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Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

     www.pourlecommunisme.com est un site qui s'attaque directement aux critiques faites contre le communisme (millions de morts imputés à l'idéal communiste, faillite économique, etc...). Il ne fait la promotion d'aucun régime existant ou ayant existé par le passé, s'efforce de comprendre les faits et de proposer des pistes pour l'avenir.

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30 mars 2008 7 30 /03 /mars /2008 23:53


N’ayant plus écrit au cours des deux derniers mois (quasiment), vous vous demandez sans doute (les 3 ou 4 qui fréquentent le blog) ce que je fais de ma résolution d’écrire plus souvent. D’abord quelques prétextes ou excuses pour cette absence : partielles (sans doute les dernières), recherche de logement, emménagement, etc…

  

Me voici donc (futur) militant à Colombes (92700). Colombes qui, comme vous devriez le savoir, a basculé à gauche (enfin le PS je veux dire) le 16 mars (notons au passage que contrairement à ce que les journalistes tendaient à faire croire, la candidate de l’UMP n’était pas Rama Yade, en troisième position sur la liste, mais la maire sortante, Nicole Goueta).

J’en profite donc, deux semaines après les évènements, mais sans que ce soit dépassé, pour faire un commentaire de ce que j’ai vu au soir du second tour, sur le petit écran.

Le PS et ses alliés (dont nous, ce que, contrairement au gauchiste ordinaire, je ne réprouve pas dans le contexte actuel), a bénéficié d’une victoire par inertie. C’est-à-dire une victoire obtenue, dans une forte abstention (33% au premier tour, 36% au second), par la démobilisation de l’électorat de l’adversaire, et en récupérant les voix des mécontents en se posant comme la principale force d’opposition. Et en l’absence quasi-totale de critique sérieuse du gouvernement. D’ailleurs j’en suis toujours à me demander pourquoi la popularité de Sarkozy a tant baissé, l’électorat est toujours le même que celui qui a voté pour lui à 53%, et les « réformes » que son gouvernement applique sont celles qu’il avait annoncées. Ce qui m’étonne encore plus, c’est que cette chute de popularité ait profité à une telle opposition.

Pour en venir aux faits, au 16 mars, au soir, on a vu des « ténors » (d’un orchestre aphone) du PS dont les seuls arguments se réduisaient à « nous avons gagné, Sarkozy doit entendre le vote des français ». Mais encore ? A comparer les pugnacités des intervenants, on aurait presque cru que c’était l’UMP qui l’avait emporté ce soir-là. Aucune critique sérieuse, fondée, n’était avancée par les intervenants PS contre 9 mois de bilan gouvernemental, laissant le champ à une étrange « autosatisfaction » des membres du gouvernement.

Eric Woerth, Christine Lagarde et plusieurs autres se sont ainsi félicité des bons chiffres du chômage (ramené selon eux à 7,5% au mois de Février). Pas une critique en face. Personne pour préciser que déjà, dès la fin du gouvernement De Villepin, les statisticiens de la commission européenne refusaient les chiffres français, biaisés à la baisse (par rapport à la définition de l’OIT, pourtant peu exigeante puisque se focalisant sur les chercheurs d’emplois à durée indeterminée). Eurostat fixe ainsi le taux de chômage français à 7,8% en Janvier. Et que le mouvement de réduction du chômage existe dans toute l’Europe. Il y a cependant réellement eu, du quatrième trimestre 2006 au troisième semestre 2007, d’environ 500.000 emplois net. Ceci dit, il faut noter : 1) que les second et troisième semestres d’une année, en France, sont souvent ceux qui apportent la plus forte création d’emplois nets, les trimestres d’hivers étant plus rudes (un chiffre du 1er Janvier 2007 au 1er Janvier 2008 serait sans doute moins flatteur mais encore indisponible) ; 2) que les départs à la retraite, qui n’expliquent certes rien aux créations nettes d’emplois, procurent au gouvernement un avantage que n’avait pas par exemple le gouvernement Jospin : la population active croit moins et cela aide à réduire le taux de chômage.

Mais le plus hallucinant fut de voir plusieurs ministres (Hortefeux et Pécresse par exemple) expliquer que le vote défavorable ou le non-vote des français comme une « impatience quant aux réformes» (on est tellement impatient de votre programme qu’on fait gagner vos adversaires), et ensuite de nous dire que les réformes prennent du temps à prendre leurs effets. Sur ce point, dans l’absolu, ils ont raison : il faut au moins un an pour évaluer les effets d’une politique économique. Mais alors on voit donc difficilement en quoi des mesures passées en automne (comme la libéralisation des heures supplémentaires) peuvent expliquer des créations d’emploi simultanées.  

