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Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

     www.pourlecommunisme.com est un site qui s'attaque directement aux critiques faites contre le communisme (millions de morts imputés à l'idéal communiste, faillite économique, etc...). Il ne fait la promotion d'aucun régime existant ou ayant existé par le passé, s'efforce de comprendre les faits et de proposer des pistes pour l'avenir.

     Vous êtes anticommuniste et voulez débarasser le monde d'un jeune fou qui, selon vous, risque de faucher à nouveau des millions de vies?

Vous êtes stalino-maoïste (pardon : marxiste-léniniste-pensée-Mao-Zedong) et voulez écraser la vermine révisionniste que je suis?

Vous voulez simplement parler du communisme?

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30 décembre 2008 2 30 /12 /décembre /2008 23:43




L’offensive lancée par l’armée israélienne sur Gaza en est à plus de 350 morts côté palestinien, la majorité d’entre eux étant censés être membres du Hamas, et avec eux, inévitablement, quelques dizaines de civils.

Abordant là un sujet plus que polémique, c’est mon premier billet concernant Israël et la Palestine. Je ne vais pas surprendre grand-monde en annonçant que je suis plus de ceux qui ont envie d’engueuler Israël que de ceux qui ont envie d’engueuler le Hamas.

Pas parce que le Hamas aurait mes faveurs, loin de là. Ce mouvement a largement montré, au cours des affrontements inter-palestiniens avec le Fatah, ce que signifiait pour lui l’exercice du pouvoir. Et sa « moralité » a été largement étalée depuis sa création dans les années 80, au cours des innombrables attentats perpétrés contre des civils israéliens. Si j’avais un levier qu’il suffirait d’enclencher pour changer tous les membres du Hamas en fiottes incapables de toucher une arme, je le ferai. Cependant, je n’ai pas ce levier. Le Hamas doit être considéré comme un mur : il a toujours dit la même chose, veut toujours la même chose (la destruction d’Israël) et ne négocie pas. On peut dénoncer un mur lorsqu’on le trouve au milieu de son chemin. Au bout d’un moment, il faut trouver un moyen de le contourner.

Israël intervient officiellement pour riposter aux tirs de roquettes dont le sud israélien fait l’objet depuis la bande de Gaza, sous contrôle du Hamas depuis les affrontements de 2007 entre palestiniens (« coup d’état militaire » selon Israël). De par le monde, on trouvera bien des gens « éclairés » et « courageux » pour mettre en équivalence 4 morts israéliens et 350 palestiniens, tout comme on justifiait bien en 2006 un millier de morts libanais et 140 gazaouis par une centaine de morts israéliens (la vie du non-israélien s’est dévaluée depuis, telle la livre sterling face à l’euro). Il vient un moment où la disproportion n’est plus seulement une gène dans une opération militaire, mais où elle inverse la charge des culpabilités. Si tu me donnes une claque et qu’ensuite je t’arrache la tête, c’est moi le coupable.

Les israéliens sont les seuls à savoir ce que sont la guerre et le terrorisme, bien entendu. Et nous, français qui vivons en paix, sommes forcément des enfants gâtés qui n’y connaissons rien. « Confrontée au terrorisme, n’importe quelle nation réagirait comme Israël », entendait-t-on en 2006. Donc, en 1995, la France, frappée par des attentats dont l’origine était clairement liée à l’islamisme algérien, aurait donc dû déclarer la guerre à l’Algérie et bombarder ses villes et bleds. Tout comme, en 2006, Israël faisait de fait la guerre au peuple libanais parce que le Hezbollah était basé au Liban. Fort heureusement pour les français et surtout les algériens, la France de 1995 n’était pas gouvernée par Ehud Olmert.

Je donne mes positions

 

Sur la question israélo-palestinienne, on est sorti depuis longtemps du débat pour aller au procès. Je donne donc d’entrée de jeu mes papiers :

 

Antisémite : non je ne le suis pas. Je ne m’oppose à l’existence d’aucune ethnie ou famille d’ethnies. Bien qu’opposé aux idées mêmes de toute religion (car toute religion est basée sur des arguments d’autorité), je ne conteste à personne le droit de pratiquer la sienne, pourvu qu’elle ne consiste pas en la destruction d’autrui.

