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Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

     www.pourlecommunisme.com est un site qui s'attaque directement aux critiques faites contre le communisme (millions de morts imputés à l'idéal communiste, faillite économique, etc...). Il ne fait la promotion d'aucun régime existant ou ayant existé par le passé, s'efforce de comprendre les faits et de proposer des pistes pour l'avenir.

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12 avril 2008 6 12 /04 /avril /2008 15:42

Sur beaucoup de points je soutiens Chavez, et pratiquement toutes les accusations formulées contre lui ont été efficacement démontées, car souvent elles ne passaient même pas le test de la cohérence logique. Ainsi les fameuses accusations sur le fait que Chavez veuille devenir président à vie, sur ses déclarations "antisémites", ou même sur les accusations encore plus incroyables -et fausses à en lire Amnesty International- sur les "escadrons de la mort au Venezuela" inventés par un mauvais journaliste français.

 

Cependant, le problème des pénuries alimentaires depuis le début de l'année 2007 est différent. Chavez, confronté à une inflation et à la dévaluation du bolivar, a voulu plafonner les prix alimentaires. Grave erreur me semble-t-il. Depuis, des pénuries de lait, de viande, d'autres aliments et produits de base se sont généralisées. Bien sûr, on découvre des stocks régulièrement. L’armée vénézuélienne démantèle des réseaux de contrebande à la frontière colombienne. Et les chavistes de parler de blocus organisé; mais, cette fois-ci, contrairement aux autres argumentaires chavistes, ça ne me convaint pas.

En économie de marché - ce qu'est toujours le Venezuela-, bloquer les prix d'une production expose toujours à se retrouver avec des pénuries. On ne peut pas reprocher à un paysan qui met 3 euros (chiffre bidon) à produire un poulet de refuser de le vendre à 2 euros, et de préférer stocker sa production pour la vendre au marché noir, ou cesser son activité. Ainsi, le fait que l'on retrouve quantité de stocks ne prouve en rien la réalité d'un complot. Il s'agit au contraire d'une réaction logique et spontanée des producteurs, aussi bien des plus modestes que de multinationales telles que Nestlé ou Parmalat que Chavez accuse de participer au blocus.

L'effet médiatique de ces pénuries est désastreux (et a sans doute participé à la défaite du 2 décembre), on peut trouver des images d'étals vides sur de nombreux blogs. Cela réactive le discours sur "le socialisme, c'est la pénurie et la faim", sur "l'échec inéluctable de tout socialisme", etc... Et c'est d'autant plus désastreux que bloquer des prix, ça n'est pas du socialisme! Rien dans un blocage des prix n'implique la collectivisation des biens de production.  Et ce même si Chavez a brandi la menace d'une nationalisation des supermarchés. D'ailleurs, la création de supermarchés à prix réduits pour les quartiers pauvres a déjà eu lieu, elle ne nécessitait pas une politique de blocage des prix. On fixe certes les prix dans une économie planifiée, mais ce n'est pas encore le cas de l'économie vénézuélienne! Donc si Chavez pensait instaurer le socialisme en commençant par bloquer des prix, il inverse les étapes...Dommage, car jusque là, sa méthode politique me semblait, peut-être pas parfaite, mais très réussie!

Alors certes le gouvernement peut panser le problème par le recours aux importations alimentaires. Chavez vient d'ailleurs de signer des contrats en ce sens avec l'Argentine. Et de toute façon le Venezuela était déjà sous dépendance alimentaire en 1998, avant Chavez; mais il est déplorable qu'un secteur de l'économie vénézuélienne qui aurait pu être fort et source d'enrichissement national soit un secteur faible.

