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Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

     www.pourlecommunisme.com est un site qui s'attaque directement aux critiques faites contre le communisme (millions de morts imputés à l'idéal communiste, faillite économique, etc...). Il ne fait la promotion d'aucun régime existant ou ayant existé par le passé, s'efforce de comprendre les faits et de proposer des pistes pour l'avenir.

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5 mai 2007 6 05 /05 /mai /2007 19:30

Je poste un petit (enfin…) article avant le second tour, pour parler pêle-mêle de ce que j’ai pu entendre dans ces deux semaines…


Le débat Royal-Bayrou


           Je suis peut-être idiot, mais je ne vois pas en quoi l’idée d’organiser un débat Royal-Bayrou après le premier tour (et donc l’élimination de Bayrou) était « immorale », comme l’ont répété les lieutenants de Sarkozy durant les jours qui ont précédé ce débat. Bayrou ne prétendait nullement briguer la présidence, mais simplement s’exprimer comme chaque citoyen a le droit de le faire. Et le débat Royal-Bayrou ne dérangeait en rien le débat Sarkozy-Royal d’hier. Mais la France semble être devenue un pays où il est si difficile de débattre que deux débats en deux semaines semblent une tâche insurmontable.

 

            Ainsi, Rachida Dati, porte-parole de Sarkozy, se plaignait que ce débat Royal-Bayrou allait « prendre les électeurs en otages ». Otages de quoi ? Privés de quoi ? De Robien avançait ce superbe sophisme sur Canal+ : 57% des électeurs du 1er tour auraient voulu un duel Sarko-Royal, donc Bayrou n’a pas à s’exprimer entre les deux tours. C’est doublement idiot : on ne vote pas pour un duel mais pour un candidat, lors du premier comme du second tour d’une élection. Personne, le 22 avril, n’a voté pour Royal-Sarkozy (ou le contraire). Il est donc inepte et sans signification de cumuler les voix de Royal et de Sarkozy du 22 avril pour en déduire quoi que ce soit.

            Ensuite, redisons-le, François Bayrou avait totalement le droit de s’exprimer, même s’il était éliminé. Et cela était même nécessaire, car les électeurs ont besoin de savoir pour quoi ils voteront s’ils élisent Ségolène Royal le 6 mai. Elle ne gouvernerait pas seule mais avec un exécutif et une majorité parlementaire, qui serait peut-être une coalition PS-UDF. Ceux dont le vote peut être affecté par ce genre de nouvelle ont tout à fait le droit d’en être averti.

            Et rappelons qu’il n’y a, au final, même pas eu d’alliance ni de rapprochement entre Royal et Bayrou, seulement une discussion avec des points d’accords et d’achoppements. Qu’il n’y a là aucune « magouille politicienne ». Que personne ne prétend que Bayrou est le propriétaire de ses voix, ni que les électeurs de Bayrou du 22 avril encourraient une quelconque obligation découlant des actes de leur candidat du premier tour. Royal et Bayrou n’ont fait qu’esquisser une offre politique. Je préfère de loin cette manière franche de pratiquer la démocratie aux grands discours sarkozystes sur le « rassemblement des français ». Tiens, pour ceux qui aiment les additions électorales comme De Robien : 68.82% des suffrages ne sont pas allés à Sarkozy le 22 avril ; au nom de quoi prétend-t-il rassembler le peuple français ? Personne ne rassemblera tous les français, ni Sarkozy ni Royal. Le premier, en tout cas, ne sera jamais mon président.


Diabolisation de Sarkozy ?

  
          Que beaucoup, à gauche, aient concentré leurs attaques sur Sarkozy, sa personne, le supposé danger qu’il représenterait, c’est un fait. Qu’il y ait eu un « matraquage » anti-Sarko, c’est risible, d’autant qu’en France la majorité de la presse est de droite, et que ce « matraque antisarkosyste » doit être mis en rapport avec le matraquage pro-Sarkozy et autour de Sarkozy qui est revenu plusieurs fois pendant ces cinq ans. Des journaux à grands tirages comme Le Point ou L’Express lui ont consacré de fréquentes unes ; les médias télévisuels ont très largement relayé son activité, surtout en 2002 (date à partir de laquelle j’ai commencé à cesser de regarder la télévision)…

 

 

           Mais il est vrai qu’à force de centrer le discours sur lui, en lui donnant des superlatifs (« ultralibéral » -qu’il n’est pas, « ultrasécuritaire »…), on a, à gauche, renforcé son image, même par effet de répulsion.


