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Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

     www.pourlecommunisme.com est un site qui s'attaque directement aux critiques faites contre le communisme (millions de morts imputés à l'idéal communiste, faillite économique, etc...). Il ne fait la promotion d'aucun régime existant ou ayant existé par le passé, s'efforce de comprendre les faits et de proposer des pistes pour l'avenir.

     Vous êtes anticommuniste et voulez débarasser le monde d'un jeune fou qui, selon vous, risque de faucher à nouveau des millions de vies?

Vous êtes stalino-maoïste (pardon : marxiste-léniniste-pensée-Mao-Zedong) et voulez écraser la vermine révisionniste que je suis?

Vous voulez simplement parler du communisme?

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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 22:54

COMPLOT VIEUXErreurs de gauche

            J’aborde maintenant un certain nombre d’erreurs « de gauche » professées à de multiples reprises par les partis de gauche (dont le PCF), et qu’on retrouve, parmi des arguments pertinents, dans des contributions comme celles de Filoche, Chavigné ou ATTAC-Copernic que j’ai indiquées. Il y a plus de thèses critiquées que je n’en ai fait pour la droite, parce que je considère que mon propre camp a besoin d’être critiqué pour ne pas –trop- raconter n’importe quoi.

            Les prévisions démographiques sont trop incertaines, on ne peut pas s’y fier

            Cette critique a tendance à me sortir par les yeux, un peu par corporatisme (étant statisticien de profession, les démographes sont en quelque sorte des confrères), mais surtout parce que cette affirmation est en grande partie fausse.

            A l’échelle d’une génération (25 ou 30 ans), on peut savoir, en se basant sur les générations actuelles, combien il y aura de gens sur le marché du travail, et combien seront en âge de retraite. La mortalité avant 60 ans est relativement faible en France. Bien sûr, il pourrait se passer des choses en trente ans. Par exemple, une explosion (ou chute) de la natalité. Mais le temps que cette nouvelle génération nombreuse (ou creuse) arrive sur le marché du travail, nous serons au mieux en 2035. De plus, une forte natalité signifierait une hausse des dépenses publiques d’éducation et de formation, un investissement indispensable mais qui n’en représenterait pas moins un coût pour les 25 premières années de cette génération.

Autre évènement possible : une modification de la mortalité. La mortalité étant basse en France, le seul évènement radical serait une hausse brutale de la mortalité. Si elle frappe les actifs, elle détériore le financement des retraites. Si elle frappe les retraités, elle améliorera l’aspect financier de la question, mais devons-nous le souhaiter ?

Après cela, il y a toujours des paramètres économiques qui, eux, sont plus incertains : le taux de chômage et de non-emploi, en particulier. Les rapports du COR ont à mon sens le mérite de ne pas verser dans un optimisme débridé en maintenant un taux de chômage égal à 4.5% ou 7% de la population active, selon les scenarii. On peut même trouver ce choix relativement optimiste. Quant à une prévision de croissance de 1.8% l’an, elle est prudente, certainement pas trop élevé par rapport au potentiel de la France. Et une croissance plus faible ou une décroissance nous aiderait encore moins.

Alors Filoche et Chavigné peuvent écrire que, par rapport aux rapports des années 90, les rapports actuels du COR ne prévoient plus une baisse de 1 à 2 millions du nombre d’actifs, mais leur stabilisation à 26 millions de personnes d’ici 2050, et que le nombre de retraités prévus pour 2050 a été revu à la baisse de 650 000, sur une croissance totale de 7 millions entre 2010 et 2050, tout cela ne change pas fondamentalement le problème.

            Financer les retraites   ne coûtera que 2 à 3% du PIB selon le COR : ce n’est pas grand-chose !

            C’est un argument que j’ai pu trouver sur certains blogs, comme celui d’Edgar (3). En effet, le COR a chiffré le coût total des retraites, sans nouvelle réforme, à 15.5% du PIB en 2050, soit 3 points de plus qu’actuellement. Et 3 points de PIB en plus, qu’est-ce que c’est ? Ceux qui utilisent cet argument oublient une chose : le chiffre de 15.5% du PIB en 2050 correspond à une situation où on ne revient pas sur les réformes de 2003 ou de 1993. Si on le faisait, en se basant sur les prévisions du COR de 2003, la facture des retraites (à 37.5 annuités pour tous, indexation sur les salaires et le salaire de référence comme moyenne des dix meilleures années) ne serait plus de 15.5% en 2050 mais de 18.5% en 2040 ! Plus six points au lieu de plus trois ! Donc, avant de proclamer qu’il n’y a rien d’inquiétant, interrogeons-nous : acceptons-nous une fois pour toutes les réformes Fillon et Balladur-Veil ?

            Variante : augmenter de 6 points le taux de cotisation sur le salaire, c’est une faible augmentation annuelle, sur quarante ans !

