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Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

     www.pourlecommunisme.com est un site qui s'attaque directement aux critiques faites contre le communisme (millions de morts imputés à l'idéal communiste, faillite économique, etc...). Il ne fait la promotion d'aucun régime existant ou ayant existé par le passé, s'efforce de comprendre les faits et de proposer des pistes pour l'avenir.

     Vous êtes anticommuniste et voulez débarasser le monde d'un jeune fou qui, selon vous, risque de faucher à nouveau des millions de vies?

Vous êtes stalino-maoïste (pardon : marxiste-léniniste-pensée-Mao-Zedong) et voulez écraser la vermine révisionniste que je suis?

Vous voulez simplement parler du communisme?

Alors ce blog est pour vous.

 

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17 avril 2007 2 17 /04 /avril /2007 23:14

Voici la retranscription d’une discussion que j’ai eue sur MSN concernant les 35 heures. Je fais une intro très brève : je discutais avec un ami qui, tout en étant sympathisant de la gauche de la gauche, n’en a pas moins de réserves concernant les 35 heures, et plus encore le passage aux 32 heures voire 30 heures annoncées par le PCF ou la LCR. Je partage moi aussi quelques réserves sur la réduction du temps de travail faite par le gouvernement Jospin, sans pour autant y voir l’origine de nos maux économiques de ces dernières années : à partir de 2001, c’est une grande partie de l’Europe occidentale, et pas seulement la France, qui se trouve en dépression. Et les 35 heures peuvent servir de bouc émissaire facile pour cacher les tares des entreprises.

 

Constat : les 35 heures, une mesure d’extrême-gauche ?

 

En fait, je pense que la gauche radicale n’a pas du tout analysé les échecs des 35 heures. On s'est dit: les 35 heures ont créé deux fois moins d'emplois que prévu (350 000 emplois conservés ou créés au lieu des 700 000 annoncés en 1997), c'est parce qu'elles n'ont pas été appliquées partout (les PME de moins de 20 salaries), et avec trop d'échappatoires (flexibilité, annualisation du temps de travail), donc renforçons-les et allons en-dessous de 35 heures.

                Ce que je pense des 35 heures faites par Aubry-Jospin, c'est qu'il s'agit d'une loi sociale-démocrate, où l'on pense que l'on peut réguler l'entreprise uniquement à coup de lois, et pas du tout d’une mesure communiste. Certaines grandes entreprises, de par leurs profits et très hautes productivité, peuvent faire moins que 35 heures, des PME ne peuvent pas se permettre moins de 40. Et surtout, on a pensé qu'en faisant des exonérations fiscales, et en instaurant une limite du temps de travail, on inciterait à créer des emplois, alors que les entreprises ont surtout cherché à gagner en productivité. Je pense qu'il aurait fallu faire autrement.

 

Oui, mais comment faire autrement?

 

Au lieu de verser 100 milliards de FF pour des exonérations, il aurait mieux valu que l'État distribue 500.000 enveloppes d'environ 200.000 FF (30.000 euros), à autant de chômeurs, ce qui, avec 45% de cotisations en mois, fait dans les 1400 euros nets par mois. Le but aurait été que chacun de ces 500.000 chômeurs aille proposer ses services à un employeur qui n'aurait pas eu à le payer (dû fait de l'enveloppe d'État). Le nouvel embauché commence à travailler, en étant payé par l'État. Puis, au bout de 2 mois, l'État baisse le salaire de 50 euros par mois. Comme ça on va avoir deux possibilités.

 

1)   soit l'employé s'est intégré à l'entreprise, il est productif, ou même l'entreprise a réussi à créer un emploi qu'elle aurait payé d'elle-même de toute façon (mais y a pas de raison de refuser une telle offre...). Alors le salarié va sans doute proposer à l'employeur de lui payer les 50 euros, puis 100, 150...etc... que l'État ne lui paiera plus, jusqu'à ce qu'il soit pris en charge par l'entreprise ;

2)   soit alors, le type sert juste dans l'entreprise à économiser des demi-journées aux autres salariés, et là l'employeur va refuser de payer pour lui. Au bout d'un an de présence, et avant que le salaire tombe à moins de 1000 euros nets, le salarié peut trouver un autre emploi avec les mêmes facilités, à savoir payé par l'État, il recommence à 1500 euros et puis ça redescend, et ainsi de suite…

 

Le but est que l'État n'ait à financer que les salariés en cours d'intégration, ou alors ceux qui ne servent qu'à partager le temps de travail des autres, et qu'il n'y ait pas "l'effet d'aubaine", c’est-à-dire que l'État se retrouve à payer un salarié à une boîte qui aurait prévu de créer le poste de toute façon. Et au niveau du coût, avec 45% de cotisations, plus les taxes d'habitation, TVA, prélevés sur les revenus des salariés, et surtout grâce aux indemnités chômage en moins, l'État ne perd pas grand-chose.


Mais des relations de travail non régie par une rémunération (vu que l'enveloppe est déjà donnée), ça peut sembler malsain…

 

Déjà, l'enveloppe n'est versée qu'une fois le contrat de travail entré en vigueur, et surtout, vu que le salaire va baisser, le salarié va bien devoir se montrer utile à l'entreprise pour recevoir la compensation...mais je comprends très bien l’inquiétude qu’on peut avoir: que quelques-uns se comportent en sauterelles, c'est-à-dire se font embaucher pour la forme, ne font pas grand-chose, et se contentent de changer de boîte une année après l'autre… Dans ce cas, je pense qu'il faut compter sur le fait que les autres salariés doivent prendre conscience de l'intérêt de la mesure. Elle peut leur permettre de travailler moins et à salaire égal (leur entreprise ne paie pas plus), et si l'on laisse au soin de l'entreprise d'organiser le partage des heures supplémentaires. En cas de pur parasitisme, l'entreprise doit avoir une clause pour dénoncer le contrat.

                Certains trouveront cette conception du partage du travail "sociale-libérale" (parce qu'on demande un effort au chômeur), moi je la trouve socialiste (enfin socialiste pas au sens du PS...).car on va vers la socialisation du revenu, et le début d'une sécurité professionnelle

 

 

 

3 Février 2009

 

Près de deux ans plus tard, je voudrais juste rajouter un petit complément à cet article : proposer à un chômeur de se faire embaucher avec un salaire garanti par l'État puis décroissant pose tout de même un problème de taille, celui de la concurrence exercée avec les travailleurs non-inscrits au chômage et recherchant eux aussi des contrats à durée déterminée, intérims, etc... Donc c’est un effet d’aubaine résiduel. La seule solution pour qu'une opération de partage du plan de travail telle que celle-ci n'ait pas cet effet indésirable est que ce ne soit pas l'employeur qui décide de recourir à ces travailleurs subventionnés. Soit l'État déciderait d'imposer ces créations d'emploi dans des secteurs à fort temps de travail individuel, soit on donnerait aux salariés des entreprises la possibilité de réclamer (sous anonymat) le recrutement d'un de ces travailleurs pour permettre une réduction de temps de travail sans perte de salaire pour eux.

 

 

 

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Published by DiadoreCronos - dans Economie
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