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Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

     www.pourlecommunisme.com est un site qui s'attaque directement aux critiques faites contre le communisme (millions de morts imputés à l'idéal communiste, faillite économique, etc...). Il ne fait la promotion d'aucun régime existant ou ayant existé par le passé, s'efforce de comprendre les faits et de proposer des pistes pour l'avenir.

     Vous êtes anticommuniste et voulez débarasser le monde d'un jeune fou qui, selon vous, risque de faucher à nouveau des millions de vies?

Vous êtes stalino-maoïste (pardon : marxiste-léniniste-pensée-Mao-Zedong) et voulez écraser la vermine révisionniste que je suis?

Vous voulez simplement parler du communisme?

Alors ce blog est pour vous.

 

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 22:27

       Il y a une semaine, le 10 Février, à Bagnolet (93), dans la rue Victor Hugo, un squat a été rapidement évacué par la police au petit matin. Les habitants, sans-papiers pour la plupart, n’eurent pas le temps d’emporter leurs affaires avant que le bâtiment soit muré. Et des bulldozers sont venus détruire l’immeuble dans la journée.

       L’immeuble était devenu la propriété de la municipalité (PCF) de Bagnolet, qui demande sa destruction depuis des années. En Février 2009, la justice a accordé à sa demande. Mais ce n’est qu’en ce mois de Février 2010, alors que le plan grand froid a été réactivé, que la préfecture a procédé à l’expulsion.

       Dès l’évacuation, les habitants de l’immeuble (une quarantaine de personnes) se sont rendus devant la mairie de Bagnolet, qui ne les a pas reçus, et n’ont pu être accueillis dans un gymnase municipal.  C’est du moins la version que le Droit au Logement répand sur son site.

       Mais contrairement à ce qui y est écrit, la mairie a proposé des solutions d’hébergement, dans des hôtels des communes aux alentours. Mais l’offre a été refusée par les évacués, qui après deux nuits dans la rue, ont trouvé asile dans les locaux de la Confédération paysanne.


       Dès le départ, cette affaire évoque les situations conflictuelles récurrentes que les mairies PCF ont eu avec les immigrants, que ce soient dans les foyers de travailleurs immigrés ou les squats. On peut penser à la grève des loyers dans les foyers dans les années 70, où le bulldozer contre un foyer en construction à Vitry sur Seine au début des années 80. Ces faits sont à prendre avec le recul nécessaire, et j'y consacrerai un article prochainement.

       La municipalité, même si elle se défend (par un communiqué sur Elunet), a quand même eu une attitude surprenante. Comment imaginer qu'elle n'ait pas été au courant de la date de l'expulsion, et n'ai donc pas permis aux squatteurs de partir avec leurs biens (en louant un garde meuble) ? Pourquoi n'a-t-elle pas accepté qu'ils se réfugient dans un gymnase ? Pourquoi pas d'offre de relogements avant même la destruction ?

      Le PCF a condamné l'expulsion, mais le maire de Bagnolet (Marc Everbecq, qui n’a pas daigné parler de l’affaire sur son blog ) va-t-il rendre compte de ses actes devant le Parti, au vu des interrogations mentionnées plus haut ? Je sais: il est l'élu de ses administrés et non un élu du Parti, nous ne sommes plus à l'époque où un maire PCF était aux ordres du national... Mais de telles affaires, surtout avant une élection, peuvent affecter l'image du PCF, d'autant que c'est davantage médiatisé que les actions que nous menons, PC comme JC, aux côtés des sans-papiers en lutte.

      L’affaire de Bagnolet expose donc, avec une tournure assez grave, le problème de la relation entre le Parti et les villes PCF. Sur ce sujet, j’aurais plutôt une ligne « centraliste » : un maire PCF engage toujours l’image du Parti. Toutes les municipalités devraient rendre compte de leurs actions, mais aussi de leur gestion au jour le jour, afin de casser les idées (vraies ou fausses, je ne sais malheureusement) qui courent sur les villes communistes (sureffectifs de fonctionnaires, amis du Parti bénéficiant généreusement du logement social, subventions abondantes à des associations d’utilité discutable, influence abusive des syndicats…). Les villes sont la vitrine concrète du Parti. Nos élus sont notre principale différence (et fondamentale) avec les gauchistes qui ignorent tout de ce qu’est la gestion d’une collectivité.

       Un maire qui déshonore les principes et l’image du Parti, que ce soit par des actes comme ceux de Marc Everbecq, ou par une utilisation indélicate de l’argent du contribuable (donc des travailleurs), doit risquer l’exclusion du Parti. Et si la section locale lui reste solidaire, le Parti peut décider la dissolution de ladite section. Après tout, en fin de 2009, le tout jeune Parti de Gauche n’a-t-il pas donné un précédent avec la radiation totale de sa fédération des Hauts-de-Seine ?

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Published by DiadoreCronos - dans Luttes
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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 23:36

Dans ma remise à jour des liens, en Décembre dernier, j’avais donné un lien vers le site maoïste « Contre-Informations ».

Ca n’a pas loupé : les maos (ou le, qui sait)  l’ont remarqué, et j’ai eu droit à mon petit article perso. Le fan club de Mao The Dingue regrette que son site ne figure que rarement en lien sur les autres sites.

Me concernant, j’apprends d’abord que « [mon blog] est très complaisant avec le patriotisme, pour ne pas dire plus ». Je m’insurge : mon blog est carrément social-chauvin, de gauche patriotique, gériniste, rouge-brun, social-fasciste (utile précaution : je préviens, ceci est de l’ironie). Il m’insupporte de ne pas être traité à ma juste valeur.

Ensuite, voilà que j’appartiens au passé. C’est surprenant, une discussion avec un mao trentenaire (mon aîné de dix piges, sans doute), rongé par la drogue, m’avait également dit que « ton parti c’est fini », que j’étais déjà vieux, et que maintenant, le communisme était représenté, non plus par le PCF, mais par un mao…en la personne d’Alain Badiou (oh que les choses se mélangent dans ma tête : dois-je dire que je suis  étonné d’apprendre que je suis plus vieux que Badiou, que je n’ai toujours pas vu la moindre proposition concrète de celui-ci pour revivifier « l’hypothèse communiste », ou plutôt que je suis épaté de voir que –une fois de plus- que Badiou n’est jugé « représentatif » que parce que les médias l’ont désigné comme tel et lui tendent le micro ? Et donc qu’une fois de plus, nos vaillants révolutionnaires se basent sur les médias de la bourgeoisie pour s’orienter ?).

Enfin trêve de digressions.

Mes chers lecteurs de Contre-Informations (dont rien ne prouve qu’eux soient Badiouistes) ont titré leur article par cet extrait de ma prose : « cette tendance va jusqu’à justifier la violence contre les hommes au nom de la libération de la femme ». Et je voudrais clarifier un peu plus les choses. Si j’ai écrit cette phrase, c’est en référence à cet article.

Il s’agissait d’une petite brève que les maos avaient pondu en été 2009, entre des tonnes « d’analyses » imbitables (et qui disent toutes la même chose : nous seuls avons raison, sur tout, avant tout le monde, et tu n’es rien tant que tu ne t’es pas tapé 300 bouquins marxistes-léninistes-maoïstes dont la conclusion est déjà connue : nous seuls avons raison, sur tout, avant tout le monde…).

Cette brève relatait l’histoire d’une jeune grecque qui, importunée par un touriste britannique saoul qui exhibait son phallus dans un bar, l’avait aspergé d’alcool, avant de mettre le feu aux so british parties génitales du sujet de sa Majesté.

Les chauvins grecs y ont vu la courageuse défense de la Femme Grecque face à l’Impérialiste Britannique qui vient piquer nos gonzesses, nom d’une feta.

Les maos y voient un « acte d’autodéfense exemplaire », « une illustration de la violence patriarcale que subissent les femmes dans les soirées souvent très alcoolisées ». En clair : cette brave fille a bien eu raison.

Quelqu’un de normal y verra une réaction excessive, où, pour quelques minutes de tranquillité qui auraient pu être obtenues autrement, une femme a failli gravement endommager la vie entière d’un homme.

Mais qu’aurait-elle pu faire d’autre ?

Ne pas traîner dans une soirée de gros beaufs, ou alors accompagnée de gens pouvant la défendre ?

Assurer sa défense par des moyens plus sportifs et moins risqués  (si elle veut, je connais un coach de boxe qui a entraîné une championne de France) ?

En fait, plein d’alternatives s’offraient à elles. Elle a préféré la solution d’une sous-féministe à 2 de QI : détruire le phallus. C’est du même niveau que le racisme antiblanc comme réponse au colonialisme occidental.

Et pourquoi m’intéresser à ce fait divers misérable ? Parce que l’article des maos illustre tout à fait leur mentalité. Le jeune britannique était peut-être un garçon ordinaire à qui ses copains avaient mis la pression. La grecque était peut-être tout sauf une héroïne, mais une excitée habituée à ce genre de comportements. Peu importe, pour les maos seuls existent l’Homme et la Femme en lutte contre le Patriarcat. Et aucun des acteurs n’est à lui seul responsable de ses actes, puisque tout est de la faute du « le capitalisme [qui] ne fait que  perpétuer la frustration de rapports pervertis qui engendre la violence patriarcale ».

Vous aurez compris comment fonctionne tout le reste du site : il n’y a pas d’individus, pas de responsabilité individuelle, il n’existe que les classes et leurs luttes.

Que l’analyse de classe serve à démasquer dans les discours les positions prétendument « universalistes » et qui en réalité privilégient une classe, c’est juste. Qu’on s’en serve comme le fait Contre-Informations, c’est du délire.

            Enfin merci pour la pub.

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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 21:19

Puisque nous parlions d’immigration dans les commentaires du précédent article, j’en profite pour annoncer la tenue d’une conférence sur ce thème.

Vendredi 29 Janvier, à 19 heures, aura lieu à la Bourse du Travail de Gennevilliers (rue Lamartine), près de la station des Agnettes (ligne 13), une conférence sur l’immigration et les sans – papiers.

Elle est organisée par les jeunes communistes du Nord des Hauts-de-Seine.

Les grandes questions/thématiques autour desquelles tourneront le débat (qui comptera plusieurs vidéos et interventions) seront :

- Aspect, causes des migrations ;

- Comment sont traités les étrangers (particulièrement les sans-papiers) en France et dans d'autres pays ;

- Comment les intégrer en France? Qui doit-on intégrer? A quel niveau? (rapport aux régularisations, aux attributions de nationalité, de droit de résidence...) ;
- Quels solutions internationales, nationales?

- Comment lutter pour ses idées? (des associations seront présentes).

 

Je préviens certains de mes lecteurs : non, il ne s’agira pas de critiquer toute limitation donnée à l’immigration. Je voudrais donner les chiffres suivants, issus de l’INED (Institut National des Etudes Démographiques).

migrantsINED

 

Source : INED 2010

  On peut aussi reformuler les arrivées par origine ainsi :

 

diagrammecircu-copie-1

         Certes, ce ne sont que les entrées officielles qui sont recensées, je ne peux rien savoir sur les clandestins. Que peut-on voir ? Qu’il y a environ 200.000 entrées chaque année. Mais très divisés sur le plan de leurs origines. Quoi de commun entre les immigrés originaires d’Europe, donc, Albanie, Kosovo et Bosnie exceptés issus de pays de culture chrétienne et globalement riches (29% du total sur le diagramme circulaire), les immigrés venus d’Afrique ou de Turquie (48% du total, eux-mêmes hétérogènes), les chinois (aujourd’hui 10 000 par an, en pleine croissance) ?

Une autre dimension de l’immigration est son rôle sur la natalité nationale. J’avais déjà abordé le problème dans un article de Janvier 2009. Je contestais l’idée qu’il n’y avait pas de hausse de la natalité chez les français natifs, mais je n’y niais pas la très forte natalité (d’environ 3 à 4 enfants par femme) chez les immigrants africains. Là encore, les immigrés sont très divisés : les japonais, chinois, américains, européens ou turcs n’ont certainement pas la même natalité que les entrants africains.

C’est un fait important à savoir, car si la proportion d’immigrés dans la population résidente en France semble stable à moins de 10% (ce qui en soi ne dit rien sur la population issue de l’immigration), en revanche, parmi les naissances, leur poids est au moins double : près de 20% des naissances en France impliquent un parent étranger. Et il ne s’agit là que des étrangers, pas des immigrés (plus nombreux).

