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Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

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4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 23:58

 

contre-risque-copie-1.jpg

 Préférer la dissuasion à l'affrontement brutal.

Voici l’article promis il y a quelques jours, où je dois parler des réponses que l’on peut apporter au problème de la prostitution. Je dois prévenir le lecteur de deux choses. D’abord, je vais aborder des sujets variés en apparence, en expliquant cependant dès le départ ce qu’ils ont de commun. Ensuite, je vais faire des propositions qui pourraient paraître comiques à première vue, mais qui sont en fait sérieuses. D’ailleurs, des propositions en apparence délirantes peuvent très bien être sérieuses en fait.

Je vais donc parler à la fois d’un problème comme la prostitution, mais aussi des luttes contre l’alcoolisme, le tabagisme, la délinquance routière. Pourquoi ? Parce qu’il me semble que ces fléaux ont une caractéristique commune, et que les traitements qui me semblent pertinents contre eux ont eux aussi un lien en commun. Ce lien, c’est ce que j’appellerai la stratégie du contre-risque. J’expliquerai pourquoi dans la suite mais commençons par le commencement.

Les fléaux addictifs : délinquance routière, dépendance à l’alcool et au tabac, prostitution

En quoi ces quatre sujets sont-ils reliés ? Quoi de commun entre les accidents de la route, les cancers du poumon, les cirrhoses, et la prostitution ? Le point commun, c’est que ces quatre problèmes peuvent être considérés comme des fléaux addictifs, c’est-à-dire qu’ils sont dus à un comportement addictif, à une dépendance. La mortalité routière est largement due à une tendance à la vitesse excessive chez un certain nombre de conducteurs (1), couplée dans de trop nombreux cas à la consommation d’alcool ou de drogues. Les dépendances au tabac et à l’alcool ne sont un mystère pour personne. Et la prostitution résulte aussi de cette dépendance aux pulsions sexuelles qui pousse à fréquenter une filière virant parfois à l'asservissement des femmes (il existe des prostituées libres, mais combien d'esclaves?). Le rôle de l’addiction est ce qui relie ces quatre sujets. Et c’est aussi par ce biais que l’on peut relier ces quatre problèmes, si l’on s’intéresse aux moyens de les combattre.

Les individus sont-ils rationnels ?

             Commençons par la mortalité routière. Même si elle continue de faucher plusieurs milliers de vies par an en France (moins de 5 000), elle n’en a pas moins nettement chuté par rapport à la situation du début des années 70, où 17.000 personnes restaient sur le bitume en un an. Notons d’abord une chose. Les libéraux dénoncent dans la politique de répression mise en place par l’Etat depuis les années 70 (ceinture de sécurité, permis à point, renforcement des amendes et peines contre les violations des limitations de vitesses et les responsables d’accidents…) une atteinte aux libertés individuelles. L’individu étant rationnel, le fait de réprimer des comportements individuels avant même qu’ils n’aient provoqué de catastrophes (2) revient à infantiliser les individus. Loin de moi l’idée de vouloir défendre l’infantilisation des citoyens, mais dans l’histoire de la délinquance routière, un fait remet en cause l’idée de la rationalité des individus. En effet, si les individus sont rationnels, alors pourquoi, dans les années 70, la simple consultation des statistiques de la mortalité routière n’aurait-elle pas incité les automobilistes à changer leurs comportements ? Voir que  17.000 personnes meurent sur les routes françaises devrait inciter à modérer sa vitesse, à respecter le code de la route, à s’assurer du bon entretien de son véhicule. Il a fallu trente ans pour que le nombre de décès soient divisés par trois (alors que la population montait d’un quart). Alors peut-on parler d’un comportement rationnel chez la plupart des individus concernés ? On pourrait faire le même raisonnement pour l’alcoolisme et le tabagisme. Sauf que ces deux fléaux s’accompagnent d’une dépendance biologique et psychologique à la consommation. On peut mettre à part le sujet de la prostitution, car le client n’est pas vraiment lui-même la victime de son comportement. Mais la lutte contre la prostitution aura besoin du même expédient que nous allons aborder, à savoir le contre-risque.

Le contre-risque

             Pour lutter contre l’insécurité routière, l’Etat a utilisé massivement la menace de la sanction financière, voire de l’emprisonnement, ou du retrait de permis. Toutes ces sanctions sont peu appréciables (normal pour une sanction) pour celui à qui on les inflige, mais notons qu’elles sont tout de même très inférieures au risque que l’Etat cherche à nous épargner : la mort ou un handicap lourd dans un accident routier. Alors que la lecture des statistiques de la mortalité routière des années 70 n’a pas fait réfléchir et réagir les automobilistes, la crainte pour le portefeuille ou le permis a en revanche eu un effet net, notamment au début des années 2000, où l’on passa de 7-8000 morts annuels à un peu plus de 4000. L’Etat a recouru à ce que j’appelle le contre-risque : opposer à un risque connu et gravissime, mais face auquel les individus n’ont que trop peu tendance à se protéger eux-mêmes, un risque bien moins grave (une amende ou un retrait de permis) mais dont l’effet psychologique est bien plus décisif.

             Bien sûr, cette politique est critiquée, certains y voient un état policier, et elle s’encombre d’absurdités pratiques et juridiques (par des emplacements de radar abusifs notamment). Mais il est difficile de faire autrement pour un sujet tel que l’automobile, ou alors guère différemment (3).

Le contre-risque adapté au tabac et à l’alcool.

L’Etat tente de plus en plus d’appliquer cette logique à la lutte contre le tabagisme. Ainsi les interdictions de fumer dans un nombre croissant de lieux publics, ou l’augmentation du prix du tabac. Pour l’alcool, l’offensive est plus timorée, étant donné la plus grande importance de l’économie viticole et alcoolière par rapport à l’industrie tabagique. Les réactions sur le caractère liberticide de cette politique ont été bien plus virulentes que pour la répression de la violence routière (4).

