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Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

     www.pourlecommunisme.com est un site qui s'attaque directement aux critiques faites contre le communisme (millions de morts imputés à l'idéal communiste, faillite économique, etc...). Il ne fait la promotion d'aucun régime existant ou ayant existé par le passé, s'efforce de comprendre les faits et de proposer des pistes pour l'avenir.

     Vous êtes anticommuniste et voulez débarasser le monde d'un jeune fou qui, selon vous, risque de faucher à nouveau des millions de vies?

Vous êtes stalino-maoïste (pardon : marxiste-léniniste-pensée-Mao-Zedong) et voulez écraser la vermine révisionniste que je suis?

Vous voulez simplement parler du communisme?

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17 juin 2008 2 17 /06 /juin /2008 00:04

Je ne peux que vous recommander l'article d'Edgar, bien plus que la morgue du "maître Eolas":
http://www.lalettrevolee.net/article-20424832.html


Bonne nouvelle Vendredi 13 Juin: l'Irlande a voté non !

Bien sûr, aussitôt la batterie eurofédéraliste s'est enclenchée:

- les partisans du Non irlandais sont un ramassis de quasi-fascistes, anti-avortement, anti-immigrés, anti-fiscalistes, ils auraient menti sur tout pendant la campagne, désinformant les malheureux citoyens irlandais sur la réalité de ce formidable projet qu'est la construction de l'empire européen... Sur ce point, la morgue des partisans du oui a au moins le mêrite de rappeler que les motivations du Non irlandais sont très différentes du Non français de 2005. Au non "antilibéral" français a succédé un non plutôt conservateur, favorable à une économie de marché faiblement imposée, telle qu'elle existe en Irlande. Le Non néerlandais -appuyé par la critique de l'euro- comme un très probable Non britannique en cas de référendum -qui n'aura pas lieu, puisque Westminster vient de ratifier le traité de Lisbonne- auraient été eux aussi forts différents. Le seul message commun des "Non" est qu'ils estiment que puisque le fédéralisme européen ne respectera pas le modèle national, puisqu'il risque de leur imposer une majorité hostile à leurs propres valeurs, alors ils préfèrent refuser ce traité. Et les nonistes ont parfaitement raison. Cela n'a rien à voir avec de l'égoïsme, avec un refus borné de négocier avec les autres; simplement, les irlandais ont considéré (du moins huit cent mille d'entre eux, plus un million et demi d'abstentionnistes qui ont pensé aussi que même si le Non l'emportait, l'Irlande ne s'en porterait pas plus mal) que l'Irlande n'avait pas besoin d'entrer dans l'Empire. Que son modèle, malgré des ralentissements comme en connaissent tous les pays, fonctionnait correctement, qu'ils n'avaient pas besoin d'être "protégés dans la mondialisation" par l'UE (de toute façon, la menace "ultralibérale", comme quoi la mondialisation amènerait, sans supranationalisme européen "protecteur", à l'effondrement de nos acquis sociaux, est largement un dragon imaginaire, cf. l'article 
http://pourlecommunisme.over-blog.com/article-6633352.html ). Que leur neutralité leur allait, que de toute façon, un irlandais soucieux d'aller se battre pour la paix, la démocratie ou toute autre cause qui lui semble juste peut très bien aller s'engager dans l'armée britannique ou fédérale américaine comme tant d'irlandais par le passé.

Il peut paraître étrange qu'un communiste ait ce jugement bienveillant par rapport au modèle irlandais. Et pourtant, devrions-nous dire aux irlandais que leur modèle est mauvais, et qu'ils devraient adopter le nôtre, ou celui de l'URSS? Si je suis communiste, c'est en partie en m'appuyant sur des faits concrets (la construction d'un secteur public et d'une sécurité sociale en France, par exemple), que j'approuve en les trouvant largement perfectibles, mais aussi sur des projets encore non testés à ce jour (cf. les programmes sur mon site). Je ne suis pas un défenseur jusqu'au-boutiste du "modèle français", et ne demande à aucun autre peuple de l'adopter. Les irlandais préfèrent le leur, ils préfèrent surtout qu'on ne leur impose pas, au nom d'une quelconque harmonisation (comme celle de l'impôt sur les sociétés voulue par la France), ce qu'ils ont à faire chez eux;