En conclusion de ces faits, notons que :

1)      Beaucoup de pays nous envoient très peu de migrants. Est-il justifié d’appliquer une politique de quotas pour quelques milliers de réfugiés afghans, ex-yougoslaves, caucasiens (dont les tchétchènes), ou d’autres pays ravagés par des guerres longues, tels le Congo ? De ces pays nous parviennent quelques milliers de personnes chaque année. Nous pourrions très bien nous passer d’expulsions. Comme nous pourrions nous en passer pour les Comores, pays de 700.000 habitants seulement, et où la séparation avec Mayotte et le durcissement des visas provoque des drames par milliers.

2)      S’il y a des pays avec lesquels nous pouvons réguler l’immigration, il s’agit surtout de pays de l’ancien empire africain de la France. Mais gardons à l’esprit que les départs sont très loin de relever d’un simple désir de voyage. Très souvent, on migre sans en avoir aucune envie.

Voyons maintenant l’immigration du point de vue des migrants eux-mêmes.

Je donne donc quelques témoignages de migrants, reformulés à la première personne, car ils seront peut-être diffusés lors de la conférence du 29 Janvier. Ils donnent un aperçu de la diversité des situations évoquée plus haut. Ces témoignages sont issus de la Cimade, ou d’autres sites (on peut par exemple en trouver sur amnesty.org).

 

Témoignages de migrants

Mademoiselle Z – Mayotte

            Je suis née il y a 13 ans à Mayotte. L’île est restée française depuis 1975, alors que les Comores devenaient indépendantes. Ma mère est née aux Comores, mais vivait à Mayotte depuis 19 ans, avec ses six enfants, dont plusieurs sont français. Son mari vivait à Mayotte depuis 40 ans.

            Ma mère a été arrêtée en Novembre 2009, et expulsée vers Anjouan, ile des Comores. Je suis parti avec elle, et j’ai été confiée à ma grand-mère. Mais nous avons décidé de repartir aussitôt à Mayotte, ma mère et moi.

            Le Jeudi 27 Novembre, onze personnes sont admises à l’hôpital de Mayotte. Elles sont rescapées du naufrage de notre embarcation. Je fais partie de ces rescapés, mais pas ma mère.

Mayotte fut membre des Comores jusqu’à l’indépendance de l’archipel en 1975. Les habitants de l’île votèrent alors leur maintien dans la République Française. Des dizaines de milliers de comoriens tentent depuis de migrer vers Mayotte. Le gouvernement Balladur (1993-1995) a instauré une exigence de visas (dits « visas Balladur ») pour se rendre sur Mayotte. Ces visas entrainèrent une immigration clandestine croissante, dans des conditions meurtrières. Des milliers de gens ont perdu la vie par noyade en voguant d’une île à l’autre, et Mayotte réalise une forte fraction des quotas d’expulsion et de reconduites aux frontières fixées par le ministère de l’immigration.


Monsieur S – Bosnie-Herzégovine

            Jusqu’à 1993, j’étais gérant d’un centre commercial, à Vitez, en Bosnie-Herzégovine. La guerre m’a séparé de ma famille. J’ai été détenu dans un camp, torturé, et libéré par l’action de la Croix-Rouge. Je n’ai pas retrouvé ma famille après la fin de la guerre en 1995. Par contre, j’ai découvert ma maison occupée par un militaire vétéran.

Je suis alors devenu réfugié à Kakanj, en Serbie. J’ai tenté plusieurs fois de revenir à Vitez, retrouver ma famille et mon foyer, en vain. J’ai dû revenir en Serbie, et j’y ai pris des coups. On m’a refusé l’accès aux soins.

            En 2007, j’arrive en France et demande l’asile. Ma requête est rejetée, l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra) ne considérant pas que j’aie subi en Bosnie et en Serbie des persécutions suffisamment grave pour valoir l’asile en France. Je tente un recours.

            En Novembre 2007, je suis interné au Centre de Rétention Administrative de Lyon. Je me bats avec les policiers le jour de mon expulsion. Je suis condamné à trois mois de prison et deux ans d’interdiction du territoire.

Mais le verdict final de ma procédure d’asile n’était pas encore tombé, et avait été repoussé au mois de Janvier. Le 17 Janvier 2008, je suis enfin reconnu réfugié par la Cour Nationale du Droit d’Asile (CNDA).



Monsieur X – Ghana

J’étais fermier au Ghana, et j’élevais des chèvres avec ma femme, mon fils et ma mère. Mon village fut subitement massacré par des voisins. J’ai tout perdu, famille et biens.

            Je suis alors parti vers Kuwasi, la deuxième ville du pays. N’ayant plus rien, je tente alors ma chance vers l’Europe. On me conduit au Mali, puis en Lybie, puis je traverse le Maghreb vers Ceuta et Melilla, les enclaves espagnoles sur la côte marocaine.

            J’ai vécu six mois de clandestinité en Espagne, mais c’est la police française qui m’a arrêté en Automne 2009. N’ayant jamais été à l’école, je ne peux communiquer avec la Cimade qu’avec le peu d’anglais que je connais.

            Je parle le twi, dialecte ghanéen. Ce n’est pas la langue que l’on parle à Accra, la capitale. Je n’y connais personne. C’est pourtant là-bas que j’ai été expulsé en Octobre 2009, l’OFPRA considérant que je ne suis « pas personnellement en danger » dans mon pays.



Monsieur W – Afghanistan

            J’ai 22 ans. Je vivais à Ali Khan Khil, près de Kaboul. Mes trois frères étaient boulangers à Bagram. Pendant la guerre civile, avant 2001, cette ville était un point très disputé sur la ligne de front entre les talibans et l’Alliance du Nord. Lorsque la ville fut reprise pour la troisième fois par les talibans, mes frères ont été forcés à dénoncer les combattants de l’Alliance du Nord. Après 2001, ceux qui avaient été arrêtés et torturés par les talibans décidèrent de se vanger contre leurs délateurs.

            Avec mes frères et le reste de la famille, nous avons fui en Iran. Mon petit frère, ma mère et mo n oncle tentèrent un retour en Afghanistan. Mon oncle a été tué, mon petit frère est revenu en Iran. A Bagram, les membres de notre famille feront pour longtemps encore figure de traîtres.

            Mes frères décidèrent de rester en Iran. Je tentai ma chance pour la France, en vue d’obtenir l’asile. Je suis resté travailler clandestinement en Grèce pendant plus de deux ans, supportant plusieurs arrestations par la police. Au bout de deux ans et demi, j’arrive à Paris début Octobre 2009. Mon voyage m’a coûté 6 500 euros.

            Au bout de deux jours d’errance à Paris, la police m’arrête, et je suis interné au CRA de Vincennes. Les gens de la Cimade pensaient que mon formulaire de demande d’asile aurait une réponse positive.

            J’ai fait partie des trois afghans expulsé depuis la France vers « leur pays » en Octobre 2009.

 

Monsieur Y – Algérie

            Je suis né comme sujet de l’Empire français. J’ai fait mon service militaire en 1961, à Verdun. Un an avant que mon pays de naissance devienne indépendant. Je suis revenu en France pour y vivre en 1986. Je vis avec une française. J’ai toujours eu une carte de résidence.

            J’ai commis une erreur qui m’a valu d’être arrêté et condamné en 2005. J’ai écopé d’une interdiction définitive du territoire français (ITF), malgré mes vingt ans de présence en France. Cette ITF est juridiquement illégale.

            En prison, je reprends mes études d’histoire. Je me passionne pour la France, pour la guerre d’Algérie aussi. Je ne reçois que des notes positives sur mon comportement en détention et pendant mes formations.

            Finalement, c’est pour raison de santé que je suis libéré du Centre de Rétention Administrative. Ma carte de résidence n’est valide que jusqu’à Septembre 2009. Cela fera 23 ans que je serai en France. Mais il suffira d’un contrôle de police pour y mettre fin.

 

Monsieur G – Mali

Je suis né vers 1948 au Mali, dans une fratrie de huit enfants dont deux filles. Je ne suis pas allé à l’école, et ai passé mon enfance en tant que cultivateur.

J’ai voulu tenter l’aventure de l’émigration à 21 ans. A l’époque, émigrer en France, c’était un voyage temporaire, de 2 à 3 ans. Le luxe apparent, surtout au niveau vestimentaire, de ceux qui en revenaient en tentait plus d’un. Ma famille était divisée sur la pertinence de mon départ.

Je me suis d’abord rendu à Kayes, la grande ville de l’Ouest du Mali, puis vers Dakar, au Sénégal. J’y suis resté trois ans, ouvrier de chantier ou sur des marchés de poissons.

C’est en 1972 que je suis allé à Paris. Ne parlant pas français, je n’ai pu répondre aux questions de la police. J’ai été renvoyé à Dakar. Je suis alors reparti sur un vol vers Tunis, puis Francfort, puis Rome, puis Nice. J’avais alors épuisé l’argent que ma famille m’avait confié pour mon voyage. Heureusement, un nouveau mandat de mes parents me permit de reprendre la route vers Paris. Sans carte de résident, j’ai d’abord vécu en foyer. Je suis devenu blanchisseur, ai pris des cours du soir, et ai remboursé mes frais de transports.

J’ai envoyé entre le tiers et la moitié de ce que je gagnais au Mali. J’ai fait venir mon épouse en 1991, car je n’avais de toute façon pas assez de vacances pour aller la voir régulièrement. Nous avons eu cinq enfants.

Les travailleurs maliens en France ont permis beaucoup de réalisations au Mali : des écoles, des centres de santé. Il n’y a pas si longtemps, les enfants de mon village devaient parcourir 17 kms pour se rendre à l’école. Maintenant, elle est dans le village.

Malheureusement, les sommes que nous envoyons ne sont pas entièrement investies, et passent trop souvent dans les dépenses courantes. Pour ma part, j’aimerais me construire une résidence à Kayes, ou à Bamako, la capitale, pour ma retraite.

Mais d’autres maliens ont réussi des réalisations sans émigrer. Aujourd’hui, je dis aux jeunes maliens de ne pas venir en France. La France est devenue très dure avec les étrangers, surtout ceux qui sont en situation irrégulière, ce qui arrive de plus en plus souvent.


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Published by DiadoreCronos - dans Luttes
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22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 21:37

 

Bonne année à tous, avec juste trois semaines de retard.

Mois de Janvier passé sous silence, pour raisons personnelles lourdes, puis pour simple raison de baisse de pression (alors que ce n'est pas le moment, ce n'est jamais le moment !!!). Je pourrais faire un article bilan sur mon année 2009. Mais il suffirait de deux phrases : en 2009, j'ai travaillé sur beaucoup de projets, mais dans le désordre, avec une mauvaise synchronisation ( fuck l'anglicisme "timing" ! ), ce qui m'a fait perdre du temps sans pour autant glander. En plus de tout ça je suis progressivement devenu un connard de rouge-brun islamophobe, et je suis partiellement revenu sur mes positions immigrationnistes, mais partiellement seulement, hein, n'allez pas voir au M2IN (1 ) si j'y suis.

Il s'impose donc que je fasse un autre article.

Tiens, en Avril 2010, il y a un congrès du Mouvement des Jeunes Communistes de France. Comme tous les deux ans.

Les 23 et 24 Janvier (et oui, demain !), le Conseil National du MJCF se réunit pour faire la synthèse des contributions préparatoires au Congrès, contributions appelées depuis fin Novembre.

Et, connaissant ma précocité habituelle, vous ne vous étonnerez pas que j'aie répondu à cet appel... Dimanche dernier.


Et j'ai osé envoyer ça.

(1) M2IN : Ministère de l'Immigration et de l'Identité Nationale.

Note: début Décembre, plusieurs textes avaient été transmis aux militants pour la préparation du Congrès: des résolutions du précédent congrès, des textes définissants des pistes de réflexions, des états des lieux, avec des thématiques comme "le rapport des jeunes à l'engagemen", "l'emploi et la formation", "savoirs et éducation", "Europe", "Monde"...

Contribution pour la préparation du Congrès du MJCF d’Avril 2010.

