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Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

     www.pourlecommunisme.com est un site qui s'attaque directement aux critiques faites contre le communisme (millions de morts imputés à l'idéal communiste, faillite économique, etc...). Il ne fait la promotion d'aucun régime existant ou ayant existé par le passé, s'efforce de comprendre les faits et de proposer des pistes pour l'avenir.

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5 janvier 2007 5 05 /01 /janvier /2007 00:05

Je fais une pause dans la critique du programme du PS pour réagir aux cris d’orfraie poussés par d’éminents droitiers suite aux propos de François Hollande dans le Monde en début de semaine. Le secrétaire du PS y parlait en effet de revenir sur les baisses d’impôts des gouvernements de droite depuis 2002, de lever de nouveaux impôts tels que la CSG-retraite…

 

« Hollande se moque du monde », tonne Alain Lambert, ancien ministre du Budget, qui conclue un billet sur son blog en dénonçant un refus de l’économie moderne et mondialisée. Thierry Breton se dit « effondré », considérant que toute nouvelle hausse des impôts réduira le pouvoir d’achat des français. Bayrou a envie de « se mettre la tête entre les mains » et de se demander « dans quel monde » vivent ceux qui proposent plus d’impôts.

 

Et bien ils vivent tout simplement dans un monde où l’on sait que les dépenses sociales vont augmenter, en premier lieu les retraites et les dépenses de santé.

 

Il faudra payer plus pour les retraites, et plus encore si les français en font le choix

 

-la réforme Fillon n’assure de toute façon pas le financement des retraites. Le maintien du taux de remplacement actuel de l’ancien salaire en ne faisant que repousser l’âge du départ à la retraite obligerait à travailler jusqu’à plus de 65 ans, voire 68. Et le plus insupportable dans cette réforme Fillon qui a « sauvé les retraites », est qu’on n’a pas demandé aux français s’ils souhaitaient cotiser plus ou travailler plus longtemps. La première solution a été mise en poche immédiatement par le gouvernement, au nom du « pouvoir d’achat » (contestable, voir plus bas), et de la défense de nos entreprises (tout aussi contestable). Le premier devoir d’un gouvernement démocrate pour la question des retraites serait de consulter les français sur cette alternative : repousser l’âge de la retraite ou cotiser plus.

 

Les cotisations sociales sont payées par les salariés, pas par les entreprises

 

Il serait évident qu’accroître les cotisations sociales diminuerait la marge des entreprises, réduirait les bénéfices, les investissements, etc… C’est faux. Il suffit de constater, à la lecture des chiffres de l’INSEE, que depuis le milieu des années 70 les cotisations sociales ont beaucoup augmenté (et notamment sous Giscard, plus que sous les gouvernements PS, n’en déplaise à Lambert), et que, depuis 1980, on observe une baisse de la part de la masse salariale dans la valeur ajoutée des entreprises tout en augmentant le taux de cotisations sociales. Il est vrai qu’en 1980, la part des salaires était très élevée, et les investissements étaient réduits à peau de chagrin ; mais cela ne change rien au fait que depuis vingt-cinq ans, c’est la part des salaires nets qui a été réduite par les cotisations sociales, et pas la marge des entreprises. Mais cela ne veut pas dire que les salaires nets aient perdu en pouvoir d’achat depuis ce temps (du moins en moyenne), puisque la valeur ajoutée totale était en progression.

 

Les cotisations seraient les ennemies de l’emploi ? Pas sûr…

 

Quant à l’idée selon laquelle les cotisations sociales réduiraient « évidemment » les créations d’emploi, elle n’est qu’en partie vraie. Déjà, le constat est que la France a en fait créé pas mal d’emplois depuis 1980, passant, selon l’INSEE, de 21.5 millions d’actifs occupés à plus de 24.5 millions aujourd’hui, soit un progrès de 13%, soit un bon taux au niveau européen (les britanniques sont passés de 27 millions d’emplois en 1980 à 31 millions aujourd’hui selon l’Office of National Statistics, soit le même taux de progression). Notre fort taux de chômage vient du fait que notre population active a cru encore plus vite que les emplois, alors que d’autres pays européens comme le Danemark (pays « modèle ») ont une population active stagnante.

