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Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

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6 juillet 2010 2 06 /07 /juillet /2010 23:41

Troisième article d'une série de quatre sur les discriminations ethniques en France. Il s'agit d'une critique et d'une alternative au discours qui fait de la France en tant que telle un pays raciste, ou parlent abusivement de "privilège blanc" comme on l'a vu dans le premier article, qui traitait des accusations faites contre l'Etat. Le second article traitait des chiffres de la discrimination à l'emploi en France

 

La confusion du privé et du public chez les "antiracistes"

Revenons à Tevanian, et sur les observations qu’il fait en matière pénale :

« Au regard de l’ampleur de ces discriminations, le nombre de condamnations annuelles est dérisoire (deux en 1992, 1994 et 1995, une seule en 1993, zéro en 1995, deux en 2001). Quant aux sanctions, elles sont on-ne-peut-plus légères, surtout lorsqu’on les mesure au préjudice causé : la privation d’un emploi. »

C’est un des ressorts du discours sur le « privilège blanc » en France : l’Etat est complice des discriminations à l’emploi puisqu’il ne les punit pas ou si peu. L’état français est donc complice du racisme, et de proche en proche raciste lui-même. Le paragraphe cité révèle aussi, dans sa dernière phrase, un des présupposé du raisonnement « antiraciste » de Tévanian & co : les entreprises commettent un grave méfait à l’encontre des discriminés, car elles auraient normalement l’obligation d’offrir des emplois.

Ce raisonnement interpelle pleinement la question du communisme :  Tévanian sait-il que la France est un pays capitaliste ? Que la plupart des entreprises sont privées ? Alors de deux choses l’une :

-          soit Tévanian est communiste, et demande donc l’abolition de la propriété privée des entreprises (revendication qui apparaît peu sur son site, nettement plus dédié à l’islamogauchisme). Alors effectivement, la propriété collective ferait de l’entreprise à la fois un bien commun mais aussi une structure chargée de répondre à des besoins collectifs. Et à ce titre, l’obligation pour elles, entre autres, de créer des emplois, sans discriminations aucune à part celles des compétences ;

-          soit alors Tévanian accepte la propriété privée des entreprises, et la question est beaucoup plus compliquée. Si l’entreprise est privée, alors d’une part les propriétaires n’ont pas l’obligation de créer des emplois (ils peuvent passer contrat avec l’Etat pour avoir des objectifs d’embauche, mais c’est tout), et ils ont le droit de choisir qui vient travailler ou non chez eux. Au même titre que personne ne vous demande qui entre ou n’entre pas dans votre appartement.

Il faut préciser que dans l’esprit d’une république capitaliste, il n’y a pas de « droit à l’emploi » au sens de ce que toute personne n’ayant pas d’emploi aurait l’obligation d’en recevoir un. Il existe un droit au travail, qui signifie que tant que vous avez un emploi, nul n’a le droit de vous empêcher de l’exercer (d’où les récurrentes discussions entre le droit de grève – dans les transports publics notamment – et le droit au travail pour les usagers bloqués). Et si vous n’avez pas de travail, nul ne peut vous interdire d’en chercher un et d’en trouver.

On peut désapprouver ces principes, et donc le capitalisme et l’économie de propriété privée. Mais ce qu’on ne peut pas faire, c’est accepter le système capitaliste, renoncer à son remplacement par le communisme et en même temps exiger des entreprises qu’elles se comportent comme des services publics. La législation anti-discrimination est donc une juridiction bâtarde dans le cadre du capitalisme : elle vient en contradiction d’un des fondements premiers de l’économie libérale.

Concrètement, que peut faire l’Etat ?

Encourager la détection d’entreprises racistes, par le biais du testing ? Le testing, c’est cette méthode qui consiste simplement à envoyer en réponse d’une offre d’emploi deux CV équivalents (personne du même âge, même niveau de diplômes, expériences professionnelles comparables, lieu de résidence et facilité de transport semblables), mais dont l’un est baptisé Jean-Baptiste et l’autre Mouloud. Cette méthode est a priori logique, mais elle demande l’envoi de plusieurs CV (sur deux CV, si Jean-Baptiste reçoit une réponse du recruteur et pas Mouloud, il peut s’agir d’un choix fait à pile ou face…). Or, rappelons que la majorité des trois millions d’entreprises qui existent en France sont de très petites entreprises, qui créent donc peu de postes par an et peuvent rester des années sans le faire.

