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Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

     www.pourlecommunisme.com est un site qui s'attaque directement aux critiques faites contre le communisme (millions de morts imputés à l'idéal communiste, faillite économique, etc...). Il ne fait la promotion d'aucun régime existant ou ayant existé par le passé, s'efforce de comprendre les faits et de proposer des pistes pour l'avenir.

     Vous êtes anticommuniste et voulez débarasser le monde d'un jeune fou qui, selon vous, risque de faucher à nouveau des millions de vies?

Vous êtes stalino-maoïste (pardon : marxiste-léniniste-pensée-Mao-Zedong) et voulez écraser la vermine révisionniste que je suis?

Vous voulez simplement parler du communisme?

Alors ce blog est pour vous.

 

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27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 22:58

          Bonsoir aux rares passants.

          Je préviens d'abord que je consacrerai un article sur la grève du 29 Janvier, et tout le contexte, sans quoi vous serez libres de m'exiler sur la Kolyma. Ensuite, puisqu'il va être question d'Europe dans ce billet, je vous fait part de mon déplaisir à la lecture des résultats des sondages IFOP paraîssant sur les Européennes de Juin, attribuant jusqu'à 10% des voix à un NPA fantômatique sur le terrain. Alors que le PCF fait l'objet d'un black-out (qui ne semble pas déranger beaucoup notre direction), il va être temps de faire campagne pour expliquer aux électeurs que se ranger derrière une figure médiatique n'est pas une solution.

          Venons-en à l'ébauche du sujet, puisque je n'ai pas le temps de le rédiger ce soir, faute d'avoir pu finir un livre. Ce livre, c'est "L'idéologie européenne", écrit par trois auteurs, Benjamin Landais, Aymeric Monville, et Pierre Yaghlekdjian, aux éditions Aden. Bien qu'il me reste un gros tiers de l'ouvrage à finir, je peux que vous le conseiller, malgré quelques limites. N'hésitez donc pas à l'acheter, le commander, le voler (avec un pourboire pour les auteurs car ils l'ont mêrité) voire à offrir vos faveurs aux dits auteurs si vous les connaissez. Pour ma part, je me suis contenté de l'emprunter à la Fédération du PCF du 92.


31 Janvier 2009

Les auteurs

          Il n'est précisé qu'à la fin de l'ouvrage que ces trois auteurs sont des militants du PCF (que je ne connais pas). Il ne sera pas difficile de les situer dans le parti : ils sont très nettement plus proches de la ligne des partisans du texte 3 de 2008 que de la direction sociale-démocrate et pro-européenne.

Sujet et structure du livre

          Il est bien question ici d'analyser l'idéologie européenne, plutôt que de faire une étude factuelle démontant les affirmations des eurofédéralistes. Ainsi, on commence par resituer cette idéologie depuis ses premiers partisans européens, aussi bien les "pères fondateurs" avant l'heure qu'invoquent souvent les européïstes, tels l'austro-hongrois Coudenhove-Kalergi, partisan de la "pan-europe" (en réalité un personnage d'influence très limitée) que des aspects un peu plus obscur du "rêve européen" (c'est-à-dire sa version fasciste). Puis les auteurs passent sur le caractère antidémocratique de la construction européenne, plus flagrant que jamais en 2008, sa soumission congénitale aux lobbys capitalistes, puis son rôle impérialiste à travers le monde.

          Mais le cinquième chapitre n'a plus pour sujet les idéologues européens mais la gauche internationaliste, et son rapport avec la question nationale. Pour les auteurs, un patriotisme bien compris, auquel ont droit tous les peuples, est indispensable à un véritable inter-nationalisme. On revient au sixième chapitre sur le mythe de l'Europe sociale et en dernier lieu sur la propagande européenne au jour le jour.

Comme si je l'avais écrit moi-même

          J'ai été frappé, en lisant ce livre, de la proximité des idées des auteurs avec les miennes. Sur le fait national, ils affirment comme je l'ai fait depuis plusieurs années que sans souveraineté nationale, une nation ne peut pas être internationaliste, elle ne peut qu'être soumise. Pour que les nations soient alliées, il faut d'abord qu'elles soient libres.  La négation des nations, les citations tronquées de Marx, les slogans du style "notre seul drapeau est rouge" montrent l'ineptie des gauchistes. Ce livre m'a notamment appris, bien que j'ai lu Le Manifeste du Parti Communiste, que les gauchistes qui citent Marx disant "Les ouvriers n'ont pas de patrie" ont oublié la citation complète:

"Les ouvriers n'ont pas de patrie. On ne peut leur prendre ce qu'ils n'ont pas. Comme le prolétariat doit en premier lieu s'emparer du pouvoir politique, s'ériger en classe dirigeante de la nation, se constituer lui-même en nation, il est encore par là national, quoique nullement au sens où l'entend la bourgeoisie"...

