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Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

     www.pourlecommunisme.com est un site qui s'attaque directement aux critiques faites contre le communisme (millions de morts imputés à l'idéal communiste, faillite économique, etc...). Il ne fait la promotion d'aucun régime existant ou ayant existé par le passé, s'efforce de comprendre les faits et de proposer des pistes pour l'avenir.

     Vous êtes anticommuniste et voulez débarasser le monde d'un jeune fou qui, selon vous, risque de faucher à nouveau des millions de vies?

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16 avril 2007 1 16 /04 /avril /2007 22:15

Édition de Janvier 2015 : lire les deux post-scriptum.

 

Plus qu'une semaine de campagne!

Bon, c'est promis, au moins un article par jour! Et pas pour commenter les sondages ni les faits divers, mais essayer de traiter quelques sujets sérieux...

D'abord le SMIC à 1500 euros.

 

 

 


La promesse d’une augmentation du SMIC, porté à 1500 euros (bruts ou nets, et à une date variable…) est aujourd’hui soutenue par plusieurs candidats, dont Marie-George Buffet. En face, les critiques fusent sur la « démagogie de la promesse socialiste » (Royal propose le SMIC à 1500 euros bruts d’ici à 2012), d’autres sur le fait qu’une hausse dès 2007 du SMIC à 1500 euros bruts, et bien plus encore net, accroîtrait le coût du travail et jetterait des centaines de milliers de personnes au chômage, diminuerait gravement la compétitivité française en terme de coûts…D’autres y voient une astuce pour relancer l’inflation (sauf que la gestion de celle-ci ne dépend pas que des ressorts français, vu que nous sommes en zone Euro), ou encore dénoncent une mesure à cause de laquelle ceux qui ont fait des études se retrouveraient au même salaire que ceux qui n’en ont pas fait.

 
Constat a priori

 

Il y a effectivement de la démagogie dans la proposition du PS de porter le SMIC à 1500 euros bruts d’ici 2012. En effet, la hausse du SMIC au rythme de l’inflation et des revalorisations successives des cinq dernières années aura sans doute porté le SMIC de son niveau actuel (1254 € en mars 2007) à 1500 euros ou plus en 2012 (1), en valeur brute. D’où l’exigence, à la gauche de la gauche, de passer aux 1500 euros tout de suite et en net. Il faut rappeler qu’avec 25% de cotisations salariales, le SMIC à 1500 € nets correspondrait à un brut de 2000 €, auquel il faudrait rajouter 40% de ces 2000 € en cotisations patronales. Mais c’est un chiffre théorique : l’État a accordé beaucoup d’exonérations pour les salaires en-dessous de 1,3 SMIC. 

Incontestablement, la hausse du SMIC créerait une hausse du coût du travail. Ceci dit, la France, au cours des années 90 et depuis lors, a été avec l’Allemagne l’un des pays d’Europe occidentale les plus radins en termes de hausse du coût salarial, qui a nettement plus progressé au Royaume-Uni (en partant de bas par rapport à la période Thatcher, il est vrai, et pour une productivité horaire encore inférieure à celle des français). Aux accusations concernant la hausse du coût du travail, des marxistes répondent que les capitalistes auront toujours besoin d’embaucher, même si le prix du travail monte. Je n’y crois pas beaucoup : ils peuvent toujours recourir à une automatisation accrue, délocaliser, ou tout simplement l’activité sera réduite, des entreprises fermeront et d’autres ne verront pas le jour.  


Faire payer le SMIC par l’État ?
 

 

La CGT a estimé le coût d’une ré-hausse du SMIC à 1500 euros en 2007 (nets ou bruts ?) à 9 milliards d’euros. Bien sûr, la CGT n’est pas une source impartiale, mais l’intérêt de ce genre d’estimation est de sous-tendre que ce pourrait être l’État ou une autre collectivité qui pourrait soutenir le SMIC, si à défaut les employeurs ne peuvent le faire sans se retrouver à faire faillite ou licencier.  