Bientôt Silvio Sarkozy ?


            Il aurait été pourtant plus simple de s’attaquer à son programme, en faisant un rapprochement qui n’a rien de diabolisant : de fait, de par ses idées et ses projets, Nicolas Sarkozy ressemble beaucoup à Silvio Berlusconi. Beaucoup plus qu’à Margaret Thatcher ou Ronald Reagan dont il ne partage pas la ferveur pour le libéralisme théorique. Un candidat qui propose un programme estimé à plus de 50 milliards d’euros par le site debat 2007 (cf. plus bas) tout en promettant de baisser de 4 points les prélèvements obligatoires (à 44.4% du PIB actuellement) n’est pas un candidat libéral, mais populiste. Et c’est dans un sens ce qui s’est produit avec Berlusconi en Italie, avec des ressemblances fort troublantes entre l’action gouvernementale du Cavaliere et le programme actuel de l’UMP :

 

            -la suppression de la fiscalité sur les héritages et successions ;

            -l’assouplissement des procédures de licenciement (loi Biaggi) ; après le CNE de De Villepin, Sarkozy envisage quant à lui un contrat de travail unique ;

            -le gouvernement Berlusconi a également augmenté l’âge du départ à la retraite (mais davantage compréhensible dans un pays à la démographie catastrophique). Avec Fillon comme l’un de ses principaux lieutenants, Sarkozy ne peut que renforcer la « réforme » des retraites françaises initié en 1993 puis 2003.


           
La défiscalisation des heures supplémentaires ne se retrouve pas chez Berlusconi, mais les italiens n’ont pas, de leur côté, adopté les 35 heures que Sarkozy veut faire disparaître de fait.

Quel fut le bilan de la politique de Berlusconi ? En aucun cas une croissance renforcée, mais systématiquement plus faible que la croissance française. En revanche, le nombre d’emplois a plus fortement progressé en Italie qu’en France (+7.8% en Italie contre +5.2% en France sur la période 2001-2006). Mais en s’accompagnant d’une réduction du produit réel par emploi, puisqu’en Italie l’emploi a progressé plus vite que le PIB réel ! Il ne faut pas non plus oublier que le gouvernement italien a également régularisé des centaines de milliers de personnes (avec un solde migratoire italien subitement très élevé en 2003-2004, à plus de 500.000 personnes, contre 350.000 au plus en 2002 et 2005). Ces régularisations ont également accru les statistiques de l’emploi, en mettant à découvert des postes qui autrefois restaient dans l’économie parallèle, puissante en Italie.

            Et l’un des faits marquant du quinquennat Berlusconi fut qu’à force de proposer baisses d’impôts et hausses de dépenses, la dette publique repartit en 2005 et 2006 à la hausse, alors que les gouvernements italiens consacrèrent leurs efforts à diminuer ce poids colossal pendant des années. Entre 1995 et 2004, la dette publique italienne connut une diminution constante, de 124% du PIB à 103%, avant de revenir à près de 107% en 2006…

           Nicolas Sarkozy propose de baisser les prélèvements obligatoires de 4 points, alors que nos déficits cumulés couvrent déjà 4 points du PIB, et que le coût de son programme est estimé à 61 Mds d’euros et 54 Mds si l’on y inclue les économies auxquelles Sarkozy prétend (non-remplacement de fonctionnaires, franchise médicale…) On pourra bien sûr objecter « la croissance paiera »…sauf que lorsque l’on fixe des mesures comme « 3% du PIB à la recherche » (mesure louable en soi), le coût augmentera d’autant plus que le PIB augmentera, de même qu’il faudra revaloriser les revenus sociaux, que les exonérations fiscales progresseront aussi en valeur avec la croissance.

[Une estimation du coût des principaux programmes est donnée sur www.debat2007.fr; http://www.debat2007.fr/index.php?id=lespropositionsde00 pour Sarkozy, http://www.debat2007.fr/index.php?id=505 pour Royal dont le programme est estimé à 60 Mds d’euros et 45 après les nouvelles recettes prévues par le programme PS]


           
Cela fait des années que l’on sait qu’on ne relance pas la croissance d’un pays de taille moyenne comme la France ou l’Italie en déséquilibrant le budget. La France de Sarkozy ne sera pas fasciste, mais sans doute pas non plus le lieu l’un miracle économique et social.

            J’aurais plutôt tendance à dire qu’avec Sarkozy, le futur de la France sera le passé de l’Italie.

 

 

 

 

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Published by DiadoreCronos - dans Droite
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