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Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

     www.pourlecommunisme.com est un site qui s'attaque directement aux critiques faites contre le communisme (millions de morts imputés à l'idéal communiste, faillite économique, etc...). Il ne fait la promotion d'aucun régime existant ou ayant existé par le passé, s'efforce de comprendre les faits et de proposer des pistes pour l'avenir.

     Vous êtes anticommuniste et voulez débarasser le monde d'un jeune fou qui, selon vous, risque de faucher à nouveau des millions de vies?

Vous êtes stalino-maoïste (pardon : marxiste-léniniste-pensée-Mao-Zedong) et voulez écraser la vermine révisionniste que je suis?

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 21:20

 

 

            Les évènements des mois de mars et avril en Libye et en Côte d’Ivoire ont fait beaucoup réagir les camarades. Sur ce blog, étant passé à un rythme de publication très modéré, je suis plus distant. Mes positions concernant la Libye sont assez proches de cet article, et de celui-ci sur la Côte d’Ivoire. Ni le cas libyen, ni le cas ivoirien ne ressemblent à l’Irak de 2003, le Kosovo de 1999, l’Afghanistan de 2001…et ce serait bon que ceux qui ont des positions arrêtées au sujet des interventions militaires (les anti- principalement) s’en rappellent. J’ai lu sur certains sites des convictions exprimées avec beaucoup d’aplomb, proclamant qu’aucune intervention occidentale n’avait jamais été bénéfique pour aucun peuple : les auteurs de ces propos devraient aller expliquer aux sud-coréens qu’il aurait mieux valu pour eux qu’ils soient abandonnés à Kim-Il-Sung en 1950…Plus généralement, dans la gauche « radicale », ce sont les analyses de la réalité qui sont réduites à la racine, celle-ci étant faite de grands concepts : l’impérialisme, l’Occident, les pôples (pardon : peuples)…

 

            J’ai quelques aveux (au diable le « coming-out ») sur la notion d'impérialisme, et j'en ferai plus tard sur celle d'Occident...

 

Faut-il être anti-impérialiste ?

 

            Concernant l’impérialisme, je le dis tout de suite : je ne suis pas anti-impérialiste. Non pas parce que je trouverais sympathique et beau le fait d’envahir un pays, de tuer ses habitants, et de l’asperger copieusement de bombes. Non, c’est juste parce que l’anti-impérialisme ne correspond à rien, dans la réalité historique. Qu’est-ce que l’impérialisme ? La tendance d’un état à utiliser sa puissance pour imposer ses intérêts aux dépens des autres, en prenant ce qui ne lui appartient pas, sur d’autres sols que le sien, et en contraignant généralement les décisions des autres. Je demande juste : en quoi l’impérialisme est-il spécifiquement occidental ? En quoi est-il spécifiquement capitaliste ?

           

            Tous les états du monde sont impérialistes. Il y a ou a eu un impérialisme français, américain, britannique, chinois, soviétique, russe, turc… mais aussi burkinabé (pays dont le régime est intervenu dans les évènements ivoiriens et libériens), rwandais (au Congo), somalien (pour l’Ogaden), éthiopien (en Erythrée), algérien (au Sahara occidental), marocain (itou), libyen (au Tchad)… Même un pays tel que Cuba, dont une grande partie de la promotion politique est basée sur l’anti-impérialisme, y a trempé : que venaient faire des milliers de combattants cubains, partis d’une petite île pauvre des Caraïbes, dans les conflits angolais et mozambicain (bouh, l’ingérence !), au service de régimes fort peu démocratiques, au nom de prétextes humanitaro-politiques (combattre le régime sud-africain de l’apartheid…) ? A part sous-traiter l’impérialisme soviétique, qui ne pouvait lui-même intervenir directement en Afrique sans déclencher un conflit mondial, je ne vois pas. Je ne condamne nullement les cubains, et ces interventions pouvaient se comprendre, mais le discours anti-ingérence et anti-impérialiste, je le reçois avec un sourire en coin.

 

            Plus fondamentalement, tout état est impérialiste pour des raisons que j’ai déjà cité dans un autre article de ce blog. Et qui se résument simplement : des individus armés créent un état pour défendre quelque chose (des biens, des terres, la sécurité des routes et des échanges). Pour se défendre il faut être puissant. Pour être puissant il faut être grand, et être capable d’empêcher les concurrents potentiels de le devenir. Donc la meilleure défense, c’est l’attaque. Donc le fait que l’Histoire de l’humanité soit émaillée de guerre n’est qu’une conséquence logique de ces bases, qui me semblent peu contestables.