 

Il y a cependant d’autres informations qui doivent être prises en compte. Par exemple sur : michelcollon.info : L’oligarchie vénézuélienne tente de provoquer une crise alimentaire

Ou : http://www.legrandsoir.info/spip.php?article6106)

 

- ainsi, donc, la régulation des prix mise en cause daterait en fait de 2005, non du début 2007. En soit, ce n’est pas un argument pertinent pour nier la responsabilité du gouvernement vénézuélien sur les pénuries, puisque le plafonnement des prix pouvait très bien ne pas être gênant en 2005 et l’être devenu en 2007 avec une inflation à plus de 15% annuels;

- dès mars 2007, le gouvernement a donc supprimé la TVA sur des produits alimentaires, permettant aux producteurs et distributeurs de récupérer un huitième du prix de leurs ventes (14% sur 114% du prix HT). C'est une preuve de rationalité de la part du gouvernement, mais ce n'est pas sûr que cela suffise, vu que l'inflation a été supérieure à ce taux;

- il semblerait donc que la pénurie n'existe que dans les supermarchés, qu'il n'existerait pas de baisse de la production au niveau agricole ;

- selon des témoignages sur le site de la radio nationale (RNV), la pénurie peut tout aussi bien être attribuée à l'augmentation des salaires, qui a fait arriver devant les magasins des gens qui n'y allaient pas auparavant faute d'argent. C'est une explication très partielle, mais elle doit être retenue.

 http://www.rnv.gov.ve/noticias/index.php?act=ST&f=26&t=61134

            -une autre hypothèse, venant de droite celle-là : les coopératives agricoles mises en place par Chavez seraient improductives car subventionnées sans lien avec leur production réelle. Cette hypothèse n’est pas très convaincante, car le secteur privé, toujours majoritaire, aurait vite fait de prendre les parts de marché que les coopératives n’occuperaient pas.

 

Il y a aussi une autre hypothèse à soulever. Comme je le disais plus haut, dans les quartiers populaires, le gouvernement bolivarien a ouvert des centres commerciaux à bas prix, qui ne seraient pas (selon LeGrandSoir) atteint par les pénuries. Peut-être parce qu’ils distribuent des produits importés. Dans ses déclarations, Chavez prétend que ces nouveaux canaux de distribution, en supprimant le maximum d’intermédiaires, on peut obtenir un prix satisfaisant pour le producteur et le consommateur (une application du commerce équitable, en quelque sorte)…Que ces prétentions soient vraies ou pas, on peut y voir une tentative de réaliser ce que Chavez a déjà annoncé : une nationalisation de la grande distribution. Si les affirmations du gouvernement bolivarien sont sincères, alors on aura effectivement, par la chute de la distribution privée frappée de pénuries, une socialisation des supermarchés et une retombée des pénuries. Si ces prétentions sont insincères ou naïves, alors cela révèle que Chavez a effectivement pris un chemin dangereux, en jouant avec l’approvisionnement de ses administrés, pour aboutir à cette socialisation. Un pari risqué, probablement pas la meilleure voie, car, en me répétant encore, la construction d’un réseau de distribution avec le minimum d’intermédiaires aurait très bien s’opérer sans plafonnement des prix.

 

En tout cas, si la situation que je lis sur le Venezuela ne s'améliore pas, on pourra toujours, à gauche, vanter le courage du peuple vénézuélien face aux immondes procédés de l'oligarchie, au final, on se retrouvera dès 2009-2010 avec un référendum révocatoire qui trouvera sans problème ses signatures. Si Chavez perdait un tel référendum, ce serait une fin catastrophique pour le chavisme et un boulet de plus, énorme, pour la cause socialiste au XXIème siècle. A l’inverse, une victoire dans un tel référendum (qui aura sans doute lieu) serait un juste contrecoup à la défaite du référendum du 2 Décembre.

 

J'espère ne pas paraître trop défaitiste, je ne demande qu'à être convaincu du contraire de ce que je dis, mais il n'y a rien de pire pour moi que de voir ces photos de magasins vides, de lire ces histoires de pénuries de lait...et d'entendre pour toute réponse "c'est la faute aux oligarques!". Réglons le problème d'abord, accusons ensuite.


Et pour l'instant, la meilleure solution me semble encore être la levée du plafonnement des prix agricoles.

Post-Scriptum: On lit beaucoup d'appréciations très diverses sur le Venezuela sur le Web, de la part de gens "qui en reviennent". Voici un article qui ne m'a pas semblé trop partial, d'un bord ou de l'autre:

http://carnetsdameriquedusud.zeblog.com/244875-la-revolution-bolivarienne/
On peut lire sinon des quantités d'horreurs sur le gouvernement bolivarien. Dans la mesure où c'est invérifiable pour moi, je m'abstiens de fouiller ces "informations".

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Published by DiadoreCronos - dans Monde - Amérique latine
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