Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

     www.pourlecommunisme.com est un site qui s'attaque directement aux critiques faites contre le communisme (millions de morts imputés à l'idéal communiste, faillite économique, etc...). Il ne fait la promotion d'aucun régime existant ou ayant existé par le passé, s'efforce de comprendre les faits et de proposer des pistes pour l'avenir.

     Vous êtes anticommuniste et voulez débarasser le monde d'un jeune fou qui, selon vous, risque de faucher à nouveau des millions de vies?

Vous êtes stalino-maoïste (pardon : marxiste-léniniste-pensée-Mao-Zedong) et voulez écraser la vermine révisionniste que je suis?

Vous voulez simplement parler du communisme?

Alors ce blog est pour vous.

 

Communisme communiste révolution réforme capitalisme libéralisme argent entreprise impôt état France Europe URSS Chine USA Monde PCF NPA LCR LO UMP PS Modem élection Buffet Besancenot Laguiller Bové Marx

Rechercher

Archives

29 mai 2008 4 29 /05 /mai /2008 00:53


           Le 22 mai, l’Assemblée Nationale a voté la « reconnaissance » des langues régionales dans la Constitution. Un « grand progrès » pour certains, une émulation de la diversité, et j’en passe. Au lieu des beaux discours assoupissants sur la nécessité de soutenir ce « patrimoine », je vous donne un lien vers un article du sénateur Jean-Luc Mélenchon, diffamé par un de ses « camarades » du PS de la fédération du Finistère. Le crime de Mélenchon ? Avoir osé rappeler qu’il n’y avait pas une mais plusieurs langues bretonnes, qu’on ne saurait pas laquelle il fallait « sauvegarder », et surtout d’avoir rappelé qu’un dictionnaire unifié du breton avait été rédigé en 1942 par un collabo des nazis. L’essentiel de l’intervention de Mélenchon au Sénat le 13 mai pour dénoncer cette charte européenne des langues régionales fut axée sur le fait que la France est déjà, selon lui, très ouverte aux langues régionales, l’enseignement de celles-ci pouvant être compté comme une option au bac, et qu’on n’avait donc pas besoin de cette charte.

 

http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=592

 

D’abord, je voudrais remercier Mélenchon de s’opposer, une fois de plus, à une déferlante de panurgisme politique (d’autres diraient de «pensée unique», ou de « politiquement correct », mais ces termes ont peu de sens pour moi, voir ici : http://pourlecommunisme.over-blog.com/article-4785832.html). Il est l’un des seuls à ne pas trouver « formidable » la « reconnaissance » (comme s’il y en avait eu besoin) du breton, basque ou corse dans la Constitution.

 

Je suis également défavorable à cet amendement du 22 mai, à cette charte européenne des langues régionales, mais sur une position plus radicale que celle de Mélenchon. Ma position n’est pas de dire que la France a fait déjà assez d’efforts pour les langues régionales, elle est de dire : « Faut-il vraiment faire un effort pour ces langues ? ».

 

Il est stupéfiant de voir tant d’énergie, de salive et d’encre dépensées au nom de la « protection » des langues « menacées ». Comme si des langues pouvaient avoir des droits ! Ce sont les individus qui ont des droits, pas les langues, ni les cultures. Il n’y a aucune raison de donner des « droits » à la langue bretonne, basque ou autre. Ni même au français. La langue française n’a pas de droits particuliers, elle a un statut particulier qui est d’être la langue de la République, c’est-à-dire la langue qui permet à chacun des habitants de notre pays de pouvoir être compris et communiquer en tout point du territoire avec un seul idiome.

 

En dehors de cela, la langue française n’a pas de droits, ou n’a pas à en avoir. Comme pour toute les langues, si plus personne ne veut la pratiquer, alors nul n’a obligation à les maintenir « en vie ». Si la langue bretonne disparaît un jour faute de locuteurs, c’est tout simplement parce qu’elle n’intéresse personne. Au nom de quoi forcerait-on des gens à parler une langue devenue impopulaire ?

