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Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

     www.pourlecommunisme.com est un site qui s'attaque directement aux critiques faites contre le communisme (millions de morts imputés à l'idéal communiste, faillite économique, etc...). Il ne fait la promotion d'aucun régime existant ou ayant existé par le passé, s'efforce de comprendre les faits et de proposer des pistes pour l'avenir.

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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 23:48

Laibach, Germania, Volk, 2006

S'il est un pays où la question de l'identité nationale est difficile, c'est bien celui-là...

Identité

         Les marxistes et le nationalisme

 

L’état étant l’instrument de la classe dominante (et malheureusement réduit à cela chez les marxistes), son aspect culturel, la nation, qui tend à correspondre à un ou plusieurs états, encourt aussi le risque de servir également la classe dominante. Ainsi, certains marxistes considèrent que toute revendication de souveraineté nationale est bourgeoise (cas de Rosa Luxembourg). Pour Lénine, puisque le capitalisme moderne tend à se regrouper en grands impérialismes, les luttes nationales de minorités opprimées ou colonisées (comme la Finlande ou la Pologne dans l’empire tsariste) peuvent être progressistes, en minant l’impérialisme. Les militants marxistes doivent alors soutenir les revendications nationales des minorités, et, s’ils sont eux-mêmes issus d’une nation impérialiste (la Russie, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la France…), ils ne doivent surtout pas soutenir leur impérialisme national.

 
               C’est ainsi que prend naissance la théorie selon laquelle il y a des nations opprimées dont le nationalisme est positif, progressiste, révolutionnaire et des nations impérialistes où le nationalisme et réactionnaire. Ainsi, il est positif d’être un nationaliste kurde, algérien, basque, mais un nationaliste français est un fasciste. Théorie passablement idiote et insupportable au passage.

 

              Marx lui-même, à la suite de sa fameuse phrase sur les prolétaires qui « n’ont pas de patrie », rappelait qu’en prenant le pouvoir, le prolétariat restait encore national, que la nation où triomphait la Révolution n’en restait pas moins une nation, avec un devoir de puissance à faire respecter.

           
            En vertu de ce que j’ai écrit sur la nation, je considère qu’une nation socialiste ne doit en aucun cas chercher à s’affaiblir en encourageant le séparatisme. Si une minorité souhaite absolument prendre son indépendance, il serait antidémocratique de s’y opposer durablement, même si l’on peut tenter de convaincre ladite minorité que son projet n’est pas nécessairement pertinent. Mais les militants communistes français, par exemple, n’ont aucune obligation de prendre parti pour les causes bretonne, basque, corse, ou de soutenir l’indépendantisme des départements d’outre-mer. A la fois parce que cela émietterait la puissance de la révolution en France, et parce qu’il n’est pas dans l’intérêt des habitants de ces régions de se retrouver citoyens d’états-nains (au mieux, la Bretagne intégrant la Loire-Atlantique aurait 4 millions d’âmes). Les militants communistes qui soutiennent ces séparatismes s’imaginent qu’une France socialiste et une Bretagne, Corse ou Guadeloupe socialistes continueraient de marcher main dans la main pour la révolution mondiale. Comme si des désaccords entre états socialistes ou prétendus tels n’étaient pas possible. L’URSS (qui avait formé Tito), a rapidement compris, avec le « schisme » yougoslave de 1948, que même en nommant ses protégés à la tête de « pays frères », elle n’en risquait pas moins la perte de son bloc, et ne desserra jamais la vis de l’occupation militaire de l’Europe de l’Est. Ce risque de division entre pays socialistes démocratiques serait encore beaucoup plus fort.

