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Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

     www.pourlecommunisme.com est un site qui s'attaque directement aux critiques faites contre le communisme (millions de morts imputés à l'idéal communiste, faillite économique, etc...). Il ne fait la promotion d'aucun régime existant ou ayant existé par le passé, s'efforce de comprendre les faits et de proposer des pistes pour l'avenir.

     Vous êtes anticommuniste et voulez débarasser le monde d'un jeune fou qui, selon vous, risque de faucher à nouveau des millions de vies?

Vous êtes stalino-maoïste (pardon : marxiste-léniniste-pensée-Mao-Zedong) et voulez écraser la vermine révisionniste que je suis?

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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 22:23

COMPLOT VIEUXOn continue la réfutation de certaines thèses maladroitement avancées à gauche sur les retraites.    

 

Augmenter l’âge du départ à la retraite, c’est condamner les jeunes au chômage !

            Il faut distinguer les raisonnements de court-terme et de long terme : précédemment, nous avons vu que l’augmentation de l’âge du départ à la retraite conduirait à laisser au chômage, donc avec des carrières incomplètes, des millions de salariés âgés. Mais c’est une situation de court-terme, qui peut évoluer si l’on développe l’emploi des séniors. De même, dire que travailler plus longtemps après 60 ans, c’est mettre des jeunes au chômage, c’est un raisonnement de court-terme : on suppose qu’il y a une quantité fixe d’emplois, et que maintenir plus de gens sur le marché du travail, c’est forcément priver d’emplois d’autres travailleurs. Or on peut augmenter la quantité d’emplois et de production, et ainsi permettre aussi bien aux jeunes qu’aux séniors d’échapper au chômage. Comment ? Pour ma part, j’ai mes propositions. Mais quelle que soit la politique d’emploi que l’on promeuve, le raisonnement « travail des vieux = chômage des jeunes » est invalide sur le long terme. Il peut aussi y avoir une contradiction entre cet argument et celui qui dit qu’augmenter l’âge du départ à la retraite revient à imposer à beaucoup de salariés des carrières incomplètes : si l’on part du principe que les séniors sont et seront toujours frappés par un chômage massif, alors repousser l’âge de la retraite ne créera pas ou peu de concurrence pour les jeunes, puisque les séniors n’auront pas ou peu d’emplois !

            Mais remarquons également que la réciproque de l’argument, qui serait : « mettre les vieux à la retraite, c’est permettre aux jeunes d’avoir un emploi » repose sur une vision simpliste du travail. Il se peut très bien que les départs à la retraite soient l’occasion de supprimer de nombreux emplois, qui ne seront pas remplacés, et ne profiteront donc à aucun jeune. On peut penser au non-remplacement de fonctionnaires partant en retraite, mais il s’agit là d’une décision politique, donc réversible. En revanche, quand un artisan ou commerçant ferme pour cause de retraite, il se peut que personne ne prenne la relève, faute de transmission du savoir-faire, ou par déclin de la filière concernée. Il se peut aussi que l’augmentation de la production à venir sur les quarante prochaines années soit entièrement avalée par les gains de productivité des salariés d’âge médian. Ou encore, les entreprises privées peuvent décider de fermer définitivement des postes et des services suite à des départs en retraite, trouvant là une bonne occasion de réorganiser leur activité.

Pour financer les retraites, il faut faire appel à l’immigration !

            C’est, là encore, une bien fausse-bonne idée. A priori, ce serait, toute considération sur l’intégration dans la société française des immigrants mise à part, une bonne manne : des travailleurs jeunes, éduqués par d’autres pays, qui vont relancer la natalité française par une fécondité supérieure, et – mais faut pas le dire – qui vivront un peu moins longtemps que les natifs, car l’espérance de vie est influencée par le pays d’origine.

            Ce que l’on oublie, c’est :

1)                          que ces immigrés ont des parents, qu’ils essaieront de faire venir en France (à moins que les partisans de l’immigration-pour-payer-nos-retraites se déclarent finalement hostiles au regroupement familial ?), et qui, même s’ils n’ont pas été cotisants, pourraient toujours demander des minima vieillesse ;

2)                          que les immigrés vont, au bout d’une ou deux générations, aligner leur fécondité sur celle des natifs, leurs enfants vivront aussi vieux que les enfants de natifs, donc on revient aux mêmes données à l’origine du problème des retraites (hausse de l’espérance de vie, faible natalité). Faudra-t-il alors faire venir encore et encore de nouvelles vagues de migrants ?

3)                          qu’il se pourrait, avec la baisse de la natalité dans les pays du Sud, que ceux-ci n’aient finalement plus autant de migrants à nous envoyer ? J’ai défendu dans d’autres articles l’idée que le développement allait amplifier les migrations, mais la baisse des migrations internationales, à long terme, est à envisager. D’autant plus que ce vieillissement à venir des pays du Sud signifie qu’eux aussi seront confrontés à un problème de financement des retraites ;

4)                          que l’idée de l’immigration-pour-financer-nos-retraites se base sur l’axiome selon lequel les français natifs (ou plus précisément les « de souche », « de type européen ») seront à tout jamais incapables de revenir à une fécondité suffisante pour renouveler eux-mêmes leur population. Donc on s’attend à une extinction progressive de l’actuelle population native de la France, et son remplacement par des couches successives de migrants. Les partisans de cette idée calculent-ils les conséquences sociales, politiques, nationales de leurs recommandations ?

Je conseille également aux lecteurs le livre de Michèle Tribalat, Les Yeux Grands Fermés, où la démographe de l’INED consacre un chapitre à démontrer que si elle devait servir au financement des retraites, l’immigration devrait atteindre des niveaux élevés, et serait de toute façon moins efficace pour alléger la note que la montée de l’emploi parmi les personnes d’âge actif.

Je précise à mes lecteurs qu'il  ne s'agit nullement de défendre ici un point de vue hostile à l'immigration en général, mais de refuser de voir en l'importation de dizaines de millions de travailleurs immigrés une nécessité générée par le problème des retraites.

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Published by DiadoreCronos - dans Economie
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