Cette contribution n’engage que moi. Elle réagit à ou prolonge plusieurs points évoqués dans les textes diffusés pour la préparation du congrès, suit au CN du 28 Novembre 2009. De ce fait, elle se répartit sur quatre points, et non en un seul texte linéaire.

Europe

Le débat sur l’attitude à avoir vis-à-vis de la construction européenne semble apparemment réglé au PCF depuis plusieurs années. Le ralliement à un gouvernement pro-européen (celui de la gauche plurielle), la liste « Bouge l’Europe », puis l’adhésion au Parti de la Gauche Européenne avaient apparemment entériné le parti-pris de « l’Europe sociale ». La victoire du Non au Traité de Rome, et le rôle particulièrement actif de l’Humanité dans le décryptage du texte du Traité avaient pu sembler confirmer cette stratégie.

En réalité, l’opposition au principe même de la construction européenne existe toujours dans le Parti, et il n’y a pas de raison que ce débat n’existe pas au sein du MJCF.

Une partie des camarades rejette la construction européenne puisqu’elle est, depuis ses débuts, réalisée dans l’intérêt du capitalisme européen. C’est notamment la thèse que défendent trois camarades dans « L’idéologie européenne » (éditions Aden, 2008). La Communauté européenne a toujours été un projet antisocialiste, à la fois contre le bloc de l’Est, mais aussi pour contourner les scènes politiques nationales où l’opposition communiste était forte (en France et en Italie).

Cette tendance à la confirmation du capitalisme comme système indépassable ne s’étant jamais démentie depuis, jusqu’au Traité de Rome, a forgé la certitude d’une partie des camarades que toute tentative de changer le sens de la construction européenne ne pourrait être que vaine. Dans la « gauche antilibérale » comme dans le Front de Gauche, fut martelée l’idée que l’on pourrait « changer d’Europe » en construisant « l’Europe des peuples ». Les mêmes peuples qui élisent des majorités de droite ou sociales-centristes, que ce soit en Italie, en Espagne, en Allemagne, ou en France !

Il n’y a pas de peuple « de droite » ou « de gauche ». Mais le fait est que l’affrontement de classe et idéologique ne suit pas le même cours  ni la même vitesse d’un pays à l’autre. La décennie 2000-2009 a vu une domination générale de la droite et du centre. On aurait pu croire qu’il en serait autrement à partir du déclenchement de la crise en 2008. Mais les élections européennes de 2009, du moins là où la participation a été significative, ont vu la droite arriver en tête. Même si elle n’est que (très) relativement majoritaire en France, l’opposition s’est vue partagée entre un PS en demi-effondrement et la poussée d’une formation écologiste que rien ne situe réellement à gauche.

Le fait est donc que la droite domine en Europe, que la crise n’y a pas changé grand-chose, et que dans plusieurs pays, les forces qui remettent en cause le capitalisme en tant que tel sont très faibles (cas du Royaume-Uni, où les forces socialistes – communistes sont très marginales, ou de l’Allemagne, où le PDS a abandonné le socialisme et s’est intégré dans le parti social-démocrate Die Linke).

Dans ces conditions, être pour « l’Europe » (au sens du fédéralisme européen), tout en prétendant défendre les idées du communisme, c’est demander à passer d’une lutte difficile (la lutte pour le communisme en France) à une lutte TRES difficile, voire inenvisageable pour des décennies, qu’est celle du communisme en Europe.

Au-delà de ces constats, remarquons que le PCF comme le MJCF n’ont jamais clairement dénoncé les mythes fondateurs de la construction européenne.

Comme le mythe selon lequel, depuis la création de la CECA en 1951, la construction fédérale européenne aurait créé, ou même simplement renforcé, la paix entre états européens, en premier lieu la France et la République fédérale allemande. Or rien ne le prouve. La paix franco-allemande vient tout simplement de la ruine des deux nations en 1945, de leur impossibilité de prétendre à la domination de l’Europe face aux deux superpuissances d’après-guerre (USA et URSS), à la présence de forces américaines en Allemagne (et en France jusqu’en 1966) et à la nécessité de coopérer dans le cadre de l’alliance atlantique. Le libre-échange existant entre les états de la Communauté Européenne (qui ne supposait nullement la marche vers une structure fédérale) ne peut même pas être crédité d’avoir cimenté la paix, pas plus que la montée du commerce international à la fin du 19ème siècle n’avait empêché la Première Guerre Mondiale.

La construction européenne n’est pas davantage responsable de l’existence de la démocratie (entendue dans les limites du système capitaliste) sur le continent européen, les états membres de la CEE comme de l’UE étant déjà démocratiques avant leur intégration. Ni le bloc de l’Est, ni les dictatures grecque, espagnole ou portugaise ne sont tombés du fait de la Communauté Européenne.

Des exemples de coopérations interétatiques (dont Airbus est un exemple, et non une création du fédéralisme européen), d’échanges d’étudiants entre continents, d’échanges commerciaux dans d’autres zones de libre-échange que l’Union Européenne, nous rappellent que le fédéralisme n’est nullement une nécessité.

En raison de l’inégale progression de la lutte pour le communisme entre les différents pays du continent européen, et de la quasi-impossibilité que la victoire du communisme se fasse d’emblée au niveau européen, ne redevient-il pas plus pertinent de privilégier la défense de la souveraineté nationale ? Seul un pays indépendant peut créer le socialisme. Pas un pays que plusieurs traités internationaux obligent à reconnaître la propriété privée et l’économie de marché, fut-elle « sociale » comme des faits irrévocables.

Aussi, le congrès d’Avril 2010 pourrait être l’occasion de relancer un débat nécessaire sur la construction européenne, dans son principe même, et pas seulement sur son « orientation ».

Marxisme & expériences se réclamant du socialisme

Un certain nombre de camarades demandent le retour du PCF à des fondamentaux marxistes. Il peut s’agir tant de camarades de l’association La Riposte (auteure du texte n°2 lors du 34ème congrès du PCF) que du réseau « Faire vivre et renforcer le PCF » (issu du texte n°3) ou de camarades qui refusent toute affiliation autre que celle du Parti.

Le débat sur le marxisme ne peut pas se régler d’un trait de plume.
Les théories économiques qui fondent l’analyse marxiste, par exemple l’analyse des prix avec la théorie de la valeur-travail, ont fait l’objet de réfutations depuis l’époque de Marx lui-même. Cela ne remet pas en cause l’idée que le profit capitaliste repose sur la spoliation du travail, seul créateur de richesse (avec la nature). Mais en revanche, le caractère inéluctable de l’effondrement du capitalisme via la baisse du taux de profit est sujet à débat.

Ce qui est en revanche certain, c’est que l’absence de formation sur le marxisme, le matérialisme dialectique, la notion de lutte des classes, et l’histoire du mouvement ouvrier ont des conséquences fâcheuses. Parmi elles, le fait que les camarades, au PCF comme au MJCF, se retrouvent dans l’incapacité de défendre l’histoire du Parti et d’expliquer les expériences qui se sont réclamées du socialisme. Le risque est aussi de ne pas comprendre la nature de classe de l’Etat, et de s’abandonner à la croyance qu’un état généreux et correctement dirigé aiderait à « dépasser le capitalisme ». Ou encore, et c’est un risque plus important chez de jeunes camarades, l’absence de connaissance du marxisme peut aboutir à ce que des  formes de résistance passablement prémarxistes et archaïques, telles que l’action spontanée sans fondement idéologique et le refus de l’organisation (l’exemple qui vient en premier à l’esprit est l’action des faucheurs d’OGM) apparaissent comme « modernes ».

Le voyage de solidarité des jeunes communistes à Cuba a également joué un rôle formateur. Nul ne demande aux camarades une défense inconditionnelle de l’expérience cubaine, mais le voyage a permis de clarifier le contexte de cette révolution et un aperçu concret de la société cubaine, à mille lieues du « goulag tropical » décrits par les anticommunistes.

L’expérience est donc non seulement à reproduire, mais à faire partager.

Rapport de la jeunesse à l’engagement

Le texte sur le rapport des jeunes à l’engagement semble déplorer le fait que les jeunes seraient davantage intéressés par un engagement au résultat concret immédiat, que par un engagement politique aux conséquences (très) indirectes sur la vie personnelle de l’adhérent. Le texte propose un  exemple (celui d’un tournoi sportif) où des camarades peuvent démontrer, par une action palpable, l’intérêt de l’engagement communiste. C’est un bon exemple, comme celui d’un concert, exemples déjà éprouvés par les camarades, avec des succès variables.

Cependant, il faut garder à l’esprit que le rôle premier d’un militant, c’est l’information. Beaucoup de jeunes sympathisants, militants potentiels ou militants tout court, peuvent avoir l’impression d’être hors du domaine des luttes. Ainsi, des jeunes qui étudient dans des structures d’enseignement réduites, loin des campus et difficilement mobilisables, les jeunes travailleurs en PME ou en société de services à faible syndicalisation et (heureusement pour eux) moins concernés par les plans sociaux que les travailleurs de l’industrie…tels sont des exemples de ces jeunes pour qui les appels à s’impliquer dans les luttes peuvent apparaître abstraits, et difficilement réalisables.

En réalité, tout militant peut avoir une activité politique décisive, qui est l’information. Il ne s’agit pas seulement d’informer les autres (par les habituels et indispensables tracts et collages), mais aussi de s’informer soi-même. Normalement, toutes les fédérations ont leur activité de formation. Mais il faut s’assurer que chaque adhérent, même s’il devait se retrouver, pour des raisons qui lui appartiennent, à remettre sa carte au bout d’un an, ait l’impression d’avoir gagné quelque chose dans sa période d’adhésion.

La carte et la cotisation doivent donc garantir une (in)formation régulière sur les thèmes qui fondent l’engagement et occupent l’activité des communistes, en suivant les principes suivants :

-          nécessité d’une forte information factuelle : ne pas seulement transmettre des opinions, mais aussi des faits, vérifiables, aux camarades formés. Et qui dit faits vérifiables dit bibliographie ;

-          …et qui dit bibliographie vérifiable dit références communes. Donc le MJCF pourrait développer le matériel de formation à disposition de tout le mouvement. Cela peut signifier des dossiers électroniques (à l’instar des DVD de formation édités par le Parti), des livres prêtables d’une fédération à l’autre, des films, mais aussi des formations transfédérales (c’est-à-dire conviant plusieurs fédérations, sans être un stage national pour autant).

Pour revenir à l’aspect « rendu concret et immédiat » de l’engagement politique, la formation doit aussi être développée sur un point qui concerne tant les lycéens que les étudiants, et plus encore les jeunes travailleurs : la formation aux droits du travailleur. Des fédérations, par exemple celle des Bouches-du-Rhône, avaient déjà édité des documents d’information à destination des travailleurs saisonniers, les prévenant de leurs droits. Des formations de ce genre, qui peuvent ne pas être réservées aux adhérents, auraient intérêt à se généraliser. Outre l’information sur le droit, elles peuvent comprendre des rappels sur l’actualité récente en matière de luttes du monde du travail, des exemples de violation des droits des salariés ou sous-traitants.

Formation

                Dans le texte consacré à la question de l’emploi et de la formation, est justement pointée la question de l’orientation, qui fait cruellement défaut à un grand nombre de lycéens. Ou encore de la possibilité de passer d’une filière à l’autre, du droit à l’erreur et à la réorientation. Une voie qui n’est pas évoquée dans le document est la promotion des filières doubles. Certains étudiants prennent le risque de  s’inscrire dans deux filières en même temps, encourant le risque d’une incompatibilité des horaires ou d’une surcharge de travail. Cette double-formation, si elle est réussie, donne un avantage supplémentaire dans l’accès au travail, mais permet aussi d’allier formation professionalisante et enrichissement culturel. Des doubles-diplômes, avec enseignements et horaires aménagés ont fait leur apparition (par exemple le cursus droit-langues). Il ne faut pas rejeter l’opinion qui consiste à dire que les études doivent en premier lieu aboutir à un emploi. Cela part souvent du constat que trop de jeunes font des études dans le but d’obtenir une licence et de tenter les concours administratifs, voire de ne pas aborder tout de suite le marché du travail. Ces stratégies qui n’en sont pas vraiment peuvent mener à des situations personnelles inextricables (échecs aux concours, difficulté à trouver un emploi, accès tardif au premier emploi qui repousse également le début des cotisations sociales, génère des carrières incomplètes et, dans une quarantaine d’année, des retraites diminuées).

