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Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

     www.pourlecommunisme.com est un site qui s'attaque directement aux critiques faites contre le communisme (millions de morts imputés à l'idéal communiste, faillite économique, etc...). Il ne fait la promotion d'aucun régime existant ou ayant existé par le passé, s'efforce de comprendre les faits et de proposer des pistes pour l'avenir.

     Vous êtes anticommuniste et voulez débarasser le monde d'un jeune fou qui, selon vous, risque de faucher à nouveau des millions de vies?

Vous êtes stalino-maoïste (pardon : marxiste-léniniste-pensée-Mao-Zedong) et voulez écraser la vermine révisionniste que je suis?

Vous voulez simplement parler du communisme?

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1 août 2009 6 01 /08 /août /2009 23:36

Me voici revenu de Cuba, Air France ayant manqué de décapiter le MJCF en nous précipitant dans l’Atlantique. Beaucoup de choses à dire, tant sur Cuba que sur les français. Je vais publier, dans les jours à venir à partir d’aujourd’hui (et si possible tous les jours), un article constituant mon compte-rendu.


Plan du compte-rendu :

  1. Contexte cubain
  2. But et déroulement du voyage
  3. Le système politique cubain
  4. Discussion économique générale
  5. Projet de solidarité
  6. Situation alimentaire
  7. Situation de l’équipement en général
  8. Situation sanitaire
  9. Les cubains
  10. Les français
  11. Conclusions

Contexte cubain

 

Nous sommes arrivés sur l’île alors que le cinquantenaire de la Révolution se préparait, pour la journée du 26 Juillet 2009. Pourquoi le 26 Juillet (également jour de fête nationale à Cuba) ? Car ce fut le jour de l’attaque ratée de la caserne de la Moncada, près de Santiago de Cuba, par une centaine d’hommes commandés par Fidel Castro, en 1953. Echec qui valu la mort à plusieurs dizaines d’hommes, et un procès à Castro où son discours (« L’Histoire m’acquittera») donna à son mouvement (nommé Mouvement du 26 Juillet, ou M-26) une ampleur inespérée.


Le contexte national cubain


Je ne vais pas faire ici un résumé historique comparable à celui d’une encyclopédie, juste rappeler quelques dates et faits. La colonie espagnole de Cuba (fondée en 1511), peuplée de colons espagnols et d’esclaves africains, connaît plusieurs révoltes anti-esclavagistes et indépendantistes, dont celle de 1868-1878, qui obtient non pas l’indépendance mais l’abolition de l’esclavage en 1886, et la révolte de 1895, dont l’un des initiateurs – rapidement disparu au combat – fut le poète José Marti, aujourd’hui héros national (tant à Cuba que parmi les cubano-américains). Les USA interviendront  dans cette guerre à partir de 1898, écrasant rapidement l’Espagne, et obtenant les Philippines, Porto Rico, l’île de Guam dans le Pacifique occidental, et offrant une indépendance contrôlée à Cuba. L’île connaît par la suite une série d’interventions américaines, et de chefs d’états tantôt issus de putsch (comme le premier gouvernement de Batista et de San Martin en 1933) ou d’élections présidentielles, mais la distinction entre gouvernements élus et dictatures répressives est difficile à faire dans la première moitié du XXème siècle. C’est par exemple le cas du régime de Gerardo Machado en 1925, ou de Batista et San Martin : en 1933, le premier devient chef des forces armées et le second (qui fondera le parti révolutionnaire cubain ou partido autentico, nationaliste, socialiste, mais distinct du parti communiste cubain crée au début des années 20) président. Puis Batista remporte les présidentielles en 1940, puis c’est au tour de San Martin en 1944, et d’un autre membre du Parti autentico, Socarras, en 1948. Celui-ci n’aura pas de successeur élu en 1952, puisque Batista prend le pouvoir par un coup d’état en mars, et interdit les partis politiques (dont le Parti Socialiste Populaire, nouveau nom du Parti Communiste Cubain, et le parti orthodoxe, scission de gauche du Parti autentico). Plusieurs composantes de la résistance à la dictature se constituent : le Directoire Révolutionnaire, stimulé par la fédération des étudiants universitaires (FEU), le Parti Socialiste Populaire, et le Mouvement du 26 Juillet, qui, avec moins de cent hommes, débarque au large de la Sierra Maestra, au Sud-Est du pays, en Novembre 1956. En Janvier 1959, les barbudos, notamment Ernesto Che Guevara et Camilo Cienfuegos, prennent La Havane.