L’idée serait donc de passer à un salaire de plus en plus mutualisé et collectivisé, le financement venant bien entendu de la taxation des profits, des hauts revenus, etc…

Il y a cependant deux problèmes dans cette idée. D’abord, le financement : taxer les profits des entreprises engendrera la même réaction que celle appliquée par les entreprises depuis 30 ans : bloquer la progression de la masse salariale, accroître les profits bruts pour maintenir constant le profit net. C’est notamment ainsi que l’ensemble des entreprises françaises ont réagi à la hausse des cotisations sociales depuis 25 ans, et c’est ainsi que les dividendes distribuées (et pas qu’au CAC40…) progressent malgré la hausse des prélèvements obligatoires.

Je ne suis pas du tout contre le fait de prendre sur les profits des entreprises, loin de là. Mais pour le faire efficacement, le seul moyen cohérent me semble la collectivisation de l’économie, d’où les différents plans établis sur le site relié à ce blog.

Maintenant le problème de la charge de financement. Faire assumer par l’État une partie du SMIC peut se faire de plusieurs manières : soit l’État verse une aide fixe par salarié, ce qui ne sera pas forcément suffisant pour que la rémunération du salarié en question puisse atteindre les 1500 € bruts, et plus encore nets. Si on décide différemment, par exemple, que l’État prendra en charge toute la différence entre ce que verse l’employeur et les 1500 euros, alors le risque évident est d’inciter les employeurs à payer moins, et à se décharger sur l’État. Cela peut avoir quelques effets positifs, en permettant de créer des emplois supplémentaires, mais alourdirait considérablement la charge de l’État, et mènerait à des prélèvements supplémentaires, ou pire encore, de l’endettement.

Et de toute façon, le but n’est pas forcément de permettre à des employeurs de pouvoir s’offrir des salariés à 1000 euros ou moins, le reste étant payé par l’État. Le travail coûte cher en France, et c’est une bonne chose : cela signifie qu’il doit être productif, et que les chômeurs ne sortiront de leur situation qu’à la condition (entre autres) d’avoir eu une formation.

 
Mutualiser le SMIC
 

 

Une solution plus intelligente que la redistribution par l’impôt m’apparaît pour mutualiser le SMIC et l’augmenter. Je la donne dans ses grands traits.

Mettons que le SMIC soit immédiatement porté à 1500 euros bruts dès juin 2007. La plupart des entreprises vont tenter de rémunérer leurs salariés déjà présents dans l’entreprise avec leurs moyens. S’il leur devient impossible de financer ce salaire, alors des entreprises pourraient faire une demande (anonyme) de contribution pour parvenir à payer leurs salariés. Cela signifie tout bêtement que les entreprises demandent à qui le souhaite (en priorité d’autres entreprises plus fortunées) de leur offrir une certaine somme pour équilibrer leurs comptes.

Quel intérêt les autres boîtes auront-elles à leur verser généreusement ces sommes, me direz-vous ? Simple : les demandes de contribution sont enregistrées autant que les offres de contribution (les dons). Si les secondes ne couvrent pas les premières, alors l’année suivante, l’État lève un impôt exceptionnel d’un montant global fixe, mais qui va être exigé en priorité sur les entreprises qui auront fait le moins de contribution relativement à leurs revenus.

 

Donc, chaque année, les entreprises tenteront d’assurer, au global, le SMIC à 1500 euros bruts. Et si l’équilibre n’est pas atteint, les demandeurs de contribution seront en difficulté (leurs employés ont le droit d’exiger le paiement du SMIC quand même), et les entreprises qui auraient pu offrir des contributions seront pénalisées.

Mais il se peut, une année, que les entreprises donatrices ou potentiellement donatrices décident de refuser de donner. Et ce parce qu’elles penseraient que les PME abuseraient de leurs générosité pour financer moult emplois peu productifs. Alors les donateurs préfèreront s’abstenir et être pénalisés par le fisc l’an prochain, car la sanction fiscale est, globalement, une somme fixe. Et il peut être préférable pour des entreprises de supporter une charge connue d’avance que d’inciter d’autres entreprises à leur demander des contributions croissantes.

 

Quel est l’avantage de ce système ?