                Nos propositions devraient donc viser non seulement le développement de l’orientation, mais aussi des filières multiples aménagées.

 

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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 23:02


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(petite illustration francilo-francilienne...)

Je tiens finalement à honorer ma promesse d’un article sur la gratuité des transports.

Je vais donner de suite ma position sur « Faut-il que les transports en communs (bus, trains, tramways, etc…) deviennent gratuits pour tous ?

Surprise : ma réponse est non.

Je suis donc en désaccord avec les camarades JC de Seine-Maritime qui militent pour des transports gratuits, ainsi qu’avec plusieurs villes qui ont mis en place cette gratuité (une vingtaine en France, dont Châteauroux, Compiègne, ou la ville PCF d’Aubagne).

Je sais qu’il y a beaucoup d’arguments tentants pour la gratuité des transports.

Les sirènes de la gratuité

D’abord, elle soulagerait les usagers à bas revenu. C’est évidemment un point intéressant, et l’on pourrait déjà y répondre, comme le font de nombreuses collectivités locales, par la gratuité pour certaines catégories d’actifs. Ainsi, la région Ile-de-France exonère les RMIstes ou encore les bénéficiaires de l’allocation Parent Isolé. La carte ImaginR dont ma fédération demande le demi-remboursement est aussi une mesure d’exonération sectorielle (pour les jeunes scolarisés). Mais ces mesures ont un défaut : lorsqu’on sort du RMI en trouvant un emploi, on perd une aide. Bien sûr, en soi, le coût de la perte de l’exonération n’est pas suffisant pour désinciter un RMIste à trouver un emploi. Mais si l’on cumule ces cas avec la perte d’autres subventions suite à la reprise d’un travail, surtout si celui-ci est faiblement rémunéré, alors travailler devient subitement moins intéressant. 

           Aussi, pour ma part, préférerais-je que la carte ImaginR soit étendue à tous les jeunes de moins de 26 ans, et pas seulement aux jeunes scolarisés, et qu’on prenne en compte les jeunes travailleurs. Puisque de toute façon, lorsqu’on fête son 26ème anniversaire, on ne peut pas choisir de rajeunir (…hélas). Même si j’estime que la baisse des coûts du transport serait souhaitable pour tous (mais entraînant une hausse des impôts), cela ne justifie pas la gratuité généralisée, pour les raisons que nous verrons plus bas.

Ensuite, la gratuité des transports favoriserait un déplacement plus écologique, au détriment de l’automobile individuelle. Je suis moi-même très partisan du recul de l’automobile, mais il n’est pas du tout évident que la gratuité entraîne une baisse de l’utilisation de la voiture au profit des transports en commun. Une étude de 2004 affirme que l’effet modal (c’est-à-dire l’effet sur le choix de la voiture ou des transports en communs) de la gratuité des transports publics est très peu visible, certainement très faible. En effet, il importe peu de savoir que les transports en commun sont gratuits, si de toute façon on estime que les lignes ne desservent pas efficacement le lieu que l’on veut rejoindre, si les bus sont lents, mal entretenus, en sous-capacité (ce qui ne s’arrangera pas avec une hausse de la fréquentation si le billet est gratuit). Si l’on constate un accroissement à court terme du nombre de gens qui prennent le bus, cela ne signifie pas forcément qu’il y a moins de gens transportés en automobile. Il peut tout simplement s’agir de piétons qui, maintenant que c’est gratuit, prennent le bus pour éviter d’user leur pied. L’intérêt écologique, économique et social de la mesure est alors discutable.

Les coûts de la gratuité

Ils se rencontrent à deux niveaux : la perte des recettes de billetterie (qui ne couvrent de toute façon pas grand-chose dans le coût réel des transports publics), qui ne sont pas compensées par la suppression des coûts de contrôle. Et ensuite d’autres coûts viendront de par la hausse du nombre de personnes utilisant les transports collectifs. C’est pour ne pas avoir prévu de réponse à ces coûts, et parce que l’effet de la gratuité sur l’encombrement routier n’était nullement prouvé, que le projet du parti suisse Les Communistes consistant à instaurer la gratuité à Genève fut repoussé en par votation en 2008.

Si l’on veut réellement une substitution des automobiles par des bus ou des trams, l’important est avant tout d’améliorer le réseau en créant de nouvelles lignes, plus d’unité de transport, et de meilleure qualité. En Ile-de-France, le chantier évident, et qui s’étire en longueur depuis des années, est la création d’une véritable rocade ferroviaire (ou de tramway) dans la petite couronne, évitant de devoir passer par Paris pour se rendre d’un point à un autre de la couronne.

Ensuite, les raisons qui font que je suis opposé à une gratuité totale, c’est que le prix du transport peut représenter un pouvoir tant pour l’usager que pour le salarié de l’entreprise de transport. Je m’explique : pour les usagers, je vous invite à (re)lire l’article que j’ai publié il y a quelques semaines sur les arguments contre les privatisations. Dans cet article, je proposais une réforme de la tarification des services d’une entreprise comme la SNCF, avec une part fixe et une part libre dans les prix des billets de train. Ce qui permettrait aux usagers de manifester leur mécontentement en ne payant plus la part libre (la SNCF pouvant répondre par une limitation du service – lisez l’article si vous êtes sceptiques).

Mais aussi, le fait que les transports soient payants permet aussi d’envisager la grève de la tarification. C’est une idée qui revient couramment à chaque vague de grèves, et qui consisterait à ce que les conducteurs ne cessent pas le travail lorsqu’ils font grève, mais à ce que les contrôleurs se retrouvent empêchés de travailler. Et que le train soit de fait gratuit pendant la durée de la grève. Générant une forte sympathie du public, cette manière de faire grève n’en soulèverait pas moins des objections. Que faire si les usagers utilisent massivement des abonnements mensuels ? Annoncer une grève sur un mois. Et si les contrôleurs tiennent absolument à travailler ? Et bien les conducteurs font une grève classique ? Et si c’est illégal de faire la grève de la tarification ? La législation peut évoluer : il y a 150 ans, la grève tout court était illégale. Ce mode de contestation me semble au final réalisable et pertinent. Mais il impose en revanche que, en temps normal, le transport collectif soit payant.

D’autres propositions

Si l’on veut réduire généralement les coûts de transports et réduire la place de l’automobile et les émissions de CO2, il n’y en a pas moins deux autres propositions que je peux faire.

Sur le plan du coût des transports, on pourrait instaurer le coût dégressif du billet ou du forfait. Au premier billet, vous payez un prix X, vous compostez une carte annuelle, puis au second billet, ladite carte déjà compostée vous permet de payer moins que X, etc…plus votre carte indique une forte fréquence, plus le prix baisse. Ce serait une manière de favoriser l’usager régulier (donc le jeune scolarisé qui se rend tous les jours dans le même établissement, ou le chercheur d’emploi qui multiplie les entretiens) par rapport au voyageur occasionnel. Ce qui répondrait à l’un des problèmes que pose la gratuité : les touristes de passage dans la ville en profiteraient sans la financer par des impôts. La limite de cette proposition de prix dégressif est qu’elle permettrait à des malotrus de multiplier les achats pour avoir des billets à des prix très intéressants qu’ils pourraient revendre au marché noir…limite qui, me semble-t-il, sera facilement cernable par le fait de n’autoriser qu’une baisse de prix par jour, ou de ne laisser la possibilité d’acheter que quelques billets à prix réduits dans une journée, etc…

L’autre chantier, beaucoup plus important et déterminant, serait de diminuer la fréquence et la longueur physique des voyages, à commencer par les trajets professionnels. L’un des principaux leviers peut être tout simplement l’échange d’emplois. C’est-à-dire amener tous les salariés à publier (sous anonymat) leur lieu, la nature et les conditions de leur travail. Et ainsi amener celui qui vit dans la ville A et travaille dans la ville B à proposer à celui qui vit dans B et fait le même type de poste dans A à faire l’échange. Un autre levier peut être la distribution au plus grand nombre de personnes de bons de covoiturage. Et permettre à chaque personne qui proposerait un transport groupé avec son véhicule de recevoir lesdits bons en tant que rémunération, échangeables contre de véritables euros auprès de l’administration. Ce serait sans doute plus pertinent que d’avoir une organisation étatique du covoiturage, puisque l’on serait sûr que les véhicules mis à disposition seraient effectivement utiles, les particuliers ne se séparant de leurs bons que contre une prestation réelle. Un projet qui nécessiterait des impôts, mais en l’échange d’une véritable économie pour les particuliers.

 

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28 décembre 2009 1 28 /12 /décembre /2009 18:16

Carte des fronts au Rwanda en Juillet 1994, opposant le FPR (Front Patriotique Rwandais) aux FAR (Forces Armées Rwandaises) et aux troupes françaises de l'Opération Turquoise.

CarteTurquoise.jpg

          J’avais normalement prévu de publier un article sur la question de la gratuité des transports, mais un autre sujet m’a paru plus important. Il s’agit de la lecture de rapports sur l’implication de l’état français dans la guerre civile et le génocide ayant eu lieu au Rwanda en 1994 (et dans les années précédentes).

Petits rappels : le Rwanda est un pays d’Afrique Centrale, ancienne colonie allemande puis belge à partir de 1918, indépendante en 1960. La population parle très majoritairement une seule langue, le kinyarwanda. Pendant la colonisation,  allemands et belges ont surexploités un clivage social mineur, opposant les pasteurs « nobles » tutsis aux paysans hutus, les premiers faisant office d’élite dans la population administrée. Après l’indépendance, s’opère une « révolution sociale » au cours de laquelle des partis dirigés par des hutus prennent le pouvoir, en usant comme principal argument la répression de la « domination tutsie ». Des centaines de milliers de tutsis, déjà minoritaires à la base, se réfugient dans les anciennes colonies britanniques voisines, à commencer par l’Ouganda. Le Front Patriotique Rwandais, mouvement de résistance contre le régime de Kigali (capitale du Rwanda), dominé par les tutsis exilés, voit le jour. Au Rwanda, l’appartenance ethnique (tutsie / hutue / twa) figurant sur les cartes d’identité, une société de discriminations voit le jour, jonchée de massacres de tutsis tels que ceux survenant au début des années 70, ou au début des années 90. En 1973 commence le régime du général Juvénal Habyarimana. Après l’indépendance, l’influence belge était restée prépondérante, avant d’être concurrencée puis largement dépassée par l’influence française au milieu des années soixante-dix (sous Giscard, donc).

Au cours des années 80 et surtout au début des années 90, les affrontements entre le pouvoir rwandais et le FPR, attaquant depuis la frontière ougandaise au Nord, s’intensifient. 1990 est non seulement une date qui voit recommencer le cycle des massacres de tutsis encadrés et sans doute planifiés par le régime rwandais, mais aussi qui voit s’intensifier l’aide française au régime. Le FPR est perçu comme un agent des puissances anglo-saxonnes en Afrique, et donc comme un ennemi du « pré carré africain » de la France. Cette hostilité s’étend aux Tutsis, non seulement pour le régime rwandais, mais certainement aussi du point de vue de l’Elysée, qui a disposé au Rwanda plusieurs centaines de militaires, et plusieurs dizaines de coopérants, et continue une aide logistique et financière. Selon le rapport Mucyo que nous verrons plus loin, au moins 5 000 à 7 000 civils tutsis sont abattus entre 1990 et 1993 au Rwanda, sans que cela ne provoque la moindre modification de l’aide française. A la présence française s’ajoutait une force onusienne, la MINUAR. Un accord de paix est signé en 1993 par le régime rwandais et le FPR à Arusha (ville de la Tanzanie voisine).  La France retire ses troupes en fin 1993, ne laissant que quelques dizaines de coopérants (officiellement 24).