 

            Et plus précisément, je pense que la nature de classe d’un état ne change pas grand-chose à ce fait. Une démocratie peut pratiquer une guerre impériale (l’Indochine et l’Algérie pour la France), avec une contestation très partielle dans la société. Les peuples, même s’ils élisent leurs gouvernements, peuvent, par indolence ou par compréhension de leurs intérêts, soutenir ces guerres. Une démocratie qui serait dominée par les représentants de la classe ouvrière pourrait très bien se comporter de la même façon. Après tout, même si le capitalisme était aboli et la classe ouvrière aux commandes, il faut toujours sécuriser l’approvisionnement en pétrole et en matières premières. S’assurer que le voisin ne va pas devenir beaucoup plus puissant que vous. Qu’il ne va pas bloquer une de vos routes, pour vous racketter ou vous vassaliser ensuite. Je ne vois pas en quoi des gouvernements ouvriers mettraient fin à l’impérialisme. Et de ce fait, je l’avoue volontiers : je n’ai jamais cru que le communisme, même appliqué dans la conformité de ses principes, et donc démocratiquement, pourrait un jour supprimer guerres et impérialismes.

 

Pour avoir la paix : tous impérialistes !

           

            Pour autant, comme toute personne sensée, je n’en renonce pas au désir de paix dans le monde, du respect des souverainetés nationales, de la démocratie généralisée…Comment espérer au moins avoir la paix ? C’est simple, en utilisant la méthode la plus efficace : l’équilibre de la terreur. Abandonner l’utopie « anti-impérialiste » n’est donc nullement contradictoire avec la recherche de paix, car la solution pour y parvenir est non pas que les grandes puissances se désarment et renoncent à étendre leur domination, mais que les faibles s’arment et deviennent puissants. Lincoln disait qu’on ne peut renforcer le faible en affaiblissant le fort. Dans le cas de la France, l’affaiblir serait facile, détruire l’influence vacillante qu’elle a encore sur plusieurs pays africains pourrait prendre peu de temps, si un gouvernement français « anti-impérialiste » s’y mettait, ou que d’autres états nous y contraignaient. Mais cela ne ferait que faire passer l’Afrique dans l’orbite américaine ou chinoise. La seule véritable solution serait l’émergence d’une ou plusieurs puissances africaines (je ne vois pas forcément pourquoi il ne devrait y en avoir qu’une d’ailleurs ; l’Afrique n’est pas un continent plus monolithique que les autres, et ses différentes contrées n’ont sans doute pas les mêmes intérêts). Et la décennie des années 2000, où le continent noir a connu dans l’ensemble une forte poussée de croissance, laisse entendre que ce n’est pas chimérique, et que le sinistre monde occidental n’entrave pas cette progression.   

 

            Avant de faire un deuxième article sur l’Occident, je tiens juste à rappeler qu’aucun pays ne s’est sorti de la misère en rompant toute relation avec ledit « monde occidental ». Les discours enflammés contre l’impérialisme et le néocolonialisme n’ont jamais nourri personne, et étaient souvent le fait de gens qui étaient eux-mêmes des despotes. L’Asie orientale a montré la voie : discrètement, puis de plus en plus vite, elle a acquis un potentiel industriel qui fait que les anciennes puissances coloniales – et le Japon – ne peuvent plus traiter des pays comme la Corée du Sud, et demain bien plus de nations sud-asiatiques, pour quantité négligeables. Créer de la puissance pour répondre à la puissance, c’est la voie la plus efficace pour échapper à la domination, aux conflits et à la pauvreté.

 

            Oublions l’anti-impérialisme, oui au pan-impérialisme !

 

 

PARTIE ANNEXE (25 avril 2011) : L’Europe est-elle plus atteinte de la maladie impérialiste que les autres continents ?