Mais surtout, cette méthode, si elle se généralise, serait aisément parable par les recruteurs racistes. Il suffit tout simplement de convoquer en entretien aussi bien les Mouloud que les Jean-Baptiste, et d’écrémer tous les  Mouloud suite aux entretiens. C’est d’ailleurs déjà ce qui peut arriver, et le chercheur Jean-François Amadieu (qui anime l'Observatoire des Discriminations ) en a fait une hypothèse de travail. Quelle solution alors ? Que l’Etat envoie un inspecteur surveiller un entretien d’embauche ? C’est contraire à la confidentialité de celui-ci. Et quand bien même cela se ferait, outre le problème du coût public des inspections, les recruteurs feraient des entretiens clandestins (par téléphone). Il faudrait alors fliquer toutes les communications entre entreprises et chercheurs d’emploi ?

Notons que Jean-François Amadieu propose une solution bien plus angélique : « Une sensibilisation des managers à leurs préjugés peut également être menée ». Ce qui risque de ne pas mener bien loin si les recruteurs sont des racistes convaincus.

On voit que tôt ou tard, cette mécanique mène à la construction d’un appareil de surveillance et de répression qui serait à la fois contraire à la liberté de l’entreprise et très certainement inefficace car contournable de bien des façons. Un état capitaliste n’aura jamais intérêt à faire cela.

Aussi, reprocher à l’Etat de ne pas faire appliquer plus durement cette législation (jusqu’à la prison ou la privation de droits civiques, selon Tévanian) et en déduire que l’Etat est raciste puisque complice du racisme est une malhonnêteté. Si l’Etat n’agit pas, c’est parce que cette lutte le mettrait en contradiction avec ses principes, non pas des principes racistes, mais capitalistes.

Le communisme règlera-t-il ces questions de discriminations ?

            Et si les entreprises devenaient collectives, cela supprimerait-il ces discriminations ? Pas forcément, et c’est pour cela que les communistes doivent traiter le sujet plus sérieusement qu’en croyant que tout se résoudra à coup de testings et de condamnations pénales. La propriété collective crée, comme dit plus haut, un réel droit à l’emploi et une obligation pour les entreprises d’en fournir. Mais encore faut-il savoir de quelle économie communiste on parle. Si l’économie communiste que nous créons est planifiée, on pourra s’attendre, d’un point de vue purement théorique, à ce que toutes les affectations de poste soient rationnelles (la bonne personne, avec les bonnes compétences…). Ensuite, une étude a posteriori des emplois attribués permettrait de savoir si les planificateurs ont bien donné à chaque personne une chance comparable d’être admis dans un emploi dont il avait les compétences, et que le facteur ethnique ne jouait pas. Cela signifierait, non pas qu’il y aurait la même proportion de blancs, d’arabes et de noirs dans toutes les filières professionnelles, dans toutes les tranches de salaires, etc…, mais que, à compétences égales, si 10 noirs et arabes et 90 blancs se portent candidats pour un type de poste, il y a 10% de non-blancs recrutés à l’arrivée.

            Mais, comme nous l’avions vu dans les vidéos « Changer de système », le principe de l’économie planifiée repose sur la croyance en un appareil planificateur omniscient ou du moins plus savant que le reste de la société, ce qui est dans la pratique inatteignable. Des planificateurs devant programmer un grand nombre de recrutements auraient toutes les chances d’être peu sensibilisés au fait qu’un des recrutements ait été mal fait, affectant une personne incompétente à un poste. De plus, les planificateurs seraient l’objet de toutes les sollicitations et pressions, centralisant tous les risques de corruption. Alors que la multiplicité des emplois et entreprises de ressources humaines dans une économie de marché rend cela plus difficile (et un recruteur privé n’a de toute façon pas à être corrompu, puisque son métier est déjà de se vendre à ses clients).