Vient l’année 1994. Le 6 Avril, l’avion transportant Juvénal Habyarimana, toujours dictateur du Rwanda, et son homologue burundais (le Burundi est en quelque sorte une république jumelle située au Sud du Rwanda, avec une histoire quasi symétrique, jusqu’à 1994), est abattu. On n’a pas encore de certitudes sur l’identité des auteurs de l’attentat. Aussitôt se forme (dans l’ambassade de France à Kigali) un gouvernement intérimaire de la République (GIR), en même temps qu’est assassinée la dépositaire légale du pouvoir, le premier ministre Agathe Uwilingiyimana. S’enclenche aussitôt une série de massacres de tutsis dans Kigali, perpétrés par des miliciens (les Interahamwe) armés de machettes, mais assistés, coordonnés et encadrés par les Forces Armées Rwandaises (les FAR). En même temps débute une offensive du FPR au Nord. Les massacres du GIR débordent rapidement de Kigali pour s’étendre au reste du pays. En même temps, l’ONU a réduit ses forces à 270 hommes suite à l’assassinat de dix casques bleus belges. Il faudra plus de deux mois au FPR pour prendre le contrôle du pays, temps pendant lequel 800 000 à un million de personnes auront été exterminées, soit 90% de la minorité tutsie (environ 700 000 personnes en 1994) et une minorité de hutus qui ne suivaient pas le régime génocidaire (aussi dit du Hutu Power). La défaite du GIR entraîne avec elle la fuite de deux millions de hutus rwandais vers le Congo (le Zaïre d’alors). Le FPR s’installait au pouvoir, d’abord via un régime de réconciliation, puis avec son chef, Paul Kagame, à la présidence du Rwanda.

Quel a été le rôle de la France dans ce drame ? Officiellement, pendant les deux premiers mois du génocide, rien, comme le reste de la communauté internationale. Le ministre des affaires étrangères, Alain Juppé, parle de génocide au milieu du mois de Mai. Début Juin, prétendant stopper le génocide, le gouvernement français propose une intervention qui sera l’Opération Turquoise. Devant initialement couvrir la moitié Ouest du pays, elle se limitera à trois préfectures du Sud-Ouest du pays. « Heureusement » pourrait-on dire, car il y a aujourd’hui toutes les raisons de penser que l’opération n’avait strictement rien d’humanitaire, et ne servait pas à protéger les rescapés tutsis ni à désarmer les génocidaires.

Je propose au lecteur ces deux rapports :

Rapport de la Commission d’Enquête Citoyenne sur le rôle de la France dans le génocide rwandais (rapport rédigé en 2004 par plusieurs intervenants dont l’association Survie et son président d’alors, feu François-Xavier Verschave, en réaction à un rapport parlementaire de 1998, sous la présidence du député Paul Quilès, qui avait innocenté l’état français en tout, sauf bien sûr pour la non-assistance au début du génocide).

Le rapport de la commission d’enquête rwandaise sur l’implication de l’état français dans le génocide de 1994, dit aussi rapport Mucyo, du nom du président de la commission.

Ce qu’il ressort de ces rapports, c’est que l’état français a été l’allié inconditionnel de l’ancien régime rwandais, et qu’il a partagé sa lutte contre le FPR jusque dans l’aversion généralisée contre les tutsis. L’état français a donc aidé le régime en ignorant le risque de génocide, en ignorant le génocide lui-même, puis en montant l’opération Turquoise pour le protéger pendant sa déroute finale, puis en réarmant ce qu’il en restait au travers des réfugiés au Congo.

Je vais donner les principaux sujets de griefs reprochés à la France, dans l’ordre décroissant de gravité selon moi :

-          Soutien matériel et financier au gouvernement génocidaire pendant le génocide, avec livraisons répétées d’armes de guerre (au moins cinq ou six envois) pendant les mois d’Avril à Juin ;

-          Soutien direct à l’armée génocidaire pendant l’opération Turquoise, qui a permis la continuation du génocide sur le territoire qu’elle couvrait jusqu’au mois de Juillet, alors qu’il cessait ailleurs, là où le FPR prenait le contrôle du terrain. Des militaires français se trouvent alors directement complices d’actes de génocide, et parfois même de meurtres à base ethnique ;

-          Soutien en armes, en encadrement, en argent et en hommes au régime d’Habyarimana en 1990-1994, alors que la spirale sanguinaire et le risque génocidaire s’accroissaient ;

-          Soutien diplomatique, à l’ONU, au gouvernement rwandais, pendant la durée du génocide ;

-          Aide à la reconstitution des armées de l’ancien régime au Congo, dans les camps de réfugiés, à partir de Juillet 1994.

Voyons un résumé sur le plan chronologique :

De 1990 à 1994

L’armée française renforce sa présence au Rwanda à chaque offensive du FPR. L’armée du régime passe de 5 000 à 50 000 hommes. La France n’est cependant pas le seul pays à l’armer : y figurent aussi la Chine, l’Afrique du Sud, l’Egypte. Les militaires ne sont pas non plus les seuls à former les militaires rwandais : des officiers belges y contribuent aussi. Mais la place prépondérante de la France se manifeste au travers de l’enseignement de la « guerre révolutionnaire », tirée de l’expérience des échecs coloniaux de la France en Indochine et qui fut pratiquée avec succès lors de la bataille d’Alger. Cette technique de guerre sert, contrairement à ce que son nom pourrait faire croire, non pas à renverser un régime mais à empêcher son renversement par le contrôle total de la population, par le quadrillage militaire du territoire, par l’organisation de milices populaires (d’où la formation militaire dispensée aux milices hutus extrémistes Interahamwe par des militaires français, qui a fait l’objet de nombreux témoignages). Mais aussi par la préparation psychologique des combattants, réguliers ou non, pour traquer l’ennemi intérieur, ici le tutsi ou les hutus « peu sûrs ». Cette formation s’intensifie en 1993, juste avant que la France ne retire quasiment toutes ses troupes. Des gendarmes français contribuent également à établir un fichier informatisé des personnes à surveiller (PRAS). Le PRAS a pu être utilisé lors du génocide en 1994, mais ne contenait de toute façon pas les noms du million de futures victimes. Beaucoup de meurtres furent commis sur la base de la carte d’identité, indiquant l’appartenance ethnique. L’une des méthodes les plus courantes pour arrêter les « ennemis intérieurs » furent les barrières routières. De 1990 à 1994, à de nombreuses reprises, des militaires français furent vus en train de procéder à des contrôles d’identité à ces barrières, livrant les tutsis aux forces régimaires. Les victimes étaient soient torturées, violées, parfois disparurent. Un témoignage de 1990 rapporte que les miliciens rwandais tuaient les tutsis à la machette sous les yeux des soldats français.

 Il y a eu avant 1994 des avertissements lancés par des observateurs sur le risque génocidaire au Rwanda. En Janvier 1993, Jean Carbonare le déclarait sur France2 (Antenne2 à l’époque). Mais il n’existe pas de preuve, y compris selon le rapport Mucyo, pour affirmer que les militaires français savaient qu’ils participaient à la préparation d’un génocide. Le mépris délibéré du risque génocidaire peut aussi être avancé ; on ne peut affirmer que l’état français aura programmé ou commandité le génocide. Après tout, la formation dispensée pouvait très bien servir à une guerre de terreur mais non génocidaire. La France aurait-elle rompu tout lien avec le régime rwandais avant Avril 1994, que sa complicité consciente dans le génocide aurait-elle pu être niée de bonne foi, en prétextant d’une (longue) erreur de jugement de l’Elysée sur le pouvoir de Kigali.

Pendant le génocide, jusqu’à Turquoise

Au tout début du génocide, le gouvernement intérimaire rwandais se forme dans les murs de l’ambassade de France. Cela ne prouve pas en soi que l’état français aurait constitué lui-même le régime génocidaire : celui-ci survient d’un putsch procédant de l’assassinat du premier ministre et de la mise en fuite des responsables des partis hutus modérés par les commandants de l’armée rwandaise, en premier lieu le colonel Théoneste Bagosora. La France n’a alors que 24 coopérants sur place. Le rapport Mucyo considérera qu’ils étaient plus nombreux en réalité, mais moins d’une centaine cependant. Ce qui est certain, c’est que l’état français a contribué à donner une légalité internationale au nouveau régime. Le représentant français au Conseil de Sécurité des Nations Unies, Mr. Mérimée, plaide en effet pour la reconnaissance du nouveau gouvernement. Il tentera ensuite de retarder la reconnaissance du génocide en tant que tel et de l’embargo sur les armes, que le Conseil de Sécurité (dont la France) votera dans la troisième semaine de Mai.

Les charges concernant le soutien diplomatique de la France au Rwanda ne sont pas à mes yeux les plus lourdes. Pour une raison simple : la France n’a pas usé de son veto (dont elle dispose en tant que membre permanent du Conseil) pour bloquer un vote condamnant le régime du Hutu Power (la France a utilisé son veto pour la dernière fois en 1976, pour conserver Mayotte). De même, sur les quinze membres du Conseil (les cinq permanents : France, Royaume-Uni, USA, Russie, Chine, plus dix tournants, dont faisait partie le Rwanda cette année-là), seuls quatre pouvaient être considérés comme alliés du Rwanda : le Rwanda, la France, Djibouti (dans l’orbite française), et le sultanat d’Oman. Quatre pays sur quinze ne font pas une majorité. Il a été également reproché à l’état français, disposant du meilleur réseau de renseignement au Rwanda, de ne pas avoir informé les autres pays sur ce qui s’y passait. D’autres membres du Conseil de Sécurité (par exemple la République Tchèque) s’en sont plaints. Mais d’autres pays, tels que la Belgique, les USA, ou encore l’Ouganda voisine chaperonne du FPR, pouvaient tout aussi bien transmettre leurs informations aux pays membres du Conseil. L’absence de réaction de la communauté internationale vient tout simplement…de la communauté internationale. Les USA n’ont pas un rôle nul dans cette affaire, ayant eux-mêmes refusé la qualification des massacres en tant que génocide. La cause étant qu’après l’échec en Somalie, le gouvernement américain ne voulait pas s’engager en Afrique.

Pendant ce temps, le génocide s’effectue, avalant des milliers de vies par jour. En Mai, le gouvernement français reçoit les émissaires du gouvernement génocidaire. Les livraisons d’armes, venues de divers pays, transiteront par l’aéroport de la ville zaïroise de Goma, à la frontière du Rwanda. Six cargaisons seront identifiées comme françaises ou payées par la France, pour un montant de 5,5 millions de dollars (les transferts des banques françaises, la BNP surtout, vers la banque nationale rwandaise, concerneront 33 millions de francs, surtout pendant le mois de Juin). L’origine des armes n’est cependant pas forcément hexagonale : parmi les fournisseurs du régime figureront également une société basée au Royaume-Uni (Mil Tec), et l’aéroport belge d’Ostende servira également de relais. Des armes partiront d’Israël. Les rédacteurs de la Commission d’Enquête Citoyenne pensent que le stockage et le transport d’armes sont des opérations trop massives pour être effectuées sans l’approbation de fait du gouvernement du pays de transit. Le rapport Mucyo notera que ces armes auront probablement un rôle déterminant dans la durée de la résistance du régime rwandais aux assauts du FPR. Le rapport notera également la présence de quelques soldats français, équipés d’artillerie, participant à des combats contre le FPR dans l’Ouest du pays. Mais cette présence, contraire aux prétentions officielles du gouvernement français, aura peu d’importance dans la suite des combats.

L’Opération Turquoise

Prenant effet dans la troisième semaine du mois de Juin, alors que le génocide est en très grande partie consommée, l’entrée des troupes françaises n’aura quasiment aucun rôle de protection des rescapés du génocide. Déjà, selon les deux rapports cités, nombre de soldats français s’étaient fait raconter qu’au Rwanda, les Tutsis massacraient les Hutus ! De surcroît, parmi le corps expéditionnaire se trouvaient nombre de soldats qui avaient déjà été présents au Rwanda entre 1990 et 1994, qui avaient toujours cette hostilité envers les Tutsis. Si quelques milliers de tutsis furent accueillis dans les camps de réfugiés, devant les caméras de télévision – mais pas séparés des hutus, même Interahamwe, selon la commission Mucyo – l’attitude générale par rapport aux survivants du génocide fut l’indifférence, et, selon de nombreux témoignages, la coopération active avec l’allié rwandais, donc la livraison de civils aux miliciens génocidaires. Ainsi des soldats français furent-ils à nouveau vus en train de faire des contrôles d’identité à des barrières routières, refusant l’entrée de tutsis dans les camps de réfugiés, ou leur proscrivant le retour dans les zones contrôlées par le FPR (le simple fait qu’un civil exprime le souhait de retourner dans ces zones étant une preuve de complicité avec l’ennemi). La commission Mucyo recense aussi quelques cas d’assassinats perpétrés directement par des militaires français, mais il ne s’agit pas là de meurtres ethniques (mais plutôt des cas où des français tirent sans sommation sur un civil qui s’est servi d’une grenade contre des pillards, ou qui est accusé de vol, etc…), ainsi que de nombreux cas de viols. La commission note ces faits pour donner un aperçu complet des méfaits des soldats français, mais ces derniers points ne sont pas des actes de génocide. Plus accablants sont les cas de largage de civils tutsis depuis des hélicoptères. Le rapport Mucyo rassemble des témoignages qui porteraient le nombre de personnes larguées à au moins 25, dont 5 auraient survécu, et deux au moins auraient été tuées au sol par des paysans hutus. Les largages se faisaient souvent à basse altitude (quelques mètres) pour que la chute ne soit pas mortelle en soi, mais pour que la victime soit abandonnée à son sort. Plus troublant encore, des témoins, parmi d’anciens génocidaires, font état d’officiers français les incitant à continuer à tuer les inkotanyi (nom donné aux combattants tutsis, et qui pouvait désigner tous les tutsis de fait), un témoignage rapportant même des récompenses données par des militaires français.