De mon point de vue, l’Etat a raison de s’engager contre ces deux addictions mortifères, qui causent à elles seules 10 à 20% de la mortalité en France (entre 50.000 et 100.000 décès annuels, sur 550.000 dans notre pays). Cependant le fait de procéder par interdictions n’est pas la meilleure façon d’exploiter la stratégie du contre-risque.

Il y aurait une façon à la fois plus amusante, plus libérale et plus efficace de réduire la dépendance au tabac et à l’alcool. Il s’agirait tout simplement de rendre la consommation de ces produits dangereuse. Elle l’est déjà, me direz-vous, et des milliers de gens le paient de leur vie. Mais il s’agirait de la rendre immédiatement dangereuse, et avec un danger d’une bien moins grande gravité et qui arrive bien plus vite. C’est là l’application la plus intelligente du contre-risque.

Concrètement, cela signifierait la distribution par l’Etat (ou sous son contrôle (5)) de cigarettes de mauvaise qualité, vendues de façon indiscernable des autres cigarettes dans les mêmes paquets. Des cigarettes puantes par exemple (plus que les cigarettes ordinaires). Le genre de clopes qui, même si elles ne constituaient qu’un exemplaire sur 3, 4 ou plus, pourraient faire passer l’envie à de nombreuses personnes de recommencer, et pas par crainte du cancer du poumon. Pour la distribution d’alcool, même pratique : une fraction minoritaire des bouteilles pourrait être injectée d’un additif qui les rendrait imbuvables, sans être dangereuses pour la santé. Pour le tabac comme pour l’alcool, les consommateurs pourraient tenter de détecter après l’achat les produits consommables des autres ; mais ils auront quand même payé plus cher en achetant plus d'unités. Et même si les consommateurs raisonnables de tabac ou d'alcool pourront toujours distinguer après coup les bonnes unités des mauvaises, les addicts (poivrots ou fumeurs invétérés) seraient forcément piégés à un moment ou à un autre. Ils pourront tenter de s’approvisionner par des filières illégales. Mais l’Etat pourrait également organiser lui-même ses réseaux « clandestins », et refiler également des cigarettes et binouzes pourries.

Ce dernier point pourrait soulever des critiques sur le fait que l’on pousserait les consommateurs à acheter un produit de mauvaise qualité. Ce qui serait savoureux quant on sait la quantité de poisons que l’on peut trouver dans une simple cigarette.

Le contre-risque adapté à la prostitution

              Nous arrivons maintenant au sujet de la prostitution. Face à ce problème, deux approches principales se dégagent : d’abord la tendance prohibitionniste, qui vise à interdire la prostitution, et pourquoi pas à sanctionner les clients. C’est par exemple ce que fait la Suède. Mais la critique courante de cette tendance est qu’elle a principalement amené la prostitution à s’organiser dans des lieux reculés, où les victimes de ce trafic sont encore plus maltraitées, impossibles à suivre pour les associations d’aide aux prostitué-e-s, et à l’abri de la surveillance policière. S’est donc opposée au prohibitionnisme la tendance qui veut la régularisation du commerce sexuel, avec un encadrement. Les prostituées, ou plus sûrement leurs proxénètes, deviennent des «entrepreneurs»  ayant pignon sur rue. Les partisans de cette approche considèrent que puisque la prostitution est un phénomène qui a toujours existé, et qu’on ne peut le supprimer, alors autant l’officialiser, pour pouvoir lui donner un meilleur suivi social. C’est dans cette veine que reviennent les propositions de rouvrir les maisons closes, avec le soutien de politiciens de l’UMP mais aussi d’Europe Ecologie.

             Comme le pointaient les féministes écrivant dans l’Huma que je citais dans le précédent article, cette approche « régulationniste » est loin d’avoir tenu ses promesses. Dans une maison close, une esclave reste une esclave. Qu’elle soit retirée de la rue et donc de la violence des délinquants survenant au hasard des chemins n’empêche pas qu’elle soit toujours exposée à la principale source de violence que subissent les prostitu-é-s, celle du client ou du proxénète.

             Je m’en tiendrai donc à l’approche prohibitionniste : la prostitution doit être abolie, ou du moins grandement diminuée, pas encadrée. Mais je tiens compte des critiques contre l’action répressive de la police, qui aurait plus pour effet de rejeter la prostitution dans l’ombre que de la réduire.

             La stratégie du contre-risque dans le cas de la prostitution consistera à créer un risque pour celui qui fait l’objet d’une addiction, donc le client. C’est lui qui doit être menacé. Mais pas par une répression policière visible, décelable et au final contournable. Le client court déjà des risques, comme celui de contracter une maladie sexuellement transmissible. Mais c’est un faible frein. Le vrai risque serait que le simple fait de demander une passe expose le client à un risque physique immédiat. En clair : que le client risque de se faire casser la gueule par une fausse prostituée qui serait en fait une vraie flic.

Problèmes de droit

             Cette proposition peut paraître surprenante voire choquante. Envoyer des policières (ou des policiers travestis) à des affrontements avec des particuliers peut sembler être une mise en danger des agents des forces de l’ordre (or, n’est-ce leur métier ?). Aussi, cogner de simples clients peut sembler trop sévère, et illégal. Mais la loi peut changer : la passe pourrait être assimilée à un viol, et le client à un violeur. Les policiers ne traqueraient pas les clients. Mais un client molesté qui viendrait se plaindre de son traitement serait alors directement assimilé à un violeur.

