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Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

     www.pourlecommunisme.com est un site qui s'attaque directement aux critiques faites contre le communisme (millions de morts imputés à l'idéal communiste, faillite économique, etc...). Il ne fait la promotion d'aucun régime existant ou ayant existé par le passé, s'efforce de comprendre les faits et de proposer des pistes pour l'avenir.

     Vous êtes anticommuniste et voulez débarasser le monde d'un jeune fou qui, selon vous, risque de faucher à nouveau des millions de vies?

Vous êtes stalino-maoïste (pardon : marxiste-léniniste-pensée-Mao-Zedong) et voulez écraser la vermine révisionniste que je suis?

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18 novembre 2007 7 18 /11 /novembre /2007 19:24
[Cet article a été écrit pour la section du Parti Communiste de Niort, dont je suis membre.]

 

Dimanche 18 Novembre, plusieurs fédérations syndicales se sont réunies pour faire le point sur le mouvement de grève qui a repris dans les transports publics depuis le 14 Novembre. En même temps, plusieurs dizaines de facultés ont voté le blocus tandis que les Assemblées Générales se réunissent régulièrement dans les universités. Comme en 2006 contre le CPE, la convergence salariés - étudiants voire lycéens est possible. 

Prise d’otage médiatique

Le moins qu’on puisse dire est qu’une fois de plus, les principaux médias dispensent quasiment le gouvernement de se servir de ses portes-parole. Des éditorialistes assènent des raisonnements douteux, comme quoi l’élection de Sarkozy le 6 mai dernier rend l’opposition à son programme inacceptable. Or, une élection présidentielle ne fait que placer une personne à la tête de l’Etat, et ne valide pas son programme. La démocratie ne consiste pas à changer de dictateur tous les cinq ans, ni à débarrasser le peuple de sa souveraineté au profit de 300 députés. On ne compte plus le nombre de fois où l’on ressort la « prise d’otage des usages ». Sinistre et banal abus de langage : un otage est quelqu’un que l’on empêche de quitter un lieu et dont on menace la vie, pas quelqu’un qui se voit refuser un voyage en train.  

Réforme des retraites

Retraite à 50 ans (pour les conducteurs), durée de cotisation de 37 ans et demi, régime en déficit… Quoi de mieux pour faire approuver la « réforme » ? En oubliant que la subvention d’Etat au régime de retraite de la SNCF est avant tout due à ce qu’il y a beaucoup plus de retraités que d’actifs cheminots, ce à quoi aucune réforme ne peut remédier. Au final, diminuer les droits des cheminots et RATPistes n’aurait qu’un effet mineur sur les 3 Milliards d’euros que l’Etat verse actuellement aux régimes de ces entreprises, et l’économie sera d’autant plus faible que le nombre de leurs retraités baissera avec le temps (la SNCF a perdu une grande partie de ses effectifs depuis 50 ans). Et ce en plus du mensonge d’un taux de cotisation plus bas  des régimes spéciaux, quand la SNCF verse des cotisations élevées en tant qu’employeur avec les recettes que procurent ses salariés.


              Mais par leur simple existence, les régimes spéciaux posent une question fondamentale : ces régimes prennent en compte la pénibilité du travail accompli, ce que ne fait pas le régime général. Les conditions de travail des cheminots ne sont plus celles des années 50 ? Peut-être, mais en aucun cas les réformes envisagées par l’UMP pendant la présidentielle ne tiendront compte des conditions réelles du travail (découchés, horaires décalés, discontinus, en week-end…). De plus, accepter l’alignement à 40 annuités, puis 41 ans, revient à confirmer la « réforme » Fillon de 2003. Cette réforme considérait qu’il n’y avait pas d’autres moyens de financer les retraites qu’en travaillant plus longtemps, partait sans débat sur l’idée qu’on ne pouvait pas cotiser plus, sur une assiette plus large, par d’autres prélèvements que sur les salaires…et ce alors que les entreprises multiplient les recours aux salaires indirects (ou stock-options pour quelques uns…) pour éviter les « charges ». Accepter la réforme Sarkozy-Bertrand-Fillon revient à valider ce débat truqué.

Déni de démocratie ?

Habilement, toutes ces questions fondamentales sont cachées par le gouvernement derrière la lutte « corporatiste » des salariés des entreprises publiques. Ainsi que l’argument de la « pression exercée par une minorité » contre « un gouvernement élu ». Que les grèves ne soient agréables pour personne est une évidence (y compris pour les grévistes, non payés, n’en déplaise à Sarkozy). Avant d’opposer le droit au travail au droit de grève, remarquons que des millions de français travaillant dans le privé n’ont pas la possibilité d’appliquer le droit de grève, ni même de manifester. Et qu’il existe d’autres moyens de lutte possibles. Par exemple, que les agents de la  SNCF ou RATP fassent leur travail sans faire payer les usagers, ce qui minerait considérablement leur employeur et donc l’Etat. Mais c’est illégal. Bloquer les transports est le seul moyen de lutte disponible pour les travailleurs du rail, sans déplaire au fond à un gouvernement prêt à jouer le pourrissement.

Mouvement étudiant

De la même manière, le blocus des facs est aujourd’hui la seule arme accessible aux étudiants. Il n’y a pas de sens à ce que « ceux qui veulent étudier étudient, ceux qui veulent manifester manifestent », car cela revient à rendre l’exercice du droit de grève suicidaire, surtout dans les filières à concours ou à contrôle continu. Cela ne signifie pas que tous les étudiants opposés à la réforme Pécresse-Fillon dite de « Responsabilisation des Universités » soient partisans des blocus, craignant l’utilisation que peut en faire le gouvernement. Mais le projet est inacceptable, et ne peut passer derrière l’excuse du « il faut bien réformer à un moment, non ? ». Non, le financement des universités par le secteur privé via des « fondations » ne les rend pas indépendantes, surtout si elles travaillent avec ces mêmes entreprises. Non, il n’est pas inéluctable de monter les frais d’inscriptions en promettant des « bourses » (offertes par qui ?) et de sacrifier la démocratie étudiante au profit du président d’université et des « personnalités extérieures ». Oui, le financement des universités doit se faire par un réinvestissement de l’Etat, mais aussi des contributions des anciens étudiants, notamment pour les formations prestigieuses et aussi les grandes écoles, qui bénéficient depuis deux siècles d’une « éducation à deux vitesses ».

On ne lutte pas tel qu’on le souhaiterait, mais tel qu’on le peut.

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Published by - dans Luttes
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