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Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

     www.pourlecommunisme.com est un site qui s'attaque directement aux critiques faites contre le communisme (millions de morts imputés à l'idéal communiste, faillite économique, etc...). Il ne fait la promotion d'aucun régime existant ou ayant existé par le passé, s'efforce de comprendre les faits et de proposer des pistes pour l'avenir.

     Vous êtes anticommuniste et voulez débarasser le monde d'un jeune fou qui, selon vous, risque de faucher à nouveau des millions de vies?

Vous êtes stalino-maoïste (pardon : marxiste-léniniste-pensée-Mao-Zedong) et voulez écraser la vermine révisionniste que je suis?

Vous voulez simplement parler du communisme?

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29 janvier 2009 4 29 /01 /janvier /2009 23:42

      
Au centre de la photographie, avec un bonnet andin, Etienne, coordinateur des JC du 92. Tu dois le vénérer.


29 Janvier 2009

J'ébauche une fois de plus un article en vitesse afin d'éviter la déportation en Sibérie : de retour de la manifestation parisienne entre Bastille et Opéra, je voudrais d'abord aborder deux points:

       - la mobilisation a été puissante, les services de police reconnaissant au moins 700.000 manifestants en France, et les syndicats en dénombrant 2,5 millions. Ce qui nous ramène à la glorieuse époque de la lutte anti-CPE, lutte dont j'ai réalisé mieux encore qu'avant l'importance en Décembre dernier : imaginez si nous avions dû supporter des contrats incluant deux ans de période d'essai...

        - pendant les jours qui ont précédé le 29 Janvier, on a encore entendu les traditionnels discours contre "la France, championne de la grève"...ce qui est un mensonge. En France, les grèves sont fortement médiatisées, et reprises à l'étranger pour dénigrer la France. En réalité, si l'on mesure le nombre de jours de grève dans l'année rapportés à la population active, des pays tels que l'Espagne, l'Irlande ou des états d'Europe du Nord n'ont rien à nous envier, et nous dépassent dans plusieurs cas. Les derniers chiffres dont je dispose datent de 2001, et montraient autant de jours de grève en Espagne qu'en France (1,8 million de journées dans les deux pays) alors que la population active française était numériquement supérieure à celle de sa voisine ibérique.

        Sinon, remarquons que l'intérêt des manifestations est aussi d'être un vaste forum (au sens d'une collection de tribunes, pas d'un vrai débat) où de nombreuses organisations peuvent se faire apercevoir, quelques soient leurs qualités. J'ai donc, comme pour chaque manifestation que j'ai faite à Paris, collectionné quelques tracts -pas mal en fait - que je commenterai demain.

        Pendant ce temps, intermède poétique :

"Carla,
Carla,
on est comme toi,
on s'est fait baiser par le chef de l'Etat ! !"

 
30 Janvier 2009


         Commençons donc notre tour des tracts.


Luttes professionnelles / collectives :

 

          Le Mouvement de la Paix distribuait un appel à la réduction des dépenses militaires françaises, en progression de 5,4% dans le budget 2009, au contraire des budgets sociaux. C'est là une revendication permanente de ce mouvement, ce qui ne le dispense pas de veiller à son arithmétique, notamment lorsqu'il affirme que "2 milliards d'euros" financeraient une augmentation de pension de "332 euros par mois pour 5 millions de retraités"...ce qui ferait 4000 euros par an, soit 20 milliards d'euros pour 5 millions de personnes. Ce qui rappellait aussi la réclamation d'une hausse de 300 euros nets sur tous les salaires, soit 3600 euros pour plus de 20 millions de salariés...donc au moins 72 milliards d'euros. Ces deux mesures représenteraient autant que l'ensemble des dividendes versés à des ménages en France. Ce n'est pas qu'il faille les condamner, mais leur application demanderait un changement de système : si l'on réquisitionne toutes les dividendes, il faut réquisitionner l'essentiel des entreprises privées. Ces mesures présentées comme de simples mesures d'urgences "antilibérales" demanderaient un véritable programme communiste, et c'est là la faille de l'antilibéralisme (voir l'article "Misère de l'antilibéralisme" dans ce blog).


          Un intéressant dépliant de "France Terre d'Asile" rappelle la situation de centaines de réfugiés d'Afghanistan, d'Iraq ou d'autres pays, qui se retrouvent dans la plus grande clandestinité en France parce que leur demande d'asile, pourtant compréhensible par la situation de leur pays natal, a été réfusée. Et ce plus particulièrement en raison d'un règlement européen, dit "Dublin II", par lequel les gouvernements de l'Union ont accepté que la demande d'asile d'un réfugié entrant en Union Européenne soit traitée par le pays où il est entré. Ainsi, un réfugié du Moyen-Orient entrant en Grèce pour se rendre en France devra attendre l'avis de la Grèce...qui, comme par hasard, est beaucoup plus restrictive que la France, ce qui lui pose peut problème, dans la mesure où les réfugiés migreront clandestinement vers d'autres pays que la Grèce. Qu'il y ait une coordination en matière de droit d'asile entre pays européens est une chose, mais c'est à la France de décider d'offrir l'asile, surtout à ceux qui sont de fait sur son sol !


         Plusieurs coordinations et collectifs nationaux (contre les franchises médicales, pour les hôpitaux et maternités de proximité, pour le service public) ont diffusé un document qui, parmi d'autres, combattait la loi Bachelot qui va s'attaquer à l'hôpital.  Cette loi vise à réformer le "management" des structures hospitalières en les régionalisant, au prétexte de lutter contre des maux connus de l'hôpital en France : cloisonnement et parfois redondance des services, surinvestissements (compensés par des pénuries de moyens)...et ce notamment en créant les ARS (Autorités Régionales de Santé, qui en réalité sont dans les projets des gouvernements depuis Juppé). Le texte dénonçait les manques de moyens, les regroupements d'établissements qui mèneraient vers des "usines à soins publiques", laissant les prestations haut de gamme au privé. Le tract s'attaque à la tarification à l'activité (T2A), qui "favorise les cliniques privées lucratives". Il manque cependant une définition de la T2A : pour faire simple, le principe de la tarification à l'activité est de calculer pour chaque établissement hospitalier une somme de "points ISA", points qui sont attribués à chaque fois que l'établissement traite une pathologie particulière (chaque pathologie étant coefficientée) sur un nombre donné de groupes homogènes de malades. Le but est de comparer cette somme de points avec les dépenses de fonctionnement de l'établissement, et de déduire combien d'euros sont dépensés par point ISA. Plus un établissement est économe, plus il peut négocier des moyens supplémentaires. Dans ce contexte, les cliniques qui réalisent des traitements de pointe tout en comprimant les dépenses salariales sur les infirmières et administratifs sont gagnantes. L'absurdité est surtout de valoriser les hôpitaux qui font le plus d'activité, alors qu'une priorité devrait surtout être d'encourager la connection entre hôpital et médecine de ville pour prévenir les maladies et accidents. Un hôpital qui remplirait ce rôle avec l'aide de personnels spécialisés en prévention (donc qui ne réaliseraient pas de "points ISA" puisqu'ils ne font pas de soins) et qui de ce fait réduirait son activité curative devrait être récompensé, et non dévalorisé. Pour aller vite encore, une vraie réforme de gauche devrait élaborer une surveillance, pour le secteur hospitalier et de ville, des résultats sanitaires de l'ensemble de la population sur un territoire, récompenser en priorité la réduction des mortalités (infantiles, générale, accidentelle, liée à des pathologies lourdes, etc...), la prévalence des maladies, et en second lieu la réduction des coûts.


         Un tract FO critique également la loi Bachelot, mais sur le sujet du financement de la Sécurité Sociale. Et là, les arguments me plaisent moins. Il est une fois de plus questions des dizaines de milliards d’euros (42 Mrds d’euros selon le tract) d’exonérations sociales qui, si elles étaient annulées, permettraient de faire disparaître le déficit de la Sécu. Je suis mitigé à cette idée d’annuler ces exonérations. Car cela revient une fois de plus à l’idée que pour préserver la Sécu, il faut uniquement prélever plus de cotisations et d’impôts, et pas chercher des dépenses inutiles (et cela existe pourtant : la surconsommation de médicaments est un fait, et parfois elle aboutit à tuer des patients au lieu de les soigner). Aussi, même si l’on pense que les exonérations de cotisations n’auraient pas créé d’emplois, il se peut toujours que leur suppression serve à justifier des suppressions d’emplois par les entreprises. Ensuite, FO critique « l’étatisation » de la Sécu avec des arguments parfois naïfs. Sur le fond, je suis d’accord avec ce syndicat, la Sécurité Sociale devrait être indépendante de l’Etat. Mais il est absurde de dire qu’une Sécu indépendante, en cas de dérive budgétaire, n’aurait pas à être soumise aux mêmes contraintes d’austérité que l’Etat lorsqu’il doit réduire ses déficits. FO dit « [en cas d’étatisation], le budget de la Sécurité Sociale deviendrait comme celui de l’Education Nationale qui supprime des milliers de postes d’enseignants, des milliers d’heures de cours, ferme les classes… ». Et bien justement, il y a déjà des déremboursements opérés par l’Assurance-Maladie, les droits à la retraite sont déjà rognés, pas besoin d’attendre l’étatisation pour ça…

