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Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

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Vous êtes stalino-maoïste (pardon : marxiste-léniniste-pensée-Mao-Zedong) et voulez écraser la vermine révisionniste que je suis?

Vous voulez simplement parler du communisme?

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4 décembre 2006 1 04 /12 /décembre /2006 21:23

Depuis que je m’intéresse à la politique, je n’ai jamais censé d’entendre parler de « pensée unique », de « pensée dominante », et de voire passer nombre de petits « résistants » qui s’illustraient contre ce dragon du « politiquement correct ». Problème : tout le monde crie à la « pensée unique ». Selon ATTAC, les « altermondialistes », formations de la « gauche de la gauche » et une partie de la sociale-démocratie, la « pensée unique » est de droite, et c’est ce qui explique que nous ayons vu se succéder les réformes de flexibilisation du marché du travail, des marchés financiers, les privatisations, etc…

 

Mais combien d’autres écrivains de droite, de sites web libéraux ou d’extrême-droite nous entretiennent à leur tour sur la « bien-pensance gauchiste », la « pensée unique socialiste » dénoncée par Sarkozy ou De Villiers (le fait que Sarkozy soit le n°2 du gouvernement en dit long sur le réel pouvoir de cette « pensée unique »). C’est ce qui expliquerait que la France soit « irréformable », que les formations « libérales » fassent de mauvais scores électoraux (Madelin fit moins de voix que Laguiller en 2002), car les français seraient anesthésiés par la propagande anti-libérale. D’ailleurs, la presse française n’est-elle pas entre les mains de la gauche ? Les enseignants et journalistes ne sont-ils pas tous de gauche ? Et les artistes, c’est pire : connaissez-vous un artiste qui ose se dire de droite ?

 

Alors : 

 

Sommes-nous sous la dictature intellectuelle du libéralisme ?

Sommes-nous sous la dictature intellectuelle de la gauche ?  

Ou encore…ni l’un ni l’autre ?

 
Les facs rouges, c’est où ?

Il serait une évidence que l’enseignement français est aux mains de gauchistes soixante-huitards et que toute personne qui y professerait des idées de droite serait viré en peu de temps. J’ai lu des bouquins qui nous décrivaient en effet des établissements scolaires où, en vertu des idées de Mai68, il n’y avait plus aucune autorité ni discipline, les élèves n’apprenaient rien et n’étaient sanctionnés de rien, et j’ai entendu des politiciens appeler au retour des « notations chiffrées », de la dictée, du redoublement, des sanctions…

 

Je ne peux donner que mon expérience personnelle, qui ne vaut que pour elle-même, mais puisque c’est mon blog elle y a sa place.

Bref, au cours de ma carrière étudiante, je n’ai  pas vu ce spectacle d’un enseignement entre les mains des gauchistes, et il me semble avoir « échappé » à l’éducation soixante-huitarde qui prétendument règne ailleurs. Mais ça reste une expérience personnelle.

Je me demande comment j’ai fait, mais je n’ai jamais vu ces écoles soixante-huitardes. J’ai commencé ma scolarité dans une école « de quartier », rien de bien huppé, mais où j’ai toujours fait des dictées, reçu des notes chiffrées, où l’on redoublait à moins de 10 de moyenne et était puni en cas d’injure à un enseignant. Pareil au collège et au lycée.
 

 Quant aux opinions des enseignants, elles étaient très peu perceptibles pour les élèves au collège. Au lycée, j’ai eu effectivement quelques enseignants très impliqués à gauche. Mais dans un enseignement de Sciences Economiques et Sociales il n’y a de toute façon pas de neutralité politique possible : un professeur de SES de droite aura la même latitude pour présenter ses opinions. Mais lorsque Jean-Marie Le Pen est arrivé au second tour de la présidentielle de 2002 (j’étais en Terminale), les mêmes enseignants gauchistes nous ont déconseillé de manifester, considérant que l’on ferait mieux de réviser notre baccalauréat. La plupart des élèves ont manifesté spontanément – et pour manquer des cours pour nombre d’entre eux.


Après le bac je fais une première année de géographie dans l’antenne universitaire de La Roche sur Yon : les opinions politiques des enseignants me sont restées secrètes ; quant aux syndicats étudiants, ils comprenaient une section UNI (droite) assez active de par ses collages, et une UNEF pépère.

 Puis, 2003-2005, je fais double-cursus sciences humaines –sciences économiques à Poitiers, inscrit dans deux facultés à la fois. En Sciences Humaines, je constate que tous les enseignants ne sont pas de gauche, qu’ils ne soutiennent pas l’activisme de certains syndicats étudiants (notamment la lutte contre la réforme LMD, véritable flop). Un seul enseignant de géographie évoque les théories de Lénine, mais c’est un « point de détail » de son cours.


 
En fac d’économie, je m’attendais à trouver l’antre d’ultralibéraux que décrivent certains gauchistes comme Bernard Maris. La réalité est plus mitigée. Les enseignants de sciences économiques, chargés de TD ou maîtres de conférences, sont en général des modérés, dont les opinions varient du centre-gauche à la droite dure. Un seul enseignant nous a dit qu’il était un « ancien marxiste », et il fallait surtout retenir le « ancien ». Dans son cours d’histoire des théories économiques, sa présentation des thèses de Marx se finissait par une démolition de la théorie marxiste de la valeur. Un chargé de TD de Microéconomie nous apprend qu’en supprimant le salaire minimum, on pourrait réduire le chômage (enfin « selon la théorie classique »), mais quelques états d’âmes sociaux-démocrates lui font dire que « c’est quand même pas souhaitable que des gens travaillent pour 2000 FF par mois ». Lors des premiers cours d’économie générale, l’universitaire nous dit que le marché libre n’est pas la jungle, et nous expose des séries de cas abstraits comme quoi il vaut mieux soutenir l’offre que la demande. Le cours de Microéconomie commence par une « démonstration » du « Trop d’impôt tue l’impôt », en guise de justification de la baisse de l’Impôt sur le Revenu du gouvernement Raffarin. En seconde année, un enseignant de Macroéconomie nous propose carrément son programme économique à la dernière page de son polycopié. On y lit entre autres : suppression du SMIC, désindexation des salaires par rapport à l’inflation, hausse du temps de travail, privatisations générales…