D’autant que le raisonnement sarkozyste était « l’activité des uns crée l’emploi des autres » , donc on fait plus d’heures supplémentaires, et le surplus d’activité économique engendre de nouveaux besoins et demandes, d’où créations d’emplois. Problème : outre la critique que l’on peut faire d’un tel raisonnement (une partie des travailleurs, s’ils accroissent leur productivité individuelle, peuvent toujours absorber les demandes des autres ; l’activité des uns peut alors créer l’activité des mêmes), on constate aussi qu’il n’y a pas ou peu de croissance. 2% en 2007 (sans que cela puisse être imputé à Sarkozy), et des prévisions à 1,8% en 2007, rabaissées par le Fmi à 1,5%, en attendant pire, pour 2008…Il n’y a donc pas de croissance de l’activité des uns pour créer celle des autres…

A propos de croissance, certes le gouvernement français n’y peut pas grand-chose. Tant que nous serons dans une économie de marché mondialisée, le gouvernement national peut seulement souffler plus ou moins sur les voiles, mais pas créer le vent. Mais il a différent moyens de tendre ses voiles. Ainsi, Pécresse et Woerth soutenaient (toujours sans réponse de la part des « socialistes ») que le paquet fiscal de 15 milliards d’euros était nécessaire pour soutenir la croissance en période de dépression américaine. Le plus surprenant était d’entendre ces propos de la part de Valérie Pécresse : ainsi, la ministre en charge de l’enseignement supérieur, par intérêt partisan, défendait une mesure conjoncturelle –dont on discutera sans doute les effets- alors que ces 15 milliards d’euros annuels auraient largement pu bénéficier au réinvestissement dans les universités, soit un investissement de long terme bien plus prometteur. Les efforts actuels du gouvernement pour l’enseignement supérieur sont, même le très peu gauchiste Jacques Marseille l’avait reconnu, très insuffisants (que peu ait été fait sous Jospin n’est pas une réponse au problème réel).

Le plus insupportable dans les deux soirées électorales fut sans aucun doute Xavier Bertrand. Le glorieux vainqueur du régime des cheminots (grande « charge » qui se serait de toute façon dégonflée d’elle-même, surtout quand on sait que le régime spécial SNCF a 120.000 cotisants pour plus de 300.000 retraités ; les salariés de la SNCF ont parait-il bien des privilèges, mais pas celui de l’immortalité) s’était ici transformé en inquisiteur. Le nouveau défenseur du peuple posait la Question aux « socialistes » : allez-vous, salauds de bolcheviks dépouilleurs du peuple laborieux, revenir sur ce très populaire paquet fiscal, sur la suppression des droits de succession pour « 95% des français », et l’exonération sur les intérêts d’emprunts immobiliers (« jusqu’à 3500 euros d’économie » selon notre héros populaire).

C’est là qu’on s’aperçoit de la bassesse du niveau atteint par les PS-eux (j’ai plus envie d’écrire « socialistes ») : aucun n’a eu envie de répondre à Xavier Bertrand. Même pas pour suggérer que la suppression de l’impôt sur les successions revient à favoriser l’enrichissement par la naissance…Vieillerie idéologique que tout cela, voyons…Il aurait sans doute été impoli de rappeler à Xavier Bertrand que tous les français n’ont pas le même héritage à transmettre, et que l’argument des 95% ne voulait pas dire grand-chose…A supposer que des économistes de passage nous auraient expliqué que l’impôt sur les successions désinciterait les français à investir, de peur de savoir leur patrimoine (productif ou pas) égratigné par l’impôt leur de leur succession, on aurait encore pu leur rétorquer qu’une mesure juste consisterait à ne supprimer l’impôt sur les successions que dans le cas où l’héritier n’est pas membre de la famille du cédant…Défendre l’idée qu’un patron de PME cède son affaire à un de ses salariés qui y a œuvré pendant des années plutôt qu’à fiston ou fifille pourrait être honorable pour des gens de gauche. Mais pas pour ceux du PS.

De la même manière, l’exonération des intérêts immobiliers aurait très bien pu être pourfendue au motif qu’elle est indiscriminée, que le trésor public va être égratigné pour permettre des économies à des gens qui n’avaient aucune difficulté à accéder au logement. Des mesures liées au revenu des bénéficiaires sont parfaitement possibles, sans même parler de la collectivisation de l’achat et location de logement, ce qui nécessiterait un article entier.

            Pour finir, les prestations de Roselyne Bachelot. Qui a d’abord défendu le courageux projet de franchises médicales, précisant, pour les odieux bolcheviks qui trompent le peuple en prétendant qu’elles inciteront les plus modestes à ne plus se soigner, que ces franchises ne se plafonneront à 50 euros annuels. Comme s’il n’y avait pas plusieurs millions de personnes en France dont le budget se jouait à quelques euros chaque mois. Des gens de gauche (ce qui manquait sur les plateaux télévisés ces deux soirs là) auraient aussi pu rappeler que, comme pour l’euro forfaitaire, les multiples restrictions inventées pour que cette mesure ne soit pas trop désincitative aux soins (exclusion  des ALD, pas pour les moins de 16 ans, etc…) rajouteront aussi à la confusion, autant pour les salariés des CPAM que pour les assurés, et générer des évitements de soins par incertitude.

            Et le 9 mars, Roselyne Bachelot s’était encore illustrée en vantant la « clarté » du gouvernement sur la question européenne (et du glorieux vote du 4 Février), par opposition aux « ambiguités » du PS. Traduction : nous, contrairement aux PS-eux, nous n’avons pas de cas de conscience. Nous violons la démocratie, et nous le faisons bien.

            Et en face ? Du vent. La seule chose qui aurait pu décoiffer les ministres UMP.

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Published by - dans Droite
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