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      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

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31 juillet 2010 6 31 /07 /juillet /2010 12:35

Second volet de l'article sur la dette publique: notre dette publique est-elle surtout une affaire d'intérêts? Et comment en alléger le poids?

  Est-ce que l’Etat est un puits sans fond ?

                Cette thèse est déjà défendue sur le Net, par exemple par André-Jacques Holbecq (que j’avais déjà évoqué dans un article sur son projet économique, l’écosociétalisme) et le cercle des économistes citoyens, sur leur site http://monnaie.wikispaces.com/. Sur la page suivante (http://monnaie.wikispaces.com/Arnaque), ils expliquent ce que serait la dette publique sans les intérêts, ou du moins à intérêts réels nuls (c’est-à-dire qu’une fois retirée la fraction des intérêts qui sert à faire progresser le capital au même rythme que les prix augmentent, il n’y a plus d’intérêts). Et le bilan est simple : si les administrations avait pu emprunter à 0% d’intérêt réel, alors il n’y aurait quasiment pas de dette publique aujourd’hui. Sur les comptes nationaux de l’INSEE, on trouve des chiffres légèrement différents de ceux du site d’Holbecq.

  http://img714.imageshack.us/img714/1867/deuxscenariidedficits.png

                                  http://img714.imageshack.us/img714/1867/deuxscenariidedficits.png

Source : INSEE, Comptes Nationaux 2009, et calculs personnels.

                Alors que les administrations ont toujours encaissé des déficits depuis 35 ans, les soldes primaires (c’est-à-dire sans les intérêts) ont été positifs 12 ans sur 35. Et nombre d’années de déficits, dans les années 80 jusqu’à 1991, en 1996, 2007, 2008… ont des déficits de faible ampleur. En faisant la somme des déficits primaires actualisés sur la période 1979-2008, j’arrive à une somme de 72 Mds d’euros, alors que Holbecq trouve une somme négative… mais tout cela est à comparer avec les 1535 Mds d’euros de dette réelle.

                Nous allons cependant mettre un bémol à ce raisonnement. En effet, si l’on conteste l’idée que l’Etat paie des intérêts, le minimum est de s’apercevoir que l’Etat en reçoit aussi. Les administrations encaissent des revenus du capital, principalement de deux types : les dividendes des entreprises publiques, et les intérêts de prêts que les administrations s’accordent entre elles ou au secteur privé. Certes, l’Etat reçoit très nettement moins qu’à son tour. Et il est extrêmement courant que l’Etat s’autorise ce qu’il interdit aux autres. Mais, si l’on décide de retirer aux recettes de l’Etat ses intérêts (ce qui revient à calculer les soldes publics sans les intérêts nets), et donc de ré-accroître ses déficits primaires, on aurait une projection moins rose. Sur le graphe suivant, il s’agit de la courbe verte. Elle est quand même très proche de la courbe sans aucun intérêt (rose), beaucoup plus que de la courbe réelle (bleue). Mais l’addition aurait été plus salée : en ne retirant que les intérêts nets, les déficits actualisés de 1979-2008 auraient atteint, cumulés, 317 Mds d’euros, contre 72 auparavant…

http://img256.imageshack.us/img256/809/troisscenariidedficits.png

http://img256.imageshack.us/img256/809/troisscenariidedficits.png

Source : INSEE, Comptes Nationaux 2009, et calculs personnels.

On précisera enfin que ce « bémol » est lui-même limité car, sur les intérêts que reçoit l’Etat, une partie correspond sans doute à des remboursements de prêts à intérêts nuls consentis par l’Etat, des intérêts qui ne font alors que combler l’inflation. Si c’est le cas, il n’y a pas lieu de décompter ces sommes des ressources des administrations, tout comme on conçoit que les administrations devraient quand même payer le coût de l’inflation –mais pas plus- à leurs créanciers. Donc, dans un scenario où l’Etat ne paie pas d’intérêts réels et n’en gagne pas non plus, la dette publique totale sur la période 1978-2008 se situerait entre 72 et 317 Mds d’euros. Entre 80 et 95% de moins que notre dette réelle.

