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Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

     www.pourlecommunisme.com est un site qui s'attaque directement aux critiques faites contre le communisme (millions de morts imputés à l'idéal communiste, faillite économique, etc...). Il ne fait la promotion d'aucun régime existant ou ayant existé par le passé, s'efforce de comprendre les faits et de proposer des pistes pour l'avenir.

     Vous êtes anticommuniste et voulez débarasser le monde d'un jeune fou qui, selon vous, risque de faucher à nouveau des millions de vies?

Vous êtes stalino-maoïste (pardon : marxiste-léniniste-pensée-Mao-Zedong) et voulez écraser la vermine révisionniste que je suis?

Vous voulez simplement parler du communisme?

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2 novembre 2006 4 02 /11 /novembre /2006 14:52

J’écris ce billet à titre de présentation, mais aussi un peu pour donner un contre-exemple à ceux qui pensent que « ouais, bon, t’es coco parce que t’es jeune, plus tard tu verras… ». Combien de fois ai-je lu des textes de droitiers qui racontaient qu’ils avaient été de gauche voire communistes étant jeunes, puis qu’ils avaient « découvert les crimes du communisme », puis « l’incurie des économies administrées, jusque dans l’administration à la française », et qu’alors, ils avaient « ouvert les yeux », s’étaient tournés vers le « libéralisme », pour ne plus en démordre.

 

Et bien mon expérience est totalement inverse.


Quand j’étais plus jeune, j’étais vieux dans ma tête


Je me suis intéressé à la politique dès l’âge de 10-11 ans, et me souviens encore du jour de la première élection à la présidence de Jacques Chirac, en 1995. A l’époque, j’étais de droite. Mon père est médecin généraliste libéral, et lui aussi avait été de gauche étant jeune, soixante-huitard, avait voté Mitterrand en 1981, et avait été déçu au point de virer à droite, voire très à droite ensuite. Alors autant vous dire que je n’ai jamais ignoré les discours sur les « fonctionnaires feignants », les impôts trop élevés, la sur-administration de la France, et même de temps à autres les immigrés-qui-viennent-profiter-de-nos-largesses-sociales. N’ayant pas souvent eu d’excellentes relations avec mes professeurs, j’étais encore plus disposé à écouter le discours contre l’Etat, contre la fonction publique.

 Je n’avais pas davantage de sympathies pour le communisme. Quand fut paru « Le Livre Noir du Communisme » en 1997, je fus d’emblée partisan de ses thèses. Les communistes ne valaient pas mieux que les nazis, ils tuaient les « bourgeois » comme les nazis tuaient les juifs. Je me rappelle avoir même pensé qu’il fallait d’urgence envahir Cuba pour libérer son peuple du dernier « dictateur communiste ».

Mais il y avait cependant quelque chose chez moi qui faisait que je n’avais jamais été libéral pour autant. J’étais frappé que dans notre pays, plusieurs millions de personnes soient au chômage, et qu’en guise de solution, il aurait fallu « attirer les investisseurs » (je ne savais pas alors que la France attirait déjà beaucoup les investisseurs étrangers, ce qui ne résorbait pas le chômage pour autant). Je n’admettais pas que pour régler nos problèmes internes, il eût fallu se plier aux intérêts de personnes (physiques ou morales) privées et étrangères. Il y avait bien un moyen de remettre au travail les français par nous-mêmes, que diable ! Mes opinions n’en sont pas restées là, mais j’ai toujours conservé cette idée qu’il est inadmissible de confier notre avenir au « jeu des agents privés », en sachant que ceux qui décideraient de notre avenir ne seraient pas « tout le monde » (et là dessus, j’ai bien été confirmé, le « capitalisme populaire » est une farce), mais une minorité d’individus mieux dotés que les autres. Et je ne croyais pas non plus que les individus les plus riches soient les plus méritants.


Un déclic signé Gilles Perrault


Vers 14 ans, suite à de mauvaises discussions sur le Net, mes certitudes s’étaient en bonne parties effondrées, et je me suis retrouvé apathique pendant quelques temps. J’avais gardé mes idées d’antan sur certains sujets, comme l’anticommunisme. Et c’est au cours d’un été, 1999 je crois, que j’ai lu –ou plutôt relu- un article de Gilles Perrault paru dans Le monde Diplomatique en Décembre 1997. Vous pouvez le trouver sur :

 http://www.monde-diplomatique.fr/1997/12/PERRAULT/9660.html

 Dans un passage de l’article, Perrault s’en prend à la comparaison que dresse Stéphane Courtois (maître d’œuvre du Livre Noir) entre le « crime de race » nazi et le « crime de classe » imputé au communisme.

