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Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

     www.pourlecommunisme.com est un site qui s'attaque directement aux critiques faites contre le communisme (millions de morts imputés à l'idéal communiste, faillite économique, etc...). Il ne fait la promotion d'aucun régime existant ou ayant existé par le passé, s'efforce de comprendre les faits et de proposer des pistes pour l'avenir.

     Vous êtes anticommuniste et voulez débarasser le monde d'un jeune fou qui, selon vous, risque de faucher à nouveau des millions de vies?

Vous êtes stalino-maoïste (pardon : marxiste-léniniste-pensée-Mao-Zedong) et voulez écraser la vermine révisionniste que je suis?

Vous voulez simplement parler du communisme?

Alors ce blog est pour vous.

 

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8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 00:17

Je poste un article que j'ai écrit pour le blog des Jeunes Communistes du 92 et paru il y a plusieurs jours déjà.

Ces temps-ci, j'écris peu d'article car je m'investis davantage avec ma section JC dans le suivi des luttes de terrain (comme celle de l'hôpital public Louis Mourier de Colombes). Je reparlerai des développements de ce sujet sous peu.

 

 

Depuis le 26 Avril, les salariés de plusieurs agences de La Poste se sont mis en grève en Hauts-de-Seine : Chatillon, Clamart, et Asnières-sur-Seine. A l’origine, l’une des nombreuses mesures destinées à « rationaliser » le service postal, la suppression de tournées dans le cadre du plan « Facteurs d’Avenir ». Au total, dans le cas asniérois, sur 49 tournées effectuées dans la ville, 4 sont menacées. Un mouvement de grève massivement suivi par les salariés s’en est ensuivi.

 

           On est là bien loin de la suppression des gaspillages chers aux sujets populistes de TF1 ; loin du bureau de poste rural qui ne fonctionne que deux heures par jour. Nous sommes dans une agglomération de plus de 80.000 habitants, et où trois des quatre tournées supprimées concernent les quartiers populaires du nord de la ville. On est aussi dans l’illustration d’une réalité de ce que devient un service public national et de ses supposés privilèges : La Poste est un grand employeur de contrats précaires. L’entreprise tente d’opérer des rotations de facteurs sur plusieurs tournées dont celles qu’ils ne connaissent pas, et essaie de miner la grève en faisant remplacer les grévistes par des précaires d’autres communes.

 

           Les salariés mobilisés ont investi le siège départemental de La Poste à Nanterre le 10 Mai. Plusieurs grévistes ont par la suite fait l’objet de sanctions, de blâmes, allant jusqu’à la menace de pertes d’emplois. En réponse, le Vendredi 21 Mai, plusieurs centaines de postiers des Hauts-de-Seine ont manifesté devant le siège de La Poste, rue Vaugirard à Paris, à deux pas de la gare Montparnasse, puis l’ont occupé. Et ils recommencèrent une semaine plus tard, le Vendredi 28 Mai. Cernés par plusieurs cars de police, sans vivres depuis onze heures du matin, ils ne sont partis que dans la nuit, après avoir tenté de faire reculer la direction nationale du courrier et la direction des Hauts-de-Seine.

 

           Un mouvement de solidarité des forces de gauche d’Asnières (PCF, MJCF, NPA, PS, Verts) s’est constitué en comité de soutien. Une caisse de grève pour soulager les salaires perdus dans un conflit qui dure depuis la fin Avril a été créée, hébergée par SUD.

 

(Pour contribution : SUD POSTE 92, mention solidarité 92 au dos, à retourner au 51 rue Jean Bonal 92 250 – La-Garenne-Colombes).

 

           Les militants de l’Union de Ville Nord (Colombes-Asnières sur Seine-Gennevilliers-Clichy) du MJCF92 sont aux côtés des grévistes pour diffuser les tracts, et vous invitent à la solidarité avec les salariés du service public. Et ce alors que d’autres luttes contre les économies de bout de chandelle déguisées en « rationalisation » ont cours : dans la ville voisine de Colombes, ce sont les personnels soignants et non-soignants de l’hôpital public Louis Mourier qui se battent contre la suppression du service de médecine nucléaire ou encore la privatisation du service de sécurité – incendie.

 

          Pour toutes ces luttes qui se relient, nous invitons les jeunes, sympathisants, adhérents ou non, à rester à l’écoute des appels à la solidarité qui viennent de partout, de l’industrie, des services publics, de l’ensemble du salariat frappé par la crise et la rigueur.

 

Revue de presse :

 

Bataille socialiste


Le Point


La Nouvelle République


Le Parisien

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Published by DiadoreCronos - dans Luttes
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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 09:32

Un nouvel article bref (j’espère que les lecteurs reconnaîtront la concision dont je fais de plus en plus souvent preuve) pour évoquer un sujet local : la lutte des personnels de l’hôpital Louis Mourier de Colombes.

                Dans le cadre d’un plan élaboré par le ministère de la Santé visant à regrouper les services de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris à douze centres hospitaliers, l’établissement de Colombes devrait perdre des effectifs et des services, tels le service de médecine nucléaire, pendant que d’autres services sont privatisés (ce qui serait le cas de la sécurité – incendie). Des réductions d'effectifs touchant le centre d'IVG aurait déjà été annulée suite à la mobilisation des salariés.

                Une réunion publique avait lieu Jeudi 27 au soir, au cours desquels les personnels en grève, aussi bien soignants qu’ouvriers, ont pu donner leur point de vue. Outre le refus de la suppression, à terme, et sur l’ensemble de l’AP-HP, de plusieurs milliers d’emplois et de la fermeture de centaines de lits, ce sont surtout les conditions de travail qui ont été illustrées.

