Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

     www.pourlecommunisme.com est un site qui s'attaque directement aux critiques faites contre le communisme (millions de morts imputés à l'idéal communiste, faillite économique, etc...). Il ne fait la promotion d'aucun régime existant ou ayant existé par le passé, s'efforce de comprendre les faits et de proposer des pistes pour l'avenir.

     Vous êtes anticommuniste et voulez débarasser le monde d'un jeune fou qui, selon vous, risque de faucher à nouveau des millions de vies?

Vous êtes stalino-maoïste (pardon : marxiste-léniniste-pensée-Mao-Zedong) et voulez écraser la vermine révisionniste que je suis?

Vous voulez simplement parler du communisme?

Alors ce blog est pour vous.

 

Communisme communiste révolution réforme capitalisme libéralisme argent entreprise impôt état France Europe URSS Chine USA Monde PCF NPA LCR LO UMP PS Modem élection Buffet Besancenot Laguiller Bové Marx

Rechercher

Archives

14 février 2007 3 14 /02 /février /2007 21:45

 Depuis le 1er Février dernier, José (de son vrai nom Joseph) Bové est candidat déclaré à la présidentielle. Cela fait maintenant quatre candidats à la gauche de la gauche, cinq en rajoutant l’anecdotique Gérard Schivardi et six si l’on place Dominique Voynet à gauche du PS. Ridicule, ne trouvez-vous pas ?

Certains pourront dire : « et si vous preniez sur vous, vous autres du PCF ? Et si Marie-Georges Buffet se retirait au profit de Bové, entraînant la même réaction de Besancenot etc… ? ».

A cela je réponds non. Bien que les sondages annoncent à Buffet un score pire encore que celui de Hue en 2002 (mais il faut prendre en compte le fait que certains du PCF, comme Braouzec, ont rejoint Bové), je m’obstine à vouloir donner ma voix à Marie-Georges.

Un candidat consensuel ?

« Mais pourquoi ? dirait sans doute un boviste ; José Bové n’est-il pas le candidat le plus consensuel, celui qui représente le mieux la ‘gauche antilibérale’ ?»

Déjà je refuse de m’identifier sous le nom d’ « antilibéral ». Je ne suis pas anti-quelque chose, je suis communiste. José Bové est juste anti- ou alter-. Ses idées ne sont qu’un pot-pourri du « programme antilibéral » que j’ai critiqué dans ce blog (et auquel le programme du PCF ressemble malheureusement trop), mâtiné de diverses sauces pour ratisser large, dont celle de la décroissance soutenable.

Ensuite, il faut un énorme culot à Bové pour se prétendre rassembleur et consensuel. Et c’est là qu’apparaît toute l’imposture du personnage : le seigneur du Larzac avait décidé au début de Décembre dernier de retirer sa candidature au rassemblement « antilibéral » car Marie-Georges Buffet ne voulait par retirer la sienne, au motif que le collectif national « antilibéral » ne la trouvait pas consensuelle. Or aucun(e) des prétendant(e)s n’était consensuel, et le consensus n’existe de toute façon quasiment jamais en démocratie. Mais même dans les collectifs « antilibéraux » qui en Novembre et Décembre dernier avaient maintenu l’examen de la candidature Bové, celle-ci a été souvent écartée au profit de celle de Marie-Georges Buffet. Bové n’était donc pas le candidat consensuel dudit rassemblement. La parade fut trouvée : le sinistre PCF avait truqué les collectifs avec ses armées de militants, alors que le malheureux Bové n’avait que trop peu de supporters (bizarre pour un homme apparemment populaire…). Puis vint le mois de Janvier et des pétitions amenèrent 30.000 signataires (ou plus, peu importe…) à soutenir une candidature de Bové à la présidentielle ! Question : où étaient donc ces 30.000 « bovistes » dans les collectifs, un ou deux mois plus tôt ? Un tel nombre aurait suffit à tenir tête aux méchants sbires du PCF et de Buffet (dont l’auteur de ces lignes). Mais il est plus facile de faire signer des gens, surtout sur le Net, que de les faire participer à des réunions le soir, discuter et voter. Le prétendu « soutien populaire » de Bové apparaît comme ce qu’il est : du flan.

 

Un candidat hors-parti, une idée moderne ?