Le cas le plus emblématiques de la vraie nature de Turquoise fut Bisesero. Sur cette colline, au début du génocide, près de 50 000 à 60 000 tutsis se réfugièrent pour opposer une résistance désespérée, avec pierres et sagaies, à leurs agresseurs Interahamwes. Le 26 Juin, lorsqu’un petit groupe de militaires français les découvrirent (alors que leurs supérieurs leur avaient interdit de venir), il n’en restait que 2000, qui sortirent de leurs cachettes en pensant que leur salut était venu. Les soldats français partirent en promettant de revenir dans trois jours (alors que d’autres soldats français étaient présents à 5 kilomètres seulement). Un hutu accompagnant les français alla prévenir les miliciens, qui relancèrent le massacre immédiatement. Sous la pression de journalistes, et alors qu’ils entendaient les coups de feu depuis trois jours, les officiers français se décidèrent à finalement honorer la promesse, et vinrent le 30 Juin à Bisesero. Il n’y avait plus que 800 survivants, que l’armée française sauva visiblement à contrecœur, puisque ces réfugiés rapportèrent plus tard avoir été fort mal traités dans les camps de réfugiés, les blessés étant abusivement amputés.

Malgré ce comportement monstrueux des militaires français, et de l’Elysée (piloté de fait par Hubert Védrine alors que Mitterrand lui avait laissé les commandes, étant en constant voyage – dont, cyniquement, la commémoration du débarquement de Normandie et des 49 ans de la fin du régime nazi), il y a des choses qu’on ne peut dire. La France n’a pas commis le génocide rwandais. Celui-ci est rwandais depuis sa décision jusqu’à son exécution. Même dans les cas d’incitation au meurtre relevés lors de Turquoise, les rwandais restaient libres de ne pas tuer. Et, parmi les inculpés du Tribunal Pénal International sur le génocide rwandais à Arusha, aucun n’a plaidé et encore moins fourni de preuves que la France aurait commandité le génocide et y aurait contraint les rwandais. L’Etat français a pourtant fourni les instruments du génocide, et est resté l’allié concret du régime génocidaire – donc du génocide- jusqu’à sa fin, et au-delà même. Il n’y a pas de « Génocide Made In France » (nom d’une association dissidente de Survie), car un génocide est un acte, pas une somme d’armes, de formations ou d’argent pouvant servir à commettre ledit génocide. Cependant la complicité française sur le génocide est évidente et repose sur de très nombreux faits.

Je ne pourrais pas non plus ignorer l’existence d’une prose négationniste, développée en France, par exemple au travers du livre de Pierre Péan Noires Fureurs, Blancs Menteurs. Cette littérature, qui vise à dédouaner la culpabilité de l’engagement français au Rwanda. Sans vouloir commenter tous les biais de ces discours, je note qu’ils se basent généralement sur la thèse selon laquelle le FPR et Paul Kagame seraient les auteurs de l’attentat mortel contre l’avion d’Habyarimana, le 6 Avril 1994. Ce qui aurait fait alors du FPR le déclencheur –intentionnel- du génocide, dans le but de prendre le pouvoir. Le juge français Bruguière a rédigé un rapport d’enquête en 2004 en ce sens. Ses témoins se sont rétractés depuis. Kagame est loin d’être un ange : le FPR a commis des massacres de Hutus en 1994 et a une lourde responsabilité dans le déclenchement de la guerre civile  congolaise, qui, de 1997 à 2003, fit 4 millions de morts. Mais quand bien même il serait l’auteur de l’attentat, il serait aberrant de lui imputer la responsabilité d’un génocide commis par ses adversaires. C’est pourquoi je refuse de m’associer aux thèses de Péan et de ses acolytes.

Changer de République

Cette ignominie qu’est la complicité du gouvernement français dans le génocide justifie à soi seul la chute de la Cinquième République. Ce régime a permis à la présidence de la République d’opérer sans contrepouvoir en Afrique, d’utiliser des sommes et des moyens matériels sans jamais en rendre compte devant l’Assemblée Nationale. La cohabitation n’a même pas constitué un antidote à ce fléau, même si, selon la commission d’enquête citoyenne, Balladur (premier ministre) et Juppé (Affaires étrangères) étaient moins favorables à Turquoise que l’Elysée.

Cependant, il est évident qu’aucun gouvernement à travers le monde ne peut agir en toute transparence lorsqu’il s’agit d’aider un allié en guerre. Il ne peut pas s’écrier « Oyez, Oyez ! J’envoie au vu et au su de tous des armes, des instructeurs et des fonds à mon allié qui en a bien besoin ». Cependant, tous les usages matériels et financiers faits par l’armée ou la diplomatie, même par l’emploi de mercenaires et d’agents irréguliers, devraient faire l’objet d’un compte-rendu a posteriori devant les parlementaires. Cependant, pas d’angélisme : même les parlementaires peuvent se retrouver à passer sous silence les actions du gouvernement, à refuser toute investigation sérieuse…parce que leur parti est au pouvoir. En ce sens, la cohabitation n’aide pas du tout. Et le fait que sociaux-démocrates comme droite se soient succédés aux commandes de la Françafrique aide encore moins.

Contrairement à d’autres, je ne pense pas que la France devrait renoncer à toute présence en Afrique. Il suffit de prendre connaissance des chiffres de l’espérance de vie et de l’accès à l’éducation pour savoir que, même à défaut de toute autre aide économique, et après effacement de la dette, la France devrait au moins contribuer à financer des hôpitaux, des écoles et des universités gratuites. Et même sur le plan militaire, je ne suis pas contre le fait que des troupes françaises d’intervention rapide demeurent dans des bases africaines, à condition que les peuples des états en question se prononcent librement pour ou contre cette délégation de souveraineté (limitée dans le temps, mais renouvelable, et contre rétribution) sur une partie de leur territoire. Il est absurde, en effet, de reprocher au gouvernement français de ne pas avoir utilisé ses troupes pour empêcher le génocide, et en même temps d’exiger le retrait de toutes les troupes françaises d’Afrique, donc la fin de tout moyen pour stopper un génocide. Car une intervention depuis l’Europe en plein cœur de l’Afrique pourrait devenir très difficile si aucun gouvernement africain ne consent à mettre de base ou d’aéroport à disposition de l’expédition salvatrice.

Mais toute puissance qui, comme la France, prétend avoir une capacité d’intervention dans d’autres pays du monde, doit avoir une responsabilité concrète vis-à-vis du reste du monde. D’abord, toute audition des ministères de la Défense ou des Affaires Etrangères (ou même de la Présidence) sur leurs actions devrait se faire non seulement devant les parlementaires français, mais devant des envoyés du monde entier. Et ce à raison de deux envoyés par pays : un pour le gouvernement légal, un pour l’opposition (même si elle est illégale dans le pays, s’il s’agit d’une dictature). Ou encore, en échange de sa prétention aux interventions extérieures, la France offrirait une caution de plusieurs milliards d’euros à l’ONU, que les autres états membres seraient en mesure de lui confisquer s’ils votent une résolution condamnant une action française. Et sans droit de véto cette fois-ci.

 

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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 21:00

 

          Il était bien temps que je remette à jour ma pauvre liste de liens. J’en profite pour caser des petits commentaires qui ne rempliraient pas un article à eux seuls.

 

Charité bien ordonnée commence par soi-même…

 

 Groupe Facebook Anti-anticommuniste

 

Groupe Facebook de non-soutien à O. Besancenot

 

Groupe Facebook pour une alternative au capitalisme

 

          On continue  par le devoir militant. 


Parti communiste (parti, fédérations, sections) 

 

                  PCF

 

                  PCF Hauts-de-Seine (mon autre fédération)

 

                  PCF Colombes

 

Viennent ensuite trois sections où des camarades en lutte contre la liquidation du Parti sont actifs. Les sections ne leur sont pas acquises pour autant (comme c’est le cas de Paris 5ème). Mais ils publient avec régularité des tracts intéressants. Je pose à égalité les sections de Paris 15ème et de Venissieux, bien que les opinions de ces camarades au sein du réseau Faire Vivre et Renforcer le PCF (soit le réseau issu du texte 3 d’Octobre 2008, cf. L’épouvantail des tendances) soient divergentes.

 

               PCF Paris 5ème

 

               PCF Paris 15ème

 

               PCF Venissieux

 

Parmi les fédérations de Jeunes Communistes, outre la mienne (92), je note également la fédération des Bouches du Rhône, avec qui j’avais eu un bon contact lors de la réunion de Marseille en Juin 2008.

 

               Mouvement des Jeunes Communistes de France

 

              Jeunes Communistes des Hauts-de-Seine (ma fédération)

 

              Jeunes Communistes des Bouches-du-Rhône

 

Militants communistes PCF

 

             Réveil communiste est un blog de communistes parisiens, principalement animé par des camarades de Paris XXème, en butte avec leur section. Un grand nombre d’articles y sont publiés, tant sur les luttes, que sur l’international, que des articles théoriques, et  bien sûr aussi, comme raison d’être du blog, la critique de la liquidation (directe ou à petit feu) du Parti.

 

               Réveil Communiste, point de rencontre des opposants à la liquidation du PCF

 

« L’idéologie européenne » est un livre (paru dans l’hiver 2008-2009) déjà recensé dans ce blog, et ensuite devenu un site, pour une critique marxiste de la construction européenne. Connaissant les auteurs, je sais qu'ils ne sont pas tous (malheureusement) favorables à ce que la France sorte de l’UE…(Note : pour ceux qui l’ignorent, Francis Wurtz a été l’un des eurodéputés du PCF, au sein du Parti de la Gauche Européenne ; et comme il tient à son pain, il n’est pas du tout mais pas du tout décidé à dénoncer la construction européenne en tant que telle, et se situe dans la veine de « l’Europe sociale » qui n’engage que ceux qui y croient…).

 

L'idéologie européenne : voilà un site qui va faire plaisir à Francis Wurtz !

 

             Le blog de Stoni, camarade lyonnais : à ceux qui disent qu’il ne parle pas assez des luttes dans son blog, il répond que la vie même est une lutte. A commencer par celle qui l’oppose aux éditeurs.

 

                  Le blog de Stoni, proche d'André Gérin (sur le plan géographique :) )

 

La Riposte : j’hésite à créer une rubrique « ceux avec qui je ne risque pas de prendre l’apéro » dont ils seraient la première entrée. Notons que l’un d’entre eux m’a décerné le titre rare d’anarcho-stalino-réformiste. Je suis flatté. Bon, plus sérieusement, La Riposte, c’est la branche trotskyste du PCF, tendance « professorat marxiste ». Ils refusent l’union avec les autre courants marxistes et antiliquidateurs du Parti, coupables du crime suprême : ils sont acoquinés avec André Gérin, le « national-communiste » (le terme n’est pas de la Riposte mais l’esprit y est). Le Parti peut bien crever sous les coups des liquidateurs, l’important est qu’eux ne perdent pas la pureté (de leur interprétation de la théorie) marxiste.

 

            La Riposte (trotsks du PCF)

 

Vive le PCF : bien avant la parution des trois textes pour le vote de 2008 (pour le 34ème congrès du PCF), Vive Le PCF était déjà un lieu de convergence des opposants à la liquidation du Parti.