                Le rythme est de plus en plus tendu : des salariés travaillent douze heures par jour trois jours d’affilée, les hôpitaux sont incités à faire sortir les patients le plus tôt possible dans le cadre de la tarification à l’activité (T2A). Un long témoignage d’un ouvrier de l’hôpital donne un éclairage plus concret des conséquences du resserrement, année après année, de leur budget annuel, qui les laisse sans moyen dès le mois d’Octobre, avec un matériel au rabais. Ses collègues et lui avaient dû renoncer à l’étanchéité de terrasses situées juste au dessus d’une maternité... et ce malgré les week-end qui sautent, les congés et jours de RTT non pris et qui s’entassent dans les bien connus Compte Epargne-Temps (dont l’inflation chez les personnels hospitaliers soulèvera soit une bombe financière, puisque ces journées non prises peuvent théoriquement s’échanger contre monnaie, soit, imaginons-le, vers une annulation pure et simple de ce repos auquel les salariés ont droit)…

                Loin de moi cependant l’idée de simplifier la question hospitalière, et de me contenter de ce que j’ai entendu au cours d’une réunion politique. La question du regroupement des services hospitaliers est ancienne, et s’appuie non seulement sur des considérations budgétaires, mais aussi médicales. Sur les blocs opératoires, il est maintenant connu que lorsqu’un petit bloc (dans un petit hôpital de province par exemple) opère peu fréquemment, le risque d’accident et d’échecs opératoires augmente. Cela s’applique à d’autres domaines, comme me le rappelait un collègue (et non confrère) médecin qui me citait le  New England Journal of Medicine publiant une étude sur 7000 hôpitaux américains concluant qu’à moins de 500 infarctus traités dans l’année, un établissement voit la mortalité à trente jours après admissions des patients augmenter par rapport aux établissements à plus forte activité. Bien sûr, le fait d’avoir moins d’hôpitaux qui traitent plus de cas fait immédiatement penser au risque d’une plus grande distance de transport. Mais mon collègue considère que cela n’est pas gênant tant que les ambulances dûment équipées interviennent à temps.

                L’idée d’une réorganisation et d’une rationalisation des moyens hospitaliers ne me semble pas scandaleuse en soi. Mais cela ne signifie pas nécessairement la diminution du nombre d’emplois mobilisés, tant les services aux personnes dépendantes sont appelés à croître à l’avenir. Et, pour revenir au témoignage de l’ouvrier hospitalier mentionné plus haut, rationalisation n’est pas non plus synonyme d’économies de bouts de chandelle.

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Published by DiadoreCronos - dans Luttes
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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 00:07

           Un petit article, juste pour appeler les camarades de passage sur ce blog à lire et signer un texte collectif du réseau "Faire Vivre et Renforcer le PCF" présenté sur Réveil Communiste, dans l'espoir d'être communiqué au plus grand nombre avant le "Congrés" de Juin prochain, dont j'ai déjà dénoncé la précocité.

 

L'adresse du texte :

 

http://reveilcommuniste.over-blog.fr/article-contribution-collective-soumise-a-signatures-pour-la-discussion-au-congres-d-etape-du-pcf-50885366.html

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Published by DiadoreCronos - dans Gauche radicale - PCF
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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 14:39

         Il y a quelques semaines, une internaute, Yaoline, avait réagi à un de mes articles, entraînant une petite polémique sur ce blog. Il se trouve que, via Facebook, Yaoline tient également un groupe qui informe les francophones sur la situation en Thaïlande. Ce bref article est un appel à suivre ses actualités.

 

         Petit rappel: fin 2006, la Thaïlande connaissait un coup d'état militaire, remplaçant Thaksin Shinawatra, le premier ministre en exercice, accusé de corruption, par un gouvernement non élu. Le Parti du peuple, proche de Thaksin, regagne les élections en 2007, mais l'état d'urgence est proclamé en 2008, et permet aux putschistes d'imposer le pouvoir d'une coalition gouvernementale de partis dont Abhisit Vejjajiva est le premier ministre officiel depuis Décembre 2008. Au cours des années qui suivirent, un mouvement d'opposition se constitua pour réclamer le retour à la démocratie, prenant le nom de leur couleur distinctive, les "chemises rouges", en opposition avec les "chemises jaunes" pro-putschistes.

       

        En Mars dernier, de milliers de citoyens thaïs, à nouveau unis dans la couleur rouge, marchent sur Bangkok pour exiger la dissolution du Parlement et des élections libres. Depuis le début du mois d'Avril, Bangkok est toujours en état de siège, le gouvernement de fait accusant les rouges de provocations envers l'armée, relayé avec complaisance en Occident. Déjà, la répression des manifestations a fait plusieurs dizaines de morts dans le pays. Elle a pris très récemment un tournant plus dur au fur et à mesure que se profile un écrasement militaire des militants rouges retranchés dans la capitale.

 

Quelques photos sur Slate : http://www.slate.fr/grand-format/les-chemises-21391

 

        Je vous incite donc, d'une part, à rejoindre le groupe de Yaoline:

 

 Les Chemises rouges et la dictature en Thaïlande

 

http://www.facebook.com/home.php?#%21/group.php?gid=100249110019056&v=wall&ref=search

 

...et, d'autre part, à prendre connaissance (et à signer) la pétition alertant l'ONU de son devoir de faire cesser les tueries et d'obtenir le rétablissement de la démocratie en Thaïlande :

 

http://www.petitiononline.com/10310/petition.html

 

 

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Published by DiadoreCronos - dans Monde - Asie
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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 23:33

COMPLOT VIEUX

 

Je finis mes propositions sur les retraites par des propositions en contradiction nette avec le discours du Parti sur les dépenses publiques.

 

Hausses des dépenses publiques et compensations possibles

            Dans les précédents articles, j'explique comment faire passer le financement des retraites de 12,5% du revenu national (PIB) à 16,5%, tout en précisant que ce dernier chiffre était théorique, et qu'étant donné mes propositions, les retraites pourraient ne pas coûter aussi cher. Ce fait n’empêche pas de prévoir des mesures de réduction de dépenses publiques pour contrebalancer l’augmentation du coût des retraites. Il faut en effet prendre en compte le poids des dépenses publiques dans toutes leurs composantes :

-          les dépenses consacrées à la retraite passeraient de 12.5% du PIB (2010) à 16.5% ;

-          les dépenses publiques de santé passeraient dans le même temps de moins de 9% du PIB à 11% ;

-          les dépenses consacrées à la famille, à l’invalidité et aux accidents du travail représentent 4 à 5% du PIB, qu’on peut présager comme stationnaires à l’avenir ;

-          l’indemnisation des chômeurs coût de 1 à 2% du PIB ;

-          les dépenses des administrations représentent 24% du PIB.

