Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com (site actuellement suspendu depuis le 1er Mars, et
qui
reparaîtra fin Mai ou en Juin), rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus
rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Par la suite, il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l’actualité
du PCF, de réactions à divers sujets n’ayant pas leur place sur le site.
www.pourlecommunisme.com est un site communiste qui s’attaque directement aux critiques faites contre le communisme (millions de morts imputés à l’idéal communiste, faillite économique, etc…). Il ne fait la promotion d’aucun régime ayant existé par le passé, s’efforce de comprendre les faits et de proposer des pistes pour l’avenir.
Vous êtes anticommuniste et voulez débarrasser le monde d’un jeune fou qui, selon vous, risque sinon de faucher à nouveau des millions de vies ?
Vous êtes stalino-maoïste (pardon : marxiste-léniniste-pensée-Mao-Zedong) et voulez écraser la vermine révisionniste que je suis ?
Vous voulez simplement parler du communisme ?
Ce blog est pour vous.
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- Camarade, il est temps de se lever, la Bête est à nos portes !
- Tiens, vous m’appelez camarade maintenant…ah oui, le terme existe encore au
PS, j’oubliais.
- Hénin-Beaumont sera le Stalingrad de 2009, la citadelle héroïque
où viendront se battre les héritiers de ceux qui, soixante-dix ans plus tôt, venaient mourir à Madrid !
- Et il a combien de divisions, Steeve Briois, renforts allemands
et italiens inclus ?
- 39% des suffrages exprimés au premier tour !
- Contre qui ?
- 20% pour le divers gauche Duquenne, 17% pour la liste de
rassemblement de la gauche ! C’est dire si l’heure est grave !
- Et c’est qui, la
gauche-rassemblée-mais-qui-fait-moins-que-la-gauche-pas-rassemblée ?
- L’alliance du PS, du PCF, et du Modem !
- La gauche, disiez-vous, avec le Modem ?
- Tu aurais fait la fine bouche, en 1939 ou en 1941, pour savoir
s’il fallait s’allier avec des centristes ?
- Des centristes de droite.
- Peu importe, on ne tergiverse pas face à l’extrême-droite !
- Et qu’est-ce qui a lancé les hostilités ? Je veux dire, même
pour des fascistes, il faut un motif pour engager le combat.
- Ben une nouvelle municipale, suite à la destitution du maire.
- Ah oui, Dalongeville, le maire révoqué pour fausses
factures ?
- Présumées, je vous rappelle.
- Oui, mais révoqué du PS quand même. Et pas passé tout seul devant
le juge. On a un petit peu de mal à croire que toute l’équipe municipale ait été ignorante des faits. Ou alors c’est dû à une forte inertie…
- Ces problèmes-là seront réglés par la justice, puis entre
militants républicains. Pour l’instant, l’urgence est de repousser le Front National, et vite !
- Sans moi.
- Comment ça ?
- Oui, je n’irai pas à Hénin-Beaumont. Déjà, je n’y vote pas.
- Mais juste un tour pour tracter, ou une petite manif,
allez ! D’ailleurs, vous les aviez faites, les manifs anti-LePen, en 2002, non ?
- Pour mobiliser les abstentionnistes, et que le score de Chirac
soit tellement massif qu’il en perde toute signification partisane. Enfin c’est l’excuse que je me donnais. Je serai minable, je dirai : « J’avais que 17 ans ». Je serai plus
cynique, je dirai : « C’était pour louper des cours. »
- Vous vous rendez compte du risque que vous faîtes porter à la
démocratie ?
- Qui risque quoi ? Honnêtement, j’ai lu le programme de
Briois (http://briois.ublog.com/files/projet-2009.pdf). Je ne connais pas du tout Hénin-Beaumont, je juge juste les principes politiques. Ce qu’on y trouve, ce sont des mesures de sécurité (je
dirais bien « sécuritaires », si ce mot n’avais valeur d’injure, alors que je ne vois pas ce qui est scandaleux), des engagements de réduction des dépenses, d’assainissement des comptes
publics, de baisses d’impôts…Bref, un programme de droite, c’est de bonne guerre. La seule mention qui ressemble un tant soit peu à la « préférence nationale », c’est l’idée d’
« Attribuer les logements sociaux d’Hénin-Beaumont en priorité aux habitants et aux familles Héninoises et Beaumontoises. »
- La préférence
nationale, je vous disais !
- En fait, pas
grand-chose à voir. Une discrimination sur le critère de la résidence n’a rien de comparable avec une discrimination sur la base de la nationalité. Un étranger résidant à Hénin-Beaumont depuis
plusieurs années est un héninois. Et puisqu’on en parle, ce n’est pas la préférence nationale en soi qui pose problème dans les idées du FN.
