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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 16:03

 Après avoir vu le niveau actuel des dépenses publiques françaises, voyons si, à l'échelle d'autres pays

                Le cas suédois

                Comme le rappelle cet article de Contrepoints (http://www.contrepoints.org/2011/01/24/11943-l%E2%80%99evolution-economique-de-la-suede), la Suède fut longtemps le « phare des espérances » de la gauche sociale-démocrate en Europe et en Amérique du Nord. Pas des communistes bien sûr, puisqu’elle n’a jamais rompu avec la propriété privée (même si plus du quart des travailleurs y sont toujours employés par les administrations publiques). Mais les niveaux très élevés atteints par la dépense publique en Suède (au début des années 80, le déficit public dépassait les 10% du PIB, et, prélèvements obligatoires inclus, la barre des 60% du PIB transitant par le secteur public était allègrement dépassée). Une sorte de « troisième voie » était trouvée, et une sorte de « socialisation des revenus » à grande échelle était concrétisée. Et le tout dans un système qui restait démocratique, sans avoir nullement à rougir par rapport aux autres nations européennes. Comme je le note moi-même dans Pour le Communisme, la Suède a au moins réussi à donner la preuve qu’un haut niveau d’intervention d’étatique est compatible avec la démocratie, quand nombre de dictatures ont des taux de dépenses publiques beaucoup plus faibles (ce qui ne signifie pas que les dictatures du Tiers-Monde ne soient pas elles aussi lourdement interventionnistes, mais bien plus souvent par le biais de lois et règlements, ou de la corruption, que par celle d’une redistribution des revenus).

                L’article cité raconte le déclin suédois en l’espace de trente ans, depuis la hausse massive des dépenses publiques suscitées par le projet de faire de la Suède un « foyer pour le peuple » (Folkhemmet). Comparant la Suède et les USA, il apparaît que la croissance du revenu des deux pays fut très divergente après les années soixante, lorsque le taux de dépenses publiques suédois commença à dépasser nettement son équivalent américain. Et cela entraina un déclassement de la Suède, rattrapée par d’autres pays entrés dans l’OCDE (comme le Japon en 1964), et dépassée par les USA. Le graphique ci-dessous montre la « descente aux enfers » suédoise. Elle permet de suivre un petit historique des ruptures qu’a connu le pays. Alors que le niveau de revenu par habitant était de près de 20% supérieur à celui des pays qui allaient constituer l’OCDE (créé en 1961) pendant les années 1950 et jusqu’à 1964, la pression étatique créée par la sociale-démocratie aurait provoqué une chute gigantesque (périodes 1,2,3 sur le graphe), culminant avec la crise du début des années 1990 (dans la zone 3). Cette crise, imputable à un gonflement des dettes privées par un relâchement des contraintes de solvabilité bancaires en 1985, qui a d’abord généré une inflation montante avant une restriction de la création monétaire et donc une récession, a résulté en un « effet de ciseau » pour le gouvernement suédois : les dépenses publiques continuaient à progresser sur le rythme de la croissance des années antérieures, tandis que les recettes baissaient. Le même scénario que nous avons vu pour les pays européens depuis 2008.

  

http://img27.imageshack.us/i/descentesude.png/  

 

                L’état suédois, dont la dette représentait plus de 80% du PIB en 1993, et dont le déficit dépassait 10ù du PIB, s’est résolu à réduire ses dépenses, diminuer le nombre de fonctionnaires, privatiser des entreprises publiques (ce qui ne prouve pas en soi l’inefficacité de ces entreprises, mais que le gouvernement avait besoin de recettes de ventes d’actifs), et à accroître la pression sur elles en ouvrant à la concurrence nombre de secteurs économiques.

                L’auteur libertarien (ou plus précisément minarchiste, partisan de l’Etat minimal) de l’article cité y voit la preuve de la supériorité du libéralisme, la Suède reprenant des places dans le classement des nations de l’OCDE pour leur revenu par habitant. Elle est également, et nous le confirmerons par la suite, un des pays d’Europe ayant eu les meilleures croissances depuis 1995.