             Cette méthode aurait l’avantage de pouvoir se glisser partout : les vraies-flics fausses-putes pourraient agir tant sur le trottoir que par Internet, dans de fausses maisons closes…Et ne laisser aucun lieu où la prostitution pourrait se réfugier. Certes, cette tactique ouvrirait une brèche dans le principe de l’habeas corpus, c’est-à-dire le droit de chacun à l’intégrité de son corps : la police aurait le droit de violenter quelqu’un sans qu’il ne s’agisse de légitime défense. Mais cette remarque est naïve : frapper sans être en légitime défense, les forces de police ou pénitentiaire le font dans les commissariats, lors des expulsions, ou dans les prisons.

             A l’inverse, que fait-t-on du droit à l’intégrité des prostitué-s, surtout lorsqu'elles/ils n'ont pas choisi ce métier ? Et de toute façon, une prostituée "libre", connue de ses clients, pourra toujours exercer. Il ne s'agit donc pas de proscrire tout échange de passes entre adultes consentants.

Le véritable problème: la motivation démocratique

                    On ne saura traiter ces quatre sujets liés à des addiction sans aborder le problème central : encore faut-il que le pouvoir s'intéresse vraiment à la question. La vidéo de Mélenchon dans le précédent article pose tout à fait le problème : Mélenchon se justifie en disant qu'aucun électeur ne lui parle de la prostitution. Et en effet, les prostituées sont peu nombreuses, et votent sans doute peu. Pour ce qui est du tabac et de l'alcool, la contestation d'une partie de l'opinion s'est manifestée, et ce fut également le cas pour l'insécurité routière. Aux élections régionales de 2004, qui furent (déjà) une défaite de l'UMP, un député de la "majorité" fut contraint d'admettre le problème, et lâcha qu' "il vaut mieux perdre la voix d'un imbécile que perdre des vies".

                     Il n'est pas impossible d'avoir des militant-e-s anti-prostitution décidé-e-s, tout comme il en existe contre l'insécurité routière. Encore faut-il faire partager leurs motivations. Peut-être faudra-t-il primer ceux qui prouveront que l'Etat n'a pas libéré les esclaves des proxénètes?

 

En conclusion, je développe simplement ce qui fait le fil rouge de l’article, à savoir la stratégie du contre-risque. Elle consiste, face à un fléau résultant d’un comportement addictif d’un grand nombre d’individus, à combattre ledit fléau en créant un risque lié à l’addiction elle-même, qui sera moins dangereux que le mal que l’on veut éviter, mais plus immédiat. Dans certains cas, la stratégie du contre-risque ne peut consister qu’en une répression policière (cas de la délinquance routière). Mais dans d’autres cas (lutte contre l’alcoolisme, le tabagisme ou la prostitution), cette stratégie constitue une alternative à la surveillance policière traditionnelle, car le risque nouveau se situe dans la consommation même du produit addictif, non dans le contrôle policier. Elle pourrait être plus efficace, mais aussi plus libérale.

Car, en fin de compte, on n’interdit à personne de se procurer du tabac, de l’alcool ou même une passe. On ne fait que créer un risque (donc incertain) nouveau à ceux qui tentent. Il existe probablement des prostitué-e-s « libres », c’est-à-dire des gens qui se vendent sans être sous la coupe d’un réseau de proxénètes et qui ne le font même pas pour survivre. La stratégie que je propose ne les empêche pas d’agir. Elle rend juste la situation beaucoup plus hasardeuse pour les clients.

Certains ont reproché aux politiques étatiques de répression du tabagisme ou de la délinquance routière d’incarner la dérive de l’Etat vers un « Etat-nounou » infantilisant. Je propose pour ma part de gagner quelques années d’âge mental en passant à l’Etat-farceur. L’Etat pour adultes, ce serait l’idéal. Mais il suffit de voir le comportement de certains citoyens  vis-à-vis des autres ou de leur propre intégrité  pour comprendre que ce n’est pas pour demain.

 

(1)     Des études contestent que ce soit la vitesse moyenne des conducteurs présents sur un tronçon de route qui cause les accidents, mais que ce seraient les écarts élevés entre les vitesses des différents conducteurs qui aggraveraient le risque. Mais même en admettant cela, il n’en reste pas moins que le meilleur moyen de réduire la variance des vitesses reste de rouler à une vitesse modérée !

(2)     Ce qui signifie que pour certains libéraux, on devrait attendre qu’un chauffard ait blessé ou tué des gens pour le sanctionner. Punir quelqu’un qui roule à 200 kms/heures est une atteinte à la liberté. Ne riez pas, j’ai réellement lu ces affirmations, et au premier degré.

(3)     Des libéraux considèrent que la répression étatique de la délinquance routière est en soi une mauvaise solution, liberticide et inefficace. Ils proposent à la place une régulation par les assurances automobiles (qui animent déjà en France la Sécurité Routière), en leur donnant le droit de placer sous les capots de leurs assurés des mouchards qui relèveraient les vitesses moyennes du véhicule. Et ajusteraient donc la prime d’assurance en fonction de la conduite de l’individu. On se doute qu’un assuré qui refuserait le mouchard aurait droit à une surprime, puisqu’il représenterait selon toute vraisemblance un risque de sinistres élevé. On voit donc difficilement en quoi cette politique laisserait du choix à l’individu, en quoi elle serait libérale, et pas plutôt « liberticide ».

(4)     Et ce avec un emploi abusif du terme « fasciste » pour désigner la politique antitabac du gouvernement. Un vocable qui non seulement banalise le fascisme, mais aussi pourrait lui donner une connotation positive ( le fascisme mussolinien avait-il pour but de diminuer la mortalité cancéreuse et de sauver des vies ?).

(5)     Rappelons que l’ancienne société publique tabagique, la SEITA, a été privatisée en 1995 et renommée ALTADIS suite à une fusion en 1999.