                On peut donc répondre à une accusation fondamentale de la droite : non, le déficit des administrations publiques françaises n’est pas creusé par un excès de dépenses sociales, ni même d’investissements. Même les périodes de hauts déficits primaires (1993-1995, 2003-2004) pouvaient tout à fait se combler, inflation comprise. Notre dette publique est, a minima, en grande majorité un cumul d’intérêts.

Et d’où viennent donc ces intérêts ?

Et auprès de qui s’endette-t-on ?

Lorsqu’un état est en besoin de financement, il est historiquement possible de recourir à deux fournisseurs : soit le secteur privé, soit lui-même. Lorsque je dis « lui-même », il s’agit principalement des banques centrales, qui, tant qu’elles sont sous le contrôle de l’Etat, peuvent lui faire des avances : l’Etat contracte une dette qui ne lui coûte que peu ou pas d’intérêts réels. L’autre méthode, c’est l’endettement auprès des banques privées, et des particuliers (ménages et entreprises) désireuses de réaliser un placement stable, surtout dans un pays où la capacité de remboursement de l’Etat est assurée. Cependant, cette méthode implique de payer plus d’intérêts qu’en cas d’avance de la Banque Centrale. Alors pourquoi les états ont-ils été de plus en plus nombreux à privilégier le recours aux marchés obligataires, donc au secteur privé ?

Tout simplement parce que les avances au Trésor Public sont de la création monétaire sur commande, donc vue comme une source d’inflation rapide. Non pas qu’il n’y ait pas de création monétaire en temps normal, ni que toute création monétaire vienne de l’Etat, loin de là. Mais de sérieux précédents dissuadent l’usage de ce que l’on appelle généralement « la planche à billets ». On peut penser à l’Allemagne des années 20, à l’hyperinflation succédant à la destruction des économies soviétiques, dans une mesure moins galopante au recours de l’Italie à l’inflation pour réduire le poids relatif de sa dette publique (le capital emprunté se dévalue) par rapport au revenu national.

On peut résumer les choses par l’équation (simplifiée) d’Irving Fisher :

P * T = Q * V

…où P est la quantité de marchandises échangées (le nombre de marchandises produites), T le niveau moyen des prix, Q la quantité de monnaie en circulation, V la vitesse de circulation de la monnaie (le nombre moyen de fois qu’un euro passe d’un propriétaire à un autre).

                Dans la théorie monétariste qui a pris l’ascendant dans les années 70, la production (P) est insensible aux variations de la monnaie (les entreprises et ménages réagissent préventivement aux variations, déjouant les objectifs de l’Etat et des banques centrales), et la vitesse V est constante aussi. En conséquence, seuls les prix (T) monteront si Q monte.

                Les conséquences de l’inflation ne sont pas nécessairement de réduire la croissance économique et le revenu, mais elle va sûrement le redistribuer : le créancier perd sur la valeur de son capital, et si les intérêts qu’on lui verse n’intègrent pas l’inflation, ses intérêts ne le dédommageront pas. En revanche, le débiteur gagne (en sommes non-remboursées) ce que le créancier perd. Les salariés dont les salaires progressent moins que l’inflation perdent ce que gagneront les marchands, du moins si leurs fournisseurs ne font pas progresser leurs tarifs dans des proportions au moins égales. C’est là que peut intervenir un risque pour la croissance : les importateurs ont a priori plus de moyens pour faire venir de l’étranger des marchandises dont le prix sera resté stable, et les exportateurs, eux, auront des frais plus élevés, donc soit réduiront leurs marges, soit devront élever leurs prix et perdre des marchés sur le plan international. Mes configurations peuvent être très diverses : les entreprises d’un pays peuvent maintenir leurs exportations même si elles sont chères (cas allemand), ou être très menacés par la concurrence sur les coûts (cas italien). Les économies que font les importateurs ne se convertiront pas nécessairement en investissements nouveaux. Les gains que feront les investisseurs du fait de taux d’intérêts réels plus  bas peuvent être annulés par un recul de la demande dû au fait que les particuliers augmenteraient leur épargne amputée par l’inflation.