            Si maintenant on envisage une économie communiste avec des entreprises autogérées, ou des entreprises fonctionnant en marché avec des dirigeants salariés de la collectivité, de fait le risque de la discrimination réapparait. Une entreprise auto-administrée par des salariés blancs pourrait tout à fait, au niveau de ses dirigeants ou même de ses salariés, décider de continuer à n’embaucher que des blancs. La propriété collective justifiera un contrôle et des tests anti-discriminations plus sévères que ce qui existe dans l’économie actuelle, mais avec les mêmes possibilités de contournement que j’ai décrites plus haut.

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Published by DiadoreCronos - dans Luttes
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commentaires

nationalistejacobin 09/07/2010 22:32



Désolé d'intervenir à nouveau, mais ce sujet me passionne. En vous lisant, quelques questions me viennent à l'esprit:


1) Si un recruteur "blanc", après sélection impitoyable et entretiens, ne retient que deux CV, celui d'un candidat blanc et celui d'un candidat avec un nom maghrébin, et que chacun présente
un profil proche et une compétence comparable, que peut faire le recruteur? Je veux dire, est-ce du racisme si le recruteur décide, à défaut d'autres critères, de choisir le "natif" (ou présumé
tel)? A contrario, si le recruteur est d'origine maghrébine et se trouve dans le même cas de figure, dira-t-on qu'il est raciste s'il opte pour le candidat maghrébin? Je n'en suis pas sûr. Plus
généralement, est-ce que toute embauche n'est pas discriminante? L'un est choisi, les autres pas. Ce qui est intolérable, c'est qu'un candidat maghrébin ou subsaharien soit éliminé au profit d'un
candidat blanc moins compétent, au seul motif de son origine.


2) Il y a, me semble-t-il, des patrons issus de l'immigration en France. Est-on certain que ces derniers n'adoptent pas des "réflexes communautaires", exact pendant du "racisme" reproché aux
natifs? Est-on allé vérifier, testing à l'appui, que les patrons maghrébins ne privilégient pas un recrutement maghrébin? Est-on allé voir dans les entreprises chinoises si la "diversité" est
respectée? On peut objecter qu'il s'agit de petites entreprises "familiales", mais il en est de même de beaucoup d'entreprises françaises. Plus généralement, cela nous interpelle sur le principe
cher aux identitaires: "les nôtres avant les autres". Bien sûr, il s'agit d'un slogan d' "extrême droite" qui choquera légitimement bien des gens, mais, au fond, quoi de plus naturel? Les
"minorités" en tout cas ne se privent pas de l'appliquer, alors est-il juste de le reprocher à la majorité? Le pacte républicain préconise justement de dépasser ces réflexes
"communautaires". Malgré tout, ne rêvons pas: on ne les éradiquera jamais complètement. 


Quant aux grandes entreprises, elles adoptent de plus en plus des "chartes de diversité" assurant des postes aux "minorités". Les grandes écoles prennent le même chemin. Comment, avec de telles
mesures (d'ailleurs contestables), parler de "racisme systémique"? Pour le peu que je fréquente des administrations publiques, il me semble avoir constater que les "minorités" maghrébines et
subsahariennes y trouvent leur place...


3) On parle de couleur de peau mais aussi de noms de famille. Y a-t-il des études sur l'embauche des Antillais qui ont la particularité d'être "de couleur" (généralement) mais avec des noms à
consonance française?



DiadoreCronos 22/07/2010 15:44



Bonjour;


 


la plupart des questions que vous posez n'ont pas aujourd'hui de réponses statistiques à ma connaissance, pour deux raisons: 1) les chercheurs s'intéresseront aux discriminations dominantes,
celles frappant les non-blancs. On peut déplorer ce fait, et on remarque aussi que l'origine ethnique du recruteur n'est souvent pas mentionnée dans les études (ceci dit, lorsque l'on fait du
testing par des envois de CV, on ne saura pas qui les aura lu...), 2) la population des entrepreneurs d'origine (nord) africaine est assez limitée. Si on veut segmenter par filière, par taille de
l'entreprise pour ne pouvoir éliminer les autres facteurs de selection que l'ethnie, on risque de manquer de volume pour tirer des conclusions fiables.

Pour ce qui est du nom, en revanche, d'après Jean-François Amadieu, le fait d'avoir un patronyme français, même si on est d'une origine différente (marocaine par exemple) augmenterait les chances
de retours positifs sur les CV. Ceci dit, il s'agit d'une expérience, faite sur plusieurs centaines d'envois.