Les dépenses publiques représentent actuellement 53% du PIB. En augmentant de 4 points la part des retraites, même en en redirigeant 1.5 point vers la santé comme je l’exprimais plus haut, cela nous fait une hausse vers un total de 57-58% du PIB. Ce qui ferait de nous les champions du monde. Et, à ce niveau-là, on ne peut pas dire que « les riches paieront » : ils seront loin d’être les seuls.

Pour contrebalancer cela, deux voix potentielles s’offrent à nous, mais elles ne font pas partie de l’agenda habituel des partis de gauche.

Baisser les dépenses d’Etat

                Dans un autre article de 2006 , j’avais détaillé les principaux postes des dépenses publiques et par pays européen. La France se distingue, même si c’est loin d’expliquer à soi seul son niveau de dépenses publiques plus élevé que chez ses voisins, par un niveau de dépenses des administrations (Etat, Commune, Département, Région, Union Européenne) de 24% du PIB  (dont deux tiers pour l’Etat). Sur un poste en particulier, celui des services publics généraux (n’incluant ni l’éducation, la recherche, la santé, la sécurité et la défense), la France consacre 7% de son PIB, soit deux points de plus que le Royaume-Uni. L’Etat français consacre aussi plusieurs dizaines de milliards d’euros en subventions à des entreprises publiques ou privées.

            Une première mesure consisterait donc à réduire le volume des dépenses d’Etat, sur les subventions aux entreprises, mais aussi les dépenses de services publics généraux. Par exemple, en réduisant des administrations telles que le Trésor Public par une réforme fiscale simplificatrice. Et donc par des non-renouvellements de postes. Je sais que sur ce point – comme pour d’autres, je suis en désaccord avec la ligne du Parti. Cela vient peut-être du fait que pour ma part, être communiste, c’est vouloir que ceux qui administrent la richesse collective (l’Etat en fait partie) fassent le meilleur usage de l’argent du citoyen : dépenser le moins qu’il est raisonnable de dépenser pour chaque tâche d’intérêt général. Le communisme ne se mesure pas au nombre de postes de fonctionnaires que l’on crée ou maintient.

            On pourrait donc faire passer la part des administrations de 24 à 22% du PIB, soit la moyenne européenne. Bien sûr, en soi, c’est un discours comptable. Mais on ne peut pas passer son temps à dire qu’il faut plus de moyens humains et financiers dans tous les domaines de l’action publique. Les libéraux n’ont pas tort de garder les yeux rivés sur le taux de prélèvements obligatoires et le niveau total des dépenses publiques. En ce sens, ils jouent même plus collectif que ceux qui, dans leur corps de métier ou d’activité, invoquent prioritairement la hausse des moyens.

             Réduire le chômage

                Je sais que les précédentes déclarations feront naître la réaction suivante : « Mais ne pas remplacer des postes dans la fonction publique, c’est créer du chômage ! ». On est dans les mêmes réactions court-termistes que je critiquais dans un précédent article. Augmenter le nombre d’emplois, et plus encore que ce que les révisions de postes dans la fonction publique retireraient, c’est possible. Je vous ramène une fois de plus vers le changement de système. Déjà, aujourd’hui, la politique de l’emploi coûte plus cher en France que la simple indemnisation des chômeurs (1.5% du PIB), mais intègre en plus les dispositifs de réduction de cotisations sociales et d’aides ciblées allouées à des entreprises pour la création d’emplois. Sans vouloir nier d’un coup de plume l’efficacité de toutes les politiques publiques d’aide à l’emploi, j’estime qu’une économie à la fois plus collective et plus libre permettrait de réduire nettement le chômage et d’annihiler le coût des politiques de soutien à l’emploi. Soit 1 à 3% du PIB d’économisé.

 

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Published by DiadoreCronos - dans Economie
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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 01:18

  COMPLOT VIEUX

Voici maintenant un chapitre de mes propositions qui a peu de chances de se retrouver dans le programme du PCF...

              Pour financer les retraites, je me suis prononcé pour un passage de la part du revenu national (le PIB) consacré aux retraites, de 12,5% du PIB à 16,5%. J'ai proposé des solutions pour réduire éventuellement la charge à demander aux salariés ou travailleurs indépendants, Par exemple en nationalisant de grandes entreprises comme Total, mais une hausse des cotisations sociales à destination des retraites semble inévitable. Sachant que la part des cotisations vieillesse dans le salaire brut est déjà élevée en france, ma proposition pourrait paraître irresponsable et dangereuse pour le pouvoir d'achat, la compétitivité économique de la France, mener à la "fuite des cerveaux", à l'évasion fiscale, etc...

La possibilité de revendre sa retraite

             C’est là qu’intervient une autre de mes inventions bizarroïdes, mais qui doit exister dans d’autres systèmes de retraites, c’est-à-dire la possibilité pour un cotisant de revendre sa retraite future d’une ou plusieurs années.

             Concrètement, prenons le cas de Mr. Vachalet, notable de province en l’an N considérant que les [injure homophobe] de bolcheviks du gouvernement lui extorquent des quantités délirantes d’impôts pour financer les retraites. Et qu’il pense qu’il aurait mieux valu repousser largement l’âge du départ en retraite plutôt que d’augmenter les cotisations. Et bien il peut appliquer à son échelle sa propre politique.

             Bien sûr, les caisses de retraite ne peuvent lui rembourser directement ce qu’il a versé, puisqu’elles en ont besoin pour payer les pensions des retraités d’aujourd’hui. En revanche, les caisses peuvent annuler tout ou partie d’une année de pension que Mr. Vachalet aurait perçue dans vingt ans (en N+20), après son départ supposé en retraite. Mais Mr. Vachalet préfèrerait toucher l’argent maintenant, à titre de remboursement des impôts.