 

Persécution des langues régionales ?

 

Qu’on nous épargne l’argument de la persécution, « l’acculturation » imposée dans les provinces par les instituteurs de la République. On forçait certes les enfants à apprendre le français – ce qui est parfaitement normal -, mais personne ne s'est jamais vu interdire de parler chez lui ou entre proches la langue qu’il souhaite. Par conséquent, retour à ce que je disais plus haut : si le breton disparaît, c’est parce que cette langue n’intéresse personne. Et toutes les jérémiades des régionalistes sur « la mort des langues » doivent être considérées comme ce qu’elles sont : de lamentables demandes d’assistanat culturel.


Ajout du 30 Juillet 2008:
         
Pour répondre à certains de mes lecteurs qui ont trouvé "simple" et "dogmatique" ma position selon laquelle la langue bretonne a presque disparue plus par manque d'intérêt des populations que par "persécution" de l'état français, deux points:
           - d'après Wikipédia (oui, je sais, la référence n'est pas toujours sure, j'en cherche d'autres), la chute de la pratique du breton s'est surtout produite après la seconde guerre mondiale, soit après les soixante-dix ans de politique "d'éradication" du breton (1870-1945, soit également l'époque des trois guerres contre l'Allemagne, où l'apprentissage forcé du français fut l'un des piliers de la survie nationale). Quelles en furent les causes? 1) Le breton comprend plusieurs variantes orales qui faisaient que, sauf à être alphabêtisé et lettré en breton, les habitants de la Bretagne butaient sur des diffiultés de compréhension d'un bout à l'autre de leur région, ce qui n'était pas le cas avec le français. Les brittophones assurent qu'avec un travail d'apprentissage, et en s'alphabétisant en breton, ces difficultés sont surmontables. C'est sans aucun doute vrai, mais l'illetrisme était encore fort au lendemain de la seconde guerre mondiale, et sa réduction ensuite pouvait se faire en français (à l'école) comme en breton (à la maison). C'est le français qui fut choisi, car 2) au-délà de la Bretagne, le français permettait une mobilité et une promotion sociale beaucoup plus forte;
          
             - ensuite, juste à titre de question, je m'étonne que les jérémiades, pardon, les argumentaires sur "l'oppression" du breton par la République se rapportent tous à l'école. Or, selon des bretonnants (http://www.ofis-bzh.org/fr/langue_bretonne/faq/index.php#02 ), cette langue existe depuis quinze siècles. Or elle fut pratiquée par une population qui, pour l'essentiel, ne fut scolarisée à aucun moment de sa vie. Et subitement, au vingtième siècle, la possibilité de parler le breton à l'école aurait été la clé de la survie de cette langue ! 

           Si vraiment les brimades contre le breton et les autres langues régionales avaient atteint des points d'infamie comme le suggère les vaillants défenseurs de ces langages (les histoires de sabot, de fêtus attachés au cou prêtent plutôt à rire,  sans parler des pancartes "il est interdit de parler breton et de cracher par terre" dont aucun exemplaire authentique n'a été trouvé), alors l'effet inverse aurait pu se produire, à savoir la résistance de ces cultures et langues par leur transmission insitante dans le cadre de la famille. La République n'a jamais mis son nez dans les foyers pour voir quelle langue on y parlait. Les USA, pendant la WWII, firent quelques campagnes pour inciter les immigrants ou enfants d'immigrants européens ou japonais à ne plus parler les langues de l'ennemi (à savoir, pour les européens, l'allemand et l'italien, pays dont les ressortissants aux USA se comptaient par millions), mais il semble que cela soit resté au niveau de l'incitation morale, pas de la traque jusque dans les demeures privées.
Fin de l'ajout du 30 Juillet

Les langues régionales ne font pas partie du service public

 

            Le point le plus crucial dans cette question des langues régionales est : les pouvoirs publics doivent-ils financer l’utilisation de ces langues, en les enseignant à l’école, en formant des fonctionnaires bretonnants ou corsisants ? La réponse est pour moi complètement négative.

            Rappelons que les seules choses qui autorisent un pouvoir quelconque à prélever l’argent des particuliers restent la réalisation d’un service public (c’est-à-dire fourni sans discrimination) sans lequel la vie de certains individus serait trop difficile, et la réparation d’injustices sociales criantes, dans une société où plus personne ne produit tout seul pour lui seul. Or, financer des écoles Diwan ne répond à aucun besoin humain : un breton qui ne parle pas breton ne vit pas plus mal, objectivement, qu’un breton bretonnant. La « souffrance » occasionnée par « la privation de culture locale» n’est pas une plainte recevable. D’autant qu’il n’y a jamais eu besoin d’être millionnaire pour apprendre une langue, il n’y a pas de redistribution des ressources à faire pour offrir cette « opportunité » à qui que ce soit.

            Ce qu’il faut retenir de mon discours, c’est que pour qu’une langue vive, il suffit qu’elle plaise à une population, au point de continuer à la pratiquer. L’attitude de l’Etat vis-à-vis des langues, à l’exception de la langue de la République, ou des langues étrangères qu’il est nécessaire de faire enseigner, doit être l’ignorance. La République n’a pas à persécuter le breton ou le corse, mais à ignorer jusqu’à l’existence même de ces idiomes.

 

            Voilà pourquoi l’idée même d’offrir une « reconnaissance » publique à ces langues est inutile, et leur financement public serait irrecevable, car sortirait de tout intérêt public. Quand bien même 10% seulement des citoyens s’opposeraient à un prélèvement pour financer les langues régionales, cette minorité pourrait invoquer l’invalidité, l’inacceptabilité et même le despotisme d’une telle mesure, car un état qui détourne l’argent des particuliers pour autre chose qu’un intérêt général commet un abus de puissance publique, une atteinte à la liberté.

 

Faut-il que nous devenions tous anglophones ?

 

            Les hargneux régionalistes qui passeraient sur ce blog pourraient me renvoyer : « si pour toi une langue ne doit être enseignée par l’Etat que pour faciliter la communication, alors autant abandonner de suite le français et enseigner l’anglais dans les écoles, ça sera plus simple ». En fait non, pas du tout. 90% de l’humanité n’a pas une pratique réelle de l’anglais, c’est-à-dire suffisante pour tenir une discussion ou avoir des lectures élaborées. Ré-alphabétiser la population française en anglais créerait une scission entre générations et une impossibilité de communiquer durable entre jeunes et anciens (les jeunes devant en plus être bilingues pour comprendre leurs parents et grands-parents). Mais, nous dira-t-on, au bout de deux ou trois générations, le problème sera réglé.

            Et bien là encore, ce n’est pas sûr. Imaginons que tous les pays du monde décident de devenir anglophones, de la Chine au Chili. On aurait une seule langue, parlée en des lieux très différents, par des populations très diverses. Le vocabulaire évoluant très vite, et selon un rythme différent par région, une issue probable de cette situation serait l’éclatement de l’anglais en plusieurs sous-idiomes qui ne seraient plus compréhensibles entre eux. A titre d’exemple, et même s’il n’y a pas encore de scission entre l’anglais du Zimbabwe ou d’Afrique du Sud, on note déjà des différences de vocables qui permettent d’identifier l’origine des individus. L’article suivant de Courrier International donne un aperçu du mauvais usage que l’on peut en faire :

 

http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=86003

 

On peut facilement imaginer que dans un monde anglophone, sur des populations aux cultures très différentes (bien moins homogènes que celles de « l’Anglosphère », soit les îles britanniques, l’Amérique du Nord, l’Australie-Nouvelle-Zélande), l’éclatement de la langue anglaise recrée de nouvelles barrières linguistiques, isolant à nouveau des centaines de millions d’individus d’autres populations, et tout serait à refaire. L’emploi d’accents, de vocabulaire nouveau ou de jargons peut rapidement mettre à terre le « rêve » de l’unité linguistique mondiale.