 

 

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Published by DiadoreCronos - dans Misanthropie
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commentaires

Yaoline 11/04/2010 08:27



Vous comprendrez qu'à l'heure oùl'on assassine les paysans, les ouvriers et les laissés pour compte en Thaïlande, je ne poursuive pas ce débat avec vous.


Déjà 19 mort s'ajoutent aux victimes des putschistes.
Le traitement particulièrement répugnant du mouvement social thaïlandais dans la presse française me dégoute au plus haut point.
Pour la 5e fois en 42 ans l'armée tire sur la foule demandant plus de démocratie.
L'évènement ne suscite pas en Occident l'émotion que la répression de la place Tiananmen en Chine en 1989 ; le gouvernement qui fait tirer sur la foule est allié des élites occidentales. La
Thaïlande est une pièce importante de l'ordre économique globalisé (notamment pour le tourisme et le tourisme sexuel).
Les "chemises rouges" sont ouvriers,  paysans, laissés pour compte du néo-libéralisme. Elles contestent la légitimité du PM Abhisit et des généraux qui contrôlent le régime. Au sein de ce
mouvement contestataire des tendances ont pris leurs distances à l'égard de Thaksin. Ce ne sont pas des "clients" du milliardaire.
La classe dirigeante est prête à tout pour garder le pouvoir.
Lors élections aujourd'hui, le PM assassin Abhisit serait battu par  les Chemises Rouges. Ce que l'armée et les grandes familles thaïlandaises ne peuvent accepter.
La prostitution n'est qu'un aspect particulier de la misère de notre peuple.
Cordialement
Yaoline
http://www.facebook.com/group.php?gid=100249110019056




Julien 06/04/2010 08:18



Autant la méthode de lutte contre la prostitution proposée apparait réaliste et pourquoi pas souhaitable (des femmes flics qui se déguisent en prostituées, c'est du reste du deja vu dans les
séries policières), autant celle de lutte contre la cigarette et surtout l'alcool est plus délicate à mettre en oeuvre.


Pour la cigarette, ça pourrait être à la rigueur possible dans le cas où toutes les cigarettes sortiraient de la SEITA comme avant.


Mais pour l'alcool, ça apparait beaucoup plus compliqué dans la mesure où même si beaucoup d'alcools consommés en France sont produits en France (nombreux vins, ricard, les kros fabriqués à
Strasbourg), beaucoup sont aussi produits à l'étranger. La France et son Etat aurait donc beaucoup de mal à imposer un quota de bouteilles pourries aux producteurs étrangers. Sans compter qu'il
serait somme toute assez facile de contourner cette règlementation farceuse en allant acheter son vin directement chez le viticulteur.


Mais au-dela des gros problèmes techniques que poserait la mise en place d'une telle règlementation sur l'alcool, c'est sur le fond que je suis en désaccord.


En effet, contrairement à la cigarette dont la grande majorité des consommateurs est dépendante (quelqu'un qui fume le fait généralement quotidiennement, même s'il existe quelques cas de
personnes qui ne fument que pour les occasions), une part importante des consommateurs d'alcool est occasionnelle, c'est à dire nullement alcoolique mais aime par exemple boire une bonne
bouteille de temps en temps(ce qui est compréhensible, car il y a des vins qui sont vraiment bons).


Au nom de la lutte contre l'alcoolisme, cette méthode aurait des répercussions sur des non-alcooliques et donc n'est pour moi pas souhaitable. Il faudrait rechercher autre chose, même si beaucoup
a deja été fait dans la lutte contre l'alcoolisme, pourquoi pas par exemple demander au professeur Tournesol d'inventer une pillulle qui rende insupportable le gout de l'alcool, mélanger ces
pillules dans la nourriture d'alcooliques comme le capitaine Haddok ou comme les Picaros pour qu'il arrêtent de boire et renversent le tyrannique général Tapioca.


Par ailleurs, tout à fait d'accord pour féliciter l'UMP pour sa lutte efficace contre la délinquance routière depuis le début des années 2000.



DiadoreCronos 06/04/2010 21:03



Bonsoir Julien,


je savais que cet article allait te faire réagir.

Pour ce qui est du tabac, les producteurs sont peu nombreux, et ils peuvent donc être soumis à des interventions de l'Etat pour que celui-ci diffuse ses fausses cigarettes. Le fait que les
producteurs soient privés n'est pas en soi un obstacle à l'intervention des agents étatiques.


Pour ce qui est de l'alcool, il y a certes près de 100.000 exploitations viticoles en France (et encore, ce sont les chiffres de 2001, le nombre a dû baisser depuis), mais la grande majorité sont
de petites tailles. Quand bien même elles ne seraient pas contrôlées, elles ne pourraient satisfaire le marché seules, et de toute façon elles profiteraient de l'occasion pour augmenter leurs
prix (ce qui serait déjà un frein à la consommation). Mais les services d'état pourraient toujours intervenir au moins chez les plus grands producteurs, quitte à devoir surveiller plusieurs
milliers d'exploitations. L'exploitant pourrait lui-même être payé pour réaliser le "pourrissement" d'une partie de la production, en l'échange d'inspections du résultat. Comparé au coût de
l'alcoolisme (accidents, pertes de journées de travail, prise en charge des pathologies...) l'Etat pourrait y gagner.


Pour ce qui est de la production étrangère, ce ne serait pas un obstacle inaccessible non plus: l'Etat pourrait aussi acheter lui-même une partie de la production étrangère, la pourrir, et la
revendre sous la marque d'origine sans que l'on puisse la distinguer des imports "normaux". L'Etat pourrait même faire un bénéfice sur l'opération, s'il s'y prend bien.