 

                  Vive le PCF


              La Gauche Communiste est un groupe constitué à Aubervilliers autour de Jean-Jacques Karman, plutôt luxemburgiste (c’est-à-dire qu’à l’instar de Rosa Luxemburg, il reconnait la justesse de la révolution bolchevique, mais conteste la violence abusive du léninisme). La Gauche Communiste milite dans la gauche du Parti et réclame le droit de tendance.

 

Gauche Communiste

 

Communistes hors PCF

 

             Les premiers liens du blog : celui d’El Diablo, celui du Forum Unité Communiste que j’ai beaucoup fréquenté en 2005, un peu en 2006, très rarement en 2007-2008 et plus depuis. Et le forum marxiste révolutionnaire, ancien « forum des amis de la LCR », où la promotion de mon site m’avait valu de copieuses engueulades. Même les stals sont plus ouverts.

 

                  Le blog d'un diable rouge (El Diablo) !

 

                  Forum marxiste révolutionnaire

 

                  Forum Unité Communiste (stal)

 

Gauche patriotique

 

Le blog de Julien, qui s’est d’abord appelé « Pour un Front National, Populaire et Social ». Un parcours politique particulier : d’abord créateur du forum unité communiste, puis passé dans la mouvance d’Alain Soral du Printemps 2007 à l’Automne 2008, avant de passer dans le camp du socialisme démocratique. Pour ma part, j’aurais plutôt suggéré qu’il crée un nouveau blog tant la rupture politique entre les articles de la période Soral et ceux de la période actuelle est grande. En Novembre 2009, Julien crée le mouvement Socialisme et Souveraineté. A suivre.

(En raison des fluctuations politiques de ce blog, je ne suis évidemment pas solidaire de tous les articles qu’on y trouve, mais cela vaut pour tous mes liens en fait).

 

                  Socialisme et souveraineté

 

Le blog du Nationaliste Jacobin : professeur d’histoire amoureux de la France, non communiste, mais fort instructif lorsqu’il trouve le temps de rédiger des articles.

 

                  Nationaliste Social et Républicain

 

Encore un lien polémique, le site de la revue Riposte Laïque : oui, les monstres nazis-fascistes-racistes-et-crime-suprême : islamophobes ! Je partage le droit à la critique radicale des religions des auteurs de cette revue, mais je n’en regrette pas moins la médiocrité du contenu : trop d’articles ne sont que des étalages d’opinions, avec une bonne dose d’opinions de comptoir, et peu de recherches de faits.

 

Riposte Laïque : du Café du Commerce ne sortent pas que des conneries…

 

Dans un tout autre registre maintenant : Edgar, blogueur depuis 2005. Social-démocrate, mais pas anticommuniste, il tient un blog où quelques articles de littérature (et parfois de bande dessinée) côtoient une sortie de « monomanie » contre la construction européenne. Une bonne obsession, servie par une bonne plume.

 

                  La lettre d'Edgar : eurosceptique de gauche


Gauche à purger

 

             "Les mots sont importants" est un collectif fondé par le professeur de philosophie marseillais Pierre Tévanian. D’une critique des politiques sécuritaires, et des abus de langages du Front National et de ses émules, le collectif est passé au communautarisme obsessionnel. Pierre Tevanian est ainsi, en 2005, l’un des signataires de l’appel des Indigènes de la République, qui soutient tout mouvement ou régime tant qu’il lutte contre le colonialisme (ou ce qui y ressemble). Par exemple, l’appel voit en Dien Bien Phu une victoire de « la liberté, l’égalité et la fraternité ». Sans faire de l’anticommunisme, je doute que ce commentaire plaise aux boat people. Aujourd’hui, ce site publie quantité de textes contre l’islamophobie (bien évidemment assimilée au racisme), au féminisme victimaire, bref, à tout ce qui tend à un lassant tableau de la société où l’homme blanc hétérosexuel athée ou chrétien semble la source de tous les maux…Je caricature un peu, mais pas beaucoup.

 

LMSI : le communautarisme est un naufrage

 

Damien Perrotin travaille au service des élus nantais du mouvement régionaliste UDB (Union Démocratique Bretonne). De tendance soc-dem écologiste (voire décroissant), c’est aussi un contempteur de la France jacobine, et l’auteur d’un texte pathétique publié sur Agoravox en Mars 2009 : « En finir avec la francophonie ». Il illustre le cas où le dénigrement de la France n’est plus simplement une lubie ou une opinion, mais un métier.

 

Damien Perrotin : anti-France sonnante et trébuchante


          Je ne sais pas si je devrais faire de la publicité pour ce site. Mais il montre à quel point le maoïsme est une maladie mentale. Il reprend ce qu’il y a de pire dans le marxisme, à savoir la négation de l’individu, puisque seules les classes existent (et la classe ouvrière par ci, la bourgeoisie par là, etc…). Adaptée au féminisme et à l’animalisme, cette tendance va jusqu’à justifier la violence contre les hommes au nom de la libération de la femme, considère la consommation de viande comme réactionnaire (ce qui devrait les fâcher avec un grand nombre d’ouvriers)…Mais peu importe, car de toute façon, leur parti (le PCMLM) est toujours, quoi qu’il arrive, le parti de la classe ouvrière, de la science, etc…la principale question que je me pose à leur sujet est : combien sont-ils ? Trois ? Deux ? Un ?...

 

                  Contre-Informations : pathologie du marxisme

 

Autres blogs de gauche

 

Frédéric Delorca est sociologue, et le maître d’œuvre de l’Atlas Alternatif, qui regroupe les contributions de plusieurs dizaines de personnes (dont des communistes). Mais Delorca n’est pas communiste, mais se définit plutôt par « l’anti-impérialisme ». Pour ma part, je refuse les qualificatifs en « anti ». Et l’impérialisme n’est pas pour moi la pire des choses. La souveraineté nationale est un outil au service des peuples, pas un but en soi. Il peut y avoir des ingérences justes.

 

Le blog de Frédéric Delorca, auteur de l'Atlas Alternatif

 

Colas est un ami membre de Sud-Etudiant.

 

                  Blog de Colas, un ami...de gauche bien sûr, puisque je suis sectaire...

 

La voix du Venezuela en France. Utile pour rester au courant et lutter contre la désinformation.

 

                  Cercle Bolivarien de Paris : ici Chavez…

 

Dérive réactionnaire

 

             Ici tous les liens dont le contenu, si vous y adhérez au moins en partie, vous radiera à vie des plateaux de télévisions.

             L’observatoire du communautarisme a été fondé par des gens de droite. Mais il fournit nombre d’informations intéressantes, tant sur le dévoiement de l’antiracisme, du féminisme, de la lutte contre l’antisémitisme, sur l’islamisme ou les régionalismes…Des informations « incorrectes » leur ont été reprochées. Par exemple, ils ont été accusés de dire que les meurtres de femmes par leurs époux ne seraient pas un phénomène important, alors qu’ils avaient surtout mis en valeur le fait que les meurtres conjugaux ne sont qu’une minorité des meurtres commis en France (5% environ). Donc, si les meurtres conjugaux sont préoccupants, pourquoi les 900 autres meurtres commis chaque année dans ce pays ne le seraient pas ?

 

             Observatoire du Communautarisme : de bons rappels…

 

             Le site « hoministe » « La Cause des Hommes » insiste sur les violences et discriminations qui peuvent concerner les hommes, et dénonce la misandrie, c’est-à-dire la haine du mâle en tant que tel. Réjouissant quand on remarque qu’insulter publiquement n’importe quel groupe social peut vous envoyer au tribunal, sauf s’il s’agit des hommes. Surtout lorsque, en tant qu’homme n’ayant jamais porté atteinte à une femme, vous vous demandez en quoi vous seriez responsable de l’oppression de celles-ci.

 

             La cause des hommes : à consulter avant que les misandres ne vous poussent à la castration…

 

Science & environnement

 

             « Imposteurs » est un blog tenu par un militant communiste passionné de sciences biologiques. Le sujet principal est la réfutation des arguments anti-OGM. Les études pseudo-scientifiques produites par des chercheurs tels que Gilles-Eric Séralini, ou encore les thèses du film de Marie-Monique Robin, « Le Monde selon Monsanto » sont démontées finement. Le site a créé son anti-prix, le « Vélot d’or » (hommage au chercheur militant anti-OGM Christian Vélot), récompensant les aberrations scientifiques (des écologistes principalement, Vélot, Séralini ou Cohn-Bendit étant lauréats). L’une des qualités de ce blog est qu’il ne prétend pas donner son avis sur tous les sujets, et se consacre principalement à la question des OGM.   

 

                  Anti-OGM? Vos convictions démolies gratuitement sur le blog "Imposteurs"

 

Sur la question du réchauffement climatique, en revanche, je n’avais pas d’opinion aboutie. Ces derniers temps, j’étais plutôt tenté de rejoindre le camp des sceptiques. Les sites « Real Climate » et « How to Talk to a Climate Skeptic » m’ont en quelque sorte remis dans le droit chemin. Leurs réfutations des arguments des sceptiques sont détaillées et convaincantes. Il est également vrai, en France du moins, que la plupart des sceptiques (tels Allègre et Courtillot) ne sont pas eux-mêmes des climatologues, contrairement aux auteurs de Real Climate.

 

                  Real Climate : le climat vu par les climatologues

 

                  How to talk to a Climate Skeptic : a severe rebuttal (une sévère refutation)…

 

“Manicore” est la société et le site de Jean-Marc Jancovici, polytechnicien actif dans les études climatiques. Il présente les conséquences éventuelles du réchauffement climatique (en forçant parfois délibérément le trait), considère que nos déplacements devront être réduits, mais ne verse pas dans la décroissance pour autant. Ah oui, j’oubliais : contrairement aux Verts, il est pro-nucléaire. Il a été conseiller de la campagne avortée de Nicolas Hulot en 2007.

 

                  Manicore : pour se convaincre d’abandonner sa voiture

 

     Ceux d’en face

 

Quelques sites libéraux pour savoir ce que pensent nos adversaires. Je retiens deux sites que je trouve bien écrits et plaisants à lire. D’abord, le site de Daniel Tourre, qui présente pédagogiquement les idées libérales, du moins en priorité celles de l’école de Vienne (dont étaient Friedrich Hayek et Ludwig Von Mises). Tourre, comme les autres libéraux, utilise des simplifications et des biais comme tous les libéraux lorsqu’il tente de démontrer le bien-fondé de l’intérêt et de la rémunération du capital (en partant du présupposé que les biens sont forcément privés à la base), ou en ressortant les « 80 millions de morts du communisme (qui sont même imputés à Marx !). En voilà un qui n’a pas lu www.pourlecommunisme.com...

H16 est un blog libéral instructif et écrit d’une belle plume.

 

Le libéralisme pour les nuls : bonne pédagogie, mais sur des bases fausses

 

H16 : hastable mais pas imbuvable


Economie

 

Olivier Bouba-Olga est maître de conférences en économie à l’Université de Poitiers, et je fus l’un de ses étudiants. Il est spécialiste des questions de géographie et de localisation des activités économiques. En particulier de la question des délocalisations, sur lesquelles il tient à préciser la complexité des motivations des entreprises, et diffuse un discours anti-alarmiste (du genre : non, toutes nos usines ne vont pas partir en Chine…non, les différences de salaires ne sont pas les seules variables dans les choix d’implantation ou de délocalisation des entreprises…).

 

                  Olivier Bouba-Olga: blog d'un de mes anciens profs; on n'y chante pas l'Internationale, mais ça fait souvent du bien

 

J’ai découvert avec joie le blog de Paul Krugman, économiste vedette et lauréat du prix de la banque de Suède (appelé à tort « Prix Nobel d’économie »,  alors que le suédois Alfred Nobel n’a jamais créé de prix pour l’économie). Dans un anglais accessible, ce blog du New York Times, très régulièrement alimenté, permet d’avoir un point de vue libéral (au sens de partisan d’une intervention raisonnée de l’Etat dans l’économie) sur la crise, la dette, le dollar…Et pas forcément anti-français en plus. Enfin, parfois quand même, Krugman étant quand même américain.

 

                  Paul Krugman : why aren’t you in charge of the Economy ?