                Pour des raisons historiques, dans certains pays (comme l’Allemagne), l’inflation fait figure d’épouvantail absolu ; la crise des années 70 a montré que l’inflation ne permettait pas nécessairement de réduire le chômage. Et la mission première de la Banque Centrale Européenne est de maintenir la stabilité des prix, pas d’assurer la croissance.

                Mais il serait malhonnête de dater cette condamnation de l’inflation à la naissance de la monnaie unique, puisque c’est en 1973 que la France s’est elle-même interdit les avances de la Banque de France au Trésor Public. Votée sous Pompidou, la loi de Janvier 1973 fut maintenue sous Giscard et par la suite. A-J. Holbecq avait justement interpellé l’Ex-Président sur son blog, et obtenu de lui cette réponse : «on aurait pu remplacer un endettement visible et structuré par une simple émission monétaire. Mais ce serait ouvrir les bras au retour à l'inflation des années 1950.»   (http://wiki.societal.org/tiki-index.php?page=DebatVGE). Holbecq répondit entre autres que l’inflation des années 50 ne fut pas systématiquement surélevée (elle ne dépassa les 10% que trois ans sur dix), et n’empêcha pas une forte croissance. Et que l’inflation des années 60 fut encore plus sage. On peut cependant contester à l’argumentation de Holbecq que même avant 1973, l’Etat ne recourrait pas systématiquement à l’émission monétaire pour combler ses déficits (limités au demeurant, même avec le paiement des intérêts). Plusieurs emprunts (l’emprunt Pinay par exemple) eurent lieu pour ne pas avoir recours à la création monétaire et limiter l’inflation (cf également sur cet historique de la dette publique en France, qui ignore la loi de 1973 http://cpa.enset-media.ac.ma/Fixe/Dette_publique.pdf ). A l’inverse, on peut contester à l’argumentation de Giscard d’Estaing que la loi de 1973 n’empêcha nullement la France de retrouver des pointes d’inflation, en 1975 et en 1982, à l’occasion des plans de relance Chirac puis Mauroy…

Ah bon, la monnaie se crée ?

                Mais ce n’est qu’une partie de l’argumentation de Holbecq. Le plus intéressant, c’est de savoir s’il y aurait d’un côté les avances des banques centrales qui seraient inflationnistes, et de l’autre l’emprunt aux banques privées qui ne le serait pas. Holbecq pense qu’en réalité les deux le sont tout autant.

                Car les banques privées, lorsqu’elles émettent un crédit,  créent de la monnaie. Trop de gens croient ou font semblant de croire que les banques prêtent l’argent que les déposants leur confient. Dès les premiers cours d’économie, un professeur digne de ce nom doit pourtant vous éclairer : les banques privées émettent bien, par simple jeu d’écriture, de la monnaie qui n’existait pas auparavant. Bien sûr, elles ont des limites : elles doivent avoir un ratio entre les fonds prêtés et les fonds propres, et réobtenir régulièrement de la monnaie émise par la banque centrale, ce qui permet à celle-ci de limiter l’activité créditrice des banques. Tout ceci est résumé dans ce document (http://www.societal.org/monnaie/creationmonnaiepourlesnuls.pdf ). Précisons que quand une dette est remboursée, le capital est simplement retiré de la circulation : il y a alors destruction monétaire, largement compensée par la création.

                Toute monnaie que nous détenons a été créée à l’occasion d’une dette, soit par les banques centrales aux autres banques (ou jadis aux Etats), soit, le plus souvent, par les banques. Ce fait simple et déterminant a fait l’objet du film de Paul Grignon, l’Argent-dette, dont Pascal Riché de Rue89 a fait le commentaire critique suivant (http://www.rue89.com/mon-oeil/2008/10/13/largent-dette-video-star-du-net-a-une-sale-petite-odeur).