                         (Karl Marx et Friedrich Engels, Le Manifeste du Parti Communiste, 1848)

Comme quoi le problème n'est pas Marx, mais certains marxistes...

          Les auteurs ont également une confiance nulle envers la possibilité de réorienter l'Europe, comme moi ils pensent que c'est un exemple national qui peut motiver la révolution ailleurs, et que ce ne sera jamais au Parlement Européen que l'on votera un changement de société. Leur estime pour le Parti de la Gauche Européenne est tout aussi nulle, cette formation étant vue comme ce qu'elle est: un moyen de plus de vider la référence au communisme dans les formations membres.

Le manque de faits

          Le problème de ce livre est justement que, pour le militant que je suis, il apprend peu en fait. Et il est surtout lisible par des gens qui seraient déjà communistes. Montrez-le à un social-démocrate pro-européen, il en lira quelques pages, puis il vous le rendra en vous disant qu'il ne s'agit que d'un fatras d'idéologie archéo-marxiste. Les auteurs auraient gagné à présenter leur point de vue politique dès le début de l'ouvrage, plutôt que de le réveler au cours des chapitres, pour pouvoir répondre d'emblée aux critiques immédiates contre le communisme, et ce brièvement, pour ne pas faire dévier le sujet du livre entier.

           Mais surtout, il aurait fallu, et il y avait la place en près de 400 pages, faire une démolition factuelle minutieuse des thèses européïstes. Un manque énorme dans ce livre est l'absence d'un chapitre qui aurait pu être consacré à démolir l'idée que la "construction européenne" aurait créé la paix en Europe de l'Ouest. Il me semble, bien que j'en ai parfois douté, que les trois auteurs savent que c'est un mythe. Mais ils ne l'exposent pas.

          Une autre mystification qu'il aurait fallu démolir est l'ensemble des réalisations législatives dues à "l'Europe". Les européïstes, dès qu'on leur demande ce que nous pouvons bien devoir à cette merveilleuse Europe, outre la paix dont elle serait soi-disant responsable, nous déballent des litanies de droits, accords, lois, normes, instaurant le libre-échange, la protection des consommateurs, de l'environnement, des droits des personnes, etc... Le point sur lequel ils n'insistent jamais, c'est : comment ces décisions ont-elles été prises? Fut-ce par des décisions adoptées à l'unanimité (auquel cas le fédéralisme n'y est pour rien, on n'est que dans la coopération intergouvernementale), ou à la majorité? Et dans ce dernier cas, était-il vraiment important que les pays qui ont eu une opinion contraire et minoritaire soient contraints d'adopter des réformes dont ils ne voulaient pas?

         Si l'on avait voulu rédiger un véritable Scud antifédéraliste, il aurait fallu se livrer à une étude minutieuse de l'évolution des institutions européennes, le passage progressif des décisions prises à l'unanimité vers les votes à la majorité, et montrer qu'en réalité, ces derniers votes ne sont pas nécessaires, que les plus grandes réalisations coopératives se sont faites et doivent se faire par la coopération entre gouvernements élus et souverains. Et qu'il n'y a surtout pas besoin d'être 27 pour cela, qu'une alliance des six à huit plus grands états européens est largement suffisante pour organiser une superpuissance.

        Dès le début du livre, les auteurs avaient annoncé qu'ils refusaient de décrire ce à quoi ressembleraient des coopérations alternatives au supranationalisme européen, et qu'ils considéraient que la réalite de la lutte des classes était l'alternative. Je ne pense pas que cela soit une bonne tactique. Mettre en avant des réalisations intergouvernementales extérieures à l'Union Européenne (dont Airbus est un exemple, le groupe de Cairns aussi), voire transcontinentales, brisant le mythe de la "communauté de destin" de pays situés sur un même continent (pourquoi devrions-nous nous sentir plus proches de la Pologne que du Brésil?), aurait pu achever, par une démonstration factuelle, frappante même pour un lecteur hermétique aux points de vue communiste et marxiste, l'idéologie européenne.

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Published by DiadoreCronos - dans Monde - Europe
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commentaires

Astrée 14/02/2009 17:54

salut Aurélien,Benjamin et Aymeric sont deux camarades du 5e. Benjamin est memebre du CD de Paris, élu sur la liste alternative. Aymeric est connu pour avoir co-traduit un bouquin de Losurdo (Fuir l'histoire?) et rédigé un livre intitulé Misère du nietzschéisme de gauche (que je te recommande si tu ne l'as pas déja lu).au fait Jo et moi on a adhéré à ton groupe sur facebook.bises!Astrée