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Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

     www.pourlecommunisme.com est un site qui s'attaque directement aux critiques faites contre le communisme (millions de morts imputés à l'idéal communiste, faillite économique, etc...). Il ne fait la promotion d'aucun régime existant ou ayant existé par le passé, s'efforce de comprendre les faits et de proposer des pistes pour l'avenir.

     Vous êtes anticommuniste et voulez débarasser le monde d'un jeune fou qui, selon vous, risque de faucher à nouveau des millions de vies?

Vous êtes stalino-maoïste (pardon : marxiste-léniniste-pensée-Mao-Zedong) et voulez écraser la vermine révisionniste que je suis?

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19 janvier 2008 6 19 /01 /janvier /2008 15:20

Ausch.jpgJe donne ce lien vers le sit www.phdn.org,  avec notamment:

-le texte de la loi Gayssot:
http://www.phdn.org/negation/gayssot/24bis.html


-un texte démentant les critiques, y compris de "bonne foi", contre la loi Gayssot. Ce texte n'est pas parfait, mais je le trouve très inspirant.
http://www.phdn.org/negation/gayssot/critiques.html


Votée pour pénaliser l’activité des négationnistes, la loi dite Gayssot de 1990 s’est souvent attirée les critiques de gens de tous bords, aussi bien les négationnistes patentés que des défenseurs de la liberté d’expression qui ne partagent en rien les thèses révisionnistes.

D’abord un bref rappel. Le génocide intenté par les Nazis contre les Juifs et les Tziganes a provoqué la mort de plusieurs millions de personnes, soit au moins cinq millions pour ce qui est des Juifs. Cette histoire est, depuis la libération des camps en passant par les premiers grands travaux tels que ceux de Raul Hilberg (La destruction des Juifs d’Europe), très documentée, par les témoignages des survivants des sonderkommandos (chargés de brûler les corps), d’anciens SS, par les restes humains (cendres) et effets personnels trouvés dans les camps, par les registres d’état-civil à partir desquels les démographes ont pu évaluer le nombre de victimes, ou d’autres preuves encore (voir le site du PHDN). Il s’agit là d’une vérité historique qui n’a plus aucune chance d’être mise en cause. Non pas qu’il n’y ait plus de points de débat, tel que le nombre de victimes dans un camp donné, le cheminement d’Hitler dans la décision de la Shoah, etc… Mais affirmer par exemple qu’il n’y aurait eu que quelques centaines de milliers de victimes, sans intention génocidaire de la part des Nazis, n’est qu’un mensonge. Rappelons ensuite ce qu’est le négationnisme : ce n’est pas le fait de dire qu’un point auparavant tenu pour vrai par les historiens est faux, mais de l’appuyer avec des méthodes non scientifiques, incohérentes, basées sur les amalgames, attaques sur les personnes, la sélectivité arbitraire des sources, ou autres procédés manipulatoires.

 

Réformer la loi Gayssot plutôt que la supprimer

 

Ma position personnelle, maintenant. Pourquoi faire une loi pour interdire la négation d’un fait historique ? Je suis contre. Je ne pense pas qu’inscrire noir sur blanc des faits dans les textes de loi soit pertinent. Il me semblerait plus juste de s’attaquer aux méthodes des négationnistes qu’à leurs thèses. Autrement dit, la loi exposerait qu’il existe des faits qualifiables de crimes de grande ampleur, et qu’il suffit qu’un nombre significatif d’historiens le reconnaissent, même sans consensus. Car il n’importerait pas d’imposer à chacun de considérer une certaine vision de l’Histoire, mais d’empêcher quelqu’un de nier ces faits par des méthodes négationnistes. Et les méthodes en question incluent notamment la sélectivité des sources, hypercritique, déduction que rien ne s’est produit quand les versions des témoins ne concordent pas parfaitement et attaques ad hominem… et surtout l’absence de tout autre procédé, qui serait vraiment scientifique. Il ne s’agit cependant pas d’imposer à tous les historiens une méthodologie – un autre sujet sur lequel le consensus n’existe pas. On interdirait seulement certaines méthodes unanimement méprisables, et si elles sont appliquées à des crimes de masse. Et même si l’existence de ceux-ci n’est pas certaine : on ne juge que la méthode.

 Dans le cas de la Shoah, cette version réformée de la loi Gayssot empêcherait de fait la négation par de prétendus « historiens », mais ne brimerait aucune « opinion ». Et elle aurait aussi l'avantage de ne pas se limiter à la Shoah ou à quelques génocides en particulier, désamorçant la "concurrence victimaire". Si tous les crimes peuvent être traités par une même loi, plus besoin que chaque peuple s'estimant victime demande sa propre loi...

  

Est-il absurde de légiférer sur la négation d’un fait ?

 

La réforme que je propose serait quand même vue par les adversaires de la loi de 1990 comme une répression des idées. Certains l’ont argumenté de bien étrange façon. En disant : et pourquoi pas une loi pour interdire de nier la gravité, ou que 1 et 1 font deux ? Des esprits « subtils » ont même déduit que cette loi, de par son existence même, créait le doute sur la réalité de la Shoah, et donc que la loi Gayssot serait antisémite ! (Ces gens hériteront de la perpétuité le jour où une loi sanctionnera la connerie…) Dans un sens, ils n’ont pas totalement tort, sur un point au moins : oui, il y a des faits dont la négation pourrait être punie, comme par exemple le fait de nier que le VIH soit un vecteur du SIDA, ce que prétendent quelques chercheurs dévoyés. Si une négation doit être proscrite, c’est la négation de ce qui cause la souffrance d’autrui, ou même la négation de cette souffrance, la négation d’un crime étant la première étape de sa répétition.