- Quoi ?
- Oui. Qu’un état
restreigne l’accès à certains emplois (comme les emplois publics qui sont réservés aux français, dans le cas actuel), même si l’on peut discuter la pertinence et la justice de cette restriction,
ce n’est pas scandaleux en soi si les étrangers peuvent obtenir la nationalité française sans trop d’entraves. La préférence nationale à l’emploi et au logement est plus odieuse étant donné les
situations qui résultent de la perte d’un emploi ou de l’impossibilité de trouver un logement, mais ce n’est pas là que nous sommes avec les propositions de Briois.
En fait, l’idée de préférence nationale n’est scandaleuse en général que si elle est couplée avec l’impossibilité d’acquérir la nationalité. Le racisme de la programmatique du FN, bien réel, vient justement de ce qu’un étranger, y compris s’il est né en France (car malgré le « droit du sol », des centaines de milliers de personnes sont dans ce cas), sera non seulement discriminé en raison de sa nationalité, mais en plus ne pourra en sortir car le FN voudra (en tout cas il le voulait en 2002), passer au « droit du sang », sur le principe de « la nationalité s’hérite ou se mérite ». Bref, si vous êtes étranger en France, vous êtes discriminés légalement, et en plus vous ne pouvez devenir français sauf à flatter les autorités pour qu’elles jugent que vous « méritez » d’être naturalisé. Vous n’aviez qu’à pas naître du mauvais côté de la planète, ou pas avec ces parents-là. Or, bâtir une inégalité de droit sur la base de la naissance, c’est justement la définition du racisme.
Mais, même maire d’Hénin-Beaumont, Briois ne pourra quasiment rien faire.
- Et si une victoire du FN inaugurait la renaissance du parti des
Le Pen ?
- Et bien je préfère 15-20% d’extrême-droite identifiée à une
situation où la moitié de ces gens se glissent dans l’électorat « normal » de Sarkozy.
- Donc la préférence nationale en elle-même ne vous révolte
pas ?
- Je n’en suis pas partisan, mais si je devais me révolter contre
elle, je devrais commencer tout de suite, car je vous ai déjà dit qu’en France les emplois publics excluent les étrangers.
- Mais la gauche supprimera cela, si vous nous aidez à revenir en
2012 au pouvoir !
- Les promesses, c’est pas à un communiste qu’il faut les faire.
Vous connaissez l’histoire de la femme divorcée dont le nouveau mari s’aperçoit qu’elle est vierge à sa seconde nuit de noces ?
- Non.
- Il lui demande comment elle peut être vierge alors qu’elle a déjà
été mariée. Elle répond : « Mon premier mari était communiste. Que des promesses. »
- Amusant, c’est bien de savoir rire de soi.
- Mais pas de se laisser démolir. Et c’est justement ce à quoi nous
mène la politique des compromissions perpétuelles du PCF. Suivre le PS pour ne pas perdre les élus, même quand il s’agit d’un maire PS qui finit au tribunal. Tout accepter pour ne pas perdre
l’Huma, y compris qu’elle tapine en publiant les pubs du gouvernement contre de l’argent public. Accepter des alliances avec le Modem… Et cette politique « de survie » n’enraye pas le
déclin, on négocie au mieux des stagnations, comme aux européennes. Au fait, vous voulez savoir la suite de l’histoire de la divorcée ?
- Il y en a une ?
- Oui. Elle est restée vierge. Son deuxième mari était un
socialiste. Et elle l’a eu dans le cul.
Super article !!! Je me suis bien marrer !
Petite note personnelle : perso, ça ne me gène pas tant que ça que l'Huma tapine en publiant des pubs du gouvernement. Ma foi... S'il n'y avait que ça ! Sa tonalité "babeuh-Libé-gnangnan" étant un peu plus problématique.
Et puis alors, les Lettres françaises, mais que quelqu'un m'explique quand, où, et comment ce truc a parlé de littérature ???
Mon dupont-la-joie quand on tient des propos pareils :" L’Islam a été l’une des plus grandes machines de guerre et de conquête de l’Histoire, et peut le redevenir", on ne se fait pas passer pour communiste, on vote de Villiers, on est néo-cons et on ferme sa gueule !
En fait, je tiens à te conseiller de te procurer un dictionnaire, et de vérifier que "communiste" signifie:
-" partisan de la propriété collective"
et non pas:
-"petit-bourgeois gauchiste bon à se faire manipuler par n'importe quel courant communautariste, qu'il soit islamiste, régionaliste, ou obscurantiste écologiste...".
