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Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 01:27

 

 

A nouveau, un sujet trop long pour être traité en un article. Et surtout, je n’ai pas le temps de le finir cette semaine. Je commence donc par quelques redites pour situer

 

Le contexte


Les lecteurs de ce blog, qui sont restés aussi nombreux en ce mois de Septembre qu’au précédent, ont constaté le désert qui s’est installé ces quatre dernières semaines, qui furent pour moi fort occupées. Les annonces d’articles sur le système de santé français que j’avais faite au début du mois de Juillet sont à reporter jusqu’à nouvel ordre. J’avais cependant annoncé un article sur la question de l’immigration suite à l’article sur la francophonie.

 

L’actualité de l’été a également remué profondément cette question migratoire. Principalement avec la question des expulsions de Roms roumains ou bulgares (et certainement pas des Roms en général, n’en déplaise à certains, et uniquement pour des campements illégaux). Le PCF a participé à la manifestation du 4 Septembre contre « l’état raciste ». Le moins que je puisse dire est que je suis resté réservé sur cette initiative.

 

Il faut tout de même préciser que sur le demi-million de Roms que la France est censée compter, l’immense majorité sont de nationalité française, et donc ne seront jamais inquiétés par les services d’Eric Besson et Brice Hortefeux. Et comme la quasi-totalité d’entre eux (qu’ils soient français, ou de toute autre nationalité sauf roumains ou bulgares, soit plus de 95% d’entre eux) ne tirent pas sur des policiers, ils ne seraient pas non plus concernés par la déchéance de la nationalité pour fait criminels, quand bien même cette loi très probablement anticonstitutionnelle passerait au travers du filtre du Conseil Constitutionnel.

 

Donc la question des Roms est pour le moins marginale, ultramarginale dans la question de l’immigration en général. Je rappelle au lecteur plusieurs articles que j’ai écrit sur ce sujet, l’un en Avril 2007, un autre en Janvier 2010. Le premier donne une position générale sur l’immigration, la légitimité du droit de migrer, le gonflement de certains chiffres sur l’immigration. Le second donne plus de chiffres, des témoignages sur l’immigration en France. Le but de cet article sera de formuler des propositions pour un autre traitement de l’immigration en France.

 

Rappels numériques sur l’immigration


Cette immigration, dans les articles précités, on la chiffrait à environ 200.000 personnes par an selon l’INED, dont un peu plus de 40% sont originaires du continent africain, et 20% de l’Union Européenne, 28% si l’on intègre la Russie, la Suisse et l’ancienne Yougoslavie. Pour schématiser, on peut dire que sur quatorze immigrants légaux entrant en France en 2007, six sont africains, quatre européens, trois asiatiques (en moitié chinois ou turcs), et le dernier vient des Amériques.

 

Projetons-nous sur un siècle : au même rythme, ce ne sont pas moins de vingt millions de personnes qui vont entrer en France. Et ce sans tenir compte 1) de l’immigration clandestine, 2) des descendants de ces immigrés, qui, selon les nationalités, ont un taux de natalité différent de la population française native. Sur ces vingt millions de personnes, quatre à cinq millions seraient européennes, plus de huit millions seraient africaines. Nous recevrions également un million de chinois, sept cent mille turcs.

 

Approfondissement : de quelles immigrations s’agit-il ?


                Dans d’autres statistiques fournies par l’INSEE (Statistiques des flux d’immigration, ici pour 2006 : http://www.ined.fr/fichier/t_telechargement/21970/telechargement_fichier_fr_immigration06.pdf), on trouve plus d’éclaircissements, notamment sur l’âge et les motifs d’admission en France des migrants. Ces données confirment que les immigrants, toutes origines confondues, sont avant tout des gens jeunes, puisque 57% ont entre 20 et 35 ans, et 11% ont moins de 20 ans. Ces proportions varient selon les continents : parmi les européens, 12% des arrivants ont moins de 20 ans, 11% chez les africains, et 8% chez les asiatiques. Les 20-35 ans sont 60% chez les européens, les 57% chez les africains (et nord-africains), et 69% chez les asiatiques. Donc, contrairement à une idée reçue, les migrants venus du continent africain sont relativement moins jeunes que les européens.

 

                Dans la répartition par motifs d’admission, on voit une très nette domination de l’immigration de regroupement familial pour l’Afrique et la Turquie (70% des arrivants en 2006). La décision de mettre fin à l’immigration (légale) de travail dans les années 70 a fait que la seule zone d’où provient réellement une immigration de travail, espace Schengen oblige, est l’Europe.

