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Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

     www.pourlecommunisme.com est un site qui s'attaque directement aux critiques faites contre le communisme (millions de morts imputés à l'idéal communiste, faillite économique, etc...). Il ne fait la promotion d'aucun régime existant ou ayant existé par le passé, s'efforce de comprendre les faits et de proposer des pistes pour l'avenir.

     Vous êtes anticommuniste et voulez débarasser le monde d'un jeune fou qui, selon vous, risque de faucher à nouveau des millions de vies?

Vous êtes stalino-maoïste (pardon : marxiste-léniniste-pensée-Mao-Zedong) et voulez écraser la vermine révisionniste que je suis?

Vous voulez simplement parler du communisme?

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23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 13:55

(Mur, à Aubervilliers...)

 

Quelques évènements dans la préparation du Congrès de Décembre 2008 :

 

- Mélenchon  a réduit l’estime que j’avais pour lui en décidant, non pas de quitter le PS (ce qui est son droit, mais il y avait des occasions plus justes de le faire, comme lors du vote du 4 Février), mais il décide cette fois-ci de créer son parti, en gestation déjà dans PRS, pour proposer un « front » commun avec le PCF. Mélenchon confond bien évidemment le PCF avec sa direction, qui n’a pourtant jamais été aussi faible et aussi peu représentative de sa base qu’aujourd’hui. Bien sûr, cette option Mélenchon donne un peu d’oxygène à cette direction, et on ne l’en remercie pas. Le sénateur de l’Essonne devra comprendre que pour beaucoup de communistes, les rassemblements en tous sens deviennent du déjà-vu. Comme je l’ai déjà expliqué sur ce blog lorsque j’argumentais contre la base commune en Septembre, les percées politiques en France sous la Vème République ne sont jamais venues d’une agrégation de petites formations, mais de l’engouement populaire autour d’une formation ayant une bonne campagne et un candidat qui sache faire passer son message. Je dis « bonne campagne » par rapport aux idées des formations qui ont fait ces percées (je pense au FN dans les années 80 et à Bayrou en 2007), idées qui sont bien sûr loin d’être les miennes. Le PCF, s’il veut survivre, doit d’abord cesser d’être un bataillon de la sociale-démocratie, aussi bien celle du PS que des « antilibéraux », y compris Mélenchon. Il doit d’abord proposer la transition au communisme et les mesures qui accompagnent cette route.

 

- J’ai participé à une réunion, Jeudi 20 Novembre, à Aubervilliers, censée préparer les amendements destinés à entraver la liquidation. Cependant, hormis la création d’un réseau (par exemple en coordonnant les listes de milliers d’adresses que peuvent détenir les camarades), aucune décision concrète, on n’a même pas proposé d’amendement qui devrait être discuté dans toutes les fédérations. Il a encore été question, le plus souvent, d’invoquer l’action concrète, le terrain, le retour dans les entreprises, etc…Au risque de vous surprendre, cela me saoule un peu. Pourquoi ? Certainement pas parce que je pense que l’action concrète est inutile, bien au contraire, c’est le fondement de notre engagement. Cependant, je pense que ce n’est pas le rôle du congrès d’écrire noir sur blanc qu’il faut agir sur le terrain, revenir dans les entreprises, etc… Les rôles d’un Congrès, et d’une direction communiste, devraient être :

o        de proposer une analyse du monde, de l’économie principalement (beaucoup de boulot reste à faire, y compris pour moi) ;

o       de proposer un projet de société communiste ;

o       d’avancer des propositions concrètes, voir un programme complet si les élections nationales sont proches ;

o       de faire le bilan des luttes concrètes, sur ce qui marche et marche moins.

 

Mais ce n’est absolument pas à la direction du Parti et au Congrès de donner l’impulsion aux militants de base d’agir sur le terrain. Cette impulsion doit être spontanée. Je préfèrerais largement un congrès de discussion sur ce que sera un communisme qui n’existera pas avant des années voire des décennies, sur des mesures qui seraient applicables maintenant mais à condition d’être au pouvoir, et le tout sur une ligne réellement communiste, plutôt qu’un congrès débitant pour moitié une soupe sociale-démocrate démoralisante, et pour l’autre des incantations à «aller au terrain » qui ne déboucheront absolument pas sur plus de résultats réels que des discussions théoriques sur le communisme. Réunir 1000 personnes (sans compter le personnel d’accueil, les journalistes, les invités…) dans une salle chère, pour dire « il faut retourner sur le terrain », ce qui n’apprend rien à personne, est un gaspillage honteux. Je crains que le congrès du Parti ne serve encore, au moins en moitié, à cela.

