consacré à Allende). On peut difficilement dire que Mitterrand voulait réellement abolir le capitalisme français dans son ensemble. En revanche, le Venezuela ne sera pas (tout de suite) le premier pays à se doter démocratiquement au XXIème siècle d’une constitution mentionnant clairement le socialisme. Mais nous pouvons réaliser un fait important : il y a quinze ans, affirmer que bientôt un peuple serait à deux doigts de voter sincèrement pour le socialisme aurait provoqué des crises d’hilarité générales. Cette nuit, cela s’est produit, et peut-être mieux encore si quelques articles concernant la présidence n’avaient pollué le débat.

            Au fond ce résultat n’est pas si grave : l’important est que le gouvernement Chavez continue sa politique, par des nationalisations, l’encouragement des coopératives ouvrières. Le Venezuela connaît la croissance, l’augmentation de son espérance de vie et de sa population. Que cela continue ainsi. Bien plus qu’à proclamer ou a constitutionnaliser, le socialisme doit se faire.

            Voir aussi ces statistiques :

http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/pays/VEN/fr.html

 

            Et cette analyse sur le « danger » que Chavez représente pour la démocratie :

http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMAnalyse?codeAnalyse=362

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires