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Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

     www.pourlecommunisme.com est un site qui s'attaque directement aux critiques faites contre le communisme (millions de morts imputés à l'idéal communiste, faillite économique, etc...). Il ne fait la promotion d'aucun régime existant ou ayant existé par le passé, s'efforce de comprendre les faits et de proposer des pistes pour l'avenir.

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1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 22:17

 


(ci-dessus une carte ethnique du Kosovo datant de 2003)

 


Plus on est de fous…plus on est de fous. Et c’est pas forcément drôle.


Je vais avoir pour habitude d’écrire sur des sujets avec plusieurs semaines, voire mois à l’avenir, de retard sur leur « actualité ». D’une part parce que je suis souvent en retard, d’autre part parce que je n’aime pas que l’actualité journalistique me dise sur quoi je dois me pencher ou pas.

Donc un « petit » article sur la proclamation unilatérale d’indépendance du Kosovo par son assemblée, le 16 Février.

            Tout de go, je commencerais par ceci : la France, et tous les autres états, ne devraient pas (ou n’auraient pas dû) reconnaître l’indépendance du Kosovo.

            Non pas au nom de la Grande Serbie et de son droit éternel à posséder ses terres historiques, son Champ des merles, et ce qui s’ensuit. Ce genre d’arguments permettraient de refaire indéfiniment toute la carte du monde.

            Non pas non plus au nom de ce que l’indépendance kossovare servirait les diaboliques desseins du Pentagone, de la CIA, de sa façade OTAN-tique, dans un lugubre plan de domination de l’Europe Centrale et du monde (bien que l’installation pour quasiment un siècle des forces américaines au camp Bondsteel alimente tout à fait cette théorie).

            Mais tout simplement parce que le Kosovo est un trop petit pays. Il y a déjà trop de petits états sur le continent européen. Leur multiplication ne fait que rendre toujours plus difficile la coordination des états européens, et qui fait avancer les pions de ceux qui pensent que c’est seulement au travers d’un empire continental, après avoir pulvérisé les souverainetés nationales, qu’une puissance européenne pourrait s’affirmer. Une alliance de souverainetés est possible dans une Europe (au sens géographique) qui compterait une douzaine de grands états ou fédérations de peuples (comme l’était la Yougoslavie). Dans un ensemble de plusieurs dizaines de petits états, c’est impossible. Voilà pourquoi la France aurait dû refuser, et ce indéfiniment et sans conditions, de reconnaître l’indépendance du Kosovo et du Monténégro.

            Bien sûr, en France comme à l’étranger, des voix se seraient élevées pour dénoncer notre « racisme », notre « mépris tout jacobin  des peuples ». Rien à voir. Les « petites nations » ont également besoin, dans leur liberté, de puissance (sans quoi on a peu de liberté) et de capacité à se défendre (sans quoi pas de liberté). Un état nain est moins profitable à ses habitants qu’un pays de taille moyenne. Comme je l’écrivais dans ma lettre à Philippe Val il y a bientôt un an, la démocratie n’étant pas indéfiniment élastique, un état-continent comme la Chine (ou l’Union Européenne) n’est pas non plus l’idéal d’un état démocratique.

      Cependant, en disant cela, je conçois tout à fait qu’avec 90% de sa population albanophone et peu serbophile, le Kosovo ne doive pas rester serbe bien longtemps à l’avenir. Contradiction me direz-vous ? Non. Les solutions envisageables à court ou moyen terme sont :               

-         le partage (comme le suggérait Evgueni Primakov, ex-premier ministre russe) du Kosovo. Mais pas entre la Serbie et un Kosovo indépendant. Mais entre la Serbie et l’Albanie. Et alors on s’exclamera que l’Albanie n’a rien demandé, que l’affaire kossovare est suffisamment compliquée ainsi pour qu’on y rajoute un nouvel acteur. Au contraire, je répondrai que c’est l’acceptation brute d’un nouvel état, non reconnu par une minorité non négligeable de ses habitants (les 7% de serbes) qui complique la carte de l’Europe et crée des précédents douteux pour d’autres régions séparatistes. Rattacher l’essentiel du Kosovo à une Albanie qui ne l’a pas demandé ne constitue au contraire aucun précédent pour d’éventuelles réclamations d’un état sur des régions d’autres états sur des prétextes ethniques. Notons au passage que pour reloger les milliers de serbes qui ont fui le Kosovo à partir de 1999, la Serbie serait en droit d’exiger plus que 7% de la province. Puisque nous n’admettrons pas la pulvérisation de l’Europe, la seule réponse à faire aux indépendantistes kossovars (fussent-ils une majorité de la population) est : « A vous de choisir : vous êtes serbes, ou albanais. Kossovar, ça n’existe pas. Il y a déjà trop d’états en Europe ». Certes, si l’Albanie refuse absolument une telle solution, elle ne sera pas praticable ;