 
On peut penser ce que l’on veut de ces thèses, mais à chaque fois que j’entends parler des « facs rouges » ou de l’enseignement supérieur français phagocyté par les « gauchistes », je me dis que Poitiers ne doit donc pas être en France.


Quant aux « syndicats étudiants », le droitiers dénonceront bien sûr la domination de syndicats de gauche comme l’UNEF. En oubliant qu’à côté de cette « domination », il y a surtout une très forte abstention aux élections étudiantes, une indifférence assez générale face aux formations politisées, qui permet à quelques groupes minoritaires de donner l’illusion d’une coloration politique aux campus…


Les médias gauchistes ?

Passons au cas national. Que n’entend-t-on sur la domination des médias par la gauche, dans un pays où paraît-il, les journalistes seraient presque tous de gauche…Je voudrais juste renvoyer à quelques chiffres, donnés par l’OJD sur les tirages de la presse nationale . 
 

http://www.ojd.com/engine/adhchif/adhe_list.php?mode=chif&cat=1771

 Quand bien même il serait vrai que 90% des journalistes seraient de gauche (et qu’appelez-vous la gauche ? Si vous êtes d’extrême-droite, l’UMP est de gauche…), l’important est de connaître l’influence de chaque « camp ». Et quand on regarde les chiffres de l’OJD, quelques rappels s’imposent : des revues déclarées à droite font chaque jour ou semaine des centaines de milliers d’exemplaires vendus, et sans doute encore plus de lecteurs :

 Le Point fait 380.000 exemplaires par semaine en 2005, l’Express 430.000, Valeurs Actuelles 75.000, Le Figaro 320.000 par jour et Les Echos plus de 110.000 par jour. Ces journaux se réclament clairement du libéralisme économique, et malgré leur « ouverture éditoriale », sont très largement à droite…sauf bien sûr si vous raisonnez d’un point de vue d’extrême-droite.

 Et en face, il y a quoi ? L’Humanité, moins de 70.000 exemplaires ? Libération (centre-gauche) à moins de 140.000 ? Le Nouvel Obs est l’un des rares périodiques un peu de gauche (modérée) à dépasser les 500.000 exemplaires.

 Je ne vais donc pas dire qu’en France la presse serait exclusivement de droite –ce serait mentir de beaucoup-, mais c’est un fait que la droite en France peut parfaitement s’exprimer et dispose d’un arsenal médiatique tout à fait conséquent pour le faire. Si les idées de droite ne triomphent pas comme le souhaiteraient leurs défenseurs, c’est avant tout parce qu’elles n’apparaissent pas justes pour un grand nombre de français.

 On aurait pu traiter le cas d’autres médias –la télévision notamment. A l’heure actuelle, en veille de campagne présidentielle, les chaines télévisées françaises publiques ou privées peuvent davantage se faire reprocher de focaliser le débat sur deux candidats plutôt que de privilégier le PS ou l’UMP uniquement.
 

Conclusion


 Je ne sais pas s’il existe un « complot des médias », mais si c’est « la gauche » qui le dirigeait pour manipuler les français contre la droite, alors elle s’y prend fort mal, vu la puissance de la presse droitière actuelle. Et encore, je n’ai même pas évoqué l’importance des groupes financiers de l’armement ou du bâtiment dans la possession de ces médias, jusque dans le capital de l’Humanité.

 Mais pourquoi cet acharnement de tant « d’intellectuels », d’écrivains et plumitifs en tout genre, à dénoncer le « politiquement correct », la « pensée unique », et ce même lorsqu’ils soutiennent un camp comme la droite dite « modérée » qui n’est absolument pas privée d’accès aux médias ?

 J’avance une explication toute simple : beaucoup d’intellectuels en mal de notoriété se rêvent en dissidents et résistants ; à droite, on s’imagine écrivain de samizdat dans le dernier pays « communiste » d’Europe, résistant à une mystérieuse domination bolchevique mais sans Armée Rouge ni Tchéka. A gauche, on se rêve en Che Guevara face aux polices mentales –et physiques aussi- des forces du Capital –qui elles ne relèvent pas de l’invention. Seulement voilà : la France est de fait un pays relativement ouvert, des flots de bouquins de droite comme de gauche peuvent s’y publier. Et c’est déplaisant pour nos résistants en plume. On peut ajouter le fait que pour certains, le fait que l’adversaire existe est déjà une oppression : on se plaint d’être dominé parce qu’on est pas ultra-dominant soi-même.

 Le jugement que je porte vaut aussi pour nous, communistes. Si nous faisons d’aussi mauvais résultats électoraux, c’est davantage de notre faute que d’un quelconque complot médiatique. Nos divisions, l’incohérence d’une partie de notre discours, plusieurs décennies passées au service de l’URSS, tout cela n’est à imputer qu’à nous-mêmes. La droite n’a à l’heure actuelle pas besoin de s’acharner sur nous, nous nous neutralisons très bien tout seuls.

 

 

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Published by DiadoreCronos - dans Droite
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