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Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

     www.pourlecommunisme.com est un site qui s'attaque directement aux critiques faites contre le communisme (millions de morts imputés à l'idéal communiste, faillite économique, etc...). Il ne fait la promotion d'aucun régime existant ou ayant existé par le passé, s'efforce de comprendre les faits et de proposer des pistes pour l'avenir.

     Vous êtes anticommuniste et voulez débarasser le monde d'un jeune fou qui, selon vous, risque de faucher à nouveau des millions de vies?

Vous êtes stalino-maoïste (pardon : marxiste-léniniste-pensée-Mao-Zedong) et voulez écraser la vermine révisionniste que je suis?

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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 22:35

Encore un article super long, pour changer. Donc je le publierai en trois parties.

  Cet article doit servir de source et de proposition à la fois, sur un thème que les communistes ne peuvent bien sûr pas ignorer. En participant à la votation citoyenne contre le changement de statut de La Poste, à laquelle deux millions de personnes ont participé, j’ai pu remarquer plusieurs faits.

                D’abord, la plupart des passants semblent ne pas avoir envie de se plaindre du service fournie par l’entreprise publique postale.           

                Ensuite, parmi le grand nombre de ceux qui ont pris les tracts, la plupart semblaient avoir un avis positif sur notre vote, et donc contre la privatisation. Il y a eu quelques cas de gens qui clamaient qu’ils étaient pour la privatisation, mais ça ne semble pas être une exigence répandue.

Ensuite, en conversant avec ceux qui s’arrêtent pour prendre le tract, on a parfois des avis très remontés contre le service du courrier, et aussi celui de la Banque Postale. Ainsi, une dame m’a décrit pendant dix minutes comment la Banque Postale la volait en lui prélevant des agios sans justification pendant une année entière avant qu’elle ne ferme son compte. Mais elle est finalement allée voter contre le changement de statut de La Poste.

Il existe une littérature considérable sur les abus, les gaspillages, ou encore la médiocrité de certains services rendus par les entreprises publiques. Le mécontentement reste cependant minoritaire, une entreprise publique telle qu’EDF restant parmi celles qui ont la meilleure image auprès des français (ce qui est un peu moins le cas de La Poste, qui garde une image positive auprès de la majorité des français, tandis que celle de la SNCF monte et chute au gré des vagues de grèves). Nous avons donc la chance d’être dans un pays où les usagers font relativement bien la distinction entre des fautes des entreprises publiques et l’existence même de ces entreprises. Il n’en reste pas moins que, jusqu’à cette votation citoyenne (qui reste une manifestation très tranquille), il n’y a pas eu de protestation généralisée contre les privatisations. Et que la justification de l’existence d’entreprises publiques n’est pas assurée pour tous, d’où la nécessité d’un article dans la catégorie « Luttes ». Imaginez, en effet, ce que cela donne si en plein tractage, vous vous retrouvez coincé par un argumentaire favorable à la privatisation, construit, subtil, a priori convaincant ? Le militant qui part tôt le matin (ou rentre tard le soir) distribuer des tracts fait peut-être preuve d’abnégation, il n’en est pas pour autant buté et insensible aux arguments adverses.

Chaque discussion de comptoir peut être l’occasion d’une escarmouche entre partisans et adversaires et entreprises publiques. Paraphrasant Ho Chi Minh, le front se situe là où se trouve l’ennemi, c’est-à-dire partout.

L’article va comprendre des arguments à opposer ou à ne pas opposer aux partisans des privatisations. Mais aussi des propositions, car il est évident que du fait des déficits récurrents qu’ont connu les entreprises publiques, les défauts de services et les surcoûts qui leur sont reprochés, on ne peut être partisan de maintenir ces entreprises telles qu’elles existent.

Ces arguments sont destinés à convaincre –ou du moins à mettre en doute- aussi bien des communistes que des non-communistes. Donc on ne trouvera pas l’argument fondamental du communisme, à savoir que tout revenu du capital étant un vol du travail (même si Marx préférait le terme exploitation qu’il jugeait plus rigoureux), donc tout accroissement de la propriété privée signifie l’expansion du domaine de l’exploitation. Cependant, dans une discussion de rue, cet argument sera difficile à placer, car il est relativement long à exposer. Mais surtout, cet argument ne fera effet que si le montant des revenus du capital est élevé par rapport à la valeur ajoutée produite par les salariés. Et là, tout dépend des sensibilités : pour moi, 5 à 10% de revenu du capital, c’es trop (tout ce qui est plus que 0% aussi en fait). Un non-communiste pourra trouver cela tolérable, surtout si, croit-il, la privatisation amenait en revanche une baisse de prix et un meilleur service. C’est donc directement sur ces sujets qu’il faut mener la conversation.