Le nouveau pouvoir, dont Castro n’est pas le président, promeut un programme où les nationalisations sont absentes. Les USA, après avoir reconnu ce gouvernement dès Janvier 1959, rompent les relations diplomatiques, puis les accords commerciaux d’importation de sucre. Fidel Castro annonce fin 1960 le caractère socialiste de la Révolution, et le Parti Communiste Cubain, réunissant les trois composantes révolutionnaires, est créé l’année suivante. Les USA tentent l’invasion de l’île en 1961, par le débarquement de moins de 2000 cubains exilés aux USA, payés et armés par la CIA, dans la Baie des Cochons, au Sud de La Havane, sur la Mer des Caraïbes. L’invasion est un échec sanglant (100 morts parmi les mercenaires, 160 parmi les cubains).


La suite de la Révolution Cubaine est connue : collectivisation agricole, rapprochement vis-à-vis de l’URSS, Crise des fusées de 1962, participation aux guerres civiles angolaise, mozambicaine et éthiopienne, perte de l’allié soviétique qui achetait le sucre cubain six fois plus cher que le cours mondial en 1991, période spéciale de pénuries généralisées, reprise de la croissance économique sur la base du tourisme au milieu des années 1990…et retrait pour raisons d’âge de Fidel Castro en Juillet 2006, remplacé à la tête du Conseil d’Etat par son frère Raul Castro.

Char devant le Musée de la Révolution, à La Havane


Pertes imputables à la guerre de 1895, au Musée de la Révolution



Situation actuelle


L’île a perdu l’essentiel de son commerce extérieur dans les années 90, conservant parmi ses principaux partenaires extérieurs la Chine (dont il sera question dans la suite du compte-rendu). Il s’ensuivit une grave situation d’austérité et de pénurie, tant sur le plan énergétique, alimentaire (même si aucune situation de famine n’a été recensée par les Nations Unies), mais aussi sur le plan pharmaceutique, mettant à mal la réputation du système médical cubain, l’un des plus denses du monde en personnel, et qui avait obtenu une croissance de l’espérance de vie de 60 à 78 ans de 1959 à 2008. Un rapport fait par un médecin français vers 1994 décrivait un système où l’acupuncture remplaçait les anesthésies, où de nombreuses opérations devaient être annulées faute de matériel stérile. La prostitution refaisait surface, rappelant amèrement à Cuba son ancienne réputation de « Bordel de l’Amérique » - mais l’île a largement été détrônée sur ce point par d’autres états, comme le Mexique, sans compter la concurrence sud-asiatique. La chute du régime semblait imminente.


Quinze ans après, Cuba est toujours république socialiste à parti unique. Elle bénéficie de l’alliance du Venezuela, de la Bolivie, de l’Equateur, et des pays de l’Alternative Bolivarienne pour les Amériques (ALBA). Elle est toujours l’un des états les plus pauvres d’Amérique Latine en termes de revenus monétaires. Mais l’un des objectifs de ce voyage aura été pour moi de vérifier ce qui se cache matériellement derrière ces indicateurs statistiques de pauvreté.


Signalons un fait important pour qui va ou ira à Cuba : il y a à l’heure actuelle deux monnaies cubaines : le peso convertible, qui seul peut être échangé contre des devises internationales, destiné donc en priorité aux touristes, et le peso cubain, utilisé par l’essentiel de la population, non convertible en devises étrangères. Le peso convertible vaut 0.8 euros, et il faut 24 pesos cubains pour un peso convertible. Il y a deux niveaux de prix à Cuba : celui que paient les cubains disposant de pesos cubains, dont beaucoup des frais sont pris en charge par l’Etat, et qui, sinon, bénéficient de prix relativement faibles dans les magasins. Et il y a les prix en pesos convertibles, destinés aux touristes, pas très éloignés du niveau de prix qu’on peut rencontrer en France. Une canette de soda vaut 1 CUC (sigle du peso convertible), un trajet en taxi de quelques kilomètres vaut 5 CUC … pour un cubain qui parvient à obtenir des pesos convertibles, et à les changer en pesos cubains, cela peut représenter rapidement l’équivalent d’un salaire de plusieurs semaines pour quelques CUC obtenus.

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Published by DiadoreCronos - dans Voyages
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commentaires

stoni 13/08/2009 12:37

Ouais moi aussi j'en rajoute une couche franchement c'était super, d'ailleurs dois-je utiliser le passé, est-ce que c'est terminé ?

Delorca 13/08/2009 00:04

Pas mal ton compte-rendu sur Cuba. Tout en nuance, avec une bonne distance critique à l'égard des témoignages des uns et des autres, et, en même temps, une empathie pour l'originalité du système et une bonne connaissance des débats politiques à gauche de la gauche autour de ses mérites et de ses défauts. C'est instructif.