 «  Il [Stéphane Courtois] introduit donc le concept d’un « génocide de classe » qui serait l’exact équivalent du « génocide de race ». L’imposture intellectuelle sidère par son audace. Aux yeux des nazis, un Juif restait de sa conception à sa mort défini par sa judéité. Un bourgeois dépouillé de ses biens sort de la bourgeoisie. La Révolution française a voulu, et dans une certaine mesure accompli, la liquidation de l’aristocratie en tant que classe, ou caste. Mais les « ci-devant » dépossédés de leurs titres et privilèges n’étaient pas automatiquement promis à l’échafaud, où ils furent moins nombreux à monter que les ouvriers ou les paysans. »

Lors de ma première lecture de l’article en 1998, je ne compris pas les arguments de Perrault. Lorsque je relus l’article en 1999, ce fut le choc. Effectivement, on peut supprimer une classe sociale sans tuer ses membres. Si plus personne ne travaille la terre, il n’y a plus de paysans. Si personne ne travaille à l’usine ou n’a de boutique, plus d’ouvriers et de commerçants. Si plus personne n’a de capital productif privé, alors il n’y a plus de capitaliste, même sans tuer qui que ce soit. A l’inverse, un nazi considère le Juif comme indéfectiblement juif. Le seul moyen de supprimer une race dans l’optique nazie est de tuer tous ses membres, et c’est qui fut tenté par la Shoah. J’ai passé une nuit entière à essayer de batailler contre l’argumentation de Perrault. Mais si, il doit bien y avoir un moyen de montrer que les communistes veulent forcément exterminer les « bourgeois », puisque apparemment ils l’avaient fait dans les régimes de l’Est… Je devais me rendre compte plus tard que même la déportation des koulaks n’avait pas été une opération d’extermination comparable à la Shoah.


 
Ce fut la première étape de ma sortie de l’anticommunisme : le déconditionnement.

 
Auto-communisation

 
Le reste, je l’ai fait tout seul, sans aucun mentor, ni stage de formation théorique. De 1999 à 2001, j’avais cessé d’être anticommuniste, mais je n’étais pas communiste pour autant. J’avais cependant appris à faire la distinction entre l’idée communiste et les régimes qui s’en étaient réclamés. Mais je ne voyais pas, a priori, quelle nécessité on pouvait bien trouver à collectiviser ou planifier une économie.

 Puis en 2001, une brève réflexion au cours d’une heure de pause au lycée, et je me suis demandé qui pouvait bien prétendre être à l’origine de la création de la richesse matérielle. Qui, sinon le travail, la produisait ? Et quel était le rôle du propriétaire du capital ? D’avoir apporté ses machines, bâtiments, fournitures diverses ? Mais il ne les avait pas produit lui-même, la plupart du temps, il s’était contenté de régler les opérations financières qui permettaient aux travailleurs (qu’ils soient ouvriers, cadres, ingénieurs ou directeurs) de produire. Comme le disait Bernard Maris, « mettez vingt balles dans une boîte, enterrez-là, déterrez-là vingt ans après : ça fait toujours vingt balles ». Le travail seul crée la richesse, avec l’aide de la Nature. Le propriétaire du capital, en tant que propriétaire, ne produit rien. Celui qui prête de l’argent a bien entendu le droit de demander à le récupérer au bout d’un certain temps, avec même une compensation pour l’inflation pendant la période du prêt ; mais au-delà, s’il exige une rémunération nette, c’est un vol, même à 1% de la valeur ajoutée.


 Et c’est là que je me suis décidé. Les communistes avaient raison, à la base. L’exploitation existe, même si elle ne prend pas la forme d’un patron odieux en haut-de-forme martyrisant ses ouvriers. Elle existe par la simple rémunération du capital privé. J’ai ensuite dû affiner la chose : tous les salariés ne sont pas exploités au même niveau, certains sont eux-mêmes actionnaires, mais les cadres le sont nettement plus que les ouvriers, et la répartition du patrimoine financier en France est encore bien plus inégale que celle des revenus, 90% de ce patrimoine allant aux 50% de ménages français les plus aisés.


 
N’y a-t-il pas un moyen de remplacer les actionnaires privés, non pas par une planification en laquelle je ne crois pas, mais par un propriétaire démocratique, qui pourrait récupérer les bénéfices des sociétés au nom des salariés ? Plusieurs modèles se sont succédés dans ma tête. J’ai d’abord pensé à la propriété d’Etat généralisée, avant de considérer qu’il valait mieux avoir des représentants des salariés –ou même des travailleurs en général, indépendants compris- élus distincts du gouvernement. J’en suis arrivé à ce qui est publié sur mon site actuellement, en rubrique « programme communiste ».