                L’auteur feint d’oublier quelques points :

-          La Suède, du temps de l’hyper-étatisme, n’a pas connu une chute uniforme de son revenu par tête relativement aux pays de l’OCDE. Sur le graphique précédent, après la pente forte des années 1964-1978 (période 1), on a une stagnation sur la période 1978-1987 (période 2). Ce rétablissement ne peut être imputé au laxisme bancaire de 1985;

-          Autre point, soigneusement passé sous silence : le niveau des dépenses publiques suédoises, s’il a effectivement baissé depuis les années 90 et surtout depuis le début tragique de cette décennie, n’en est pas moins resté très élevé : selon Eurostat, 58% du PIB en 1998, 54% en 2004, 51% en 2007. Autrement dit, le redressement suédois observé depuis 1994 (période 4 du graphique précédent) montre qu’une performance économique respectable (par rapport aux niveaux des autres pays riches) était possible malgré une moitié des revenus gérés par l’Etat. La Suède a fait aussi bien voire mieux que des pays moins étatistes qu’elle, si l’on mesure l’étatisme par cette part des revenus collectivisée.

Il peut exister des lourdeurs étatiques qui ne se traduisent ni par des prélèvements et des emprunts, par le biais de douanes, de licences pour exercer des activités, en complexité des réglementations … Un haut niveau de dépenses publiques peut s’accompagner d’une faible entrave à la concurrence et à la création d’entreprises. La Chine, pays fort peu libéral pour ce qui est de sa monnaie, des barrières à l’entrée du marché intérieur ou des droits de propriété, n’en a pas moins, comme tout bon pays émergent, qu’un niveau de dépenses publiques assez limité, même si croissant, autour de 20% de son PIB (12,8% en 1998 et 19,2% en 2006, selon le China Statistical Yearbook  de 2007).

                Les dépenses publiques et la croissance

                En dehors du cas suédois, voyons quel lien nous pouvons établir entre les dépenses publiques et la croissance économique dans le continent le plus socialisé qui soit, l’Europe. Nous aurions pu prendre les prélèvements obligatoires, mais les dépenses publiques amènent un regard plus complet. En effet, dans l’écart entre dépenses et prélèvements, il y a l’emprunt, qui n’est jamais sans effet nul : il annonce de futurs prélèvements, constitue une éviction de l’épargne qui aurait pu aller au secteur non-étatique si l’emprunt est fait auprès des résidents, et contribue à réduire la confiance en la monnaie nationale si l’emprunt est fait sur capitaux étrangers.

                               Cas de l’Europe

                Prenons les séries d’Eurostat pour la période 1998-2008 (on arrête avant 2009, la crise modifiant brutalement croissance et dépenses publiques). En comparant le niveau des dépenses et la croissance moyens de ces onze années, on obtient le graphique suivant, sur lequel une droite de tendance a été calculée (c’est-à-dire une droite calculée exprès pour que la somme des distances entre tous les points et cette droite soit la plus faible possible). Pour rester dans la comparaison des croissances, ce sont les variations des revenus par habitant (avec standardisation des niveaux de prix entre pays) relativement à la moyenne de l’UE qui sont retenus.

Un « coefficient de corrélation » (R²=…) a également été indiqué. Pour ceux qui n’ont jamais fait de statistique (la discipline, au singulier donc), c’est un indicateur basique mesurant l’adéquation de deux séries de valeurs (ici les niveaux de croissance et de dépense). Si le coefficient est proche de 1 ou -1, alors les valeurs des deux séries sont fortement corrélées : si on avait 1 dans notre cas, cela voudrait dire qu’un pays à fort niveau de dépenses publiques a forcément eu une basse croissance sur la période observée (car la pente de la tendance est ici négative). Si le coefficient est plus proche de zéro, alors la relation est beaucoup plus ténue, et la croissance est influencée par d’autres facteurs plus significatifs.