 

Le grand argument des « bovistes » consistent à dire qu’au lieu d’une candidature étiquetée PCF, une candidature hors-parti « ferait davantage l’unité ». On peut déjà comprendre : « bon, vous autres du PCF, on vous aime bien, mais avec un sac sur la tête on vous aimerait encore plus ». La candidature Buffet fut critiquée pour « ne pas représenter la diversité du mouvement antilibéral » : or aucun individu, quel qu’il soit, ne peut à lui seul représenter la diversité de centaines de milliers de personnes.

Mais surtout, autre avantage : « Bové n’est pas un homme d’appareil ». Les appareils, les partis, les formations politiques, c’est sale, ringard, autoritaire, stalinien, bref cachons-les vite sous le paillasson, et vive la grande époque des électrons libres ! Et c’est là que je ne suis plus.

José Bové ne représente pas à mes yeux une figure moderne de la politique à côté duquel le PCF serait vieilli, usé, fatigué, historiquement daté et chargé, bref dépassé. La candidature Bové est au contraire une formidable régression d’au moins un siècle dans l’histoire politique de la gauche. Depuis un siècle la gauche s’organise en Internationales, et partis, en ligues, de sorte que ses idées survivent aux militants, aux dirigeants, aux échéances électorales. Les partis permettent aux idées d’évoluer par la rencontre de militants aux sensibilités différentes, par la confrontation à la pratique du pouvoir (ceci ne concerne pas les formations protestataires comme LO-LCR bien sûr). A ceux qui voient dans la candidature Bové une « nouvelle ère » politique, je pose la question : vous votez peut-être Bové en raison de ses « idées » ou de son « programme » plus qu’en fonction de sa personne, mais que devient votre mouvement si  ledit Bové décide un jour de changer radicalement ce programme, et que devant le mécontentement de ses supporters, il décide de tout plaquer ? Et bien tout s’effondre. Si la secrétaire nationale du PCF décide de ne plus supporter le programme du PCF issu du vote des militants et de leurs délégués au Congrès du Parti, alors elle peut démissionner et on trouvera un(e) autre candidat(e).

C’est cela l’avantage des « appareils » qui font tellement peur. C’est sans doute plus romantique d’être un électron libre, de ne pas verser de cotisations, de ne pas avoir à discuter avec des camarades qui n’ont pas les mêmes opinions que vous, de ne pas devoir parfois perdre des votes et devoir différencier son opinion personnelle de celle du parti tout en continuant de suivre celui-ci. Mais sans ça, pas de politique. Rappelons qu’un électron se distingue aussi par sa masse négligeable, et par le fait qu’il finit souvent satellisé par un autre corps plus gros.

« Oui mais les bureaucrates du PCF ont tellement trahi la classe ouvrière… ». J'ai déjà entendu ce discours de la part d'idéologues d'ultragauche tellement isolés que je me demande en quoi ils peuvent parler au nom de la classe ouvrière. Notre bilan n’est pas parfait, mais il n’est pas nul comme celui de LO-LCR ou de Bové (non, les arrachages d’OGM ne sont pas un « bilan »). Le simple fait que le PCF ait contribué à éviter des victoires de la droite et des gouvernements de droite est déjà une bonne chose. Et surtout, si vous n’êtes pas content du PCF, vous pouvez toujours y adhérer: si vous êtes si nombreux à vouloir le changer, alors rien ne s’y opposera... Ou alors vous pouvez souhaiter sa disparition, mais dans ce cas il ne vous reste plus que les formations comme LO-LCR qui, malgré les « performances » aux présidentielles de leurs porte-paroles, n’ont jamais dépassé les quelques milliers de militants, et très peu d’élus ; ou alors il vous reste à vous accrocher à la personne de Bové, et donc de soumettre l’avenir de votre tendance politique aux desiderata d’une personne. Enfin bref, vous aurez gagné un champ de ruines. Pas mal comme avenir pour ce qui était annoncé comme « une grande dynamique unitaire ». Dynamique dont le PCF fut la seule formation politique non négligeable à l’avoir suivi jusqu’au bout, alors jusqu’à soumettre au vote de ses militants le retrait de sa candidate alors qu’elle était refusée par une partie des collectifs, quand ni LO ni LCR ne se sont posé la question, et quand Bové préférait se retirer comme un prince plutôt que de subir une inévitable défaite.

 

En bref: plutôt me casser le bras que de voter Bové! (et c'est dit sincèrement...)

Partager cet article

Repost 0
Published by DiadoreCronos - dans Gauche radicale - PCF
commenter cet article

commentaires