             Un économiste vous dirait que Mr. Vachalet ne fait qu’avoir une préférence pour le présent : on préfère 1000 euros aujourd’hui qu’une promesse de 1000 euros dans X années, ou même 2000 euros ou plus. Cette préférence est d’une intensité variable selon les personnes, certains n’ont même pas du tout de préférence pour le présent.

             Notons que, dans mes exemples, je raisonne à prix constants, comme dans les rapports du COR : l’inflation n’existe pas. Ce n’est pas gênant, c’est juste pour ne pas avoir à enfler les valeurs monétaires qui auront cours en N+20 et ne pas compliquer la démonstration.

             Cas d’échange entre trois personnes

             Et bien comment va faire Mr. Vachalet ? Faisons intervenir un tiers : Mr. Jeunériche, âgé de vingt ans de moins que Vachalet, propose d’acheter la pension de celui-ci qui aurait dû lui être versée en l’an N+20. Vachalet touche son argent, Jeunériche aura un remboursement de cotisations dû à l’annulation de la pension de Vachalet.

             Problème, me direz-vous ? Si les retraites coutent déjà très cher en cotisations, comment quelqu’un pourrait-il vouloir payer une deuxième fois ? Il risque d’y avoir fort peu de Jeunériche…et surtout pourquoi préférer payer maintenant pour une somme à percevoir dans vingt ans ? A part s’il y a une croissance énorme d’ici là (les pensions sont exprimées en fraction du PIB), il n’est pas sûr que Jeunériche fasse un bon placement…

             La noria

             Et bien solution toute simple : Jeunériche ne paiera pas lui-même. C’est une autre institution, que l’on va appeler une IER (institution d’Echange des Retraites) , à laquelle Jeunériche et Vachalet auront adhéré, qui paiera Vachalet. Nous verrons avec quel argent plus loin. Jeunériche se contente de se créer une ardoise auprès de l’IER. Au cours des années suivantes, Jeunériche a le choix : soit il paie en monnaie son ardoise, soit alors il l’efface, en décidant de vendre à son tour des années de retraites futures à un tiers plus jeune (qu’on pourrait appeler Mr. Tréjeunériche, mais passons). Jeunériche ne reçoit pas de monnaie, il ne fait qu’effacer son ardoise. Et, au final, il touchera, en l’an N+20, la pension de Vachalet (qui travaillera ou vivra sur son épargne personnelle) comme remboursement de ses cotisations. Mais, dans une autre année, Jeunériche sera lui aussi privé de pension(s).

             On entre dans un système de noria : génération après générations, des gens excédés par le niveau de cotisation élevé qui les frappe préfèrent travailler plus longtemps, et obtenir en échange des annulations de cotisations. Ils se les échangent entre eux pour gagner du temps pour recevoir l’argent.

             Le financement des premières ventes de retraites

             Ca n’a pas répondu à la question précédente : et comment paie-t-on les premiers entrants dans la noria, soit Mr. Vachalet qui veut l’argent de sa pension future annulée tout de suite ? Et bien c’est l’IER qui la paie à découvert, puis exige une petite cotisation sur toutes les autres générations d’adhérents à l’IER, c’est-à-dire tous ceux qui voudront vendre et acheter des pensions futures. Les IER font une grosse dépense pour la première génération d’entrants, et peu ou pas de dépenses par la suite puisque les achats se font par annulation d’ardoises. Les cotisations dureront jusqu’à résorption des dettes contractées pour les dépenses initiales (1).

             En cas de déséquilibre

             Mignon tout ça, mais que se passe-t-il en cas de déséquilibre dans la noria ? En clair, deux situations :

-          soit il y a plus de Jeunériche que de Vachalet, plus d’acheteurs de pensions futures que de vendeurs… Et bien c’est au bénéfice de Vachalet, il exige une plus grosse somme de Jeunériche, qui se créera une plus grosse ardoise. Jeunériche peut accepter cette hausse de prix s’il pense qu’à son tour, il pourra vendre ses pensions à un prix suffisamment élevé pour liquider son ardoise, et donc ne pas débourser un sou réel au final ;

-          soit il y a plus de Vachalet que de Jeunériche : plus de vendeurs que d’acheteurs. Et bien tout bêtement, soit Vachalet renonce, soit il accepte une plus petite somme que la valeur de sa pension future qu’il a fait annuler. Ca peut être pertinent s’il a une forte  préférence pour le présent (plutôt 500 euros aujourd’hui que 1000 euros dans vingt ans).

Après, il se peut qu’il y ait plus de Jeunériche que de Vachalet, puis, à la génération suivante, qu’il y ait plus de Jeunériche que de Tréjeunériche, et donc que les Jeunériche aient des difficultés à écouler leurs ardoises… Soit on considère que les Jeunériche ont pris leurs risques et c’est bien fait pour eux, soit alors, si c’est un phénomène de crise massive, les adhérents des IER peuvent voter pour que leur institution contracte de nouvelles dettes pour aider les Tréjeunériche à effacer les ardoises de leurs aînés. De toute façon l’Etat n’aura pas son mot à dire dans ces affaires privées.

             Intérêt du système

            Techniquement, le recours à ce système de noria permettrait, sur l’ensemble de la vie, une réduction sensible du taux de prélèvement destiné aux retraites. Nous avons évoqué plus haut un taux de prélèvement passant de 20 à 27.5%, et d’un taux normal de 33-34% sur les revenus d’activité si l’on exclut plafonnement et exonérations.