Période 1998-2008

http://img822.imageshack.us/i/compcroissancedpeurope.png/  

 

Lecture : plus un pays a fait progresser, entre 1998 et 2008, son PIB / habitant relativement à la moyenne de l’Union Européenne, plus le carré qui le représente est placé haut sur le graphique, et vers le bas s’il a régressé par rapport à la moyenne. Plus un pays a des dépenses publiques faibles (en % du PIB), plus il est situé à gauche du graphique, et inversement, vers la droite, si elles sont élevées.

On voit une pente du haut à gauche vers le bas à droite. Cela signifie globalement que les pays qui ont des dépenses publiques modérées ont mieux progressé en termes de PIB/habitant que ceux qui ont des dépenses publiques élevées.

                Le coefficient est à 0,28, ce qui n’est pas très élevé. Au dessus de la droite, se trouvent des pays qui ont eu plus de croissance que d’autres pays ayant le même niveau de dépenses publiques. S’il y avait une relation très forte entre les deux valeurs, et un coefficient proche de 1, les points devraient être tous alignés ou très proches de la droite, et on n’enregistrerait pas de déviances vers le haut ou le bas comme on le constate. Ainsi, l’Italie, la Hongrie et la Finlande sont toutes proches de 50% du PIB étatisé ; leurs performances de croissance n’en sont pas moins fort différentes, la Hongrie réduisant de 10% son écart relatif avec le revenu moyen de l’UE, la Finlande progressant un peu, l’Italie régressant nettement. La championne des dépenses publiques, la Suède, aujourd’hui dépassée par la France, était en stagnation relative : les suédois sont devenus plus riches, mais au même rythme que l’ensemble du continent européen sauf ex-URSS.

On pourra suggérer que, dans le graphe, les pays d’Europe centrale et orientale se classent parmi les fortes progressions relatives du revenu par tête. Cette dynamique peut se voir comme un effet de rattrapage : peut importe le niveau des dépenses publiques et des impôts, pour un investisseur occidental, ces pays ont présenté des avantages productifs tels qu’une main d’œuvre peu chère (même si les salaires ont nettement progressé dans cette région) et assez qualifiée (la Hongrie et la République Tchèque, pas spécialement libérales par leurs dépenses, illustrent ce cas). Si l’on refait le graphique en ne gardant que les pays de l’UE à 15, plus l’Islande, la Suisse et la Norvège, on obtient un nuage de points dont la répartition est encore moins cohérente. En traçant une droite de tendance, la pente est toujours négative, mais le coefficient de corrélation n’est plus que de 0,16. Ce qui indique que le niveau des dépenses publiques influe encore moins sur la performance économique globale si l’on ne prend en compte que des nations ayant eu des conditions comparables de développement depuis 1945 (excluant donc les pays du bloc de l’Est).

Passons maintenant à une vue relative pour ce qui est des dépenses publiques : remplaçons leur niveau moyen par leur variation au cours de la période 1998-2007 (ou plus précisément de la pente de variation). Je prends 2007 et non 2008 car la crise a largement fait déraper les dépenses publiques, et la prise en compte de cette dernière année modifie nettement la pente (ce qui est moins le cas avec la moyenne, comme dans les graphes précédents). Raisonner sur les pentes permet de répondre à l’objection qu’on pourrait nous faire sur le cas suédois : la Suède a eu une bonne performance de croissance depuis les années 90, mais cela serait dû au fait qu’elle ait baissé son niveau de dépenses, au contraire de la France par exemple. Regardons ce que la prise en compte des pentes change à notre constat :

Période 1998-2008

http://img201.imageshack.us/i/compcroissancevardpeuro.png/  

 

Source : Eurostat

 

                On peut voir :

-          Que la majorité des états ont réduit leurs dépenses publiques dans la décennie qui a suivi 1997 ;

-          Que le taux de corrélation avec la variation du revenu par habitant relativement à la moyenne de l’UE est très faible ;

-          Que parmi ceux qui ont baissé leurs dépenses (en bas à gauche, comme l’Autriche), certains n’en ont pas moins relativement régressé en revenu par tête ;

-          Qu’à l’inverse, des pays ont accru leurs dépenses tout en progressant dans les revenus, comme la Hongrie, la République Tchèque ou le Royaume-Uni.