                Dans son article, Riché donne une précision qui remet légèrement en cause la position de Holbecq : en général, l’Etat ne s’endette pas auprès de banques, mais le plus souvent auprès de d’organisations non émettrices de crédit telles que les assurances et les fonds (de pension) . On peut le constater à la lecture de cette note de Natixis (http://monnaie.wikispaces.com/file/view/d%C3%A9tention-dettes.pdf/134592209/d%C3%A9tention-dettes.pdf), surtout en lisant les tableaux des dernières pages. Et c’est d’ailleurs pour mettre en place un marché obligataire « moderne » que la loi de Janvier 1973 fut édictée,  selon Giscard d’Estaing.

A-t-on eu raison de préférer les intérêts à la création monétaire ?

Qu’est-ce que cela change, me direz-vous ? Cette monnaie n’a-t-elle pas été créée de toute façon un jour ? Et bien cela change que la monnaie en question n’a pas été créée spécifiquement pour être prêtée à l’Etat. C’est même plutôt logique : étant considéré comme le débiteur qui a le plus d’assurance pour rembourser en raison de son poids, l’Etat offre les taux d’intérêts les plus bas du marché obligataire, plus faibles que ceux de la plupart des entreprises. Il y a donc de fortes chances qu’en empruntant à une banque privée, un particulier ait à honorer un taux d’intérêt au moins égal à celui d’une obligation d’Etat. Donc s’endetter (et créer de la monnaie) spécialement pour prêter à l’Etat n’est pas très attrayant. Et l’emprunt d’Etat au secteur privé n’est pas nécessairement générateur de création monétaire, contrairement aux avances des banques centrales à l’Etat.

De plus l’emprunt à des non-résidents (soit les deux tiers de la dette publique française actuelle) ne peut être un générateur de croissance de la masse monétaire en France, puisque dans toute économie, les entrées de capitaux nettes (capitaux qui entrent, qu’il s’agisse d’investissements ou de placements étrangers vers la France, ou de profits faits à l’étranger et rapatriés en France, le tout moins les flux allant de la France vers l’extérieur) compensent la balance commerciale. Si de la monnaie nous parvient du reste du monde par les transferts de capitaux, nous en renvoyons avec notre déficit commercial (et la France a depuis 2003 un net déficit extérieur). Inversement, quand nous avions un excédent commercial (la décennie précédant 2003), la France était exportatrice nette de capitaux.

Donc, comme le dit Riché, oui, l’emprunt au secteur privé (interne ou étranger) est moins inflationniste que l’émission monétaire par la banque centrale. Cependant, là où Holbecq a raison, et ce que nous avons déjà vu plus haut, c’est que la majorité de la dette est constituée d’intérêts. Donc si les administrations avaient pu se financer à 0% d’intérêts réels, la masse des intérêts (au moins 1200 Mds d’euros 2009) soit 1) n’auraient pas été créés, soit 2) auraient été employés à autre chose, au financement des investissements du secteur marchand par exemple. Cela aurait été un effet d’éviction à l’envers (l’Etat laisse l’épargne profiter au secteur non-étatique). On aurait pu y gagner en une plus forte croissance, d’autant que les investissements publics n’auraient, quant à eux, nullement été réduits.

Et inversement, la création monétaire qu’auraient engendrée des avances de la Banque de France à l’Etat, si l’on s’en tient au dernier graphe plus haut, aurait été assez modérée, puisque nous aurions eu le fardeau des intérêts en moins, et que les déficits primaires auraient représenté le plus souvent 1% du PIB, sauf en 1993-1995 et en 2003 (et 2009). Et rappelons qu’en remboursant ses emprunts, l’Etat aurait détruit cette injection monétaire, au pire après quelques années de circulation.

En faisant le choix de la dette à intérêts, on a voulu bannir le risque inflationniste (qui est à prendre au sérieux, mais qui n’a de toute façon pas été anéanti), au prix d’un poids qui peut se révéler explosif (les intérêts de la dette évolue avec le temps, lorsque les obligations changent de propriétaires, une montée brusque des taux d’intérêts peut déclencher un tsunami de charges financières). Et ce choix nous a probablement privé d’une partie de notre croissance potentielle.

Et comment sortir de la dette de masse ?

                Le site de Holbecq propose déjà d’abolir la loi de 1973. Le problème est qu’elle a été confirmée par l’article 104 du Traité de Maastricht. La question de la sortie de l’Union Européenne s’en trouve renforcée (comment ça, mon blog devient monomaniaque anti-UE ? Allez donc voir chez Edgar…).