            Prenons le cas d’un cotisant à qui l’on demande quarante annuités de versements. Conformément au procédé vu plus haut, il vend cinq années de retraites futures, en l’échange de cinq ans de remboursement de cotisations. Pendant les cinq années où il a fait annuler ses retraites, il travaille, mais n’est plus compté comme cotisant. Sur l’ensemble de sa vie, l’individu en question aura fait le choix de travailler 45 ans, tout en ayant 35 années de cotisations (40 – 5). Donc, un taux d’imposition de 34% devient, en moyenne sur toute la vie active, 34% *35/45, 26.44%. Soit un retour aux taux actuels, et l’élimination de la hausse des prélèvements que nous prévoyons sur 2010-2050. Bien sûr, ce ne sont que des chiffres moyens. Pour les cotisants les plus aisés, sur lesquels les taux de prélèvements augmenteraient le plus, on pourrait aboutir à plus d’annulations de pensions. Du fait d’une vie plus longue et si le cotisant se sent à l’aise dans son travail, on pourrait avoir des cas où jusqu’à 8 années de pensions seraient annulées : ce qui ferait 48 années de travail, dont 32 (40-8) cotisées. Et une réduction d’un tiers du taux de prélèvement (32 années cotisées sur 48). Cela peut sembler hallucinant, mais pas forcément : le cadre ou l’ingénieur sorti d’une grande école à 22 ou 23 ans peut connaître une riche carrière sans interruptions jusqu’à 70 ans, ou plus. Or c’est justement lui qui aurait les retraites les plus coûteuses pour la collectivité.

Le but de ce mécanisme est d’aboutir à un système global de retraite qui fonctionne sur le mode inverse des réformes Balladur, Fillon, et sans doute Woerth à venir : la droite veut un système où tout le monde travaille plus longtemps. Et pour ceux qui veulent partir plus tôt, ils peuvent acheter des années de retraite, comme c’est possible depuis 2003, mais à des prix tels que peu de gens le feront. D’autant que ce sont les salariés qui vivent le moins longtemps et en moins bonne santé (et qui sont étrangement les plus pauvres aussi) qui aimeraient partir en retraite plus tôt. Ce seront donc eux qui seront contrariés par les réformes de la droite.

             Mes propositions partent sur le projet inverse : tout le monde cotise plus pour partir relativement tôt, et ceux que cela gène vraiment (les plus riches, vu la nouvelle répartition des prélèvements que je prône) peuvent récupérer une partie de leurs cotisations en revendant des années de retraite.

             L’avantage du mécanisme est aussi qu’en annulant des retraites de gens plutôt aisés qui vivent vieux, on fera baisser significativement le montant total du PIB alloué au retraite. Et ce en plus des restrictions natalistes et des possibles réquisitions de revenus du capital. Le chiffre théorique de 16.5% du PIB ne sera donc sans doute pas atteint en 2050.

(1) Je sais, on nous a dit la même chose pour la CRDS, l’impôt provisoire mais durable qui est censé résorber les dettes de la Sécurité sociale…sauf que les institutions en question seraient de droit privé, alors elles se démerdent pour fixer leurs cotisations. Non mais.

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Published by DiadoreCronos - dans Economie
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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 19:08

COMPLOT VIEUXAllez, encore un pour la route.

  Pour financer les retraites, je me suis prononceé pour un passage de la part du revenu national (le PIB) consacrée aux retraites, de 12,5% du PIB à 16,5%

J'ai proposé des solutions pour réduire éventuellement la charge à demander aux salariés ou travailleurs indépendants.

  Mais il faudra quand même une hausse du financement. Alors où la trouver?

Les sources de prélèvement

La nationalisation de grands groupes pétroliers ou financiers

             En tant que communistes, plutôt que d’exiger une taxation des flux financiers, dont j’ai déjà expliqué dans un article de fin 2006 que ces flux ne correspondaient à aucune richesse réelle, nous devons réclamer des nationalisations. Un grand groupe pétrolier comme Total distribue plusieurs milliards d’euros de dividendes à ses actionnaires chaque année. C’est également le cas des principales banques et sociétés d’assurance. Ces dividendes correspondent à une activité productive réelle, réalisée par les salariés de ces sociétés, ponctionnées par le capital. En nationalisant ces entreprises, nous pourrions espérer capter 10 à 20 milliards d’euros aujourd’hui (Total revendique un résultat net de 2 Mds d’euros par trimestre pour ses actionnaires, 8 milliards par an donc (1))  , donc, par extrapolation (hasardeuse, certes, mais pas impossible), le double d’ici à 2050. En tout cas, cela représenterait 0.5 à 1% du PIB.

             Oui, mais nationaliser coûte cher. Cependant, au vu des garanties accordées aux banques suite à la crise, ou au vu des turpitudes africaines de Total, ou de la non-baisse du prix de l’essence même quand le prix du baril retombait, n’y aurait-il pas de justes raisons de réclamer une nationalisation immédiate, sans indemnités ?

             Je fais aussi remarquer qu’en changeant de système économique vers un socialisme efficace (comme celui que je propose dans les vidéos « Changer de système »), les revenus du capital disparaissent, soit une marge de 8% du PIB en plus pour compenser le coût des retraites…Mais bon, faisons comme si ce système n’était pas encore prévu d’ici à 2050. Pour des raisons plus politiques que pratiques.

La hausse des cotisations sur les revenus d’activité

             Mais la principale source de hausse des financements sera la hausse des cotisations sur les revenus d’activité. Actuellement, les 12.5% du PIB finançant les retraites sont prélevés sur les revenus des actifs, salaires ou revenus des travailleurs indépendants, soit 60% du PIB environ. Soit un taux global de prélèvements de plus de 20%. Le taux nominal de cotisation est plutôt de 26 voire 28%, mais il faut en décompter les exonérations sur les salaires inférieurs à 1.5 SMICs ou le plafonnement des revenus soumis à cotisation. Soyons pessimistes, et mettons que nous ne nationaliserons pas Total et les grandes banques, et que les réductions de pensions sur les cotisants non parents n’aient qu’un effet très marginal sur le volume total des retraite. En passant de 12.5% à 16.5% du PIB, on passe à un taux de prélèvement réel de 27,5%, et les taux de prélèvements apparents seront de 33 ou 34%. Et encore, si, comme je l’exprimais plus haut, on fait payer plus cher leurs retraites aux professions à plus hauts revenus, cette progression de la fiscalité risque de cogner dur… Et l’on agitera, à droite, la menace de l’évasion fiscale, de la fuite des cerveaux, etc…

             Alors, suis-je irresponsable ? Allons-nous tous mourir si l’on augmente les cotisations ? Réponse dans l'article suivant...