-          Certains pays ont fortement régressé, mais pas forcément ceux qui avaient les plus fortes dépenses : l’Italie a plus regressé que la France, et bien plus que la Finlande, dont on a vu sur les tableaux précédents que ses dépenses publiques étaient plus élevées que celles de l’Italie.

Sur ce tableau, on ne voit pas apparaître l’Irlande. Elle se situe très haut verticalement, signe d’une très forte progression de ses revenus, et  a augmenté ses dépenses publiques, d’environ deux points entre le début des années  2000 et 2007. Si l’on avait prolongé la période jusqu’à 2008, l’Irlande aurait apparu comme un pays ayant fortement augmenté ses dépenses publiques. Ce qui aurait été tomber dans la même erreur d’analyse que celle mentionnée plus haut, avec le dérapage des dépenses publiques occasionné par la crise. Et ce dérapage a été particulièrement important pour l’île celte.

                Un autre article de Contrepoints.org s’attaque au cas de la crise irlandaise et son origine « ultralibérale » (http://www.contrepoints.org/2010/12/01/8198-irlande-crise-etatique ). L’Irlande a profité – à juste titre initialement – de sa forte croissance des années 2000 pour augmenter ses dépenses publiques en volume, dans un rythme proche de sa croissance, ce qui faisait que le taux de dépenses publiques dans le PIB augmentait peu (plus 2 points entre 1998 et 2007). D’où est venue sa crise ? Qu’en 2008, la croissance a décroché, et pas le rythme de croissance des dépenses publiques ; l’Irlande aurait pu décider soit une hausse de ses impôts (mal trouvé en temps de récession), soit un coup de frein et même une baisse de ses dépenses publiques. Notons que l’Irlande, en tant que petit pays, est fortement dépendante de ses échanges extérieurs : elle tire une grande partie de ses revenus des exportations, et consomme en grande partie des biens et services importés.Ce qui signifie que relancer la croissance ou même limiter la récession par « le soutien à la demande » et donc en maintenant ou accroissant les dépenses sans monter les impôts serait une ineptie totale. Mais le gouvernement irlandais a choisi de continuer à dépenser, et les déficits se sont accrus jusqu’à 2010. Le sauvetage des banques – au contraire de ce qu’a fait l’Islande- figure parmi les choix coupables. Egalement en cause dans cette affaire : l’euro, qui a permis à l’Irlande de s’endetter à coûts réduits, tandis qu’une monnaie nationale, qui aurait été plus rapidement attaquée, aurait contraint le pays à une rigueur plus précoce. L’analyse de Contrepoints qui voudrait que l’Irlande soit entrée en crise parce que la montée de ses dépenses l’aurait transformée en « petite Suède » ou « petite France » est cependant malhonnête. La comparaison avec la Suède, la Finlande ou la France serait valable si l’Irlande s’était doté d’un haut niveau de dépenses publiques sur le long terme, sur la base de politiques conscientes et planifiant cette progression. L’Irlande, elle, s’est retrouvé en situation de creusement à grande vitesse de l’écart entre recettes et dépenses (« ciseaux »), et en crise de la dette au bout de deux ans. Que l’on reproche à l’Irlande de ne pas avoir pris les mesures adéquates assez tôt est une chose, et d’avoir en plus de cela décidé de nouvelles largesses dans ses dépenses (notamment sur les salaires des fonctionnaires) juste avant que la récession ne la frappe, passe encore. Mais mettre la crise sur le dos d’un modèle « étatiste » qui n’existait pas trois ans plus tôt (le taux de dépenses publiques n’était que de  36% en 2007) est déplacé.

                               Cas des USA

                Les Etats-Unis sont apparemment l’exemple d’un pays à forte croissance et faibles dépenses publiques. C’est oublier un fait majeur : la population américaine croit nettement plus que celle de pratiquement tous les pays européens. Notamment si on compare les USA et la Suède. En calculant la croissance moyenne des différents pays de la Triade (Amérique du Nord – Europe – Extrême-Orient riche) de 1980 à 2008, on se rend compte que malgré ses déboires du tournant des années 80-90, la Suède a obtenu une performance finale proche de celle des USA, alors que ses dépenses publiques n’ont été inférieures à 54% du PIB que de 2005 à 2007. Quant aux Pays-Bas, ils ont fait mieux que les USA avec onze points de dépenses publiques en plus (46% contre 35%).

