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Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

     www.pourlecommunisme.com est un site qui s'attaque directement aux critiques faites contre le communisme (millions de morts imputés à l'idéal communiste, faillite économique, etc...). Il ne fait la promotion d'aucun régime existant ou ayant existé par le passé, s'efforce de comprendre les faits et de proposer des pistes pour l'avenir.

     Vous êtes anticommuniste et voulez débarasser le monde d'un jeune fou qui, selon vous, risque de faucher à nouveau des millions de vies?

Vous êtes stalino-maoïste (pardon : marxiste-léniniste-pensée-Mao-Zedong) et voulez écraser la vermine révisionniste que je suis?

Vous voulez simplement parler du communisme?

Alors ce blog est pour vous.

 

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2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 03:17

Pour changer de l’article précédent, parlons un peu d’une lutte réelle. Hier matin de très bonne heure, je me suis rendu à la Résidence Universitaire Jean Zay d’Antony (RUA). Construite en 1954-1955, c’est une des plus grandes résidences universitaires d’Ile-de-France, que le Conseil Général des Hauts-de-Seine (présidé par Patrick Devedjian) souhaite faire en partie détruire. Au programme : destruction des 550 logements étudiants du bâtiment C de ladite résidence. La Communauté d’Agglomération des Hauts-de-Bièvre (CAHB) veut acquérir le terrain et le Conseil Général des Hauts-de-Seine veut entamer la démolition dans les plus brefs délais.

Il y avait donc, dès 7 heures du matin, un rassemblement de (selon mon décompte) environ 80 personnes, dont des membres de l’AARUA (Association des Amis de la Résidence Universitaire d’Antony, http://sauvonsjeanzay.blogspot.com/2009/06/la-residence-universitaire-dantony-jean.html ), de syndicats étudiants, de Jeudi Noir (association dénonçant la pénurie de logements).

Le but : créer une chaîne humaine devant l’entrée du bâtiment C pour empêcher une entreprise de construction de venir murer des chambres étudiantes.

Et effectivement, il était là, dès l’aube, ce camion chargé de matériaux prêts à l’emploi. Et la chaîne aussi. En termes de « syndicats étudiants », de fait : que de sympathiques UNEF-istes. Et des slogans gentillets du style :

« Notre Cité U on l’aime,

Et on va la garder !

Si Devedjian s’en mêle,

On va s’mobiliser ! »

Même pas d’injures ou de menaces, tout se perd. Quand je pense que le jour où j’avais rencontré Monsieur Devedjian à Colombes, j’avais pensé, en lui serrant la main, à lui demander de passer le bonjour à Occident… D’une manière générale, le mouvement de protection de la RUA semble avoir une tonalité très PS-UNEF (même si le PCF a également signé l’appel à « Donner un avenir à la RUA »). Il faut cependant tenir compte du fait que c’est souvent la seule opposition disponible à la droite dans de nombreuses villes des Hauts-de-Seine, hors de l’axe Nanterre-Colombes-Gennevilliers, Vanves-Malakoff ou encore Bagneux.

Plus sérieusement, l’intérêt de ma présence était davantage de m’informer, et d’interroger les membres de l’AARUA.

Les prétentions du Conseil Général sont que les 550 logements en question sont vétustes, trop petits (10 m²), et que pour 10 logements détruits ce seraient 12 qui seront reconstruits. La réhabilitation du bâtiment C serait trop chère (budget estimé par le Conseil Général à 66 millions d’euros, soit autant que la valeur du bâtiment lui-même paraît-t-il).

Sur ce blog de soutien à la mairie d’Antony, vous pouvez voire également un argumentaire pro-destruction :

http://www.antonypourtous.fr/?p=36

Le budget de la réhabilitation est ici estimé à 40 millions d’euros, la résidence serait une concentration de gauchistes (l’argumentation est donc loin d’être dénuée de « l’idéologie » reprochée aux adversaires de la destruction) et compterait en fait peu d’étudiants (mais quels habitants alors ? Et en quoi est-ce une raison de le détruire ?).

A cela les militants qui m’ont répondu, dont un architecte de formation, m’ont dit :

-          Des crédits pour la réhabilitation du bâtiment ont été proposés, notamment sous le gouvernement Jospin, depuis des années, et n’ont jamais été utilisés par le CROUS ;

-          Le bâtiment vaut plus que 66 millions d’euros, et sa destruction et la reconstruction d’autres sites vaudraient plus cher encore ;

-          Devant l’ampleur de la pénurie de logements, il est absurde de détruire des logements, furent-ils de 9 m², pour n’en construire que 20% de plus, à supposer qu’ils soient construits (ce qui, selon la présidente de l’AARUA, n’aurait été entamé que pour les logements de l’Ecole Normale Supérieure de Fontenay-aux-Roses). Ce qu’il faut c’est d’abord l’extension du parc étudiant et la réhabilitation de ce qui existe ;

-          Les logements sont certes petits mais sont offerts à de faibles loyers, autour de 137 euros. Là encore, ce sont des prétentions de l’AARUA, je n’en ai pas la preuve ;

-          Sur le plan du bâtiment lui-même, son délabrement serait celui d’une aile en particulier, dans laquelle se seraient attardés les caméras du Conseil Général, réhabilitable, tandis que le reste du bâtiment en serait sauf ;

-          Le bâtiment C devrait être sauvegardé en raison d’un intérêt architectural, ce qui m’a semblé beaucoup plus contestable : le bâtiment est tout ce qu’il y a de plus commun et assez monolithique. Les risques en termes de sécurité seraient faibles (je ne dis pas nul car le risque zéro n’existe pas).

Mais sur le fond, je suis plutôt en accord avec l’idée que le problème n’est pas tant dans « 40 millions d’euros pour construire ou pour réhabiliter des logements ? », mais dans le fait que ces fonds sont notoirement insuffisants (tout comme l’étaient, ceci dit, les fonds accordés par le gouvernement Jospin ou la région PS Ile-de-France, qui débloquait au début des années 2000 la maigre somme de 2 millions d’euros pour des travaux de réfection). Et que le choix de la destruction de logements me semble incongru.

Le président de la CAHB (Georges Siffredi) et le Conseil Général proposent de nouveaux logements qui seraient dispersés en petites unités « à taille humaine ». Bien pratique pour empêcher la naissance de mouvements étudiants, cette idée rendrait plus difficile le travail en groupe des étudiants, selon les dires de mes interlocuteurs de cette mâtinée.

Pour l’instant, si le murage de chambres n’a pas eu lieu, ce n’est que partie remise : des manœuvres d’intimidation des locataires auraient déjà lieu (de la part du CROUS ?), en incitant ceux-ci à retrouver au plus vite un logement dans une autre résidence, sous peine de se retrouver sans toit à la prochaine rentrée universitaire…



Pour suivre le mouvement : http://sauvonsjeanzay.blogspot.com/

Vendredi 3 Juillet:
Libération parle également de l'affaire : http://www.liberation.fr/societe/0101577746-la-cite-u-jean-zay-entre-renovation-et-demolition

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Published by - dans Luttes
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