                Une fois cela acquis, il faudra encore que la Banque de France rachète elle-même les obligations pour les faire passer à un taux d’intérêt minimal. Et c’est là que l’on se retrouvera avec une nouvelle émission monétaire. Le site propose une réduction de 100 Mds d’euros de capital par an (http://monnaie.wikispaces.com/Comment+s%27en+sortir%3F ). Ce qui reviendrait quand même à 5% du PIB en injection monétaire chaque année (où 1% des agrégats monétaires de l’eurozone, mais seulement pour la France). Plus généralement, ils soutiennent la proposition du libéral Maurice Allais qui réclame une nationalisation complète de la création monétaire. Les propositions deviennent moins crédibles au fur et à mesure qu’ils montent au niveau international, en proposant des « monnaies nationales complémentaires à l’euro », voire une monnaie mondiale.

                On peut tout à fait s’accorder à ces propositions de réformes, tout en considérant que tout n’est pas réglé. La question la plus importante serait quand même : même si nous arrivions à résorber cette dette publique énorme, et à (ré-) instaurer le pouvoir de l’Etat sur la création de monnaie, comment éviter la faille qui avait justement mené à l’indépendance des banques centrales et l’interdiction des prêts au gouvernement, à savoir la tentation pour l’Etat d’user et d’abuser de l’émission monétaire, de jouer systématiquement la carte de l’inflation contre la dette ?

                La première chose est déjà d’assurer que l’Etat rembourse le capital de ses dettes (normal, puisqu’il n’a plus d'intérêts). Et pour cela il lui faut un stimulant radical. Un stimulant qui permette également aux victimes de l’inflation potentielle de s’exprimer avant que le "crime" n’ait lieu. Par exemple, une consultation populaire tous les trois ou quatre ans, avec la question suivante :

« Accordez-vous au gouvernement le droit de recevoir des avances de la Banque Centrale sur les quatre prochaines années, avec obligations de les rembourser dans les huit ans, pour une quantité ne dépassant pas 1% du PIB chaque année ?...et admettez-vous qu’en cas d’échec du gouvernement à tenir cet engagement, un impôt spécial soit prélevé pour réduire la dette ? ».

Oui, il faut prévoir la possibilité qu’au cas où le gouvernement n’aurait pas « rattrapé » sur le long terme les sommes qu’il a fait créer pour éponger ses déficits, les contribuables auront droit à un impôt spécial. En cas d’échec, c’est donc une peine pour les contribuables : payer pour avoir fait confiance à un gouvernement incapable, ou dans un mauvais contexte. Et une peine pour le gouvernement, qui voit son crédit politique s’effondrer. Et inversement, lors du référendum, c’est un test pour le gouvernement, qui peut constater la confiance que les citoyens lui accordent, et une mesure de l’optimisme de ces derniers, qui les pousserait à risquer un peu de leurs patrimoines contre un gain en revenus.

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Published by DiadoreCronos - dans Economie
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commentaires

A-J Holbecq 30/08/2010 14:13



Bonjour


Je n'ai pas encore eu le temps de procéder à la copie de vos articles sur "écosociétal"... par contre j'y ai inclus un article présentant l'actualisation de mes calculs sous le titre " la charge de la dette nourrit la dette"


http://ecosocietal.wordpress.com/2010/08/25/la-charge-de-la-dette-nourrit-la-dette/



A-J Holbecq 18/08/2010 08:18



Bonjour


Nous sommes d'accord sur la méthode de calcul, j'ai seulement un doute sur le montant réel des intérêts dans le cadre strict de la dette "dans l'enveloppe de Maastricht" ( intérêts du tableau
3301).


.


Ceci dit, en reprenant une autre source, je trouve 1339 entre 1980 et 2009, et une dette (euros constants) qui, partant de 239,3 en fin 1979, serait de 282 fin 2008 et 405 fin 2009, avec 21,2% du
PIB fin 2009 et un point bas à 13,7% en 2007. Je vais republier ces nouveaux calcul prochainement


.