 

Toujours au cours de cette réunion du 20 Novembre, j’ai cependant pris la parole, et entre autres choses, j’ai évoqué une petite idée concrète. Que nous, communistes, au lieu de distribuer les tracts nationaux (dont certains sont très nuls) gratuits et souvent destinés à la corbeille, ou de nous démoraliser à vendre quatre ou cinq Huma Dimanche, nous pourrions proposer de vendre quelque chose d’immédiatement utile à tous, même à ceux qui ne s’intéressent pas souvent à la politique, qui serait moins cher que l’HD, et ferait passer plus facilement des infos militantes. Par exemple, créer un journal des prix. Beaucoup de gens, qui achètent souvent les mêmes produits, voient leur pouvoir d’achat diminuer. Un journal en une feuille recto-verso pourrait:

-         leur dire  sur quelles dépenses l’inflation est la plus sévère ;

-         leur indiquer les produits sur lesquelles les dérives des prix sont les plus inquiétantes, ce qui permettrait de solliciter des enquêtes des journalistes de l’Humanité (et ensuite d’inciter à lire l’Huma) ;

-         contenir, au verso, des informations sur les luttes sociales en cours, dans la région (un billet sur ce sujet arrive) ;

-         récolter, à un euro la feuille, une contribution, sans doute symbolique, mais peut-être importante si le projet réussit, qui pourrait alimenter des caisses de soutiens aux grévistes de l’industrie, à tous ceux qui vont protester contre le chômage technique, les licenciements, les mises à pied, etc…

 

Il faut que le soutien du Parti Communiste aux travailleurs soit le plus souvent matériel. Beaucoup de militants, dont moi-même, ne travaillent pas dans l’industrie, et peuvent au mieux donner un soutien moral, ou alors –ce qui est loin d’être négligeable, et est la première mission du militant- informer en tractant. Cela ne suffit pas, cependant, à prouver aux travailleurs qu’ils doivent bien quelque chose au Parti.

 

Techniquement, rédiger une feuille synthétique d’informations sur les prix nécessite des compétences de statisticien (j’en suis un, coïncidence…), ce qui est loin d’être impossible sachant que le parti a et a eu de nombreux camarades travaillant à l’INSEE (à Malakoff par exemple).

 

Sitôt que j’eus –brièvement, et avec ma diction rapide de toujours- exposé cette idée, on me répondit « c’est intéressant », puis changement de sujet. Quelques minutes plus tard, un camarade m’accroche au coude, et me souffle à l’oreille « il ne faut pas dire aux gens de consommer moins, il faut augmenter les salaires ! ». Informer les gens sur les prix ne signifie nullement qu’on leur demande de consommer moins, bien au contraire, puisqu’on leur permet d’avoir plus pour la même somme ! Ensuite, sur la hausse des salaires, j’ai déjà consacré un article à ce sujet l’an dernier (cf.  http://pourlecommunisme.over-blog.com/article-6405334.html ) . La revendication simple d’une hausse des salaires partout est en soi inepte et ne sera pas perçue comme crédible par les travailleurs des petites entreprises, qui ne veulent pas qu’on les pousse à la faillite. Ce qu’il faut, c’est demander le transfert d’une partie de la masse salariale des grandes entreprises, ou plutôt des entreprises à forte productivité, vers les autres. C’est dans ces moments-là qu’on mesure la difficulté de faire passer des idées dans le parti, même dans sa frange oppositionnelle, tant qu’elles ne servent pas directement quelqu’un.