Commençons par les arguments qu’il ne faut pas utiliser :

Argument n°1 : « La privatisation va mener à la fin du service public, c’est-à-dire du service de qualité égal pour tous au même prix : plus de lignes de train non rentables, moins de bureaux de poste, moins de lignes de bus, etc…» 

Il n’y aura plus de facteur pour aller distribuer le courrier aux trois grand-mères qui habitent dans un hameau perdu de Lozère (et qui font un peu chier le monde en habitant là) ! La question du service public a largement été traitée par les libéraux. Rappelons d’abord la définition du service public : un service égal, sans discrimination géographique ni de condition des usagers, et sans discrimination de prix, le tout financé par une péréquation des prix (les secteurs où le service est rentable financent les secteurs où il ne l’est pas. Le service public n’est pas synonyme d’entreprise publique, et les libéraux ont raison de rappeler ce point. Une entreprise privée ayant une délégation de service public peut se voir imposer, lorsqu’elle répond à un appel d’offres, un cahier des charges, incluant l’obligation de servir des usagers même si ce n’est pas rentable. La collectivité (l’Etat, la région, la commune) va financer ensuite une subvention à l’entreprise pour combler la perte que l’entreprise privée ferait en desservant ces usagers « non-rentables ». N’importe quel libéral un peu conséquent vous fera cette parade. C’est notamment ce qui se passe dans les opérations de privatisation des transports ferroviaires, tramway ou bus : la collectivité examine régulièrement le respect du cahier des charges par l’entreprise, avant de relancer un appel d’offres, en cas d’insatisfaction, où si une entreprise prétendant à un coût plus bas au même niveau de service se présente.

Il y a une réaction immédiate que l’on peut avoir : mais cette subvention publique représente un (sur)coût, qui pourrait être diminué dans le cas d’un service assuré par une entreprise publique, qui pourrait utiliser ses gains sur des zones rentables pour financer le reste du service, tandis qu’une entreprise privée va utiliser une partie de ces gains pour distribuer des bénéfices, sa raison d’être ultime ! Réaction parfaitement juste : théoriquement, une entreprise publique a un avantage sur une entreprise privée : à supposer qu’elles aient toutes deux exactement les mêmes coûts, l’entreprise publique n’a pas l’obligation de verser des profits, ce qui devrait l’amener à des investissements plus élevés ou des prix plus bas qu’une entreprise privée. On passe donc à la question cruciale des prix.

Argument n°2 : « De par la recherche de profit maximal pour les actionnaires, l’entreprise privée va faire monter les prix ! »

Exposé devant un libéral, cet argument paraîtra surréaliste : il vous expliquera que dans la plupart des cas, c’est la privatisation et la mise en concurrence qui font baisser les prix. On citera à l’avenant le cas de la privatisation des télécoms (en mettant très souvent sous silence les gains de productivité dû aux évolutions technologiques, sur la téléphonie mobile surtout, qui peuvent expliquer également des baisses de coûts), ou encore de la circulation aérienne. L’origine des tarifs élevés que les monopoles publics sont accusés de pratiquer est double :

-          La situation de monopole : qu’il existe ou non des surcoûts dans la production (j’entends par surcoûts les sureffectifs, les achats inutiles, les dédoublements d’administration et de services…), une entreprise qui n’a pas de concurrent serait sans contrainte pour imposer des prix élevés, et ce quand bien même elle en arrive à réduire le nombre de ventes, la maximisation de la recette étant le seul critère ;

-          L’existence de surcoûts, évoqués plus haut, permis justement par le fait que l’entreprise ne souffre d’aucun risque de faillite. Ces surcoûts peuvent non seulement pousser à des prix plus élevés encore que ceux qu’amène la situation de monopole, mais ils peuvent surtout faire que, même en monopole, l’entreprise soit en déficit.

Je n’ai pas à moi seul la compétence et les chiffres pour dire si oui ou non les privatisations ont tenu leurs promesses en termes de prix, ou du moins si elles les ont tenu sur le long terme, si la concurrence seule explique les baisses de prix, etc… Il faut s’attaquer à l’idée que seules la concurrence et la privatisation mèneront à mettre les entreprises sous l’obligation de pratiquer le coût minimum pour un service maximum (en supposant bien sûr que le service d’une entreprise privée et concurrentielle soit bien de qualité).

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Published by DiadoreCronos - dans Luttes
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