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Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

     www.pourlecommunisme.com est un site qui s'attaque directement aux critiques faites contre le communisme (millions de morts imputés à l'idéal communiste, faillite économique, etc...). Il ne fait la promotion d'aucun régime existant ou ayant existé par le passé, s'efforce de comprendre les faits et de proposer des pistes pour l'avenir.

     Vous êtes anticommuniste et voulez débarasser le monde d'un jeune fou qui, selon vous, risque de faucher à nouveau des millions de vies?

Vous êtes stalino-maoïste (pardon : marxiste-léniniste-pensée-Mao-Zedong) et voulez écraser la vermine révisionniste que je suis?

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 16:30

 

COMPLOT VIEUXOn en termine avec l'autocritique des arguments de gauche sur la réforme des retraites... Nous analysons cette fois-ci les arguments portant sur la répartition du revenu national entre salaires, retraites, profits, et investissements...

 

"De toute façon, pour payer les retraites, il suffit d’annuler le paquet fiscal, les niches fiscales, les dizaines de milliards d’euros d’exonération d’impôt…"

 

            Sans même vouloir entrer dans les débats de chiffres pour savoir si l’annulation des ces réductions fiscales comblerait ou non les déficits futurs des caisses de retraite, rappelons quand même aux très nombreux utilisateurs de cet argument (Mélenchon, Buffet…et les partis du Front de Gauche en général) que cela reviendrait de toute façon à augmenter les prélèvements obligatoires. Oui, mais payés par les patrons, me direz-vous ! Euh…pas sûr en fait. N’oubliez pas que le rétablissement des profits opérés à partir des années 80 (réel mais pas dans les proportions qu’on lui prête souvent, voir plus bas l’argument sur les « 10 points de PIB passés au capital en vingt ans ») succède à une période de hausse des cotisations sociales pendant le septennat Giscard, durant lequel les prélèvements obligatoires sont passés de 35% à 42% du PIB. Donc les prélèvements sociaux ont considérablement augmenté, mais les profits aussi ! Comment expliquer cela ? C’est bien simple : les salaires nets ont payé l’addition, leur progression ayant été rabotée par les employeurs. Donc, à chaque fois que l’on croit avoir trouvé la solution révolutionnaire en exigeant une hausse des cotisations patronales, il faut se demander comment s’assurer que ce ne seront pas les salaires nets qui vont l’encaisser. Et la solution ne passe pas par une proclamation d’un SMIC net à 2000 euros, sauf à vouloir ruiner quantité d’entreprises (1)…

           " Variante : l’Etat a trouvé 360 milliards d’euros pour les banques, alors pourquoi ne trouverait-t-on pas 100 milliards d’euros pour combler le déficit des retraites en 2050 ? "

            Sans vouloir faire l’apologie du refinancement sans contrepartie des banques par l’Etat, on doit rappeler : que lesdits 360 milliards d’euros sont des garanties, donc n’ont pas été entièrement versés. De plus, quand le COR annonce un déficit de 100 milliards d’euros en 2050, il s’agit d’un déficit annuel, et non en une fois comme lors du sauvetage des banques. Donc 1000 milliards sur dix ans, 2000 sur vingt ans, etc…

            "Variante 2 : il faut reprendre les 10 points du PIB perdus par les salaires au bénéfice des profits depuis 1980 !"

            Le tout premier article de ce blog, « Misère de l’antilibéralisme » (2), tapait déjà contre cette idée des « 10 points de PIB perdus par le travail depuis 1980 ». Ce chiffre est faux, et surtout il mène à des conclusions social-démocrates : pas besoin de communisme, revenons au bon capitalisme d’il y a trente ans ! Vu que je n’aime pas me répéter, je me contenterais d’ajourner mes affirmations d’il y a trois ans et demi par ce graphique, tiré des comptes de la Nation 2009 que publie l’INSEE (3) :

 

partage PIB 49 08

 

            Note : pour mesurer la quantité de valeur ajoutée produite par les salariés extorquée sous forme de rémunération des actionnaires et créanciers, il faut prendre non pas la valeur brute des revenus du capital versés par les sociétés (courbe bleue clair sur le graphique ci-dessus), mais leur valeur nette (courbe orange). Car les entreprises reçoivent aussi des revenus du capital, par exemple de participations dans d’autres entreprises. Mais elles en versent plus encore. C’est la différence entre les revenus du capital versés et reçus qui, elle, a réellement été prélevée sur la valeur ajoutée de l’entreprise, donc le travail des salariés pour la très grande majorité.

            On voit que les revenus du capital, s’ils étaient aux alentours de 5% du PIB en 1980, sont aujourd’hui entre 7 et 10%. J’intègre là dividendes, intérêts versés par les sociétés, ou encore les intérêts de la dette versés par l’Etat. Quant aux salaires et cotisations sociales (soit la masse salariale), ils ont bien connu une décroissance en passant de 55-56% du PIB en 1982 à 50-51% aujourd’hui. Il n’y a donc pas « 10 points perdus par le travail », mais au plus six, sur la période 1982-2008. Et vouloir prélever six points de PIB pour financer la retraite à 37.5 annuités pour tous, c’est réquisitionner les trois quarts des revenus du capital en France. Notons, pour ceux qui croiraient qu’il suffirait de « revenir au partage de la valeur ajoutée de 1982 », qu’à cette époque les investissements des sociétés étaient tombés à un minimum historique depuis 1949. Donc pour parvenir à la retraite à 60 ans à taux plein et sans baisse du niveau de pension relativement à l’ancien salaire, un « réajustement » ne suffira pas : il faudra l’abolition des profits, donc du capitalisme.

(1)   http://pourlecommunisme.over-blog.com/article-6405334.html

(2)   http://pourlecommunisme.over-blog.com/article-4387489.html

(3)   http://www.insee.fr/fr/themes/theme.asp?theme=16&nivgeo=0&type=2

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Published by DiadoreCronos - dans Economie
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