 

Alors la meilleure solution, pour les générations immédiates comme dans un futur plus lointain, reste encore la conservation de grandes zones linguistiques (l’anglais, le français, l’allemand, le mandarin, l’hindi…), et surtout le développement de la traduction systématique des œuvres, de la presse et de l’information entre ces zones. Puisque toutes les langues n’évoluent pas à la même vitesse, un changement brutal dans une langue n’engagera qu’un ou quelques pays. La diversité des langues assure une certaine stabilité de la communication au niveau mondial. Autant une langue unique mondiale serait coûteuse et au résultat incertain, autant le financement par les états des langues régionales est inutile.

 

           Chacun est libre de parler chez lui, ou avec d’autres particuliers, la langue qu’il veut, où il veut dans le domaine privé. Exiger des autres, simples citoyens ou agents de la collectivité, qu’ils connaissent ou financent une langue dont ils n’ont pas besoin pour communiquer est un vol et un abus de pouvoir. Les langues régionales doivent être boutées hors du champ public, et les écoles Diwan continueront à se financer de bouts de chandelles de particuliers. Il est grand temps de re-privatiser complètement les langues régionales.

Partager cet article

Repost 0
Published by - dans Nation
commenter cet article

commentaires

Bilan' 15/07/2008 13:30

CamaradeJe savais que le PCF avait rajouté le bleu et le blanc à son drapeau rouge.. mais alors là..Vous insinuriez donc que la complexité s'accorde aux oppression sociales, mais plus aux oppression culturelles ?Que dis-je.. vous semblez nier même l'oppression culturelle.Ce qui est fou, c'est que j'entend ce même discours à droite lorsqu'il s'agit de problèmes sociaux.Je suis surpris de lire ici les mêmes arguments que la vieille droite moisie.Je vous propose quand même la lecture de deux bonhommes un poil moins dogmatiques que vous :Louis jean CalvetMichel CahenIls sont pas désagréables à lire, je vous le promet.

DiadoreCronos 16/07/2008 22:26



Le PCF n'a malheureusement pas assez raccordé le drapeau tricolore à son drapeau rouge. C'est lorsqu'il incarnait une résistance patriotique contre l'envahisseur fasciste que le PCF fut au sommet
de sa popularité en France. A cette époque, on ne voyait aucune contradiction dans le fait que l'on soit communiste et membre d'une organisation appelée "Front National" (mouvement de résistance
en partie communiste, et créé par le PCF), et qui n'avait aucun rapport avec le FN que nous connaissons aujourd'hui.

Ce n'est pas parce qu'il existe un patriotisme idiot et qui ne fait qu'ouvrir la voie au lepénisme (comme réclamer le retour du protectionnisme pour "protéger nos emplois", ou dénoncer
l'immigration comme "arme du capital contre les salaires") qu'il n'y a pas pour autant de patriotisme juste et intelligent (comme le refus du supranationalisme européen).

Ce que je trouve fabuleux dans les discours de marxig et bilan', est qu'il me reprochent la simplicité de mes propos (comme si simple signifiait faux...), mais n'avancent aucun argument concret.
Alors qu'en bonne justice c'est à eux (s'ils sont bien deux personnes différentes) que revient la charge de la preuve dans leurs graves accusations contre la démocratie française (qui
"brimerait" soi-disant les droits individuels des bretons, basques et autres...). Non, c'est à moi qu'il reviendrait de prouver l'innocence de la démocratie de mon pays.