            Trois points de PIB, soit 6 points de cotisations en plus sur les salaires, ou même 6 points de PIB et 12 points sur les salaires, sur 40 ans, ça ne fait que 0.3 points de plus par an ! Nous avons déjà connu de semblables croissances, ce qui nous a amené aux 12.5% actuels !...Voilà l’argument que ressassent certains, dont Filoche et Chavigné (2). Mais c’est un sophisme. Une petite métaphore qu’Alternatives Economiques avait déjà utilisée en 2003 : si vous êtes dans un bain à 20°, et que l’on augmente la température de l’eau de 1° par minute jusqu’à 30°, vous restez à l’aise. Mais si on continue au même rythme jusqu’à 40°, 50° ou 60°, le supporterez-vous ? Et pourtant le rythme d’augmentation de température n’aura pas changé !

            La croissance est la principale solution

            Je n’aime pas me répéter, aussi je renvoie mes lecteurs à l’article que j’avais écrit en Janvier 2007 (4) au sujet du programme du Parti Socialiste de 2007, qui maniait déjà cette idée de « la croissance et l’emploi » comme principales réponses au problème des retraites. L’idée est toujours la même : soir l’on accepte le creusement des inégalités entre actifs et retraités, soit l’on fait progresser les retraites au même rythme que les salaires. Et, dans ce cas, la croissance (de la masse salariale) ne résout rien car elle fait augmenter les dépenses comme les recettes. Certes, une hausse du taux d’emploi améliore le rapport actifs/retraités. Mais sitôt atteinte la situation de plein-emploi, et à moins de vouloir étendre la population active en reculant l’âge de la retraite, la proportion de retraités dans la population croît et le poids des retraites aussi. Donc il y a toujours un problème des retraites.

            Variante : en quoi ça pose problème d’augmenter les prélèvements pour les retraites, s’il y a la croissance !

            Filoche et Chavigné se demandent en quoi il faudrait craindre une augmentation de six points du PIB de la part des retraites (qui atteindrait 18.5% ou plus en 2050) si ledit PIB passe de 1950 Mds d’euros à 4000 Mds sur la même période. En effet, une arithmétique simple montre que même si le montant alloué aux retraites passe de 240 milliards d’euros actuels (pour un PIB de 1950 Mds d’euros) à 740 Mds (18.5% de 4000 Mds d’euros de PIB en 2050), la part n’allant pas aux retraites monte de 1710 milliards à 3260 milliards !...De quoi augmenter les salaires et les investissements, comme le notent les deux auteurs…qui oublient néanmoins que la France n’est pas seule au monde, et qu’une fraction aisée de français pourra toujours préférer l’émigration fiscale si un autre pays leur permet d’être plus riches encore. Mais surtout, ils oublient, en ce qui concerne l’investissement, que ce n’est pas seulement sa progression en termes absolus qui compte, mais sa progression relativement aux investissements (privés, publics, civils ou militaires) des autres pays. Si l’on augmente à la fois les retraites pour les porter à 18.5% du PIB, tout en maintenant la part des salaires nets dans le PIB, alors il faudra comprimer la part dévolue aux investissements, aux impôts allant aux administrations, et aux profits ! Bien sûr, en tant que communiste, supprimer les profits ne me dérange pas, mais pour cela, il faut la collectivisation, ce qui n’est pas demandé dans les « exigences citoyennes » dans lesquelles s’inscrivent Filoche, Chavigné & alii. Si, au final, la France se retrouve, pour financer la consommation des ménages actifs et retraités, à réduire nettement ses investissements (car les capitalistes sont coriaces sur les profits) alors notre pays s’enfoncera dans un retard que tous (salariés et retraités) paieront par la suite sous forme de moindre croissance.

            Extrême inverse : on n’a pas besoin de croissance pour financer les retraites

            Le texte d’ATTAC et de la Fondation Copernic (1) sort, dans le 9ème point de son argumentaire, sans doute pour faire plaisir à quelques décroissants, un argument encore plus décoiffant : même sans croissance « productiviste » (en langage décroissant : sans croissance tout court, voire avec la décroissance), on pourra quand même financer les retraites, par un nouveau partage. Texto : « Quels que soient les gains de productivité futurs, ils devront être partagés entre le niveau de vie de tous, actifs comme retraités, la satisfaction de nouveaux besoins sociaux et la diminution du temps de travail. » Et bien non messieurs, si les gains de productivité sont nuls ou négatifs, alors, pour financer les retraites légalement dues aux cotisants d’aujourd’hui et retraités de demain, il faudra augmenter la part des retraites dans le PIB, donc baisser en proportion et en valeur absolue les revenus des actifs ! Ou alors accepter de baisser les retraites !

            On a le droit d’être décroissant et de penser que l’humanité ne s’en sortira qu’en réduisant son activité économique, si l’on refuse d’envisager qu’une croissance qualitative (exemple : construire des maisons de qualité supérieure aux précédentes) prenne le relais d’une croissance quantitative (construire davantage de maisons). Mais on n’a pas le droit, en termes d’honnêteté intellectuelle, de dire dans la même foulée qu’on arrivera à payer les retraites telles qu’elles sont prévues aujourd’hui…

(1)   http://www.fondation-copernic.org/spip.php?article314

(2)   http://blog.exigences-citoyennes-retraites.net/?p=11

(3)   http://www.lalettrevolee.net/article-les-retraites-sont-finan-ables-sans-reforme-45160750.html

(4)   http://pourlecommunisme.over-blog.com/article-5119069.html

 

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Published by DiadoreCronos - dans Economie
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