Pour ce qui est du problème de fond, justement je pense que ma méthode permet de distinguer le buveur/fumeur raisonnable de l'addict: le raisonnable devra certes acheter quelques bouteilles ou
cigarettes de plus pour éviter les pourries, mais puisqu'il en prend peu, ça lui crée un faible surcoût et il peut plus facilement prendre le temps de trier les bonnes unités des mauvaises (en
goûtant tout simplement, en allumant une cigarette). Le dépendant, celui qui consomme de grosses quantités sans pouvoir se réfréner, sera à la fois piégé par le coût, et, puisque l'on est moins
vigilant sous l'emprise de l'alcool ou d'une drogue, également par les unités pourries.


Effectivement, l'idéal serait que nos chimistes trouvent un additif qui laisse plus de répit au petit consommateur. Par exemple, si l'on est vicieux, une solution qui agirait à retardement en
réagissant à la salive. Ou encore mieux, une solution qui provoquerait le dégoût par mélange avec la salive et seulement si la dose d'alcool en bouche est suffisemment forte. Du travail
intéressant et divertissant en vue pour nos scienceux. Je devrais peut-être reprendre des études de chimie, mais à mon avis cette invention ne se vendrait pas sans l'appui de la loi. :-)



Yaoline 05/04/2010 15:58



Vous me faites dire queqlque chose que je n'ai pas dit : pour moi il n'y a pas de bonne ou de mauvaise prostitution. Il y a des différences dans les conditions
de l'exercice de ce "commerce" comme il y en a dans l'exercice du "travail" d'un terrassier.
Que confondre ce qui a trait au conditions avec ce qui a trait à l'exercice d'une activité (je n'ose utiliser le terme galvaudé de travail) est une approche biaisé du problème.
Le vocabulaire - bonne - ne fait pas partie de mon discours. C'est un jugement de valeur lié à une morale donnée.
Je suis désolée mais je suis plus proches des concepts des utilitaristes anglais que des positions dogmatiques occidentales traditionnelles (filles de Kant). Pour moi ce qui compte c'est le
résultat d'une action et non les principes moraux ou la valeur morale de ses acteurs. En ce sens il faut voir, même à le déplorer, que la prostitution permet de vivre à de nombreuses personnes
dans mon pays (et dans d'autres). Pour la coca, le pavot, le tabac, la vigne qui permettent à des paysans de survivre et de vivre, il n'en va pas de même car les conséquences (pour les addicts et
la société) sont exhorbitantes. Ce n'est ni "bon" ni "mauvais" ni bien ni mal de cultiver ces plantes c'est nuisible dans les conséquences. pourtant la morale s'accomode plus facilement de la
persistances des cultures traditionnelles (ok pour la vigne, mais le tabac ???). Et vous n'évoquez même pas la possibilité pour la vitesse de ne pas fabiquer de véhicules tueurs
(détruire les champs de coca à la source oui, s'attaquer à la production industrielle : non).
Vous ne comprennez pas non plus le sens de mon discours sur l'inégalité entre clients males et femelles de la prostitution.
C'est pourtant l'indice flagrant que le phénomène de la prostitution est lié à l'image qu'ont la plupart des sociétés de la sexualité, de l'homme, de la femme et de la famille monogamique.
Valorisation de la virginité, fidèlité, amour conjugal éternel, altruisme dans la copulation, sont des valeurs morales qui dérivent des idéologies dominantes. La religion, la morale, le droit, le
code pénal limite l'usage que nous pouvons faire de notre corps et de notre vie...
La prostitution est bien la réponse à un besoin, un besoin acté, fabriqué par nos sociétés... je ne pense pas qu'à ce niveau ce soit une "bonne "réponse à ce besoin. C'est dans ce champs de la
sexualité et des rapports hommes-femme, je pense, que doit se situer la reflexion sur la prostitution et non sur sa commercialisation et les dérives criminelles qu'elles entrainent. C'est la
pénurie qui est à l'origine du marché noir, c'est une autre pénurie qui est à l'origine de la prostitution.



DiadoreCronos 05/04/2010 18:33



Vous m'imputez une confusion entre le fait même de pratiquer la prostitution et les conditions dans lesquelles celles-ci s'exerce, pour mieux masquer de fait que vous ne voulez pas répondre à
l'argument que j'ai donné. Et qui dit: si on "régularise" la prostitution plutôt que de vouloir l'abolir, et que l'on fait en sorte que cette pratique se fasse dans des conditions apparemment
"décentes", les proxénètes et esclavagistes de tout genre trouveront toujours le moyen de se faire passer pour des entrepreneurs respectables, en obtenant de leurs "travailleuses" qu'elles
témoignent en leur sens, et par des arrangements en tous genres avec les autorités de contrôle.


Si vous voulez continuer la discussion, répondez à cet argument, plutôt que de m'accuser de rester dans une posture morale et en vous plaçant dans une posture "concrète". A vrai dire, je constate
que la distribution des rôles est inverse: suivant les féministes abolitionnistes, je constate que la prostitution "régulée" sur le modèle hollandais est un échec, le seul véritable respect du
droit des personnes c'est l'abolition de la prostitution, et puisque la surveillance policière à la suédoise ou à la française ne fait que cacher la prostitution, je propose une méthode plus
radicale visant à terroriser les clients. A l'inverse, vous me semblez défendre une posture théorique, de la prostitution comme libre contrat entre personnes consentantes, avec des solutions
souhaitables (supprimer la misère et le chômage) mais dont le chemin est flou. Nous souhaitons tous la fin de la pauvreté mais la prostitution est une chose suffisemment abominable pour que l'on
prenne des moyens de hâter la fin de ce phénomène.


Ensuite, si vous voulez être vraiment matérialiste, alors il ne faut pas appliquer des raisonnements valables pour la Thaïlande ou Cuba (la prostitution permet à des gens de survivre) sur un pays
comme la France, dont la richesse matérielle est suffisante pour qu'on ne tolère pas que des gens soient réduits à la prostitution. Il en va de même pour la production de drogues, inévitable dans
les conditions actuelles en Bolivie ou au Maroc, pas en France. Et ce qui vaut pour la France vaudra à l'avenir pour toutes les nations du monde, développement aidant.