Notons que les faits concernés ont aussi la particularité d’être des faits « scientifiques », c’est-à-dire des faits qui, contrairement à la non-platitude de la Terre ou au fait que deux et deux font un, ne peuvent être constatés que par un protocole d’expérience scientifique, nécessitant des personnes ayant reçue une formation éprouvée. Etablir l’existence de la Shoah a également requis le travail d’historiens professionnels. Un homme de la rue, de bonne foi, peut très bien être trompé par des négateurs prenant l’apparence de scientifiques. Voilà pourquoi légiférer sur la négation de ces faits que peu de gens peuvent constater par eux-mêmes n’a rien à voir avec le fait d’écrire en tout et sur tout une « vérité officielle » digne d’Orwell.

 

Le libre débat suffit-il ?

 

Beaucoup, parmi les antiracistes, s’indignent naïvement que l’on sanctionne le négationnisme, alors que, selon eux, le libre débat entre historiens et négationnistes devrait tourner en ridicule les thèses des seconds, et que la sanction légale donne au contraire aux négationnistes l’occasion de jouer les martyrs. Cette conception comme quoi « le libre débat » suffirait est naïve, car il n’y a pas de débat, et ceci à deux titres.

                 D’abord, lorsqu’un négationniste publie un ouvrage, on pourra le réfuter cent fois, il continuera de circuler, d’influencer des ignorants et des gens sans esprit critique. Le « débat public » est une chimère. Lorsque l’on est éditorialiste ou chroniqueur dans un grand titre de la presse nationale, on peut peut-être croire qu’il y a un débat public, qui se traduit par des joutes entre « têtes pensantes » autorisées. Mais ce n’est pas un débat. Un vrai débat, chose rare de nos temps, est une réunion qui convie le maximum de gens qui ont des informations pertinentes à apporter (une colonne d’un périodique n’y suffit pas), on débat avec des règles, on étudie les propositions sujet par sujet, on distingue la qualité logique des arguments, et surtout on fait une conclusion, même pour dire qu’on ne peut rien trancher, un peu comme un non-lieu.

Malgré tout, la forme de réunion qui se rapproche le plus de cette définition du débat, outre une réunion de scientifiques (dans lequel on ne trouvera pas de négationnistes), c’est encore…le procès. A condition que ce procès ne tourne pas sur la constatation de la négation (ce qui est l’objet actuel de la loi Gayssot), mais qu’il ait pour objet de constater que la méthode de l’accusé n’est pas scientifique. Si les négationnistes ont des arguments, ils peuvent les avancer, pour tenter de prouver qu’ils font bien de la recherche historique et non de la négation. Ce qui importe, c’est moins la sanction infligée à l’accusé reconnu coupable que le jugement rendu, lorsqu’il établit qu’il y a bien négationnisme.  Si un jour un accusé démontrait qu’il contestait l’existence de la Shoah avec des méthodes parfaitement scientifiques (supposition théorique), alors un tribunal pourrait s’en rendre compte, la loi resterait valable, mais l’historiographie serait ébranlée.

Mais on ne constate chez les négationnistes que le déni des méthodes scientifiques. Le discours rationnel n’aura pas de prise possible sur eux. Et c’est justement pourquoi, avec les négationnistes, il n’y a pas de débat possible. Aussi, pour répondre aux vaillants défenseurs de la liberté d’expression soi-disant menacée par l’intrusion de la loi dans le domaine historique, prenons le cas d’un jeune historien qui aurait rédigé une thèse niant le génocide, mais de « bonne foi », c’est-à-dire que l’individu en question aurait fait preuve d’incompétence, d’absence d’esprits critique, et se serait tout bonnement fait manipuler par de vrais négationnistes. Notons que ce cas infirmerait a priori la thèse de l’article du PHDN, comme quoi tout négateur de la Shoah serait antisémite. Mais dans un procès, l’incompétent, s’il est honnête, admettra la médiocrité de ses méthodes, et renoncera à ses thèses. Le tribunal peut être clément. Si à l’inverse, il persévère, on n’est plus dans la bonne foi induite en erreur, mais dans le négationnisme, et le tribunal peut de plein droit sanctionner. Il n’y a quasiment que dans un procès qu’un tel individu peut être confronté à la critique des historiens sans échappatoire.

 

Négation de la Shoah , inséparable de l’antisémitisme

 

Au final, la thèse du PHDN n’est pas fausse : celui qui nierait la Shoah « de bonne foi » ne persévérera pas longtemps dans cette voie s’il a un minimum de lucidité et d’honnêteté. S’il n’a pas du tout de lucidité, il n’est pas responsable de ce qu’il fait. Il ne reste donc pour expliquer la persévérance dans la négation que le mépris des victimes, de leurs souffrances, le déni d’un crime qui visait un peuple entier, et en l’occurrence le mépris des Juifs et Tziganes. De surcroît, tout négationnisme tant à considérer que ceux qui parlent de la Shoah sont des menteurs, et que les peuples qui entretiennent la mémoire de leur martyre sont également mystificateurs. Donc oui, dans le cas du génocide juif, la négation consciente est bel et bien de l’antisémitisme.

 

 

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Published by DiadoreCronos - dans Nation
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