 

Antisioniste : Au sens basique du terme, non. Je trouve nécessaire qu’il existe un état pour les juifs. Ou, plus exactement, un état pour les victimes de l’antisémitisme. Ce sont les états qui reconnaissent les autres états, pas des individus. Je souhaite que la France soit un état laïc, c’est-à-dire un état qui ne reconnaîsse pas les religions, ne s’en serve pas et ne les serve pas. Pour une France laïque, la religion juive est inconnue au bataillon, car un état laïc n’est pas censé connaître le sens du mot « Dieu ». Par contre, l’antisémitisme, comme vague de violences commises contre un groupe de personnes – et il est important de noter que les antisémites ne se soucient pas de savoir si leurs persécutés sont croyants ou pas- existe. Et à ce titre, la France doit supporter l’existence, non pas d’un état juif, mais d’un état-refuge pour les victimes de l’antisémitisme. Et cet état est Israël.

 

            Cependant, si le sionisme désigne la création d’un état juif sur l’intégralité du territoire des antiques royaumes hébreux, ou sur toute la Palestine britannique de 1947, en déni d’un état pour les arabes locaux (les palestiniens donc), alors, refusant ce projet, je suis donc antisioniste. En réalité je ne me dis ni sioniste ni antisioniste, tant qu’on ne précise pas clairement la définition.

 

Antisionisme=Antisémitisme ? Clairement non. L’argument magique des sionistes pour démontrer cette égalité est que contester aux juifs leur droit d’avoir un état (les juifs auraient donc l’obligation de se reconnaître comme une nation ; un juif vivant en France est un juif avant d’être un français) revient à leur refuser un droit qu’on accorde à d’autres peuples, et que cela est donc un racisme antijuif. Cet argument est illogique, car même pris dans son acception radicale (refus total d’un état dédié au juif), l’antisionisme ne dit pas nécessairement que les juifs n’ont pas le DROIT d’avoir un état, mais qu’ils n’en ont pas nécessairement le BESOIN ou l’INTÉRÊT. Des juifs sont antisionistes car ils considèrent que seul le Messie peut ramener les juifs en Terre Promise. Des juifs sont de fait antisionistes en se considérant comme patriotes français, américains, britanniques, et non comme patriotes juifs, malgré les oukases sionistes.

 

Le fait que je ne partage pas tout à fait l’opinion de ces gens (puisque je pense qu’il est nécessaire d’avoir un état pour les juifs et les victimes de l’antisémitisme en général, je suis donc sioniste a minima) ne signifie pas que pour moi, ne pas vouloir d’un état juif soit une opinion criminelle.

 

Partisan d’un état palestinien ? Oui. A la différence que, contrairement à d’autres, j’ai vu que l’Histoire, au cours des dernières années, a démenti cette idée que nous nous faisions, pro-palestiniens, que l’évacuation de territoires comme la bande de Gaza diminuerait le terrorisme en donnant enfin un début d’état aux palestiniens. Je pense toujours que c’est l’occupation qui génère le terrorisme, et non le contraire. Cependant, le Hamas a clairement montré que l’occupation a suscité un terrorisme qui ne veut aucune concession avec Israël, et qui ne cessera son combat qu’avec la destruction de l’Etat Hébreu (qu’il n’aura jamais).

 

On m’objectera que Gaza est en réalité passée de l’occupation à un blocus sévère, renforcé encore depuis 2006. Certes. Cela n’a pas empêché que le Hamas montre la conception qu’il a du pouvoir, même après être passé par un processus électoral pour arriver majoritaire : voter pour le Hamas, c’est voter pour la dernière fois.

 

La construction d’un état palestinien est la seule voie possible. Certains partisans d’Israël affirment souhaiter l’annexion de toute la Palestine dans Israël, pour que les palestiniens bénéficient du niveau de vie (pas excellent d’ailleurs) et de la démocratie israéliens. Ces idées là doivent surtout avoir cours loin de Tel-Aviv ou Jérusalem. Par une plus forte natalité, les non-juifs (musulmans surtout, mais aussi chrétiens) finiront fatalement, au bout de quelques décennies, par devenir plus nombreux que les juifs, et alors un état englobant dans Israël Gaza et la Cisjordanie – sans même parler de retour des réfugiés palestiniens – ne pourrait plus être l’état juif.

 

Et votre état palestinien, je vous le sers dans quelles frontières ? Celles de 1967. On ne reviendra pas dessus. Elles ont été acquises au bout d’une lutte défensive des israéliens contre plusieurs dictatures arabes. Conformisme de pensée de ma part, peut-être, mais une position « rebelle » ne serait que vaine, ou génératrice de nouveaux affrontements hautement dispensables.