Différents types de nationalismes           

 

Nationalisme « astérixien »   

 

C’est ainsi que je nomme un nationalisme qui se soucie peu de la puissance nationale, et vit sur un héritage supposé éternel, en rejetant tout ce qui le contrarie dans le fourre-tout de « l’étranger ». Le dernier cas où je l’ai constaté fut la départementalisation de l’île de Mayotte. Que les gauchistes communautaristes aient pesté contre la possession « illégale » de Mayotte par la France, arguant que l’île est de droit comorienne (en oubliant que la « nation » comorienne n’existait pas en tant que telle avant la colonisation, et est donc une création de la France), ça me surprenait peu. Qu’ils aient utilisé l’argument des clandestins comoriens qui périssent en tentant de rejoindre Mayotte, à cause des décrets Balladur restreignant la liberté de circulation, c’était prévisible, même si ce sujet est différent de la souveraineté française sur Mayotte. Ce qui m’a plus surpris, c’est que certains nationalistes français rejettent cette intégration, au motif que Mayotte n’est pas culturellement française (comme vu plus haut, une minorité culturellement différente peut très bien intégrer la Nation, tant qu’elle est minoritaire – et les 100.000 mahorais, de culture comorienne-malgache et musulmane, menacent peu de nous submerger), mais aussi parce que ce vote pour la départementalisation ne serait motivé que par l’argent des allocations. Et qu’il amènerait la France à supporter de nouvelles prestations aux familles polygames, et à plus de chômeurs. Je suis un peu navré de voir le peu d’estime que certains ont pour la capacité de la France à faire d’un territoire pauvre un territoire moins pauvre voire riche, ou à répandre les idées d’égalité entre les genres, ou la laïcité. La France n’est plus considérée comme une puissance, économique, culturelle ou idéologique, elle n’est qu’un (très riche) « héritage » qu’il s’agit de conserver. Les mahorais, largement étrangers à cet héritage, et pesant financièrement sur la France, n’auraient pas vocation à y entrer. Pardonnez ma référence, mais cette vision de la France me fait penser au village d’Astérix : petit, autosatisfait, sans désir de puissance (à aucun moment de la série, les héros du village ne songent à organiser la libération de la Gaule), et de toute façon protégé par sa potion magique, qui dans notre cas se traduit par la grandiose, l’immense, l’inaltérable culture française, au point de faire oublier à certains que la France est tout sauf immortelle.


Nationalisme de la « patrie-des-droits-de-l’homme »  

             

La dérive inverse est justement celle qui consiste à surestimer la puissance culturelle et idéologique (puisqu’on ne peut plus sérieusement compter sur la puissance économique, démographique et militaire) de la France. Et de lui confier un rôle de « patrie des droits de l’Homme », patrie de la Culture et des Arts… Comme toute prétention délirante, ces prétentions dispensent la France (c’est-à-dire son gouvernement, mais aussi ses patriotes) de rendre des comptes devant la réalité : peu importe que nous ayons rarement contribué matériellement à la libération d’autres nations (les derniers exemples où la France a joué un rôle décisif furent les campagnes dans les Balkans pendant la Première Guerre Mondiale), peu importe que notre action pour l’émancipation des masses soit pour le moins contestable (surtout en Afrique noire…), nous avons de toute façon un brevet éternel de liberté, de démocratie, d’égalité, de savoir, de tolérance, et tout ce qui peut continuer à dorer l’image  - artificielle et souvent méprisée – que nous renvoyons au monde.


Nationalisme « pratique »

 

La France n’est qu’une nation parmi d’autres, sans plus ni moins de qualités morales, mais avec les mêmes obligations vis-à-vis de sa population, en premier lieu celle de tenir une puissance. Mais pas en l’abdiquant au profit d’un conglomérat constitué à la hâte (l’Union Européenne, passée de 9 à 27 membres au cours des 28 dernières années, ce qui est très court) et lui-même bâti au service d’une autre puissance (les USA). Mais plutôt, vu sa taille, en constituant un réseau cohérent avec un nombre limité de puissances partageant les mêmes difficultés que la France : par exemple nos voisins italiens et allemands en particulier, qui ont en commun avec nous leur taille moyenne, le fait d’avoir une langue solidement ancrée dans un morceau d’Europe mais peu ailleurs (le français, en dehors de ses petits bastions américains du Québec ou des Caraïbes, a une base précaire en Afrique, voire très précaire dans certains pays comme Madagascar), ou encore une faible autonomie dans la scène économique mondiale (alors qu’une alliance franco-germano-italienne serait une puissance majeure, maîtrisant le continent européen).