Année

Croissance du PIB par habitant 1980-2008

Suède

1,81%

France

1,52%

Belgique

1,70%

Italie

1,45%

Pays-Bas

1,94%

Allemagne (RFA puis réunifiée)

1,75%

Portugal

2,14%

Grèce

1,69%

Canada

1,60%

Royaume-Uni

2,17%

Espagne

2,22%

USA

1,90%

Japon

1,89%

Corée du Sud

5,60%

Source : Perspectives Monde, Université de Sherbrooke

   Intéressons-nous maintenant au cas des USA seuls, pour faire une comparaison historique. Malgré la période reaganienne (et en fait pendant celle-ci, principalement), les USA ont fait passer le poids des administrations publiques (locales – les comtés et villes -, d’états, fédérales) de 29% du PIB en 1962 à 37% en 2008 (et 43% en 2010).

Sources des graphes et du tableau suivants : http://www.usgovernmentspending.com, d’après le US Census Bureau pur les chiffres des dépenses publiques, le site « Perspectives Monde» de l’université de Sherbrooke pour les chiffres de croissance.

http://img718.imageshack.us/i/croissancepibhabdpusa.png/  

 

                Sur ces courbes, on voit :

-          Que depuis les années 1960 jusqu’au début des années 1990, les dépenses publiques US ont tendanciellement progressé, la seule présidence sous laquelle elles baissaient durablement étant démocrate (Clinton), avant de stagner sous Bush Junior et de remonter avec Obama ;

-          Qu’il semble que le taux de croissance par habitant décline, mais de façon assez irrégulière.

Voyons la solidité du lien entre croissance des dépenses publiques et niveau de la croissance par habitant, année par année. Le nuage de points suivant associe les deux variations (dépenses publiques et revenu par habitant), et montre que la corrélation est très faible : certaines années ont connu une forte progression des deux valeurs, d’autres années ont vu une régression des dépenses publiques et une croissance médiocre.

 

http://img824.imageshack.us/i/croissancevarpibhabvard.png/  

 

                On objectera que les conséquences de la croissance ou de la réduction des dépenses publiques doivent s’observer sur le long terme. Et bien observons le bilan par décennie :

Décennie

Croissance moyenne du PIB par habitant

Moyenne du taux de dépenses publiques

1960

2,36

28,86

1970

2,05

31,80

1980

2,07

35,03

1990

1,98

35,18

2000

1,27

35,45

               

Que constate-t-on ? D’abord que trois décennies ont des niveaux de croissance tout à fait comparables (1970-1980-1990) tout en ayant des niveaux de socialisation du revenu assez différents (du moins entre les années 70 et les deux décennies suivantes). La décennie 2000 est particulière : son bilan est fortement affecté par les années  2008-2009. Si on enlevait ces deux années, on aurait toujours une croissance plus faible (1,6% en moyenne), mais également des dépenses publiques plus faibles que sur les deux décennies précédentes (34,5% du PIB). Mais cela aurait peu de sens de faire ce retranchement, car la croissance des années 2000 a justement été dopée par l’émission monétaire massive de cette décennie, la même qui a engendré la récession à partir de 2008.

 

En conclusion, on peut noter, qu’en Europe comme aux USA, la thèse « plus de dépenses publiques = moins de croissance » souffre de nombreuses exceptions, aussi bien par comparaisons dans le temps que par comparaisons entre états. Il ne s’agit pas de dire que l’on peut voguer allègrement vers des niveaux de dépenses publiques à 60%, 70% ou plus sans que rien ne se passe. La Suède a fait l’expérience malheureuse de constater qu’il y avait un niveau à ne pas dépasser. Cependant, un niveau de dépenses compris entre 45 et 50%, voire un peu plus, n'est certainement pas fatal.

Prochain épisode: Comment réguler les dépenses publiques ? 

 

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Published by DiadoreCronos - dans Economie
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