(1) Cf. le bas de la première page de ce document :

http://www.total.com/MEDIAS/MEDIAS_INFOS/3294/FR/Total-20100430-1trim-2010-comptes.pdf

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 23:10

COMPLOT VIEUXJe profite de cet article hautement polémique mais qui ne fait que développer ma ligne sur les retraites pour faire deux annonces:

- d'abord, n'hésitez pas à lire l'article d'Econoclaste sur les retraites, ainsi que le chapitre sur les retraites que les auteurs du blog avaient renoncé à intégrer dans un de leurs livres, il rejoint mes argumentaires sur certains points;

- ensuite, je serai absent de Mercredi soir à Dimanche car je serai en Allemagne, au pays de la "paysanne" Merkel. Il n'y aura pas de compte-rendu de voyage, comme pour Cuba, s'entend...

 

Un impôt  libre pour financer les retraites

             En 2007, j’avais écrit un article sur une idée d’impôt à montant libre (1). Il s’agissait, notamment sur la fiscalité sur le revenu, de remplacer un impôt correspondant à une fraction fixe du revenu, ou à un montant fixe, par un montant fixe exigé à un ensemble de contribuables. Et où chaque contribuable est libre de négocier avec les autres pour payer plus ou moins d’impôts. Si la somme totale n’est pas collectée par les services fiscaux à la fin de l’année, le fisc (2) prélève un impôt compensatoire spécial l’année suivante, en ciblant de préférence les contribuables qui ont versé le moins d’impôts relativement à leur revenu au cours des dix (ou autre chiffre) dernières années.

             Dans le cas des retraites, cela signifierait d’abord la suppression des cotisations sociales consacrées à la vieillesse, et leur substitution par cet impôt, basée sur l’assiette de la CSG (3) (incluant les revenus financiers) mais à l’exclusion des retraites, bien sûr (on ne peut demander aux retraités de payer les retraites !). Impôt qui reviendrait à exiger une somme de chaque profession, ou, s’il y a lieu, de chaque profession divisé en tranches de revenus si les rémunérations sont trop disparates au sein d’un même corps de métier. Chaque cotisant est incité à payer une certaine fraction de son revenu, mais peu le faire plus ou moins, en fonction de ses négociations avec d’autres.

             L’intérêt de cette méthode est, non pas de baisser le taux de prélèvement global, mais de faire en sorte qu’il freine le moins possible l’activité économique. Une entreprise en plein lancement, en cours d’investissements lourds, une famille voulant financer des études longues à ses enfants, pourra le faire en négociant avec un autre contribuable de la même tranche d’imposition un accord pour payer moins maintenant, pendant que l’autre paiera plus, avant de faire l’inverse une ou plusieurs années plus tard. Celui qui accepte de payer plus se constitue en quelque sorte une épargne pour obtenir un gain futur sous forme de baisse d’impôt.

             Dans le cas des retraites, cela permet 1) d’adapter la cotisation à la profession, donc à la pénibilité et à l’espérance de vie de chaque catégorie socioprofessionnelle (les ouvriers vivent moins longtemps, surtout si l’on prend en compte leur vie en bonne santé, que les cadres). Et 2) de permettre à une entreprise d’augmenter les salaires momentanément sans que cela ne génère de hausse d’imposition immédiate pour les salariés (ils peuvent la différer dans le temps. En même temps, ce procédé crée un risque : que des cotisants négocient pour payer peu, puis changent de profession peu de temps après pour ne plus avoir de compte à rendre (la stratégie du passager clandestin). C’est pour cela qu’en changeant de tranche d’imposition, parce que son revenu évolue ou qu’il a changé de métier, chaque cotisant devra être contrôlé sur ses versements précédents. Si son taux de cotisation réel (cotisations rapportées aux revenus imposables) se situe en dessous du taux moyen de cotisation recommandé par la caisse de retraite, alors une contribution immédiate lui est exigée à titre de compensation. Dans le cas contraire, une exonération ou remboursement sur les versements futurs est accordée.

Des prestations en fraction du PIB

             Passons maintenant aux prestations. Je propose qu’elles soient versées, non plus sous forme d’un montant fixe qui correspond à une fraction d’un salaire de référence, mais en pourcentage du PIB. Je m’explique : il y aura 22 millions de retraités en 2050, qui toucheraient selon ma ligne 16.5% du PIB. Chaque retraité, sur une année, percevra en moyenne 16.5/22 millionième de pourcent du revenu national. Pour un PIB projeté à 4000 Mds euros à prix constants, cela revient à 30.000 euros. Mais bien sûr, ce total sera variable selon la profession du cotisant. C’est-à-dire que lorsqu’il s’acquitte d’une cotisation, un cotisant qui, en 2020, serait dans la catégorie des ouvriers, se verra attribuer un 16.5/22 millionième de pourcent du PIB en 2050 (ou sur une autre année si le cotisant le veut), fois un coefficient qui sera différent de celui attribué à un ingénieur. Ce principe permet plusieurs choses :

             D’abord, de jouer sur les coefficients et sur les taux de cotisations (cf. précédemment) exigés de chaque cotisant pour favoriser certaines professions, leur demander moins de prélèvements et leur garantir le meilleur rapport (valeur des retraites à percevoir)/(valeur des cotisations versées). Ceci afin de rendre plus juste le système de retraite, qu’il rende justice à ceux qui vivent le moins longtemps après une carrière à faibles revenus.

Ensuite, ce système permet de savoir à l’avance quelle fraction du PIB sera consacrée aux retraites en 2050, 2051, etc… Ce qui introduit de l’aléa dans les retraites : en cas de récession, les retraités perdent des revenus, comme toute la population. Mais en revanche, ils bénéficient aussi des croissances, contrairement aux  schémas issus des réformes Balladur-Veil faisant progresser les salaires en fonction des prix uniquement.