 

            Faisons un détour vers l’impérialisme européen, puisque c’est pratiquement le seul que dénonce la gauche radicale, tant dans l’actualité que pour les siècles précédents. Dans le cas de la colonisation (occidentale, à partir du 16ème siècle), la question n’est pas de savoir au nom de quelles idéologies les européens se seraient arrogé le droit de partir à la conquête du reste du monde (question que nombre d’anticolonialistes posent peu lorsqu’il s’agit des conquérants arabes ou mongols). Les explications du colonialisme français, au 19ème siècle, comme résultant des « idées des Lumières », la gauche française voulant « apporter les lumières aux races inférieures », me paraissent, au fond, vaines ou déplacées. Les idéologies colonialistes sont apparues après le colonialisme lui-même. Ces idéologies furent avant tout des enrobages du produit, pour le vendre aux populations métropolitaines au fur et à mesure que celles-ci deviennent des démocraties. Il est également absurde d’aborder la question coloniale en cherchant à savoir pourquoi « l’Europe », ou « l’homme blanc », pris comme un seul bloc, auraient décidé de conquérir le reste du monde.

 

            La colonisation européenne est le produit de la concurrence entre les états. Portugal, Espagne, Angleterre, France et Pays-Bas s’y sont mis dans les deux siècles qui ont suivi les voyages de Christophe Colomb. Des cités italiennes, des royaumes scandinaves, et même la Pologne-Lituanie ont brièvement tenté leur chance. Que ces conquêtes aient été profitables est très sujet à discussion sur le long terme. Les métaux précieux des Amériques ont surtout amené l’inflation à l’Espagne, et n’ont nullement empêché son déclin. La perte de ses colonies n’a jamais plongé un état européen dans le déclin (dans le cas espagnol, le déclin du 17ème siècle s’est amorcé alors que l’empire était plus grand que jamais), et des pays sans colonies significatives (la Suisse, la Suède, le Danemark) sont devenus très riches au cours de la Révolution Industrielle.

 

Donc l’explication de la colonisation par son gain (le mythe de «l’Europe enrichie par le pillage du reste du monde ») est très incertaine. Ce qui l’est moins, c’est l’appétit du gain que l’aventure coloniale représentait. Si les européens colonisaient, ce n’était pas parce qu’ils y gagnaient, mais pensaient gagner sur le long terme. Une colonie est un investissement qui peut n’être rentable que sur des décennies. Mais si un territoire à prendre recèle potentiellement des ressources insoupçonnées et vitales, le laisserez-vous passer entre les mains du concurrent, parce que vous n’êtes pas sûr ? Laisserez-vous le voisin contrôler un détroit stratégique ? Mettre la main sur des régions populeuses, où il pourra taxer le travail et surtout recruter des troupes indigènes ?

 

La colonisation européenne n’est ni une « erreur » sur le plan tactique, ni la preuve d’une tare morale et culturelle des européens. Qu’on puisse la déplorer sur le plan moral est une chose, mais dans la politique réelle (realpolitik pour ceux qui ont oublié leur langue), elle était inévitable. D’autres continents n’ont pas vu émerger la même dynamique, faute de développement suffisant des techniques, des états, ou de la concurrence entre eux. C’est ce dernier point, et non l’insuffisance technologique, qui a enfoncé la Chine dans la stagnation. Quand l’Europe découvre pour de bon les Amériques, la Chine, sous l’empire issu de Kubilaï Khan, n’a pas de concurrent sérieux. A part les dynasties chinoises entre elles : Ming, Qing, ou entre chinois et mandchous, mais à l’intérieur du même empire. Le voisin japonais se ferme sur lui-même au 17ème siècle. L’Indochine et l’Inde sont très divisées (le sultanat moghol périssant sous les coups marathes et britanniques au 18ème siècle). Lorsque les européens arrivent aux abords de l’Empire du Milieu, celui-ci s’aperçoit que son sommeil a trop duré.

 

La suite dans l'article sur l'Occident.

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Published by DiadoreCronos - dans Misanthropie
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commentaires

engine 18/06/2011 22:47



Bonsoir, c'est le "camarade" (entre guillemets vu ton révisionnisme et ton soutien à un phénomène capitaliste) qui t'avait posé déjà quelques questions qui vient reposter


 


En tant qu'anti-impérialiste, je trouve qu'il y a certaines choses qui ne me semble aps juste. Déjà non tous les états ne sont pas impérialistes, et justifier cela apr le fait qu'ils s'arment,
c'ets incompréhensible. Par exemple la Corée du Nord est armée jusu'au dent et pourtant anti-impérialiste.