 



A-J Holbecq 16/08/2010 18:53



Re, c'est encore moi.


Je voudrais, sans trop développer, revenir sur la fin de votre billet.


Globalement les économistes considèrent qu'une augmentation de la masse monétaire de 4 à 5% par an n'est pas inflationiste... pour s'en convaincre penser à l'augmentation de 10% par an de la
masse monétaire en zone euro (entre 2002 et 2007) qui n'a pas eu trop d'effet sur l'IPC (seulement sur les actifs).


Donc, si l'Etat injecte directement 4 à 5% de plus par an, il n'a pas besoin de rembourser la Banque Centrale (je ne sais plus où je parle de contreparties que je nomme "OATI" ; Obligations A
Terme Indéfini), sous réserve évidemment que dans le même temps les banques commerciales ne puissent plus, elles, émettre de nouvelle monnaie: c'est la masse monétaire totale qui importe (et
encore, ca dépends aussi de la vitesse de rotation de la monnaie et d'un tas d'autres paramètres)


L'Etat peut toujours - et facilement - diminuer la masse monétaire: il suffit qu'il ne remette pas en circulation une partie des recettes fiscales.


Enfin, dernier point. A mon sens il serait adéquat que ce soit le Parlement qui décide de la quantité nouvelle de monnaie à émettre lors de la discussion sur le budget (projets d'investissements
ou remboursement de la dette existante) avec un "veto" possible d'une structure genre "cours des comptes", pour éviter une utilisation "politicienne" de la monétisation directe.



DiadoreCronos 17/08/2010 15:41



Bonjour,



Désolé de n’avoir pu vous répondre hier. Je suis d’accord pour la publication de mes articles sur
http://ecosocietal, surtout si vous parvenez à publier les deux graphes que je n’ai pu mettre qu’en lien sur mon deuxième
article (ah, le traitement de texte d’over-blog…).


Pour ce qui est des chiffres sur les intérêts payés par les administrations publiques (pas
seulement l’Etat, donc). Ma source est simple : il s’agit des comptes nationaux de l’INSEE, sur le secteur institutionnel des Administrations publiques. Le fichier excel est accessible sur
http://www.insee.fr/fr/indicateurs/cnat_annu/base_2000/secteurs_inst/xls/t_3301.xls .


Les intérêts apparaissent deux fois dans ces tableaux, dans le troisième tableau (Comptes
d’affectation du revenu primaire), une première fois en ressources (les administrations reçoivent un peu d’intérêts de divers débiteurs, ligne 44, 6.1 Mds d’euros en 2008) et une seconde fois en
emploi (ligne 53). En 2008, les administrations dans leur ensemble ont payé 58 Mds d’euros d’intérêts. Je ne sais si c’est proprement le montant exact des intérêts payés par les administrations,
mais ce chiffre est crédible : il tourne autour de 3% du PIB, dépasse le montant des impôts sur le revenu sur les personnes physiques (49 Mds d’euros en net en 2008, http://fr.wikipedia.org/wiki/Imp%C3%B4t_sur_le_revenu_(France)#Statistiques_de_l.27imp.C3.B4t_sur_le_revenu_portant_sur_le_revenu_net_imposable.5B10.5D),
et est proche du budget de l’enseignement scolaire (http://fr.wikipedia.org/wiki/Budget_de_l%27%C3%89tat_fran%C3%A7ais#Le_budget_pour_2010).


De cette manière, en actualisant les sommes en fonction de l’indice des prix à la consommation
(IPC) de la même manière que vous l’indiquez sur http://monnaie.wikispaces.com, je cumule 1237 mds d’euros
d’intérêts payés de 1980 à 2008. Sur la période 1974-2008, la dette publique, sans intérêts réels, se serait malgré tout accrue, mais de 90 Mds d’euros, au lieu des 1387 Mds dans la réalité…(Et
ce sans compter le fossé du budget 2009, mais les circonstances sont exceptionnelles).