Ne vous inquiétez pas, je lirai si le temps me le permet messieurs Calvet et Cahen. Si leurs arguments mêritent une critique construite, je ferai un article dessus. S'il ne s'agit qu'un enrobage
verbeux autour des plates et habituelles jérémiades régionalistes, je n'écrirai rien dessus.

"Que dis-je.. vous semblez nier même l'oppression culturelle.
Ce qui est fou, c'est que j'entend ce même discours à droite lorsqu'il s'agit de problèmes sociaux."
Je suis amalgamé à la droite car j'invoque la responsabilité individuelle des bretons dans le sort de leur langue, tout comme la droite invoque la responsabilité individuelle dans le cas du
chômage et de la pauvreté (discours que je n'ai jamais tenu, au passage). J'ose dire que chaque breton pourrait se bouger lui-même pour "sa" langue (je mets "sa" entre guillemets car un natif de
Brest ou de Rennes est tout à fait en droit de ne pas considérer la culture bretonne comme sa culture), et je serai donc de droite car je refuse de cantonner les bretons à leur rôle de "victimes
culturelles".

/! Avertissement: les propos qui suivent ont une portée générale, ils ne sont pas directement destinés à marxig et bilan', même s'ils s'inspirent librement des propos de ce dernier /!\

Ne parlons pas de responsabilité individuelle et d'initiative individuelle, c'est de droite.
Ne parlons pas d'insécurité et de délinquance, c'est de droite.
Ne parlons pas de gaspillages publics, c'est de droite.
Ne parlons pas de la nation, c'est de droite (sauf s'il s'agit de nations 'opprimées', qui elles ont droit au patriotisme, pas la France, car c'est une nation "impérialiste", comme si le risque
impérialiste n'était pas présent dans toute nation).
Ne parlons pas des problèmes de coût du travail, d'effets pervers de réglementation, d'incitation ou de désincitations fiscales, de réflexion économique, c'est de droite. Cantonnons-nous à nos
habituelles incantations sur "le smic à 1500 euros nets ! La semaine de 30 heures! Interdisons les licenciements!" et peu importe si des économistes nous font part de leurs craintes que tout cela
ne se retourne contre les travailleurs, tous les économistes sont de droite, c'est bien connu. Et n'essayons pas de développer d'autres idées (http://pourlecommunisme.over-blog.com/article-7073672.html, http://pourlecommunisme.over-blog.com/article-6415223.html, http://pourlecommunisme.over-blog.com/article-5608619.html,
http://www.pourlecommunisme.com/index_fichiers/Page2582.htm, ...).

Bref, au final, il ne reste pas grand-chose de réel qui ne soit de droite, la gauche est condamnée à vivre dans des fantasmes. J'ai la sincère impression que vos discours préparent un avenir
radieux à la droite, la vraie.



Marxig 09/07/2008 00:00

Ou la la !Un peu de sociolinguistique ne vous ferait pas de mal. Non ?Pensez-vous vraiment un seul instant qu'1 million de locuteurs breton perde les 3/4 de locuteurs en moins d'un siècle juste parce qu'ils se sont dit un jour : wow putain.. trop pas cool le breton. Je vais complètement arrêter de parler ma langue parce qu'elle est pas "in". Vous vous fouteriez pas un peu de la gueule du monde par hasard ?Une langue qui perdure depuis plus de 1300 ans et qui s'arrête d'un coup d'un seul... d'un bon coup de baguette magique ?Whow ! Quelle brillante analyse ! J'en reste sur le cul ^^Vraiment vous devriez expliquer ça à tous ces cons de linguistes et sociolinguistes qui se font chier à pondre des pavés pour expliquer comment de tels scénarios arrivent... vous contriburiez à la préservation de quelques arbres qui vont cruellement nous faire défaut d'ici quelques temps. ;)