Pour ceux qui m’accuseraient de « haine de classe », je tiens à vous dire une chose : je suis moi-même actionnaire. Mon père a tenu à placer pour nous des sommes qui seront partiellement investies en actions. Je toucherais donc probablement des dividendes venant d’entreprises pour lesquelles je n’ai pas pu fournir une once de boulot, puisque je ne sais même pas desquelles il s’agit, et que je n’ai pas besoin de le savoir. Ce qui m’a confirmé dans l’idée qu’à mon image, les actionnaires en tant qu’actionnaires sont des parasites économiques. Qui gagnent quand même plus d’une cinquantaine de milliards d’euros de dividendes par an en France. A comparer avec le coût des gaspillages publics. (Rassurez-vous, je ne resterai pas actionnaire longtemps : dès que je serai indépendant financièrement, je bazarde ce « patrimoine »)


 A ceux qui veulent m’apporter « la lumière », passez, j’ai déjà l’électricité (plus les soviets)

 


Il y a encore plein de choses à dire sur les raisons qui me font être et demeurer communiste aujourd’hui. Mais ce n’est absolument pas la peine de vouloir me « révéler » les crimes de Staline, Mao, Pol Pot, et j’en passe : c’est justement par là que j’ai commencé, quand j’étais anticommuniste sauce Courtois-Revel ! mon site parle assez abondamment des méfaits des ex-régimes de l’Est, tout en insistant bien sur les différences entre eux, ainsi que sur l’origine de la dictature dans ces états, et sur la différence de nature, d’objectifs et de méthode par rapport au nazisme.

 Ce n’est pas non plus nécessaire de me rabâcher « l’inefficacité » des économies administrées, leurs conséquences en terme de pénuries, de pauvreté, j’ai déjà lu sur ce sujet et ai exposé quelques causes de ces échecs dans la partie de mon site intitulée « Pourquoi l’échec de l’URSS ? ». La planification ne fait pas non plus partie de mon programme, car je considère qu’elle n’a pas de lien logique avec la collectivisation.

Quant aux administrations et aux entreprises publiques, j’y ai déjà travaillé deux fois. Je n’ai pas réellement assisté au spectacle de fonctionnaires payés à ne rien faire, mais plutôt régulièrement employés à des tâches d’utilité discutable. Au bout de deux semaines de travail en tant qu’ « instructeur » au Conseil Général de Vendée, on me demanda mon avis sur le service, et je répondis qu’en informatisant un peu plus on n’aurait pas eu besoin de m’employer. Je ne fus pas réembauché l’année suivante, contrairement à mon frère. Je ne suis en aucun cas un fan de l’Etat, des syndicats, de la fonction publique. Je suis tout à fait d’accord avec le principe de la responsabilisation des agents de l’Etat, de la rémunération au résultat, à condition qu’elle soit collective et non individuelle, car l’Etat n’est et ne sera jamais un employeur comme les autres, il peut très bien cacher un licenciement politique derrière un motif « d’incompétence », alors qu’un employeur privé préférera encore garder un bon ouvrier de gauche que de s’en débarrasser au profit d’un mauvais ouvrier, fut-il «jaune » et briseur de grève. Je ne suis pas « contre l’entreprise », mais je la préférerais propriété de l’ensemble de ceux qui y travaillent.

 

 Je suis communiste par conviction, et pas parce qu’un parti m’aurait séduit. Comme je l’écris dans « Misère de l’antilibéralisme », le programme du parti auquel j’ai adhéré, le PCF, me semble extrêmement mauvais, et pas communiste du tout. Denis Kessler (ancien trotskyste étant jeune, n°2 du Medef à l’époque de Seillères) disait : « Quand on n’est pas de gauche à vingt ans, c’est qu’on n’a pas de cœur ; quand on est toujours de gauche à quarante ans, c’est qu’on a pas de tête ». Dans ce cas, je n’avais pas de cœur étant plus jeune, mais, c’est étrange, les arguments des anticommunistes, même les plus-vieux-qu’on-tout-vu-tout-vécu me paraissent toujours aussi illogiques, peu en conformité avec les faits lorsqu’on creuse un peu les apparences. Je ne dois pas avoir de tête, peut-être.


 Quand les ex-communistes étaient jeunes, ils étaient cons ; ils sont restés très jeunes


Beaucoup de gens qui étaient « à gauche étant jeunes » furent en réalité des caricatures de ce qu’ils dénoncèrent plus tard : un tel adora Staline, Mao, croyaient être communistes parce qu’ils n’aimaient pas les riches, mais n’avaient même pas l’idée de ce que signifiait le mot « exploitation ». Plus tard, ils « découvrirent » les crimes de Staline, Mao, etc…, alors qu’ils n’avaient jamais eu l’idée de s’informer auparavant. Et vu qu’ils n’avaient jamais conçu le communisme comme une idée en soi plutôt que comme l’idôlatrie de tel ou tel « révolutionnaire », alors ils brûlèrent aussitôt ce qu’ils avaient adoré. Et n’avaient toujours pas davantage compris le communisme, ni dans les idées, ni même vraiment les faits.


 Mon avis ? A perdre ces « camarades » -là, nous autres communistes n’avons pas perdu grand-chose.

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Published by DiadoreCronos - dans Présentation
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