Pour ce qui est du lien entre croissance de la masse monétaire et inflation, dans la zone euro,
ensuite. Comme vous le dite, l’objectif de la BCE sur les années 2000 était un taux de croissance monétaire de 4,5%, correspondant à la croissance nominale du PIB de la zone euro : un peu
plus de 2% de croissance réelle, environ 2% d’inflation. En réalité, la masse monétaire M3 a progressé plus vite, le chiffre que j’ai trouvé sur le blog de Stéphane Laborde (http://www.creationmonetaire.info/2010/08/masse-monetaire-euro-juillet-2010.html), le taux moyen estimé est de 8 (voire 8,5%) de croissance depuis 1998. Il semble en
effet que la courbe soit encore plus ascendante en 2002-2007. Et pourtant l’inflation n’a été qu’à environ 2%


Plusieurs explications : soit l’indice des prix est incorrect, il y aurait plus d’inflation
que prévu. C’est un débat récurrent, mais la marge est haute entre 4,5 et 8,5%. Une autre hypothèse qui me vient est qu’une partie de cette création monétaire n’est pas allée vers la demande de
biens et services de consommation, par exemple en rejoignant la sphère financière (c’est même fort probable vu qu’il n’y a pas qu’en Amérique du Nord que des bulles se sont créées). Je me trompe
peut-être, mais il me semble que dans M3 on trouve toujours les valeurs mobilières (actions, obligations…). Si l’Etat injectait seul la nouvelle masse monétaire, à un niveau de 4%, 5% ou plus,
cette augmentation de monnaie aurait en revanche toutes les chances de se retrouver dans l’économie réelle : salaires d’agents publics, prestations sociales, investissements publics,… Le
risque inflationniste est alors plus fort.


Que les banques privées ne puissent plus émettre de la monnaie, je suis bien entendu d’accord.
Mais la création monétaire ne doit répondre qu’au besoin de financement de l’Etat – je n’affirme pas que vous ayez dit le contraire, je dis ça pour clarifier ma position.


Sur le plan des propositions politiques pour encadrer la création monétaire, nous sommes
d'accord.



A-J Holbecq 16/08/2010 08:33



Je voudrais également rappeller la méthodologie utilisée pour aboutir à la conclusion développée page http://monnaie.wikispaces.com/Arnaque  et qui abouti à la conclusion (en euros constants
2008 ... je suis en cours de réactualisation avec les derniers chiffres de l'INSEE))


La dette à fin 1979 était de 239 milliards d’euros, déjà injustifiables ;
La dette à fin 2008 s’établit à 1 327 milliards d’euros !
Ainsi, entre 1980 et 2008, la dette a augmenté de 1 088 milliards d'euros
et nous avons payé 1 306 milliards d'euros d'intérêts.
Si nous avions pu créer notre monnaie — faire exactement ce qu'ont le droit de faire les banques privées — la dette publique serait quasiment inexistante fin 2008


Je n'ai jamais réussi à trouver les montants exacts des intérêts annuels payés par les Administrations publiques dans le cadre exact de la
dette "au sens de Maastricht", ce qui serait la seule donnée importante nous permettant de calculer exactement le montant des intérêts versés: j'ai donc du faire des estimations (que je reconnais
d'ailleurs), en utilisant les moyennes des taux des emprunts d'etat à long terme, en les appliquant chaque année à la dette (et tout en sachant bien que la dette est renouvellée pour 1/6° tous
les ans)


J'ai utilisé également d'autres méthodes de calcul, sans doute aussi imprécises... mais j'aboutis toujours à un total d'intérêts payés
entre 1980 et 2008 d'environ 1300 Md€ pour un solde de dette de 1327.


J'espère qu'un moment ou un autre quelques économistes de renom (je ne suis qu'un "amateur") reprendront ces calculs et en diffuseront les
résultats.



A-J Holbecq 16/08/2010 08:14



Merci et félicitations pour ces deux excellents articles que je viens de découvrir.


J'aimerais pouvoir les copier sur mon blog " http://ecosocietal.wordpress.com " si vous m'y autorisez.


Au delà de cela, puisque vous avez mon adresse courriel en tant qu'administrateur du blog, pouvez vous me contacter: il y a quelques points "techniques" dont j'aimerais débattre en direct avec
vous.


Cordialement