 

Récapitulons.

 

Je me mets à la place du lecteur qui fait le tour de ce que j’ai écrit depuis le début de l’article :

               -donc Israël est en tort de mener ses offensives, tant au Liban qu’à Gaza ;

               -il faut créer un état palestinien ;

               -mais le principal parti palestinien, par les urnes, est le Hamas, et c’est un mouvement terroriste avec lequel on ne peut négocier. Il faudrait donc, si l’on ne s’abuse, pouvoir effacer ce parti dans l’avenir qu’on souhaite pour cette région du monde, non ?

               Donc Israël a tort, mais il faut un état palestinien sans le ou les partis plébiscités par les palestiniens (le Fatah a lui aussi ses branches terroristes). On se sort comment de cette équation ?

 

               Israël a effectivement tort car il est juge et partie dans son face-à-face –bien réel- avec le terrorisme. Israël ne fait pas que « se défendre » depuis des décennies de colonisation en Cisjordanie. Israël ne peut pas réagir sans cesse par des justifications telles que « N’importe quel autre état réagirait comme nous à notre place ». Peu d’états empiètent en permanence sur la souveraineté d’un autre – au point de nier son existence.

 

Il est absurde de conditionner la reconnaissance d’un état palestinien à l’arrêt complet du terrorisme : le terrorisme existera tant que les palestiniens n’auront pas une nation instituée et respectée, et c’est à l’état palestinien en premier lieu de supprimer des réseaux terroristes anti-israéliens sur son sol, tout comme c’est à l’état libanais qu’il revient de supprimer le Hezbollah.

 

               Bien sûr, Israël n’a jamais trouvé d’interlocuteurs crédibles pour construire cet état palestinien avec qui bâtir la paix. Oui, le Fatah n’a pas rompu avec le terrorisme – c’est un constat, indifféremment des différents contextes (désespoir de la population palestinienne, concurrence avec le Hamas,…) qui peuvent l’expliquer. Oui, il n’y a rien à tirer d’un dialogue avec le Hamas. Mais de l’autre côté, Israël n’a pas non plus appelé d’autres nations, par le biais des Nations-Unies, à prendre totalement la relève d’Israël, en supprimant toute présence de Tsahal dans la bande de Gaza et en Cisjordanie pour laisser à des forces internationales le soin d’éradiquer le terrorisme à sa place. Ce qui serait pourtant l’application réelle d’une justice internationale, et l’expression d’une volonté de mettre fin au terrorisme qui ne soit pas un paravent pour la colonisation.

 

               Dans un état palestinien démocratique, tout israélien doit avoir le droit de circuler, à condition qu’il se reconnaisse comme touriste ou immigré, et que la loi de l’état palestinien a cours là où il marche.

 

               C’est en cela, à mon sens, que devrait consister la « feuille de route », si l’on souhaitait la paix dans la région :

-       l’évacuation des colonies en Cisjordanie, la reconnaissance d’un état palestinien couvrant Gaza et la Cisjordanie, avec une libre liaison entre les deux ;

-       le remplacement des forces israéliennes et l’occupation de Gaza par une armée arabe internationale, formée et financée par les membres de l’ONU, chargée de faire de l’autorité palestinienne un véritable état démocratique et relativement transparent, d’y organiser des élections opposant des partis n’ayant pas de branche armée. Ce qui signifie donc, au passage, l’écrasement du Hamas et le désarmement du Fatah ;

-       le versement à Israël d’une caution de plusieurs milliards ou dizaines de milliards d’euros pour garantir le risque du terrorisme. Pour chaque attentat qui se produirait en Israël malgré la construction de l’état palestinien, Israël s’indemniserait en piochant sur la caution, qui serait sinon remise aux états finançant l’armée arabe au terme de plusieurs années de paix relative.

 

Certes, tout cela est purement utopique tant qu’on sait qu’Israël n’a pas intérêt à confier à quelqu’un d’autre l’occupation militaire de la Cisjordanie. Cependant, le cycle sans fin des offensives « pour gagner la guerre contre le terrorisme » doit nous faire douter de la volonté réelle de l’état israélien de solutionner le conflit.

 

J’aimerais, un jour, qu’au lieu des discours sur « l’irresponsabilité » du Hamas, ou la « disproportion des réponses » d’Israël, on trouve dans les communiqués du gouvernement français le constat suivant : « Nous ne pouvons que constater que l’état d’Israël ne lutte pas contre le terrorisme : il le cultive ».

 

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