DiadoreCronos 09/07/2008 22:37


Cher monsieur,

il y a des différences fondamentale entre les bretons du XXème siècle et ceux des douze ou treize siècles précédents: ceux du XXème siècle ont eu l'opportunité de vivre dans un monde
internationalisé, alors que ceux des siècles précédents pouvaient parfaitement vivre dans un territoire d'un diamètre de 300 kms... Ensuite l'état français a effectivement imposé l'apprentissage de
sa langue, effort que les bretons n'auraient sans doute pas fait d'eux-mêmes. Cela n'empêchait nullement que les bretons continuassent à bretonner dans la rue, chez eux, entre particuliers, et ne
"francisent" qu'à l'école, avec l'administration, ou, plus vital au XXème siècle, dans l'armée. Donc une autre différence fondamentale pour les bretons du XXème siècle est que l'apprentissage forcé
du français - ce qui ne signifiait pas le désapprentissage forcé du breton, tant qu'on peut être bilingue- leur permettait de choisir entre deux langues, ce qui n'était pas le cas de leurs ancêtres
- un breton du XVIIème siècle qui apprenait le français se sentait un peu plus seul.

Ce qui pouvait arriver arriva: ayant désormais ce choix entre deux langues, les bretons, dans leur majorité, prirent l'une et pas l'autre.

"Un peu de sociolinguistique ne vous ferait pas de mal. Non ?"
Si par "sociolinguistique" vous entendez une série de discours comme quoi "oui, c'est vrai, matériellement rien n'empêche les bretons de continuer à bretonner tout en apprenant le français à
l'école, et donc d'être bilingue, mais, voyez-vous, par un jeu complexe de pressions sociales exercées par l'immonde état jacobin-parisien, les bretons se sont quand même fait spolier de leur
langue, quoi, voyez-vous..."...et bien très peu pour moi.

L'individu est responsable de ce qu'il fait. Celui qui dit qu'il est pour la survie de la langue bretonne, et qui a le temps et l'argent de l'apprendre et de la pratiquer en club privé, et qui ne
le fait pas, et bien celui-là n'est tout simplement pas un partisan de la langue bretonne.

Il y a déjà bien assez d'exploitations et d'oppressions réelles, celles à laquelle les victimes ne peuvent réellement se soustraire quand bien même elles le voudraient ardemment (l'exploitation
capitaliste par exemple), qu'il n'est pas nécessaire d'inventer des oppressions imaginaires (comme celle que subiraient les bretons et leur culture...).

Au passage, je précise que je ne suis pas un parisien méprisant les culs-terreux, mais que je suis vendéen. En tant qu'ancien "Bas-Poitou" (la notion de Poitou ne signifie plus grand-chose
aujourd'hui), la Vendée avait sa ou ses propres langues (le "Parlange", ou poitevin-saintongeais), langue(s) que je trouve phonétiquement horrible, et je suis très reconnaissant à l'éducation
nationale de m'avoir proposé la langue de Molière en lieu et place de cet (ces) idiome(s). Mais, de votre point de vue, dois-je me considérer comme un malheureux "acculturé" "formaté" par l'état
centraliste?

Pour finir, vos propos sur "ces cons de linguistes et sociolinguistes qui se font chier à pondre des pavés pour expliquer comment de tels scénarios arrivent..." reviennent à utiliser l'argument
d'autorité de quelques universitaires pour justifier votre position. Donc, si je comprends bien, "l'oppression linguistique" que subiraient les langues régionales est forcément réelle, la preuve,
des universitaires font des livres dessus! En tant que militant du PCF, j'ai souvent à me taper des textes longs, qu'ils viennent de la direction ou d'opposants plus ou moins marxistes, qui au fond
ne disent rien, n'apportent pas une idée nouvelle, ou manient des arguments bidons, et coûtent fort cher aux forêts de ce monde.

En bref: si vous avez un texte "prouvant" que l'état français empêche bel et bien les particuliers d'apprendre le breton, même si ça fait 100 pages ou plus, allez-y.