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Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

     www.pourlecommunisme.com est un site qui s'attaque directement aux critiques faites contre le communisme (millions de morts imputés à l'idéal communiste, faillite économique, etc...). Il ne fait la promotion d'aucun régime existant ou ayant existé par le passé, s'efforce de comprendre les faits et de proposer des pistes pour l'avenir.

     Vous êtes anticommuniste et voulez débarasser le monde d'un jeune fou qui, selon vous, risque de faucher à nouveau des millions de vies?

Vous êtes stalino-maoïste (pardon : marxiste-léniniste-pensée-Mao-Zedong) et voulez écraser la vermine révisionniste que je suis?

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24 avril 2007 2 24 /04 /avril /2007 00:16

 

Ma soirée du 22 avril fut mitigée. J’ai d’abord été soulagé de voir Royal au second tour. Un duel Bayrou-Sarkozy aurait été une catastrophe, même avec une victoire de Bayrou. Cela aurait pu annoncer que désormais, la France s’alignerait sur un duel entre centre droit et droite, comme aux USA ou au Royaume-Uni. Et à moyen terme la disparition de la gauche comme puissance de gouvernement en France. Alors, n’en déplaise à ceux qui estimaient que seul Bayrou pouvait battre Sarkozy, je considère qu’il n’y avait rien de plus stupide que de voter à droite (Bayrou) pour battre la droite (Sarkozy). J’ai moi-même failli voter Royal au premier tour tant la peur était grande. En suivant les sondages (qui ont été tout à fait confirmés), j’ai décidé que Royal avait suffisamment d’avance, et j’ai voté Buffet comme prévu. J’ai réalisé hier soir que mon bulletin a dû se sentir bien seul. 

 

Au total, les formations déclarées à gauche enregistrent moins de 37% des suffrages exprimés. Recul de la gauche ? Rien n’est moins sûr. En 2002, la gauche réalisait 42,89% des suffrages exprimés en y intégrant Chevènement ; sans lui, la gauche déclarée comme telle regroupait déjà 37% des exprimés au 21 avril 2002. Chevènement, bien qu’ayant rejoint le PS en Décembre 2006, occupait en 2002 un espace du « ni droite ni gauche », ou, selon sa propre formule, « au dessus de la droite et de la gauche ». Cet espace est aujourd’hui occupé par Bayrou (qui lui déclare sa candidature « et de droite et de gauche »). En 2002, trois candidats étaient relativement difficiles à classer à droite ou à gauche : Chevènement, mais aussi Bayrou déjà, et Saint Josse. Ils avaient alors retenu plus de 16% des suffrages exprimés le 21 avril 2002. Hier, Bayrou et très marginalement Nihous ont recueilli 19,6% des voix. Bayrou avait également reçu le soutien de Corinne Lepage, qui, en se déclarant du centre-droit, avait recueilli 1,9% des voix en 2002. Cette montée du centre (même si, au final, elle n’est pas si énorme) a engendré, avec la crainte d’une surprise lepéniste, le vote utile à gauche. Si Le Pen n’a pas fait de percée (contrairement à ce que je pensais), Bayrou a bien eu le score que lui prêtaient les sondages (alors que je le voyais pourtant se dégonfler). Qui a payé l’addition ? Nous, la gauche de la gauche.

 

Et nous ?

 

Besancenot s’est félicité du « succès » de sa petite entreprise, prétendant avoir gagné 400.000 voix (en fait moins de 300.000) par rapport à 2002. En réalité, les candidatures trotskystes (Besancenot, Laguiller, Schivardi) ont fait en 2007 moins sous tout rapport (en pourcentage comme en voix) que Besancenot, Laguiller, Gluckstein en 2002. Besancenot s’est simplement repu des restes d’une Laguiller en bout de course.

 

Venons en à notre propre cas. Notre 1,93% est bien sûr misérable. Mais il était annoncé par les sondages. Le vote utile ainsi que la concurrence de Bové (heureusement derrière nous, sinon c’était l’humiliation finale) n’expliquent pas tout. Nous avons eu notre –petite- part de médiatisation. Nous avons eu notre base militante active. Mais tout, aussi bien dans le programme, le discours, la stratégie, la manière de faire campagne, tout est à revoir.

Il ne suffit pas de proclamer « SMIC à 1500 euros », ou encore moins « la semaine des 32 heures » pour gagner des voix. Cela nous en a peut-être même fait perdre. Beaucoup d’ouvriers connaissent un patron de PME (parfois le leur) qui ferait faillite si le SMIC montait si vite. Et dire qu’on financerait cette hausse du SMIC en « taxant les profits » est plus simple qu’à faire (cf. l’article sur la hausse du SMIC dans ce blog, et l’article sur les 35 heures).