Une réduction de retraite pour les assurés sans enfants

             Un nouveau point fort polémique : je propose de réduire les pensions des cotisants qui atteignent l’âge de la retraite sans avoir fait d’enfants. Sauf bien sûr s’ils peuvent prétexter des motifs suivants : pauvreté durable au cours de la vie active, grand nombre d’heures de travail hebdomadaires tout au long de la carrière, handicap empêchant une vie familiale et bien sûr, les cas de stérilité. On met en place une politique nataliste qui consiste en une répression pure et simple de ceux qui ne font pas d’enfants. Et cela me semble parfaitement normal : il est évident que pour qu’un système de retraite tienne, il ne suffit pas que les retraités aient payé des cotisations par le passé, il faut aussi qu’ils aient engendré des cotisants ! Je rassure cependant certains : ce qui serait pris en compte serait le fait d’avoir élevé des enfants (en les ayant reconnus, puis déclarés à sa charge, scolarisés, etc…). Un père indélicat qui abandonne sa progéniture sera compté comme sans enfants. Des parents adoptifs seront comptés comme ayant eu des enfants (ce qui pose donc avec une plus grande acuité la question de l’adoption pour les couples homosexuels, mais ne dévions pas).

J’avancerai des chiffres un peu brutaux : un tiers de réduction de la retraite pour quelqu’un qui n’a pas eu d’enfants du tout, un sixième pour quelqu’un qui n’a eu qu’un seul enfant (car un enfant par couple, ce n’est pas suffisant, le renouvellement des générations se situant à 2.1 enfants par femme en âge de procréer). On peut revoir ces fractions à la baisse bien sûr.

             Cette mesure fera grincer bien des dents, et elle ne réduira qu’à la marge le coût des retraites. Je n’ai pas de chiffre sous la main sur la répartition du nombre d'enfants par couple en France, mais on peut savoir qu'environ 10% des femmes atteindraient la ménopause sans avoir fait d’enfants. On peut supposer une proportion comparable d'hommes atteignant l'âge de 60 ou 65 ans sans paternité. Basiquement, cela ferait 3.3% du montant des retraites en moins, et moins si l’on enlève les cas cités plus haut (stérilité, pauvreté…) qui exonèrent de la sanction. En comptant les cotisants à enfants uniques, on pourrait s’attendre à une réduction de l’ordre de 5 à 10% du total des retraites en moins. Ce qui, sur 16.5% du PIB consacrés aux retraites, ferait une ristourne d’un point de PIB probablement. Pas négligeable, sans compter le fait que, si elle stimule la natalité, cette politique améliore marginalement le financement des retraites futures.

             Mais faudra-t-il créer en retour une majoration pour les cotisants ayant engendré plus de deux enfants ? Il existe déjà des majorations pour les femmes ayant élevé plusieurs enfants.

             Avant de susciter les cris d’orfraie des soixante-huitards et autres y-a-trop-de-gens-sur-Terre, je tiens à préciser, sans vous raconter ma vie, que, si ma situation personnelle ne change pas, je suis parti pour être l’une des victimes de cette mesure, et à plein tarif.

(1) http://pourlecommunisme.over-blog.com/article-4425316.html

(2) Plus précisément l’URSSAF, institution bien connue des entrepreneurs, chargée de centraliser les cotisations salariales et patronales.

(3) Contribution Sociale Généralisée : impôt complétant les recettes de la Sécurité Sociale, en plus des cotisations. Créée sous Mitterrand.

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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 23:38

COMPLOT VIEUXAprès avoir fini l'examen des arguments principaux de droite et de gauche, passons aux propositions.

 

La ligne générale

             Pour rassurer les lecteurs auxquels le précédent article aurait pu faire croire que je me prononçais contre toute tentative d’augmenter les prélèvements pour financer les retraites, je m’inscris bien pour une hausse de la part du PIB consacrée aux pensions. Je privilégie donc la hausse des cotisations et non leur durée (le report de l’âge de départ en gros) afin de maintenir le taux de remplacement du salaire. Je propose donc de faire passer la part des retraites de 12.5% du PIB à 16.5% (chiffre théorique qui pourra être rabaissé, nous le verrons dans la suite du texte). Pourquoi ?

             D’une part pour aller plus loin que le simple maintient du système de retraites actuel mais ré-entamer les contre-réformes passées depuis 1993, par exemple en revenant sur la règle des 25 meilleures années pour déterminer le salaire de référence. Cependant, on ne sera pas aux 18.5% du PIB qui auraient permis de revenir aux 37.5 annuités pour tous. Donc j’admets, sur le fond, une élévation de l’âge du départ en retraite vers les 40 annuités. Je préfère l’annoncer tel quel. Car, même en prenant la totalité des revenus du capital, et même si, comme le font  Filoche et Chavigné (1), on conteste la rapidité de la hausse de l’espérance de vie (0.11 année de vie gagnée par an, au lieu du chiffre de 0.25 couramment avancé), et bien on ira quand même vers une progression continue du nombre de retraités par actifs, et donc il faudra bien envisager régulièrement de travailler plus longtemps. Le principal enjeu face à la droite n’est donc pas de refuser à tout jamais de repousser l’âge de la retraite, mais de se battre sur combien d’années, à partir de quand et pour quelle pension.

             D’autre part, parce qu’avec 16.5% du PIB, on pourra taxer les retraites pour financer la hausse des dépenses publiques de santé. J’avais précisé dans le deuxième des onze articles que ces dépenses étaient à 11% du PIB aujourd’hui, dont 9% sont prises en charge par la Sécurité Sociale. Mais ces taux augmentent, plus vite que le PIB, et l’on pourrait s’attendre à ce que, d’ici 2050, on soit à 14% du PIB consacré à la santé, dont trois quarts ou quatre cinquièmes seraient publics. Soit une hausse de 9% à 11% des dépenses publiques de santé. Les retraités sont eux-mêmes les principaux bénéficiaires de cette hausse. Utiliser la fiscalité (comme la CSG, qui couvre les retraites dans son assiette) pour ponctionner les retraites ne me semble pas immoral. Surtout en tenant compte de ce que tous les retraités ne sont pas pauvres, et qu’ils n’ont généralement pas d’enfants à charge contrairement aux actifs. Sur 16.5% du PIB alloué aux retraites, 1.5% pourrait aller couvrir la hausse du financement public des soins.