 

Bien sûr, on pourrait peut-être créer plus d’emplois dans plusieurs secteurs si le prélèvement de la cotisation était plus intelligent. En prélevant la cotisation à taux fixe sur le salaire (45% de la masse salariale, 25% du salaire brut en cotisations salariales, 40% supplémentaires en « patronales »), on arrive à ce que certaines entreprises soient incapables d’acquitter leurs cotisations car elles dépassent, avec les autres frais, la valeur ajoutée de l’entreprise ! D’où le basculement progressif des cotisations sur un impôt exprimé en fraction du revenu (la CSG notamment). Le renchérissement de l’emploi dû aux cotisations sociales a poussé certains secteurs à accroître au maximum la productivité individuelle pour avoir à employer le moins de monde possible. Dans un sens, ce n’est pas forcément une mauvaise chose : les innovations qui permettent ces gains de productivité peuvent ensuite être diffusées dans le reste de l’économie. Renoncer à avoir l’une des productivités par tête les plus élevées d’Europe « au nom de l’emploi », en favorisant fiscalement des emplois peu productifs ne me semble pas être une bonne idée.

 

Il faut savoir que les mêmes critiques de droite qui s’effraie de la CSG (qui « frapperaient tous les revenus, y compris les plus défavorisés »), ne se gênent pas pour proposer une « TVA sociale », une taxe supplémentaire sur la consommation pour financer la protection sociale ; chacun sait que la TVA ne frappe pas les plus modestes, bien sûr…  

 

La redistribution ennemie du pouvoir d’achat ?

 

L’argument de Raffarin en 2003, repris par Breton en 2007 : une hausse des cotisations-retraite réduira le pouvoir d’achat des français. Pour les actifs qui paieront ces cotisations, c’est une perte, certes, mais progressive dans le temps ; mais pour les retraités, c’est un gain. Mais les retraités ne sont peut-être pas des français pour Raffarin et Breton…Et pourtant ils en sont, et d’autant plus que les actifs français sont les futurs retraités français. Et ils oublient aussi ce qui leur est pourtant le plus cher, la croissance : quitte à hausser de cinq points les prélèvements obligatoires pour financer les retraites, qui passeraient de 44 à 49% en trente ans, il faudrait une croissance réelle du PIB de 10 points sur trente ans (largement faisable, même à 1% de croissance réelle annuelle) pour que la valeur du PIB non prélevé par les collectivités reste la même.

 

L’impôt coûte cher ?

 

Et pourquoi une dépense publique serait-elle forcément plus couteuse qu’une dépense privée ? Comme nous l’avons déjà vu dans un précédent billet sur les dépenses publiques, le poids de l’Etat dans le PIB n’est pas énormément plus élevé en France (24% du PIB) qu’aux USA (21%) et dans la moyenne des autres pays européens (22%). Ce sont surtout nos dépenses sociales qui expliquent l’écart. Mais faut-il croire que c’est la prise en charge publique du social qui explique ces « surcoûts » ? Pour ce qui est de la santé, non : les pays qui dépensent le plus ne sont pas ceux qui ont le système le plus « étatiste ». Le pays européen le plus dépensier en santé est la Suisse, pas le Royaume-Uni avec son système de santé d’Etat, ni même la France. C’est un fait connu des économistes que la dépense de santé augmente avec le revenu, la Suisse et les USA étant des pays très riches dépensant beaucoup en santé pour des résultats pas extraordinaires. Plus la France s’enrichira (et c’est ce que souhaitent nos amis droitiers, non ?), plus elle dépensera pour sa santé, par l’intermédiaire du privé ou du public. Vous pouvez supprimer l’Assurance-maladie si ça vous amuse, et vous aurez 7 points du PIB en prélèvements obligatoire en moins, et un déficit de moins à gérer. Mais les français n’en dépenseront pas moins pour autant, réduisant le gain de pouvoir d’achat dû à une moindre fiscalité à une pure illusion.

 

 

En fait, il faudrait comprendre que réaliser une dépense par la voie publique ne coûte pas plus cher que par la voie privée, que ce soit en santé ou retraite (où, quelque soit le système, capitalisation ou répartition, ce sont toujours les actifs qui paient les pensions des retraités de leur époque). Mais ça se « voit «  plus », et se fait plus sentir. On essaie de nous faire peur avec les 370 fortunes françaises qui s’exileraient chaque année. C’est nettement moins que ce que je pensais. Et même si les exilés trimballent dans leurs valises 15 Mds d’euros, cela représente 0,15% du patrimoine net de la France. Le problème n’est pas de réduire la protection sociale ni de la contenir à tout prix, mais de rendre le système plus intelligent pour que les contribuables comprennent qu’ils ne paient pas pour rien. Cela sera le sujet des articles suivants.

 

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Published by DiadoreCronos - dans Economie
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