 

http://img706.imageshack.us/img706/1888/compositionimmigrations.png

 

Source : INED 2007

 

                On remarque aussi que l’immigration asiatique et américaine (je désigne ici l’ensemble des Amériques) est fortement une immigration étudiante, et que les étudiants sont même majoritaires chez les chinois. Sur 38 000 personnes qui entrèrent en France en 2006 pour études (et dont une partie repartira dans les années suivantes), la moitié sont asiatiques –hors Turquie- ou américains, alors que ces continents ne fournissent que 22% de l’immigration en France.  Concernant les africains, l’immigration étudiante concerne quand même un sixième des effectifs, ce qui n’est pas négligeable.

 

Où est le problème ? 1) La question de « l’invasion »


En prenant chaque nationalité isolément, on voit qu’à l’horizon de cent ans à venir, aucun peuple n’est en mesure « d’envahir » notre territoire, aujourd’hui peuplé de 65 millions d’âmes, et sans doute 5 de plus dans quarante ans. Même les algériens (qui sont officiellement 24.000 à rejoindre notre sol chaque année, et donc deux millions quatre cent mille sur cent ans) ne le pourraient. Je sais que la référence à l’invasion choquera mes lecteurs de gauche, mais ne pas traiter ce point serait une forme d’angélisme pour ceux qui, à gauche comme à droite, sont plus critiques vis-à-vis de l’immigration. Pour ce qui est des africains dans leur ensemble, les effectifs de migrants à venir correspondent à ceux de trois régions françaises moyennes (à raison de trois millions de personnes par région) que l’on pourrait peupler ou repeupler sur un siècle avec ces arrivants. Je dis « repeupler », car il ne faut pas oublier d’inclure dans le tableau d’ensemble l’émigration de plusieurs dizaines de milliers de personnes par an, parfois des immigrés rentrant au pays, parfois des natifs issus de plusieurs générations de natifs qui s’expatrient. Si l’on parle des musulmans dans leur ensemble, on ne peut plus prendre la totalité (mais sans doute la majorité) des immigrants africains, auxquels il faut additionner les turcs, les pakistanais, une partie des libanais et des indiens. Soit là encore un gain de plusieurs millions de personnes pour cette communauté, sans compter l’accroissement naturel en France.

 

Ce n’est donc pas le problème de « l’invasion » qui nous préoccupera, puisque, démographiquement, elle n’a pas vraiment les moyens de se faire au niveau de la France. Mais au niveau d’une métropole (Marseille, Lille-Roubaix-Tourcoing, la banlieue Est et Nord de Paris), un changement de population s’est déjà largement opéré et peut s’intensifier. La démographe Michèle Tribalat, dans le livre déjà cité sur ce blog « Les yeux grands fermés », note que les trois quarts des jeunes de Seine-Saint-Denis ont de proches origines étrangères. Elle contredit en revanche l’idée d’une fuite en masse des « blancs » vivant dans ce département et plus généralement dans les banlieues à forte immigration. Mais ce qui est bien réel en revanche, c’est que peu de personnes de types européens s’installent dans ces quartiers. Faute de renouvellement, la population européenne (« blanche ») s’éteint localement et progressivement.

 

Où est le problème ? 2) La balkanisation du territoire, ethnique, démographique mais surtout sociale


                C’est une banalité que de dire que la composition ethnique des départements français a été largement contrastée par l’immigration, et que l’on a des régions à fort peuplement immigré et d’autres qui ne le sont pas. En oubliant deux points : immigré ne signifie pas nécessairement « africain » ou « asiatique » comme on l’a vu plus haut. Parmi les départements à fort peuplement immigré, on devrait aussi compter les départements du Sud-Ouest qui accueillent des retraités venus de nos voisins du Nord. Le second point est qu’aucune nationalité ne réunit à elle seule la majorité de l’immigration, même parmi les africains. On peut éventuellement parler de quartiers « arabes » (en évacuant le clivage arabe / berbère), mais parler de quartiers « noirs » ne signifierait rien sur le plan d’une conscience nationale ou identitaire qu’auraient ses habitants.

 

                Mais cette identité propre aux immigrés africains présents en France, certains essaient de la construire. Après tout, n’est-ce pas en tablant sur cette « conscience immigrée postcoloniale » que Houria Bouteldja menaçait les « blancs » français de ne plus pouvoir entrer dans les quartiers immigrés, dans une de ses élucubrations de 2006 ? Le problème est qu’entre temps cette personne n’est pas restée isolée, puisque son mouvement s’est constitué en parti, le PIR qui soit.