-ensuite, ces salauds d'irlandais auraient osé voter Non alors qu'ils ont été gavé de subventions! Cet argument de maître-chanteur dévoile bien le niveau de truanderie morale des européïstes - et qu'ils sont très mal placés pour dénoncer la malhonnêteté qu'ils attribuent aux nonistes (qui est réelle pour certains nonistes cependant). D'abord, soulignons que l'Irlande n'a jamais signé de traité en vertu de quoi elle recevait des subventions européennes contre l'obligation de se soumettre au fédéralisme européen, quand celui-ci voudrait prendre une tournure plus avancée que ne l'était la CEE. Ensuite, l'argent des subventions, l'Irlande le rend et le rendra largement par ses échanges commerciaux: maintenant que l'Irlande est un pays riche, de par les exportations que les autres européens peuvent y faire, elle est une source de revenus. L'Irlande n'est donc pas le pays qui "se tire avec le fric en faisant un bras d'honneur à l'Europe"; l'Irlande reste intégrée au marché européen, elle est toujours joignable pour le commerce, la diplomatie, les échanges culturels et scientifiques. Seulement, c'est un état souverain;

-ces crétins d'irlandais auraient cru - et effectivement, c'est ce qu'on peut lire sur le site de l'association Libertas (
http://www.libertas.org/), que le vote Non amènerait à meilleur traité, alors que cet argument avait déjà été servi en France contre le traité de Rome, et avait justement mené au traité de Lisbonne! Personnellement, cet argument ne me fait ni chaud ni froid, puisque je ne veux pas qu'on renégocie un traité européen quelconque, je souhaite que l'ébauche d'Europe fédérale s'effondre. Il faut cependant réaliser qu'un certain nombre d'électeurs du Non en Irlande -comme en France- ont cru à ce "Non pour un meilleur traité". En 2005, on pouvait éventuellement croire cet argument; mais en 2008, les irlandais, qui ne sont sans doute pas moins informés que les autres peuples, ont largement eu le temps de voir ce que signifiait "renégocier un traité" pour les chefs d'Etat européistes tels que Sarkozy ou Merkel: reprendre l'ancien traité, remanier son contenu pour brouiller les pistes, proclamer, comme Sarkozy l'a fait en février 2008, que la partie du Traité de Rome concernant les institutions faisait consensus (sur quoi se basait-il pour dire cela?), que seule la partie III de l'ex-TCE était mauvaise, et ensuite passer sur le choix des électeurs en faisant voter un parlement. L'affiche de Libertas que j'ai copié en tête de mon article indique que les irlandais étaient parfaitement au courant de cela. Et donc, même si des nonistes -dont Libertas- ont cru à un potentiel "nouveau traité, meilleur pour l'Irlande et l'Europe", dans les faits, ils aboutissent au blocage de cette négociation. Il faut alors raisonner en marxiste et voir que l'action des irlandais doit être évaluée par sa conséquence réelle, non par les motivations autoproclamées des électeurs.

Dans les faits, les irlandais ont bloqué la construction du fédéralisme européen. Ils vont obliger les gouvernements européens (dont aucun n'a été élu uniquement pour faire "avancer l'Europe") à entamer des discussions avec le gouvernement irlandais, pour que celui-ci accepte de vendre le vote des irlandais contre quelques concessions décidées par des parlementaires -qui là encore n'auront pas été mandatés précisément sur ces questions-, ou même à pratiquer la guerre d'usure contre les citoyens en les faisant revoter.

Quoiqu'il arrive, même si l'on oblige l'Irlande à revoter et que le oui passe, cette victoire n'aura pas la valeur de celle du Non le 12 juin 2008, car une victoire lors d'un second vote serait une victoire de la pression. Une seconde victoire du Non serait à l'inverse beaucoup plus forte. Le vote Non, quelque soit ses motivations et la qualité des arguments, est un vote libre, qu'on ne fait pas pour que le pouvoir nous laisse enfin tranquille.

Au passage, j'ajoute qu'il est tout à fait contre-productif de se foutre du résultat de ce référendum, en se disant "de toute façon, le Système finira par effacer le vote irlandais". Quand bien même ce scénario se réaliserait, il nous prouverait -encore- la nature antidémocratique du fédéralisme européen (qui suinte déjà par tous les pores à entendre les réactions européistes: "plus de référenda nationaux! Un référendum paneuropéen !!!" ... un référendum européen aurait en effet l'intérêt d'éluder la question de la souveraineté des nations, donc à régler la principale question avant même le vote).

En raisonnant en marxiste encore, on constate que si les irlandais ne se réclament pas majoritairement de la sortie de l'Europe fédérale, c'est à cela qu'ils ont oeuvré, puisqu'ils ont voté pour une Europe qui leur ressemble, et qu'ils n'auront pas (tout comme l'Europe-sociale-qui-ferait-contrepoids-aux-USA dont rêvent les altereuropeistes français). Si c'est cette tendance de l'histoire qui continue, alors les irlandais finiront par être gagnés à l'idée qu'il vaut mieux pas du tout d'Europe fédérale, rester à l'Europe-marché et à leur neutralité. Bien qu'il ne soit pas un vote contre l'UE en tant que telle, le vote des irlandais sert donc concrètement nos positions d'anti-fédéralistes, pas celles des partisans de l'"Autre Europe".

Donc encore merci, peuple d'Irlande.

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