 

Econoclaste, le site créé par deux normaliens depuis 2004, joue également ce rôle de dissipateur d’idées fausses en économie. Bien que les auteurs ne votent probablement pas à gauche, ils ne passent pas leur temps à dénoncer une France « socialo-marxiste ». Les aberrations proférées par les membres du gouvernement actuel ou les préjugés sur la dette publique sont plus fréquemment leurs cibles, entre des articles de réflexion sur des sujets très divers (telle l’analyse économique du mariage ou des open bars…).

 

                  Econoclaste : jeu à somme positive

 

Information

 

Journal « à trois voix : journalistes, experts, internautes », Rue89 est assez nettement orienté vers le centre-gauche, pro-européen, mais pas spécialement anticommuniste.

 

Rue89 : plutôt ces bobos-là que ceux de Libé

 

Boîte à outils du statisticien :

 

INED : combien qu’on est ?

 

Insee : combien de combiens ?

 

Eurostat : même quand on est européen, on ne ment pas forcément sur tout…


Les trucs que je suis obligé de mettre…et qui ne m’ont pas rapporté grand-chose.

                  Annuaire-bleu (sites communistes)

                  Annuaire-politique

                  Brioude-référencement

                  Référencement-2000

                  All-blog (annuaire)

                  Annuaire blog

 

 

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15 décembre 2009 2 15 /12 /décembre /2009 23:12

transports-gratuits.jpg

Cessons un peu de parler de la Nation, de la religion du Prophète, des minarets de ce que vous savez. Parlons à nouveau des luttes réelles.

Les luttes, me direz-vous....mais quoi précisément ? Et bien déjà par l'information. La première action à disposition du militant, où qu'il soit, quelque soit son appartenance professionnelle.

Je vous invite notamment à regarder, et faire diffuser autour de vous le DVD de la trilogie de Jean-Robert Viallet, La Mise à Mort du Travail, passée récemment sur France Télévisions (sur France 3).

Ce documentaire analyse la violence des relations de travail dans l'axe Destruction / Aliénation / Dépossession.

Cet ordre peut sembler inverse de celui que l'on aurait voulu dans le cadre d'une approche apocalyptique du capitalisme managérial. L'intelligence de cette série est justement de partir de cas individuels déplorables (salariés montés les uns contre les autres, licenciés par des méthodes pathétiques d'accusations de vol, violences verbales répétées, destruction de la santé physique et morale), pour aller ensuite remonter les strates. Derrière le salarié jetable, il y a le manager dressé et dresseur, le coacheur qui n'a même pas besoin de stupéfiants pour distiller un discours halluciné, et derrière cela il y a une déconnexion totale entre les propriétaires de l'entreprise et le travailleur, des critères de gestion standardisés, appliqués d'un secteur à l'autre...à tel point que le modèle de gestion du travail peut devenir...un entraîneur de football.

N"hésitez donc pas à
découvrir ce document.
Si vous habitez sur les Hauts-de-Seine, n'hésitez pas à joindre la fédération pour en savoir plus, par exemple via mjcf92nord@hotmail.fr .

Une autre priorité des jeunes communistes est la lutte pour la réduction du coût des transports.

Les JC de Seine-Maritime demandent la gratuité.

Ceux du 92 sont plus modestes, en demandant la réduction de 50% du coût de la carte ImaginR. Cette carte, qui permet aux lycéens, étudiants, travailleurs en alternance, bref aux jeunes scolarisés ayant jusqu'à 26 ans, de circuler en Ile-de-France à prix plus bas, coûte tout de même plusieurs centaines d'euros à l'année. Les départements de Seine-Saint-Denis (conseil général PCF jusqu'à 2008) et du Val-de-Marne (conseil général PCF) ont réduit de moitié son coût. Le département des Hauts-de-Seine, le plus riche de France, s'y refuse.

Vous pouvez prendre davantage connaissance du sujet via
cette page, et le blog du conseiller général PCF Patrick Alexanian .

Je creuserai davantage cette question de la gratuité des transports d'ici au milieu de la semaine prochaine.

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Published by DiadoreCronos - dans Luttes
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3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 01:01

  

Trouvé hier :

Dans l'émission "Infrarouge" de la TSR, le député européen Daniel Cohn-Bendit s'en est aussi vivement pris au résultat du scrutin. "La majorité n'a pas raison", a asséné l'écologiste, qui a indiqué que la Suisse ne s'en sortira que si elle lave "ce vote honteux". D.Cohn-Bendit propose ainsi de rejeter le verdict des urnes pour lancer un nouveau débat généralisé sur le sujet. Ensuite, selon lui, il faudrait organiser un nouveau vote dès l'an prochain. L'eurodéputé a aussi affirmé qu'"il serait très drôle" que les pays musulmans retirent leur argent des banques suisses, y voyant une belle claque affligée "à MM.Blocher et Freysinger. (SWISS TXT)

   Nan, là sérieux, Dany, t'abuses.

 

   Tu t'étais déjà prononcé pour un référendum "paneuropéen" sur le Traité de Lisbonne, sous-entendant que si la majorité des europénes se prononçait pour le oui, les états malotrus où la majorité aurait voté contre devraient se résigner à dire oui. On t'avait déjà expliqué que le référendum paneuropéen était une insulte à l'idée même de démocratie et de souveraineté nationale. Ah mais j'oubliais, la souveraineté nationale, c'est fasciste, j'oubliais.


   Tes copains ont fait revoter les irlandais, en considérant qu'il suffisait de négocier avec eux sur quelques garanties.
   Bien sûr, il ne vous est pas venu à l'esprit qu'on pourrait aussi renégocier Maastricht, en rassurant les ouiistes sur les points qui leur tenaient à coeur, en remplaçant toute ébauche de fédéralisme européen par de l'association souveraine, et refaire voter le traité (avec l'espoir d'une victoire du Non). Non, dans ce sens là, ça marche pas.

   Alors certes, les suisses n'ont pas voté comme tu le sentais.

   Passons sur le fait que l'UDC, à l'origine de la votation contre les minarets, serait un parti populiste-d'extrême-droite-antisémite-raciste.

   Passons aussi sur le fait que, au fond, l'interdiction des minarets est un sujet assez idiot, un point de détail du phénomène musulman en Europe.

   Loin de moi cependant l'envie de condamner les suisses, cependant, sais-tu. S'ils avaient voté sur quelque chose de plus fondamental, comme par exemple la place que la Confédération Helvétique est prête à donner à l'Islam (et donc les limites à son expansion), ce scrutin aurait été nettement plus réjouissant. Et il aurait encore davantage fait hurler les islamophiles (c'est-à-dire ceux qui nous refourguent continuellement l'amalgame islamophobie=racisme, que la gauche doit soutenir l'Islam qui est la religion des pauvres et des opprimés, etc...).

   Moi-même je ne sais pas ce que j'aurais voté. Non parce que la question n'était pas bonne, ou par tactique contre l'UDC. Ou Oui pour enfin relancer le débat sur notre tolérance vis-à-vis de l'Islam.

   Sur le fond, et tu dois (ou a dû) un peu être comme moi (mais en restant loin, veux-tu), la religion dans son ensemble, je suis pas fan. Toutes portent en elles l'argument d'autorité : "Dieu a dit...donc on fait". Je me suis amusé à poser la question à des croyants sur ce qu'ils feraient si l'archange Gabriel (ou Djibril pour les musulmans) venait sur Terre, vrai de vrai, sans trucage explicable scientifiquement, et nous disait que, aimer son prochain, c'était une grosse vanne d'il y a deux mille ans, et que Dieu, qui met 2000 ans à vanner à nouveau, nous informait maintenant qu'il fallait que nous nous égorgiassions mutuellement (n'est-ce paaaas, comme dirait un borgne breton). Le chrétien à qui j'ai dit cela m'a répondu qu'il était impossible que Dieu puisse vouloir cela. Il en savait des choses, sur Dieu, lui. Moi qui croyait que les voies du Seigneur étaient impénétrables (en voilà un qui doit être tranquille dans les expériences de sexualité de groupe, comme dirait Stoni). Donc pour peu qu'un énergumène arrive à se faire passer pour l'archange Gabriel / Djibril...je te décris pas le tableau.

   Il y a quand même une différence entre l'Islam et les autres religions. Actuellement. C'est que 1) on ne sait pas combien elle a d'adeptes, ni quelle est sa progression en nombre, ni où elle s'arrêtera ; 2) que les mosquées sont tout sauf vides (et que justement, les minarets servent à éviter qu'elles le soient, du genre "ohé, du bateau, rappelle-toi que pas de boogie-woogie avant ta prière du soir!").

   Le jour où on manquera d'imams, même en provenance de la péninsule arabique, et qu'en entrant dans une mosquée, chaussé ou pas, on n'y trouvera que trois vieux qui se demandent encore si c'est bien la meilleure façon d'occuper leur temps, alors oui, ce jour-là, j'aimerai l'Islam.

   Mais toi, ça t'es resté en travers, ce vote. Et ce qui est merveilleux avec toi, c'est que tu as gardé ton âme d'enfant. Quand tu gagnes, c'est définitif. Quand tu perds, on fait la revanche?

   Mais suggérer que les riches musulmans de ce monde retirent leurs dépôts de Suisse, alors là...

    - tu soumets le vote du peuple suisse à des pressions de l'étranger;
    -en plus de cela, tu invites des personnes privées à excercer des représailles contre un choix collectif;
    - et de surcroît, tu mets en équivalence le supposé "préjudice moral" que représenterait ce vote (contre les musulmans qui n'ont rien perdu de leur liberté religieuse, à part un préjudice architectural ? contre toi ?) et le préjudice économique tout à fait concret qui pourrait retomber sur des suisses si ta suggestion se réalisait.


   Bon on te savait libéral, atlantiste, etc... Mais là...

   Et tu es sûr que tu veux pas qu'on revote les Européennes? Pour que ta liste passe devant le PS?
   Et si tu ne gagnes pas de région en 2010, tes copains industriels (tu sais, ceux que tu as rencontrés à l'Université d'été du Medef en 2000) ne vont-il pas annoncer des fermetures d'usines chez les mal-votants?


   Petite thérapie proposée:

   Toi qui aime tellement l'Islam, je te propose l'importation d'une pratique devenue très tendance ces derniers temps. Le lancer de chaussures. Tu te places bien droit derrière un bureau. Un type très agité court pour te lancer quelque chose. Mais pas une vulgaire savate. Plutôt le genre de chaussures que les hélvètes (et autres) utilisent pour gravir les versants escarpés de leurs gracieuses montagnes. Avec des crampons, oui. Et bien aiguisés. Comme sur la photo qui surplombe cet article.

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Published by DiadoreCronos - dans Monde - Europe
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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 23:13

Encore un article de mise au point.

Jeudi, sur le site de Rue89, paraissait
l'article suivant sur l'anticommunisme de l'Union Européenne. Est évoquée, entre autres, la comparaison communisme / nazisme.

Je ne pouvais pas manquer de faire
un petit commentaire pour promouvoir, à très juste titre, mon site.

Et là, je reçois
le commentaire suivant. Il est signé par un gus qui n'a visiblement pas compris que le site www.pourlecommunisme.com , s'il ne se compose que de deux pages HTML, contient néanmoins plusieurs PDF de plusieurs dizaines de pages. Et du coup, il a cru que mon site était pauvre en arguments. Le rustre.

Après avoir fait une
réponse pédagogique et diplomatique , je n'en ai pas moins refait la présentation du site, pour que les liens vers les PDF soient plus clairs.

Le manque de pédagogie, de clarté, de vulgarisation a gravement handicapé mon site. Cela ne m'a pas été rapporté par ceux qui l'avaient lu, puisque justement ils étaient déjà intéressés, mais j'aurais pu le comprendre au regard de sa fréquentation faible.

Je n'ai jamais été bon pour la communication. Créer le buzz, mettre mes liens sur tous les forums, ça fait autant de temps en moins pour lire, chercher, réfléchir et écrire.

Si quelqu'un a des propositions pour améliorer la communication des idées du site et de ce blog, je suis preneur. S'il s'agit d'un projet qui prend du temps et de l'argent, je serai prêt à négocier une rémunération.

Le contact est partout sur le site :
diadorecronos@hotmail.com

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Published by DiadoreCronos - dans Sur le Net
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