-         soit encore, la recréation d’une fédération dans les Balkans. Bien sûr, cela n’apparaît pas du tout à l’ordre du jour. Et si cela revenait, il y aurait peu de chances, après la guerre de Bosnie, qu’une telle fédération regroupe à nouveau Serbes, Bosniaques, Croates. Mais les états qui se sont séparés de la Serbie (Croatie, Fédération croato-musulmane de Bosnie, Monténégro, Kosovo) pourraient toujours cohabiter dans une fédération illyrienne ;

-         soit alors, si aucune de ces solutions ne trouve preneurs (et c’est ce qui semble le plus probable aujourd’hui), alors refuser indéfiniment l’indépendance du Kosovo, et le considérer toujours comme territoire de la République Serbe, jusqu’à ce qu’une solution (par exemple l’une des deux précédentes) soit mise à l’ordre du jour.

Si l’on me répond que ces solutions sont actuellement irréalistes, je réponds que c’est justement ce qui me plait. Les états européens attachés à la souveraineté et l’intégrité territoriale doivent justement refuser coûte que coûte l’indépendance kossovare, en maintenant une impasse juridique à durée indéfinie. Car c'est encore la réponse la plus directe pour parer aux ambitions des atlantistes et européistes de tout poil pour qui la pulvérisation des nations est le meilleur moyen d’arriver à l’empire européen qu’ils souhaitent. 


Le Kosovo, preuve de la « menace immigrée » ?

         Je consacrerai la fin de mon article à répondre aux nationalistes en tous genres pour qui la séparation du Kosovo de la Serbie (qui est une hypothèse que j’admets, comme je l’ai dit plus haut) serait l’aboutissement de la menace « immigrationniste ». Selon eux, la présence des albanais au Kosovo est due à une immigration récente (ce qui est tout à fait faux, les albanais sont présents dans la province depuis le haut Moyen-Âge), et donc reconnaître le détachement du Kosovo de la Serbie, c’est admettre que des immigrants puissent, par leur nombre, s’emparer du territoire d’un pays qui les a accueillis. Ainsi, des lepénistes nous feraient croire qu’à tolérer une trop forte immigration musulmane dans le Sud de la France, on se retrouverait avec des velléités d’indépendance d’un « Provencistan ». Outre la fausseté de cette interprétation de l’histoire du Kosovo, je réponds qu’effectivement, si une nation laisse une minorité immigrée devenir majoritaire dans une province, alors elle ne peut pas refuser de la perdre. Et que la nation perdante ne devra s’en prendre qu’à elle-même. Car une nation avec une culture digne de ce nom peut toujours tenter d’assimiler ses immigrants, de les convertir à sa langue, de les disperser sur le sol national pour qu’ils ne soient majoritaires nulle part avant de s’assimiler, quitte à ce que l’ensemble de la nation se métisse un tant soit peu plutôt que de se fractionner. Ce qui est grave pour la nation française, ce n’est pas de recevoir des millions d’immigrants (dont la grande majorité respectent les lois de la République et parlent sa langue) mais de les regrouper dans certaines communes, certains départements ou régions.

J’en profite au passage pour tacler Rama Yade, qui, avant de louper un rôle de maire-adjoint dans notre belle ville de Colombes, avait dénoncé la décision de la mairie PCF d’Aubervilliers de porter plainte contre des squatteurs finalement évacués par la police. Sans vouloir ressortir les « seuils de tolérance » ou autres bêtises proto-frontistes à la Marchais, je dis qu’il est normal qu’une municipalité comme Aubervilliers considère que ce n’est pas à elle de recevoir tous les immigrants. Et le gouvernement aurait très bien pu rendre caduque la plainte de la mairie d’Aubervilliers en organisant le relogement des squatters, au lieu de laisser les juges prononcer l’évacuation. Donc le militant PCF que je suis ne se sent nullement culpabilisé par les attaques hypocrites de la secrétaire d’Etat aux droits de Sarkozy.

En conclusion, une nation qui renonce à convertir à sa culture des masses d’immigrants est une nation qui fait acte de sa faiblesse. Les Etats-Unis ont progressivement fait de dizaines de millions de gens non nés sur le sol des USA, des américains. Pourquoi la France et sa culture millénaire en seraient incapables ? Interdire l’immigration n’est qu’un aveu encore plus criant de faiblesse. Comme le dit très bien Ayaan Hirsi Ali, ce sont les individus qui sont égaux entre eux, pas les cultures. Une culture qui se sent menacée par la seule présence d’individus n’ayant pas (encore) la même culture est une culture faible, et personne n’a le devoir de se forcer à la conserver telle une pièce de musée.

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