 

         De façon bien plus immédiate et préoccupante, cette balkanisation ethnique est aussi sociale et démographique : natalité différente entre européens et immigrés africains ou moyen-orientaux, plus grande jeunesse des seconds, et plus grande pauvreté aussi. D’où une situation financière plus que délicate des villes de la ceinture parisienne Est et Nord, cumulant de forts coûts sociaux liés à l’enfance, la jeunesse, le logement social, la promotion de l’emploi, la sécurité, et de faibles recettes fiscales. La ville de Sevran en a fait les frais récemment.

 

                Je me souviendrai longtemps de cette « une » de l’Humanité, en pleines émeutes de Novembre 2005, qui titrait «Assez de violences ! La banlieue veut les moyens de mieux vivre ! ». Le socialisme scientifique de l’Huma avait encore frappé. Alors que les évènements étaient encore en cours, le journal s’autorisait à conclure que le « soulèvement » était principalement (et même uniquement) dû à la pauvreté  - une attitude vraiment scientifique aurait été de relever les faits et de comparer niveaux de pauvreté et niveau de violence commune par commune, quartiers par quartiers. Mais surtout, la solution était toute trouvée : « Plus de moyens pour la banlieue ! »

 

                Il est normal et tout à fait louable qu’un quotidien communiste dénonce l’inégalité d’investissement de l’Etat pour les services publics entre les différentes communes, les différents départements. Il est juste de dénoncer le prélèvement de la fiscalité locale au niveau communal, que des villes comme Neuilly-sur-Seine, Courbevoie ou Puteaux tirent profit des entreprises présentes sur leur sol alors que ces entreprises exploitent des travailleurs résidant dans des communes bien plus pauvres. Et par exemple, de réclamer une redistribution inter-villes, ou un prélèvement au niveau du bassin d’emplois. Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut valider le « modèle » urbain qu’une immigration de masse hâtivement gérée a contribué à créer. Et la question n’est pas tellement de savoir s’il faut plus de moyens pour la banlieue (immigrée) que de la défaire et de redistribuer sa population.

 

Où est le problème ? 3) Les immigrés eux-mêmes, souvent, ne veulent pas venir…


                Dans l’article de Janvier 2010 sur l’immigration, je citais plusieurs témoignages d’immigrants, dont trois africains (ghanéen, malien, comorienne). Dans les trois cas, même si l’un n’est pas dramatique (celui du migrant malien), la migration n’est pas souhaitée en tant que telle. C’est là encore une banalité : l’immigration, lorsqu’elle vient des continents africain, sud-américain ou asiatique, se fait principalement sous la pression de la misère.

 

Mais ce n’est que partiellement vrai. La pression des conflits, de l’insécurité politique est également majeure, et a joué pleinement pour les ressortissants algériens des années 90. Comme je l’expliquais en 2007, puisque l’émigration coûte cher, les migrants venus de pays pauvres sont parmi les moins pauvres de leurs compatriotes, avaient souvent un emploi et des revenus. Certains sont très dignement diplômés – tels les médecins formés en Afrique, qui choisissent souvent l’émigration. Et au final, si la pauvreté et la violence ont déplacé des millions de personnes en Afrique, une minorité seulement (5% ou moins) a traversé la Méditerranée.

 

                Il faut donc distinguer plusieurs courants de migrations de travail (légale ou clandestine):

 

- La migration sous le fait de la pauvreté, dans le cas d’une personne relativement peu formée, et qui est envoyée par sa famille avec l’épargne de celle-ci dans un autre pays d’où il pourra transférer ses revenus ;

 

- La migration de travailleurs qualifiés, qui pourraient dans l’absolu exercer dans leur pays d’origine ou de formation, mais n’ont aucun intérêt à le faire vu les opportunités existant dans des pays plus riches ;

 

- La migration pour cause politique, de guerre, en attendant l’amplification des migrations de « réfugiés climatiques » qu’on nous annonce pour le siècle qui s’ouvre.

 

Pour les migrants eux-mêmes, le déplacement est une charge dont ils se seraient bien passés, une charge financière, mais aussi vitale, puisque le risque de mort est présent dans le cas de la migration clandestine, une charge sur la vie personnelle et familiale. Nul doute que s’il existait pour eux un moyen d’obtenir les gains financiers sans ces inconvénients, très peu viendraient pour honorer la beauté du mélange des peuples…

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Published by DiadoreCronos - dans Nation
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