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Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

     www.pourlecommunisme.com est un site qui s'attaque directement aux critiques faites contre le communisme (millions de morts imputés à l'idéal communiste, faillite économique, etc...). Il ne fait la promotion d'aucun régime existant ou ayant existé par le passé, s'efforce de comprendre les faits et de proposer des pistes pour l'avenir.

     Vous êtes anticommuniste et voulez débarasser le monde d'un jeune fou qui, selon vous, risque de faucher à nouveau des millions de vies?

Vous êtes stalino-maoïste (pardon : marxiste-léniniste-pensée-Mao-Zedong) et voulez écraser la vermine révisionniste que je suis?

Vous voulez simplement parler du communisme?

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28 juin 2009 7 28 /06 /juin /2009 23:38

N'étant pas journaliste de profession, je ne peux suivre les dernières nouvelles et vous en faire une prompte analyse.

Cependant, il semble que les militaires honduriens aient fait ce dont rêve la droite vénézuélienne : le renversement d'un président élu.

Lundi 29 Juin



L'histoire fait aussi largement penser à la chute d'Allende. Petite remise dans le contexte.

Le Honduras est un charmant pays de 7.5 millions d'habitants, dont la capitale a un nom très sympathique pour les bègues (Tegucigalpa), ancienne colonie espagnole (jusqu'à 1821), et qui, comme le Nicaragua, le Guatemala, le Panama et le Costa Rica, fait écharpe autour de l'isthme centro-américain (ce qui fait qu'une grève des routiers pour bloquer toute la région ne doit pas être une excellente idée, vu que tous ces pays peuvent se rendre la pareille). Ce pays est fort peu connu, sauf peut-être aux USA sous le nom de "USS Honduras" (car sa soumission aux intérêts US en faisait l'équivalent d'un porte-avion américain durant la Guerre Froide), ou, au Nicaragua (voisin du Sud), comme vecteur des contras-venus-défendre-la-liberté-contre-le-totalitarisme-communiste dans les années 80. Les amateurs de football (ou d'histoire militaire) savent aussi que ce pays et son voisin le Salvador se sont fait, en 1969, une guerre portant le nom de leur sport favori (
http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_du_football, oui, moi aussi je croyais à une plaisanterie au départ) .

Manuel Zelaya a été élu président du pays en 2005. Homme de droite, il lui vient la curieuse idée de passer à gauche (en voilà un qui n'aurait eu aucune chance au PS, et qui n'a pas dû être trotskyste dans sa jeunesse), et il fait entrer son pays dans l'ALBA (Alliance Bolivarienne pour les Amériques). Manque de chance, son mandat devait durer quatre ans, et il doit donc s'arrêter en 2009.

Et il n'a pas le droit de se représenter, c'est interdit par un article de la constitution nationale.

Et dans cette Constitution, un autre article interdit de modifier le précédent article.

(Ils n'ont même pas pensé à faire un article pour interdire de supprimer l'interdiction de supprimer l'interdiction de se représenter à la présidentielle).
http://www.latinreporters.com/honduraspol26062009.html

Un article de Rue89 explique posément le pourquoi du comment : http://www.rue89.com/panamericana/2009/06/28/honduras-le-nombre-de-mandats-pretexte-du-coup-detat . Dans plusieurs pays d'Amérique latine, comme par exemple la Colombie jusqu'au premier mandat d'Uribe-le-démocrate en 2002, le mandat présidentiel unique était de rigueur. Uribe l'a fait réformer, et de ce fait a pu être réélu. Cette prévalence de constitutions imposant un seul mandat venait de la crainte, après des décennies de dictatures liées à la guerre froide dans nombre de pays latinoaméricaines (ef africains aussi), de voir réapparaître des caudillos et des démocratures dirigées par des présidents à vie.

Notons que même cette crainte ne justifie pas en soi que l'on ne permette pas deux mandats présidentiels. Car un président qui n'a pas à se soucier de sa réélection devient d'un coup moins responsabilisé de sa politique. Enfin détail.

Ayant quelques désaccords avec son parlement (un peu la situation d'Allende à la fin de sa vie), Zelaya ne pouvait obtenir la majorité des deux tiers des parlementaires pour modifier la Constitution, et ça n'aurait même pas servi à quelque chose de chercher cette majorité puisque, comme dit plus haut, la Constitution interdit de supprimer l'unicité du mandat présidentiel.

Alors, Zelaya  a lancé un scrutin "illégal" (et de fait, il l'était), pour mettre en place une Constituante. Pour faire adopter l'idée de mettre en place cette Constituante, il songe à faire mettre une "quatrième urne" lors des élections présidentielles, législatives et municipales (trois élections en un seul jour, de quoi mettre au chômage bien des Duhamel et Chabot privés de soirées électorales...), pour que les électeurs répondent "oui" ou "non" à son idée. Ceux qui ont destitué Zelaya l'ont accusé de mener ainsi un "coup d'état technique". On ne m'enlèvera pas de l'idée qu'un coup d'état à coup de bulletins de vote dûment comptés est plus sympathique qu'un coup d'état mené par quelques robes d'hermine et quelques paires de rangers.

Le Parlement, la Cour Suprême, et l'armée ne le voient pas ainsi. En conséquence de quoi, Zelaya a été arrêté ("démission volontaire", comme la droite vénézuélienne nous l'a fait pour Chavez en avril 2002), et plusieurs membres de son gouvernement ont démissionné.

C'était donc anticonstitutionnel. Ah bon?
Et quel autre moyen de changer une Constitution, surtout une qui précise qu'elle est inamovible?

Bien sûr, dans toute démocratie, qu'elle soit bourgeoise ou prolétarienne, il y a des options qui doivent être interdites. Une répression raciale, même voulue par un parlement à plus de 60%, ne saurait être admise. Cependant il s'agit là d'un exemple extrême. L'interdiction du renouvellement du mandat présidentiel (idée stupide en soi) n'entre pas du tout dans la même catégorie.

Et surtout, ceux qui défendront cette "manoeuvre légale" pour "défendre la démocratie" seront encore de ceux qui s'imaginent que le droit est au-dessus des choix de société, sans parler des rapports de classe. Pas étonnant que la plupart des juristes soient de droite.

C'est la même défense du droit qui a motivé les parlementaires chiliens à demander l'intervention de l'armée en 1973, ce qu'elle fit en Septembre de la même année, avec quelques milliers de morts et de torturés au final.

Et Libération qui reprend les mêmes arguments légalistes pour mettre en doute l'idée qu'il s'agisse d'un coup d'Etat.

http://www.liberation.fr/monde/0101576738-le-president-du-honduras-expulse-son-allie-ch-vez-irrite

Il y a trente-six ans, Libération aurait donc dû applaudir Pinochet.

Que pouvons-nous faire concrètement?

Si vous êtes francilien, le cercle bolivarien appelle à se rassembler devant l'ambassade hondurienne (http://cbparis.over-blog.com/article-33221124.html).

Mais en réalité, si de nouvelles élections libres avaient lieu sous peu au Honduras, la droite serait quasiment assurée de passer (selon LatinReporters), et ce quand bien même Zelaya (qui ne fait plus partie de la droite) se représenterait. Enfin on ne saura pas justement, puisqu'il ne se représentera pas.

Ce coup d'état "légal" montre à quel point il est facile de verrouiller une démocratie.


 

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Published by DiadoreCronos - dans Monde - Amérique latine
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commentaires

stoni 29/06/2009 18:07

Je te garotterai.Bravo pour le relancement de ton site !