 Quant à mes positions sur l'automobile, vous ne les connaissez pas: voyez plutôt mon article de Décembre sur la question de la gratuité des transports en commun, je dis clairement que je
suis pour le recul de l'automobile (cependant il serait stupide de supprimer complètement cet outil).


Je ne suis nullement un apologue de la virginité, de la fidélité conjugale, etc... Chacun a le droit de faire ce qu'il désire de son corps, mais je doute juste, sauf pour une minorité d'adeptes
du masochisme ou des performances sexuelles, que beaucoup de gens aient envie de devenir des usines sexuelles. On peut admettre l'image du/de la prostitué-e qui se vend par simple désir (de sexe
et d'argent). Mais cela n'est plus qu'une image d'Epinal lorsque la demande est telle qu'elle oblige à une activité industrielle. Je propose donc de faire brutalement tomber la demande.


Pour finir, je comprends mal ce que vous entendez par une solution qui se situerait dans le champ de la sexualité et des rapports hommes-femmes : il faudrait attendre d'avoir réalisé une
rééducation de la société pour mettre fin au calvaire des prostituées? Et quelle est la pénurie qui est à l'origine de la prostitution? La pénurie de sexe? Je suis désolé, mais de mon point de
vue, ce n'est pas à la société de lutter contre les misères sexuelles individuelles. Cela reste sous la responsabilité de chacun. Par contre, la société doit lutter contre le fait que certains
individus prétextent de leur misère sexuelle pour consommer le corps des autres.


Je vous remercie en tout cas d'avoir progressé dans la courtoisie de vos propos.



Yaoline 05/04/2010 10:43



Vous détournez mes arguments, ou plutôt vous les contournez.
Issue d'un mélange culturel très particulier, ma vision me semble plus large que la votre. Le sexe vénal, non seulement la prostitution, est un moyen de subsister ou moyen de promotion social,
comme toute activité économique il produit ses exploiteurs et ses exploités, ses artisans disposant d'une relative indépendance et ses manoeuvres sur-exploités, il connait des dérives criminelles
et mafieuses sans que vous vous attachiez à montrer en quoi il est criminogène.
Et involontairement vous acceptez l'dée qu'il n'y a qu'une différence d'éthique (dignité et indignité) entre l'esclavae du paysan et celui de la prostituée.
Vous vous cantonnez à une position morale, en oubliant en passant ce qu'une telle position a de volatile. En Thaïlande il est beaucoup moins discriminant d'^tre prostitué qu'en France. Je n'avais
aucune honte à rejoindre le bar où travaillait ma mère et à apprendre l'anglais avec les consomateurs du bar (très peu de ses touristes sexuels, il faut appeler un chat un chat, sont pédophiles
contrairement à certaines affirmations). Certes son statut était tout en bas de l'échelle, mais moins (elle avait de l'or et de l'argent) que celui de beaucoup de pauvres.


Vous négligez aussi un fait patent : pourquoi la prostitution ayant une clientèle masculine est-elle si globalement majoritaire ? Difficile de conserver un cohérence purement morale à vos propos
en constatant cette asymétrie. L'homme et la femme serait donc fondamentalement, intrinsèquement différents.
C'est bien l'idéologie de la famille monogame, héritage d'Aristote revu par Paul de Tarse, famille au service de l'État qui produit ce dimorphisme flagrant. 


Enfin, je vous trouve peu internationaliste, mon grand-père d'adoption, un juif communiste français, doit se retourner dans sa tombe... et à preuve du contraire la mondialisation néo-libérale,
qui prone la libre circulation des capitaux et la relégation pour les peuples,... me fait penser au camarade Troski et à une autre façon de penser le monde.


Mea Culpa pour ma mauvaise foi, si je suis bien la fille d'un Farang (à l'origine du mot un mot désignant les Français), j'ignore sa nationalité. Ma culture française vient du Farang, un autre
client, qui a épousé ma mère et a permis à ses enfants d'avoir un autre avenir... une autre contradiction des effets de la prostitution (tout comme le travail des enfants-esclaves) ; elle permet
de faire survivre des populations dans la misère... 
Sawadi kha
Yaoline



DiadoreCronos 05/04/2010 11:12



"Le sexe vénal, non seulement la prostitution, est un moyen de subsister ou moyen de promotion social, comme toute activité économique il produit ses exploiteurs et ses exploités, ses artisans
disposant d'une relative indépendance et ses manoeuvres sur-exploités, il connait des dérives criminelles et mafieuses sans que vous vous attachiez à montrer en quoi il est criminogène."


On peut difficilement mettre sur un pied d'égalité un secteur comme le bâtiment où effectivement des travailleurs sont exploités, usés et parfois tués, et un secteur comme la prostitution. Pour
une raison simple: on peut se passer de prostitution (c'est mon cas), on ne se passe pas de logements et de bâtiments. La prostitution résulte d'une addiction, non d'un besoin. Le secteur du
bâtiment doit donc être réformé, régulé, contrôlé et, d'un point de vue communiste, collectivisé. La prostitution, elle, peut être supprimée ou du moins largement réduite.


De plus, une autre distinction est que les employeurs du bâtiment n'ont jamais nié que leurs salariés venaient au chantier pour survivre. Personne ne différencie les salariés "par nécessité" des
salariés qui viennent au chantier parce que ce serait le rêve de leur vie. Tandis que dans le cas de la prostitution, si l'on suit vos arguments, il y aurait une mauvaise prostitution
d'exploité-e-s, et une prostitution acceptable de travailleur-e-s libres. Or la première se cachera toujours derrière la seconde.