 

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Published by DiadoreCronos - dans Nation
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commentaires

nationalistejacobin 06/10/2009 19:03


Bon, je crois que je suis "nationaliste astérixien", si je comprends bien. Mais je dois avouer qu'il y a du vrai dans ce que vous dites. C'est intéressant d'avoir un avis émanant de quelqu'un qui
n'est pas nationaliste, et qui n'assimile pas pour autant le nationalisme au "fascisme" ou au "nazisme".

J'ai envie de vous demander: la départementalisation de Mayotte augmente-t-elle la puissance française? Je me permets d'en douter. Et oui, je crois que les Mahorais ont choisi ce statut par intérêt
plus que par volonté de s'intégrer dans la nation française.

Je ne suis pas hostile à un rapprochement avec des Etats voisins, mais sûrement pas avec l'Allemagne. L'Allemagne a retrouvé une ambition européenne, un projet d'hégémonie économique d'abord et
politique ensuite. Je dirais même que Berlin parvient à mettre la construction européenne au service de la nation allemande. Et puis, le gouvernement allemand montre plus que de la bienveillance à
l'égard d'associations régionalistes. La balkanisation ne le dérange guère. Tournons-nous plutôt vers les nations latines, nations-soeurs: Italie, Espagne, Portugal, éventuellement élargi à la
Roumanie, la Belgique et la Grèce.


DiadoreCronos 08/10/2009 23:08


Mayotte ne renforce pas en soi la puissance française. Mais elle est un territoire parmi d'autres, que nous n'avons pas plus de raison d'abandonner. Mais une petite île comme celle-là peut aussi
servir de relais pour une flotte, ou de base aérienne. De toute façon, il est dérisoire de proclamer l'indépendance d'un petit archipel de quelques centaines de milliers d'habitants. Une
Nouvelle-Calédonie indépendante serait rapidement une dépendance de fait de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande, des USA ou un peu de tous. Il est sans doute plus judicieux pour de petites îles
d'être directement membre d'une nation plus grande, pour en avoir la citoyenneté, tout en négociant un statut autonome. Et de préférence de rester lié à une nation lointaine, qui ainsi à un relais
(maritime et aérien) dans une zone éloignée.

Pour ce qui est des alliances en Europe, il ne faut pas en rester aux proximités linguistiques. L'Espagne, et dans une certaine mesure l'Italie, ne sont pas spécialement francophiles, comme on a pu
le voir dans le peu d'enthousiasme soulevé par l'Union pour la Méditerranée. Une union latine risquerait d'avoir la France pour tête, ce que ces pays ne veulent pas. Pour l'Espagne, outre le fait
d'être un partenaire commercial massif, d'être une réserve de touristes, et d'envoyer des subventions, l'Allemagne a le mêrite de bloquer les ambitions françaises. De notre point de vue, il faut
aussi raisonner avec plusieurs décennies d'avance, lorsque la situation démographique catastrophique de l'Allemagne aura réduit son écart avec la France en termes de population et de puissance. Les
pays de la zone mark d'Europe Centrale ne se porteront pas beaucoup mieux, comme par exemple la Pologne et la Hongrie, qui perdent déjà des habitants. L'Allemagne sera peut-être plus à même
d'accepter une alliance à trois, qui donnera de fait plus de pouvoir à l'Italie en la plaçant en position d'arbitre entre France et Allemagne. Pour l'instant, c'est peut-être aussi la crainte -que
dis-je, la certitude- de ce déclin allemand qui motive certains d'entre eux à soutenir les séparatismes de toutes sortes dans les nations latines ou au Royaume-Uni.