 

 

- Ensuite, la conférence de section de Colombes, de Vendredi à Samedi, les 21 et 22 Novembre. Je n’ai pas voulu m’engager à réformer le fond « idéologique » de cette base commune. Cependant, avec plusieurs camarades, nous avons repoussé un amendement (ensuite ré-adopté, mais vidé de son contenu) qui reprenait la modification que l’appel des Cohen-Seat, Borvo et cie voulait faire entrer dans la troisième partie de la base, sur l’avenir du PCF : alors que la base commune parlait de s’ouvrir à « d’autres cultures », ce qui ne mange pas de pain, les refondateurs voulaient inscrire l’ouverture « à d’autres cultures politiques », et l’amendement repoussé disait la même chose. D’autres « cultures politiques » ? C’est-à-dire ? Des opinions non communistes ? Reprécisons ce que doivent être les rapports entre le parti et l’individu au niveau de la conviction communiste :

 

-   le Parti est communiste (enfin devrait l’être) : il propose à l’adhérent un projet communiste, et recrute ses adhérents en leur proposant de devenir communistes. En tant qu’individu, l’adhérent peut décider de ne pas se considérer comme communiste, c’est à lui de statuer sur la pertinence de son engagement au PCF ;

 

-   cependant, le Parti, lui, par ses bases communes et ses propositions, doit toujours se revendiquer du communisme. Celui qui n’est pas communiste mais entre dans le parti doit reconnaître qu’il s’engage pour un projet communiste. On n’a cependant pas à accepter que, dans le Parti, il y ait des franges, des courants, des tendances, dont certaines seraient ouvertement non-communistes, proposeraient des motions non-communistes avec l’espoir d’être majoritaires. A ceux-là, le Parti doit proposer qu’ils s’inscrivent dans une autre formation, sociale-démocrate par exemple. Il ne s’agit en rien de sectarisme, puisque le communisme est déjà en lui-même une vaste famille d’idées. Toutes les formations politiques, même les plus « ouvertes », et « démocrates », ont un corpus d’idées qui sont la condition sine qua non de l’adhésion.

 

 -         Parlons, pour finir, des amendements, concernant les statuts du Parti Communiste, que je n’ai pu proposer ni le Jeudi 20 Novembre ni lors de la conférence de section : ces amendements, non finalisés dans leur forme, visent avant tout à mettre fin à l’autoreproduction des direction, et à limiter les expulsions de militants.

 

1)      D’abord, un nouveau mode d’élection des membres du CN : l’attribution à chaque fédération départementale d’un nombre de conseillers nationaux proportionnel au nombre de cotisants, sachant que le CN comptera 150 membres. Les conseillers seront élus par les cotisants de leur fédération, après que ceux-ci aient reçu une liste des candidats avec une profession de foi courte au moins deux semaines avant le scrutin. Les cotisants votent en attribuant une voix à chaque candidat qu’ils souhaitent voir élu, les candidats recevant le plus de voix étant élus dans la limite des postes.

 

Ce mode d’élection est bien sûr différent d’une élection par listes, qui seraient soumises à la base des cotisants, que proposent par exemple les camarades d’Aubervilliers. Le risque de ce type de scrutin est que la direction sortante, même en panne d’idée et affaiblie dans le parti, ne sauve ses sièges en plaçant quelques camarades charismatiques et connus des militants. Un vote par nom empêche que l’élection d’une personne n’entraîne celle d’une autre.

 

2)      Dans les votes des textes pour la désignation d’une base commune, tous les textes validés doivent être diffusés auprès des adhérents au moins deux mois avant le scrutin.

 

3)      Le Parti doit clarifier les cas d’expulsions de camarades, qui ont rendu leur carte après qu’on les ai exclus de toute convocation aux réunions, ou de toute autre information, ou qu’ils aient reçu d’autres pressions. Il faut introduire le droit, pour tout camarade qui rend sa carte, de rappeler, en guise de caution, ses cotisations des mois voire de l’année précédente.

 

Cette proposition peut paraître risquée et difficile à mettre en place. Sa réalité ne dépendra que de la bonne volonté de la direction, son utilisation juste viendra du fait que les camarades qui quitteraient le parti pour des raisons personnelles ne réclameraient pas d’argent (d’autant que beaucoup de cotisations sont faibles, et là encore, le parti devrait clarifier les cas de cotisations à bon marché, plutôt que de s’en servir comme prétexte pour invalider les votes de Paris XVème quand bon lui semble).

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Published by DiadoreCronos - dans Gauche radicale - PCF
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