En conclusion, la prostitution est une activité dispensable qui, tant que la misère existera, cachera une quantité d'esclaves toujours trop élevée.


"Et involontairement vous acceptez l'dée qu'il n'y a qu'une différence d'éthique (dignité et indignité) entre l'esclavae du paysan et celui de la prostituée."


Nullement. Les deux esclavages doivent être supprimés. Sauf que pour l'un des deux, cette abolition doit passer par l'abolition de l'activité elle-même (la prostitution).


"Vous négligez aussi un fait patent : pourquoi la prostitution ayant une clientèle masculine est-elle si globalement majoritaire ? Difficile de conserver un cohérence purement morale à vos propos
en constatant cette asymétrie. L'homme et la femme serait donc fondamentalement, intrinsèquement différents."


Votre argument est ultra-flou, et je ne vois pas l'intérêt de ce que vous dites. La prostitution masculine, si elle est minoritaire, existe, et doit être réduite comme la prostitution dans son
ensemble. Mon propos n'est nullement discriminant à cet égard.


"C'est bien l'idéologie de la famille monogame, héritage d'Aristote revu par Paul de Tarse, famille au service de l'État qui produit ce dimorphisme flagrant.  Enfin, je vous trouve peu
internationaliste, mon grand-père d'adoption, un juif communiste français, doit se retourner dans sa tombe... et à preuve du contraire la mondialisation néo-libérale, qui prone la libre
circulation des capitaux et la relégation pour les peuples,... me fait penser au camarade Troski et à une autre façon de penser le monde. "


Oulà... on passe dans la digression sur la Sainte-Famille...Ensuite expliquez-moi en quoi je ne suis pas internationaliste: parce que j'ai dit que la France n'a pas à assumer la réalisation du
plein-emploi en Ukraine? C'est pourtant un attribut de base de la souveraineté nationale. Et sans nations, pas d'internationalisme.
Ensuite, sachez que les véritables libéraux comme feu Milton Friedman sont favorables à la libre circulation des personnes, car ils en attendent une baisse des salaires et un effet
déflationniste. Les discours sur "la mondialisation néo-libérale, qui prone la libre circulation des capitaux et la relégation pour les peuples" sont donc faux: cette mondialisation là n'est pas
"néolibérale", elle est capitalo-étatiste. Le libéralisme s'accorderait très bien avec la libre circulation des biens, capitaux ET des personnes.


"Mea Culpa pour ma mauvaise foi, si je suis bien la fille d'un Farang (à l'origine du mot un mot désignant les Français), j'ignore sa nationalité. Ma culture française vient du Farang, un autre
client, qui a épousé ma mère et a permis à ses enfants d'avoir un autre avenir... une autre contradiction des effets de la prostitution (tout comme le travail des enfants-esclaves) ; elle permet
de faire survivre des populations dans la misère... "


Je ne commente pas l'histoire de votre famille, mais on ne peut pas justifier une activité comme la prostitution sous prétexte qu'elle aurait de temps à autres des effets positifs. Sinon, par
provocation, je citerai ce noir américain qui remerciait les négriers européens d'avoir déporté ses ancêtres en Amérique, car aujourd'hui il peut vivre loin des misères de l'Afrique...Qu'en
pensez-vous?


 



Yaoline 05/04/2010 09:05



Je suis atterrée de lire un tel tissu de ce qui me parait des inepsies sur la prostitution.
D'abord la notion d'addiction. L'auteur oublie (volontairement) d'autres addictions que les étas favorisent comme le jeu. Si le plaisir sexuel tarifé est de nature addictive, alors la totalité de
nos besoins satisfaits par un commerce le sont : manger au restaurant, acheter des patisserie, boire des sodas sucrés inomables, jouer avec des consoles electroniques, regarder la télé réalité,
etc.
Et le pire c'est que en fait ce qui est condamné... c'est l'addiction.
Ensuite le fait de parler d'esclavage dans la prostitution. Il faut condamner la prostitution car certaines (certains) y sont contraintes et réduites en esclavage. Là aussi ce qui est condamné
c'est l'esclavage de la même façon dans l'utikisation d'esclaves pour extraire des diamants ce n'est pas le travail de la mine que est condamné, ni dans les champs de coton celui du travail
agricole.
Il est affligeant de voir autant de gens "sérieux" disserter sur la prostitution sans jamais en préciser la nature ordinaire très précise (au premier degré) qui est celle d'une relation
clairement sexuelle librement consentie entres des individus "majeurs". Ceci avec un contrat établit de façon explicite. En tant que tel la prostitution n'est pas différente de celle
d'un travail rémunéré. Je connais, par exemple des salariés qui font un travail en contradiction totale avec leurs principes moraux en échange du salaire qui leur permets de vivre. Il n'y a pas
de limite à cette dérive qui aboutit parfois à faire des "capos", des tortionnaires, des bourreaux (c'est fréquent dans les intitutions répressives, armée, police, services pénitenciers...). Qui
travaillerait, dans son travail actuel, si il n'y était contraint pour vivre ? Le aspirants à la retraite ?
Dans nos société aliénées par le travail, prétendant au respect de l'individu, pronant la libre disposition de son corps et de sa sexualité, pourquoi, oui, pourquoi vendre un service sexuel ne
peut-il être engagé sans passion ni propos fondés sur une morale "bourgeoise".
La lutte contre la prostitution, la plus efficace c'est d'offrir aux femmes (en général) les moyens économiques de vivre là où elles en ont envie. Combien préfereraient vivre dans leur ville,
leur village, près des leurs plutôt que de s'exporter et se prostituer ? La plupart des filles qui arpentent les trottoirs de votre pays, ont été attirée par l'espoir d'un emploi "normal".
Yaoline, fille d'une prostituée thaïlandaise et d'un client farang (devinez sa nationalité !)