Enfin bref, retire la burqa que tu as sur le cerveau, et reviens-nous voir après, veux-tu?
Tout d'abord, sur le pourquoi de l'alliance avec Dalongeville en 2008 : je considérais Dalongeville comme un mauvais gestionnaire, menteur, manipulateur et sans doute une crapule mouillée avec des affairistes. Sauf que comme maire sortant, il était incontournable pour battre le FN. L'idée était donc de s'allier avec lui pour battre le FN et ensuite, de former une opposition dans la majorité.
Enfin, bref, je raconte ça ici sur mon blog :
http://www.lheninois.com/article-34766919.html
Au bout de 6 mois, mon collègue du MJS était viré de son poste d'adjoint, j'étais le seul à le soutenir, j'étais viré du bureau municipal et comme tous les deux, avec Marie-Noëlle Lienemann, on a voté contre le budget, on s'est fait retirer Marie-Noëlle et moi nos postes d'adjoints.
Je n'ai donc pas à rougir de mon positionnement durant la campagne 2008 qui était un positionnement d'alliance critique anti-FN et de mon positionnement d'adjoint qui était un positionnement d'adjoint critique.
J'ai fait partie avec le copain du MJS des élus qui ont démissionné pour obtenir de nouvelles élections.
L'alliance avec des opposants à Dalongeville était une nécessité à partir du moment où le FN cherchait à nous faire passer pour les "complices de Dalongeville", confondant sciemment les 22 ou 23 élus proches de Dalongeville, élus avec lui depuis 2001 et les 4 ou 5 élus de 2008 du Front Républicains arrivés sur des positions critiques. Pour écarter les critiques, nous nous sommes alliés avec le MoDem.
Je comprends que ça puisse choquer des camarades, mais on est passés prêt d'une victoire FN ce coup-ci...
En tout cas, je crois qu'on peut être à la fois communiste pour le retour aux fondamentaux et être unitaire. C'est ma démarche.
Fraternellement,
d'abord, je vous remercie de votre réponse courtoise et tranquille. En commençant à lire votre message, je m'attendais à une volée de bois vert.
Je peux comprendre que, face au dégoût que vous procurent Dalongeville et les siens, et par solidarité avec des camarades ou sympathisants démis de leurs fonctions, vous ayez cherché à faire le plus large rassemblement.
Mais l'objet de mon article - où vous avez surtout repéré la mention de l'alliance avec le MoDem - est en fait plus "provocateur". Je passe l'essentiel de l'article à poser la question de ce que représente concrètement la menace du FN.
Vous dîtes qu'en tant que professeur d'histoire, vous ne pouvez prendre le risque de casser l'union anti-FN. Pour ma part, j'ai fait partie de cette jeunesse (celle qui était au collège et au lycée sous la Gauche Plurielle, et je passais mon bac en 2002), où l'alpha et l'oméga de la (maigre) conscience politique que nous avions se résumaient à : être contre le FN. LePen=Htiler, FN=NSDAP, etc... Bref, l'épouvantail absolu, ce contre quoi tout se justifie. L'antiracisme, le PACS et la loi sur la parité éclipsaient complètement les privatisations ou la politique du logement du gouvernement Jospin.
Et ce alors que la grande majorité des anti-FN n'ont qu'un aperçu très lointain de ce qu'est le FN. On ne sait pas vraiment ce qu'il propose, on sait juste qu'il a un leader borgne et moche qui a fait l'Algérie (comme s'il était le seul...) et qui a fait des sorties nauséabondes sur l'inégalité des races et le détail de l'Histoire.
Mon but dans cet article est de poser la question: au fond, il se passe quoi si le FN gagne une ville? Les Panzers à nos portes? Et même si l'on revient à un FN à 15%, n'est-ce pas plus clair que la politique Sarkozy-Hortefeux-Besson actuelle?
Quelle est la limite de ce que l'on peut justifier au nom de la lutte anti-FN?
En tant que militant du PCF, je ne fais pas dans le purisme gauchiste, en renvoyant tout le monde à dos. Dans un de mes articles de Janvier 2008, j'explique pourquoi l'alliance du PCF avec le PS à Niort se justifiait. Car ce n'est pas évident pour tous: il y a des militants PCF qui n'ont jamais voté PS de leur vie, même aux seconds tours!
Cependant, aussi ancré que l'on soit dans son contexte local, il faut aussi raisonner au niveau national : même si, localement, il peut sembler pertinent de s'allier au MoDem, il faut aussi penser qu'apprenant cela, dans d'autres coins de France, des camarades auront envie de rendre leurs cartes. Peut-être pas avec le contexte de Hénin-Beaumont. Mais qui sait.