 


Donc dénoncer l'anti-impérialisme parce qu'il y enaurait partout, je n'adhère pas. Oui je suis anti-impérialiste. Les intervention en Afrique suite aux révolutions, pourquoi voudraient-elles
sauver les peuples des dictateurs avec lesquels on a amrchandé depuis des années ? Alors qu'on a déjà passé des contrats avec un noyau des révolutionnaires ?


Vu le régime qu'ils pourraient bien installer, c'ets évident. Mais il ne faudrait pas compter sur els médias "libres" pour en être informé.


 


Les interventions ont docn en conclusion pour btu de casser les révoltes et la dénonciation de l'impérialisme est très importante.


 


Enfin il est dit que els colonies ne rapportent que sur le long terme. Déjà je ne vois aps le rapport, en plus pas forcément. Le colonialisme ne focntionne aps de la manière sous le féodalisme et
le capitalisme


 


Enfin confondre une zone de dictatuire du prolétariat (par exemple l'intégration de colonies à l'URSS de Lénine) et l'impérialisme, c'ets vraiment très gros pour un "communiste" ! Sous le
communisme il y aura sans doute des contradictions, mais pas d'antagonismes de classe. On voit bien que « En France, l’absence de base théorique
et de bon sens politique se fait généralement sentir. » (Karl Marx).


 


Cependant merci de rappeler quelques vérités sur le soi disant anti-impérialisme de Cuba. Il y a également d'autres cas de figure : Chavez, qui hait
l'impérialisme américain quand il veut dominer son propre payx, mais pas les autres (soutien aux dictateurs arabes) lol.



DiadoreCronos 22/06/2011 22:16



Bonsoir Engine,


oui, tu peux mettre des guillemets à "camarade", vu que tu adhères visiblement au point de vue de type maoïste.


L'impérialisme n'est pas un phénomène capitaliste, mais un comportement logique de tout état, quelqu'il soit, peu importe qu'il soit dirigé par des représentants de la classe ouvrière ou des gens
issus de la bourgeoisie et alliés à elle.

Je le maintiens: les seuls pays non-impérialistes sont les pays qui n'ont pas les moyens de l'être. Et l'exemple de la Corée du Nord comme pays "anti-impérialiste" est très mauvais: déjà, ce
régime est une création de l'extérieur (l'URSS, puis de la Chine de Mao lorsqu'elle a sauvé ce régime au cours de la guerre de Corée). Mais surtout, la Corée du Nord a envahi sa voisine du Sud en
1950. Soi-disant pour se protéger d'une menace d'invasion (alors que les USA venaient de retirer leurs troupes et que les forces sud-coréennes étaient très faibles). Et ce alors que le régime de
Pyongyang ne pouvait revendiquer aucun droit à la reconquête sur la moitié sud de la Corée, qui ne lui a jamais appartenu.


Je n'ai jamais prétendu que les pays de l'OTAN intervenaient en Libye par pur amour de la démocratie, et sans aucune visée d'influence ou de contrôle des ventes pétrolières. Ma conviction est
plutôt qu'en soutenant la révolte libyenne, l'Etat français voulait refaire sa place en Afrique du Nord, et plus encore alors que les révoltes tunisiennes et égyptiennes avaient mis à mal l'image
du gouvernement français. L'impérialisme, c'est aussi ça: avoir des alliés, et renverser ses ennemis pour les remplacer par des alliés. Tous les pays du monde qui le peuvent tentent d'une manière
ou d'une autre de le faire. La Libye de Kadhafi, par exemple, a été éminemment impérialiste vis-à-vis du Tchad (dont le dictateur soutient aujourd'hui Kadhafi).


En URSS, il n'y avait pas de "dictature du prolétariat", mais celle d'un parti. La seule époque où, objectivement, la classe ouvrière jouait un rôle politique proéminent, ce fut en 1917-1918,
lorsque les soviets existaient réellement (déjà avant Octobre 17), et qu'ils surreprésentaient les ouvriers (ce qui permit aux bolcheviks d'être majoritaires au congrès des soviets de Septembre
1917, alors qu'ils perdirent largement les élections générales de Décembre). Mais ensuite, la guerre civile a rendu les soviets obsolètes.