 

La division entre quatre candidatures sur un discours quasiment similaire (sauf à chercher des sujets comme « pour ou contre le nucléaire ») a certainement décrédibilisé la gauche de la gauche, réduite à 9% (Schivardi + Bové + Laguiller + Besancenot + Buffet…) des suffrages exprimés. Vu qu’aucun candidat n’arrivera à porter ce discours avec un score suffisant, pourquoi voter pour lui ? Au moins en 2002 le vote Hue et Besancenot étaient encore différents de par la participation du PC au gouvernement, les voix de Hue passant à Besancenot. En 2007, on n’a plus vu la différence entre ces quatre candidatures par leur discours. Il est possible qu’un mouvement de « vote utile » interne à la gauche radicale ait favorisé Besancenot. Parmi les 9% d’électeurs exprimés qui ont choisi la gauche de la gauche et résisté au vote utile pour Royal, certains se sont peut-être dit qu’en concentrant les voix sur le candidat le mieux portant dans les sondages, on conservait l’espoir que les médias retiennent au moins un représentant de la gauche de la gauche. Une fois de plus, le vote Besancenot n’indique nullement une plus grande popularité de la LCR ni de sa stratégie, mais seulement une plus grande popularité du facteur de Neuilly.

 

Et maintenant ?

 

Et bien maintenant, c’est simple : je vote Royal. Et pour tout dire j’espère une alliance du PS et des centristes de l’UDF. Sans cela Sarkozy a sans doute déjà gagné. Mais aussi pour une raison plus « cynique » : un gouvernement PS-UDF provoquera sans doute des interrogations à la gauche du PS. Et il y aura donc des camarades (oui, c’est aussi le terme au PS) avec qui discuter. Les militants, sympathisants et électeurs PS ont déjà défié leur direction, notamment sur le référendum de mai 2005. Pourquoi ne pas travailler avec la gauche du PS, et construire des dissidences ? C’est là que sont les électeurs du PC (ceux qui ont choisi le vote utile). Nous serons sans doute moins méprisés que par les illuminés du Bovisme et du gauchisme, ceux pour qui le fait même de gouverner est une trahison. Nous avons clairement perdu notre temps dans les « collectifs antilibéraux », pour toutes les raisons que j’ai déjà expliquées.

 

Mais quelques bulles d’air se dessinent pour le PC :

 

            -         d’abord l’échec de Bové. Scotché à moins de 500.000 voix, le grand leader altermondialiste a sans doute bénéficié d’un grand élan populaire, mais ce devait être…dans un autre monde (possible ?). Les bovistes auront sans doute l’indécence de dénoncer les médias (alors que leur idole leur doit tout). Basé sur le même discours que les autres candidats, la base militante en moins et l’évidence de l’opportunisme en plus, Bové a loupé son entrée aussi bien que Laguiller a raté sa sortie. Il ne retiendra peut-être pas la leçon. mais s’il se lassait de jouer au politicien (mot qu’il doit exécrer pourtant), alors quelques centaines de milliers de voix peuvent se libérer. Parmi elles, une partie des communistes et des Verts;

 

             -         ensuite, la fin de Laguiller. L’âge, le refus d’appeler à contrer Le Pen en 2002, l’usure face au talent (pourtant utilisé en pure perte) de Besancenot, tout cela fait quasiment le même résultat que Bové. Laguiller aura probablement une successeure. mais on lui souhaite bien du plaisir. Sauf personnalité exceptionnelle, la Laguiller N°2 risque d’avoir des scores plus proches de ceux de Schivardi en 2007 que d’Arlette en 2002. Lorsque celle-ci faisait plus d’1,5 millions de voix, on votait Laguiller, pas LO. Il faut rappeler que Laguiller a émergé en 1974 dans un contexte très favorable : PCF et PS soutenaient Mitterrand dès le premier tour, libérant un espace à gauche pour ceux qui refusaient le PCF prosoviétique ou le PS. La jeune Laguiller a pu alors réaliser un 2,33% (des exprimés en 1974), quand Krivine (LCR) ne dépassait pas les 100.000 voix. Avec Besancenot sur la piste, « l’offre » trotskyste risque d’avoir du mal à faire apparaître une autre concurrente.

 

A l’avenir, la « gauche de la gauche » risque d’avoir comme principale figure Besancenot. Mais hier déjà, il ne réunissait pas plus de la moitié de cette gauche radicale. Une autre voie est possible, et il faut reconstruire la gauche de gouvernement sur des bases communistes/socialistes.

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Published by DiadoreCronos - dans Gauche radicale - PCF
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