 

        Un autre tract me concerne plus directement en tant que statisticien, c’est celui rédigé par les salariés de l’INSEE en lutte contre la délocalisation de sites parisiens de l’INSEE à Metz. Il ne faut pas voir là un mépris parisien pour la province : les deux tiers des effectifs de l’INSEE sont déjà en région. Il y a effectivement des antennes régionales (comme celle de Nantes où j’avais postulé pour un stage – en vain). Les rédacteurs du tract affirment que les intentions de cette délocalisation sont en fait : 1) de compenser la ville de Metz de la perte d’une caserne ; 2) de provoquer des départs d’experts, qui ne souhaiteraient pas supporter les déplacements fréquents que ce déménagement leur imposerait. De là à penser que c’est la statistique publique qui dérange, surtout en ces temps de crise, il n’y a qu’un pas…

 

        J’ai également pris deux tracts CGT relatant le combat des travailleurs sans-papiers travaillant dans l’intérim, à Paris 10ème et 12ème (chez Adecco et VediorBis). La gauche à Colombes s’est déjà mobilisée pour eux au Printemps dernier (cf. l’article « Il paraît que je vais déclencher une guerre civile »), et leur cause m’apparaît juste. Ces salariés, dont les contrats indiquent souvent qu’ils sont « manœuvres » quand ils travaillent comme électriciens, maçons ou coffreurs, réclament :

-leur régularisation administrative, et la signature de leurs formulaires d’autorisation de travail (CERFA) par leurs employeurs ;

-le soutien des pouvoirs publics ;

-la diffusion de leur communiqué de revendications sur plusieurs médias tels que que Radio France Internationale.

       

         En dernier lieu, et sans doute parmi nombre d’autres tracts que j’aurais pu prendre, un document de la Fédération Nationale des Associations de Rééducateurs de l’Education Nationale, en défense des Réseaux d’Aides Scolaire aux Elèves en Difficulté (RASED). J’avais déjà mentionné leur cause dans mon article d’Octobre sur la manifestation pour l’éducation, je ne peux que vous recommander de lire leur texte sur :

http://rased-en-lutte.net/2008/11/manifeste-du-comite-scientifique-de-la-fnaren/

 

Les organisations politiques

 

            Beaucoup de tracts de revendications faits par diverses formations étaient, comme à l’habitude, disponibles. Les élections européennes nous donneront l’occasion de reparler du NPA, du PCF et du Parti de Gauche.

 

            Intéressons-nous à quelques organisations de plus petite taille. D’abord, un tract d’Alternative Libertaire, qui nous explique que cette crise n’est pas une erreur du capitalisme (en effet), que l’Etat défend la propriété capitaliste et qu’il est illusoire de lui faire confiance pour changer la société (ce qui est cohérent pour des anarchistes)…mais que les travailleurs doivent « remettre en cause la rémunération du capital en commençant par les entreprises qui font du profit ». A noter que la collectivisation des entreprises n’est pas demandée, d’autant qu’il faudrait que la puissance de l’Etat défende la propriété collective. Les revendications concrètes sont connues : retraites à 37,5 annuités pour tous, réquisition des logements vides, semaine de 32 heures et droit de veto sur les licenciements collectifs. Or, pour garantir ces nouveaux droits, il faut…un état. La lutte des travailleurs peut bien des choses, mais ce sont les institutions qui sont les gardiennes du droit. On est donc surpris de cette confusion entre mesures réformistes et discours anarchistes…Ces libertaires là posent beaucoup de nouvelles règles et d’interdits !

 

            Vient encore un tract de la fédération de Paris du MRC (le parti de feu –ah non ? – Chevènement), qui affirme que l’Union Européenne est en « faillite » (pas encore, mais on aimerait bien…) et appelle donc « à l’Europe des peuples, des projets, des coopérations… ». L’alter-européïsme ne mange pas de pain.

 

            L’article étant déjà long, je ne m’attarderai pas non plus sur un dépliant du M’PEP (Mouvement Politique d’Education Populaire, de Jacques Nikonoff), qui réexpose un programme qui rappelle encore le triste antilibéralisme : « Sortons du capitalisme ! » par des hausses d’impôts, par le protectionnisme, par la suppression des marchés financiers…Enfin bref par un retour à un capitalisme gaullien semi-autarcique. Je ne regrette pas, parfois, de manquer d’éducation (populaire)…

 

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Published by - dans Luttes
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