             Donc, même en faisant se chevaucher les sujets de la santé et des retraite, il nous reste 4% du revenu national à mobiliser pour les retraites.

             Je vais proposer plusieurs modifications du mode de prélèvement et de prestations, avant de détailler ensuite les sources de prélèvements.

(1)   (1) http://blog.exigences-citoyennes-retraites.net/?p=11

 

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 16:30

 

COMPLOT VIEUXOn en termine avec l'autocritique des arguments de gauche sur la réforme des retraites... Nous analysons cette fois-ci les arguments portant sur la répartition du revenu national entre salaires, retraites, profits, et investissements...

 

"De toute façon, pour payer les retraites, il suffit d’annuler le paquet fiscal, les niches fiscales, les dizaines de milliards d’euros d’exonération d’impôt…"

 

            Sans même vouloir entrer dans les débats de chiffres pour savoir si l’annulation des ces réductions fiscales comblerait ou non les déficits futurs des caisses de retraite, rappelons quand même aux très nombreux utilisateurs de cet argument (Mélenchon, Buffet…et les partis du Front de Gauche en général) que cela reviendrait de toute façon à augmenter les prélèvements obligatoires. Oui, mais payés par les patrons, me direz-vous ! Euh…pas sûr en fait. N’oubliez pas que le rétablissement des profits opérés à partir des années 80 (réel mais pas dans les proportions qu’on lui prête souvent, voir plus bas l’argument sur les « 10 points de PIB passés au capital en vingt ans ») succède à une période de hausse des cotisations sociales pendant le septennat Giscard, durant lequel les prélèvements obligatoires sont passés de 35% à 42% du PIB. Donc les prélèvements sociaux ont considérablement augmenté, mais les profits aussi ! Comment expliquer cela ? C’est bien simple : les salaires nets ont payé l’addition, leur progression ayant été rabotée par les employeurs. Donc, à chaque fois que l’on croit avoir trouvé la solution révolutionnaire en exigeant une hausse des cotisations patronales, il faut se demander comment s’assurer que ce ne seront pas les salaires nets qui vont l’encaisser. Et la solution ne passe pas par une proclamation d’un SMIC net à 2000 euros, sauf à vouloir ruiner quantité d’entreprises (1)…

           " Variante : l’Etat a trouvé 360 milliards d’euros pour les banques, alors pourquoi ne trouverait-t-on pas 100 milliards d’euros pour combler le déficit des retraites en 2050 ? "

            Sans vouloir faire l’apologie du refinancement sans contrepartie des banques par l’Etat, on doit rappeler : que lesdits 360 milliards d’euros sont des garanties, donc n’ont pas été entièrement versés. De plus, quand le COR annonce un déficit de 100 milliards d’euros en 2050, il s’agit d’un déficit annuel, et non en une fois comme lors du sauvetage des banques. Donc 1000 milliards sur dix ans, 2000 sur vingt ans, etc…

            "Variante 2 : il faut reprendre les 10 points du PIB perdus par les salaires au bénéfice des profits depuis 1980 !"

            Le tout premier article de ce blog, « Misère de l’antilibéralisme » (2), tapait déjà contre cette idée des « 10 points de PIB perdus par le travail depuis 1980 ». Ce chiffre est faux, et surtout il mène à des conclusions social-démocrates : pas besoin de communisme, revenons au bon capitalisme d’il y a trente ans ! Vu que je n’aime pas me répéter, je me contenterais d’ajourner mes affirmations d’il y a trois ans et demi par ce graphique, tiré des comptes de la Nation 2009 que publie l’INSEE (3) :

 

partage PIB 49 08

 

            Note : pour mesurer la quantité de valeur ajoutée produite par les salariés extorquée sous forme de rémunération des actionnaires et créanciers, il faut prendre non pas la valeur brute des revenus du capital versés par les sociétés (courbe bleue clair sur le graphique ci-dessus), mais leur valeur nette (courbe orange). Car les entreprises reçoivent aussi des revenus du capital, par exemple de participations dans d’autres entreprises. Mais elles en versent plus encore. C’est la différence entre les revenus du capital versés et reçus qui, elle, a réellement été prélevée sur la valeur ajoutée de l’entreprise, donc le travail des salariés pour la très grande majorité.

            On voit que les revenus du capital, s’ils étaient aux alentours de 5% du PIB en 1980, sont aujourd’hui entre 7 et 10%. J’intègre là dividendes, intérêts versés par les sociétés, ou encore les intérêts de la dette versés par l’Etat. Quant aux salaires et cotisations sociales (soit la masse salariale), ils ont bien connu une décroissance en passant de 55-56% du PIB en 1982 à 50-51% aujourd’hui. Il n’y a donc pas « 10 points perdus par le travail », mais au plus six, sur la période 1982-2008. Et vouloir prélever six points de PIB pour financer la retraite à 37.5 annuités pour tous, c’est réquisitionner les trois quarts des revenus du capital en France. Notons, pour ceux qui croiraient qu’il suffirait de « revenir au partage de la valeur ajoutée de 1982 », qu’à cette époque les investissements des sociétés étaient tombés à un minimum historique depuis 1949. Donc pour parvenir à la retraite à 60 ans à taux plein et sans baisse du niveau de pension relativement à l’ancien salaire, un « réajustement » ne suffira pas : il faudra l’abolition des profits, donc du capitalisme.

(1)   http://pourlecommunisme.over-blog.com/article-6405334.html

(2)   http://pourlecommunisme.over-blog.com/article-4387489.html

(3)   http://www.insee.fr/fr/themes/theme.asp?theme=16&nivgeo=0&type=2

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