DiadoreCronos 05/04/2010 09:54



Bien je savais que cet article allait provoquer des réactions, mais pas aussi vite.


"L'auteur oublie (volontairement) d'autres addictions que les étas favorisent comme le jeu."


 


Faux, je cite le tabac, dont l'état a longtemps encouragé la diffusion.


 


"Si le plaisir sexuel tarifé est de nature addictive, alors la totalité de nos besoins satisfaits par un commerce le sont : manger au restaurant, acheter des patisserie, boire des sodas sucrés
inomables, jouer avec des consoles electroniques, regarder la télé réalité, etc."


 


Non, tous nos achats ne sont pas addictifs: lorsque je prends un ticket de métro, ce n'est pas par addiction mais par nécessité (ce n'est pas la même chose). Ensuite, dans les activités que vous
citez, bien sûr qu'il y a une dimension addictive dans toutes ces pratiques, sauf qu'elles n'ont pas la même conséquence sur soi et les autres. Manger fréquemment au restaurant ou des pâtisseries
n'est pas en soi très dangereux. Au pire, même une alimentation riche peut se compenser avec la pratique d'un sport, contrairement à l'alcoolisme ou au tabagisme. Et la consommation de
pâtisserie, restaus ou sodas n'entraîne pas la réduction en esclavage d'autres personnes.


 


"Et le pire c'est que en fait ce qui est condamné... c'est l'addiction.
Ensuite le fait de parler d'esclavage dans la prostitution. Il faut condamner la prostitution car certaines (certains) y sont contraintes et réduites en esclavage. Là aussi ce qui est condamné
c'est l'esclavage de la même façon dans l'utikisation d'esclaves pour extraire des diamants ce n'est pas le travail de la mine que est condamné, ni dans les champs de coton celui du travail
agricole."


 


Discours bien connu: il ne faut pas lutter contre la prostitution en elle-même car toutes les prostituées ne seraient pas des esclaves...Certaines prostituées ont tenu ce discours avant de se
rétracter des années plus tard en disant à leurs interlocuteurs de l'époque "Comment avez-vous pu nous croire?". Si l'on tentait d'établir une distinction entre la "bonne" et la "mauvaise"
prostitution, les proxénètes trouveraient tous les moyens pour faire croire que leurs "travailleuses" sont "libres", en les faisant témoigner de force, ou en leur donnant les apparences de la
liberté (comme la possibilité de refuser un client de temps à autre, mais pas trop quand même...).


 


"Il est affligeant de voir autant de gens "sérieux" disserter sur la prostitution sans jamais en préciser la nature ordinaire très précise (au premier degré) qui est celle d'une relation
clairement sexuelle librement consentie entres des individus "majeurs". "


 


Si vous aviez lu réellement l'article, notamment les derniers paragraphes, vous sauriez que je ne nie pas la possibilité de passes entre des gens "consentants". Et encore, dans le
consentement, il faut retirer les cas de femmes qui se prostituent "librement" car elles n'auraient que ce recours pour vivre. Mais, en regard de ce que j'ai dit plus haut, vu que quelques
prostituées "libres" pourraient toujours dissimuler des cohortes d'esclaves, alors c'est la prostitution dans son ensemble qu'il faut réduire.


 


"Je connais, par exemple des salariés qui font un travail en contradiction totale avec leurs principes moraux en échange du salaire qui leur permets de vivre. Il n'y a pas de limite à cette
dérive qui aboutit parfois à faire des "capos", des tortionnaires, des bourreaux (c'est fréquent dans les intitutions répressives, armée, police, services pénitenciers...)."


 


Bien sûr que la prostitution n'est pas le seul exemple de métier dont on aimerait que la société se passe, mais les exemples que vous citez sont mauvais: la société a réellement besoin de police,
d'armée, de gardiens de prisons, tant que la pilule miracle supprimant toute aggressivité entre individus n'aura pas été trouvée.


 


"Qui travaillerait, dans son travail actuel, si il n'y était contraint pour vivre ? Le aspirants à la retraite ?"


 


Mais bien évidemment que le fondement du travail c'est la nécessité de survivre. Mais tous les travaux ne mettent pas leurs agents dans des conditions aussi indignes que la prostitution.


 


"La lutte contre la prostitution, la plus efficace c'est d'offrir aux femmes (en général) les moyens économiques de vivre là où elles en ont envie. Combien préfereraient vivre dans leur ville,
leur village, près des leurs plutôt que de s'exporter et se prostituer ? La plupart des filles qui arpentent les trottoirs de votre pays, ont été attirée par l'espoir d'un emploi "normal"."


 


Très sympathique mais sans débouché concret. Ce n'est pas du jour au lendemain que le chômage sera supprimé (j'ai bien des solutions proposées sur ce blog, mais le temps de les appliquer...).
Ensuite, que fait-on pour les prostituées venues d'Afrique ou des Pays d'Europe de l'Est? Est-ce à la France de garantir le plein-emploi en Afrique, en Roumanie, en Ukraine? Non, ce n'est pas à
nous de le faire. Nous pouvons proposer de l'aide et des solutions, pas plus. Ce qui signifie que tant que la misère poussera des femmes de ces pays entre les mains de réseaux, nous aurons des
prostituées dans nos rues. Et tant qu'elles sont prisonnières desdits réseaux, même si nous proposons des aides sociales elles ne pourront se défaire de leur servitude. La solution que
je propose est donc de réduire ce commerce en s'attaquant aux clients.


 


"Yaoline, fille d'une prostituée thaïlandaise et d'un client farang (devinez sa nationalité !)"


 


Un farang désigne un occidental, pas forcément français. Votre signature révèle votre partialité d'emblée.