 

-d’une part il doit permettre une progression dans les faits du SMIC sans ruiner les petites entreprises. Les entreprises plus prospères, où les salaires sont plus élevés, peuvent proposer à leurs salariés de participer aux contributions. Le but est d’arriver à une distribution moins inégalitaire du revenu ;

 

-ce dispositif n’incite pas les entreprises à revenus modestes à multiplier les emplois à faible valeur ajoutée, ni à baisser ou bloquer leurs salaires. Si elles le font, alors la somme des contributions exigées pour payer les SMIC à 1500 euros bruts risque d’être trop élevée, et d’enclencher un mouvement de refus de la part des contributeurs, comme c’est décrit plus haut. La sanction du fisc est faite pour dissuader les donateurs de ne pas donner, mais n’est pas assez élevée pour les inciter à donner à tout prix ;  

-contrairement à un système de prélèvement fiscal et de redistribution d’État, ce système éviterait largement la fraude fiscale (puisque ce n’est pas un taux prélevé sur le revenu) et les frais d’administration du fisc.  

Ce système aurait donc pour but d’inciter les entreprises qui embauchent des smicards à faire le maximum d’efforts pour assumer elles-mêmes leurs masses salariales, tout en leur permettant de faire appel aux contributions tant que c’est encore raisonnable. Il y aura sans doute une hausse du coût du travail, mais la possibilité d’y échapper pour les entreprises qui ne peuvent l’assumer.

 

Conclusion

   
        On peut s’attendre déjà à deux types de critiques si l’on resserre l’éventail des revenus comme dit plus haut.    

D’abord, augmenter le revenu minimal éloignerait de l’emploi des salariés peu qualifiés. Pour ceux-là, je rappelle déjà qu’une entreprise peut dans un premier temps faire appel à des contributions élevées pour embaucher, puis cesser d’en demander lorsque le salarié est devenu productif. Ensuite je réponds que la solution ne se situe pas dans la multiplication d’emplois à faible valeur ajoutée, mais dans la progression de la formation et des politiques d’emplois (demain un article sur les 35 heures et le partage du temps de travail).

Ensuite, ceux qui diront que diminuer le revenu des salariés à forte valeur ajoutée en les incitant à contribuer pour les autres risque d’accroître l’émigration des personnels qualifiés. Deux réponses là encore : tous les salariés qualifiés de France ne sont pas pareillement tentés d’émigrer. Les salariés de certains secteurs sont très demandés à l’étranger, d’autres moins. Ensuite, pour combattre le chantage de la « fuite des cerveaux »,  plutôt que d’accepter une société plus inégalitaire, je préfère que l’on multiplie les « cerveaux » : en augmentant le nombre de places dans les grandes écoles et écoles d’ingénieurs, en réinvestissant dans le budget public de l’enseignement supérieur. Si les « cerveaux » sont si bien payés, ce n’ est pas tant par nature, mais parce qu’ils sont relativement peu nombreux pour une offre abondante des entreprises, d’où un taux de chômage plus faible chez les plus qualifiés. En augmentant leur nombre, on leur crée peut-être (temporairement) un plus fort chômage, mais on diminue pour l’ensemble du peuple le risque de chantage à l’émigration des plus diplômés : on en aura d’autres en réserve.

 

Post-Scriptum de Novembre 2011 : aujourd’hui, je ne défendrais plus un tel système de mutualisation des salaires par négociations directes entre les entreprises, qui aurait l’inconvénient d’être sans doute beaucoup plus lourd et incertain à gérer qu’une redistribution directe. Je défendrais plutôt un système tel que celui décrit à la fin de mon livre « Pour le Communisme », garantissant à la fois un système économique souple et un revenu pour chacun, limitant les inégalités sociales. Les réflexions présentées dans cet article sur la nécessité d’un salaire minimal relativement élevé dans une économie développée tout comme le refus de salaires hyperélevés au sommet de l’échelle restent valables.

 

Post-Scriptum de Janvier 2015 :

 

(1)     En juillet 2012, le SMIC mensuel était en fait à 1 425 euros. La croissance du SMIC sur la période 2007-2012 ne fut pas vraiment différente de 2005-2007, en rythme annuel.

 

 

 

 

 

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Published by DiadoreCronos - dans Economie
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commentaires

engine 06/03/2011 18:59



Intéressant. Il est vrai qu'augmenter le smic a 1500 euros sans rien faire d'autre serait mauvais et provoquerait une inflation.