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Texte Libre

      Ce blog est lié au site www.pourlecommunisme.com, rédigé par un militant du PCF, dans le but de publier plus rapidement des positions et informations liées aux sujets du site. Il est également devenu un blog de suivi (discontinu) de l'actualité du PCF, de réactions à divers sujets n'ayant pas leur place sur le site.

     www.pourlecommunisme.com est un site qui s'attaque directement aux critiques faites contre le communisme (millions de morts imputés à l'idéal communiste, faillite économique, etc...). Il ne fait la promotion d'aucun régime existant ou ayant existé par le passé, s'efforce de comprendre les faits et de proposer des pistes pour l'avenir.

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8 janvier 2008 2 08 /01 /janvier /2008 21:21

Grands-et-petits---tats-copie-1.JPG


Je reprends par un sujet que j’avais déjà abordé dans un billet de mai dernier consacré à Philippe Val : mes positions concernant la « construction européenne »

 

Je ne suis pas un anti-européen fanatique. Je considère que l’Europe en tant que zone de libre-échange (avec bien sûr les exceptions qui s’imposent pour les services publics, et pas « services d’intérêt économique généraux », et la propriété publique), en tant que zone de circulation des personnes (mais pas en tant que forteresse), est une bonne chose. Cela peut surprendre de la part d’un communiste, mais comme je l’ai déjà dit dans un billet sur Alstom, je ne pense pas que le protectionnisme (dans lequel le PCF a encore voulu donner par ses propositions l’an dernier) ait quoi que ce soit de progressiste.

 

Mais je ne me considère pas non plus comme « alter-européïste ». La position dont je suis le plus proche est celle d’un arrêt de la « construction européenne », avec un recul des décisions supranationales prises à la majorité (que ce soit au Conseil des Ministres/de l’Europe, ou par la réduction des pouvoirs dudit « Parlement Européen » -et pourquoi pas sa suppression ?). N’ayant plus le temps d’écrire des pavés, je ne poste que l’une des critiques à porter à l’UE (je n’en ai pas 40.000 non plus) :

 

L’UE a trop de membres

A 27 pays membres, les partisans du ressuscité « Traité Constitutionnel Européen » nous expliquent qu’on ne peut plus gouverner «l’Europe » de la même manière, que la coopération intergouvernementale est une « vieille utopie » (le Traité de Rome prévoyait déjà en 1957 la prise de décision majoritaire au sein du Conseil des Ministres, validée par le Compromis de Luxembourg en 1966, avec la condition de "chercher l'unanimité"), que les souverainetés nationales devraient être davantage réduites, pardon, « partagées ».

 

Or tout ce discours n’est que prophétie autoréalisatrice. Chaque « élargissement » (encombrement plutôt) de l’Union Européenne a été présenté comme une « victoire », une « réunification de l’Europe » (comme si elle avait été unifiée un jour…ah si, temporairement et partiellement sous Hitler, mais nous nous garderons des amalgames). En quoi pourtant est-ce dramatique qu’un pays n’entre pas dans l’Union Européenne ? En quoi cela le prive-t-il de coopérer avec les états de l’UE ? De recevoir, si besoin est, des fonds et de l’aide technique ? De participer à des opérations humanitaires/militaires ? En rien. Comme je l’écrivais dans ma lettre de mai dernier à Philippe Val, « l’Europe » n’a jamais empêché aucune guerre, ni sorti un quelconque pays d’un régime dictatorial – toutes les dictatures européennes qui sont tombées dans ces cinquante dernières années l’ont fait de l’intérieur. Il est de surcroît complètement improbable qu’un état non-membre de l’UE vire dans « l’Axe du mal », devienne un allié de Ben Laden ou de Kim-Jong-Il.

 

Quand à l’argument comme quoi laisser à l’écart de l’UE un petit pays, c’est le laisser à l’impuissance, il est totalement erroné. Comme le montre très bien la Norvège, un petit état peut au contraire parfaitement tirer partie de sa petite taille, de sa neutralité, pour participer à des missions de médiations extérieures, alors qu’au sein de l’Union Européenne, les petits états restent ce qu’ils sont : de petits membres, avec de petites voix, et ce quand bien même on sacrifie le principe proportionnel au « Parlement européen » pour leur faire plaisir.

 

A l’inverse, si nous prenons quand même le parti (un peu utopique, j’expliquerai ensuite pourquoi) de dire qu’il faut quand même une alliance plus ou moins poussée entre états européens, un ensemble d’états formant une zone de libre échange/circulation, alors 7 ou 8 pays suffisent. Dans l’ordre décroissant de population : l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, l’Italie, l’Espagne, la Pologne, la Roumanie. Ces sept états forment 75% de la population de l’actuelle UE à 27. En ajoutant l’Ukraine, on a 70% de toute la population du continent européen hors Russie, en huit états seulement. C’est cette situation que j’ai représenté sur la carte en haut de l’article, avec l’Ukraine en bleu pâle, et tous les petits états de l’UE27 (moins de 20 millions d’habitants) en bleu clair.

 

Sur cette carte, trois états au centre, la France, l’Allemagne et l’Italie. Si une alliance approfondie devait vraiment être construite entre états européens, ces trois-là suffiraient. De taille comparable, sans aucun pour être majoritaire, avec des situations économiques très proches.

 

Mais là vous me direz : « Arrête ton délire. Une « Europe » à trois, ou sept, certains de nos ‘partenaires’ ne l’auraient jamais accepté. A commencer par l’Allemagne. ». Sans vouloir verser dans le mythe comme quoi la « construction européenne » se serait faite contre la France, il y a effectivement des états plus favorables que le nôtre à cette intégration insatiable de petits états pour sans cesse compliquer le fonctionnement de cette Union et appeler à toujours moins de souveraineté nationale. En intégrant le Bénélux dans la première CEE –ce qui était dispensable-, l’Allemagne s’est évitée un tête à tête avec la France, unique membre des signataires du Traité de Rome à être considérée comme un des vainqueurs de la Seconde Guerre Mondiale. Faire entrer plusieurs petits états a permis de moraliser les vues françaises de l’Europe comme coopération intergouvernementale, et ce en utilisant des petits pays qui n’avaient pas le passé honteux de l’Allemagne.

 

Parce que cette alliance (terme que je préfère à Union) européenne là n’aurait pas pu voir le jour faute de la volonté de certains, je considère que l’UE réelle et actuelle à 27 ne vaut pas la peine d’être continuée ni même maintenue, et qu’elle ne peut qu’effacer les souverainetés nationales au profit d’un système fatalement moins démocratique.

 

Fêtant cette année ses 51 ans, l’UE devrait envisager sa retraite anticipée.

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commentaires

akasha 13/01/2008 09:29

Je crois être plus radicale que toi dans mes propos surtout à l'égard de notre devenir.Pour moi, si je simplifie au maximum, les USA influencent le monde en terme d'économie. Regarde, sociologiquement et économiquement parlant nous suivons le modèle ricain avec une décennie d'écart, et ce n'est pas moi qui l'affirme, c'est un constat reconnu de sociologues.Sur un plan politique, effectivement il y a des différences mais qui s'effacent de plus en plus, sur toute la question sociale, notamment à cause du nouveau traité. Quand au niveau national français, je pense que le gouvernement adopte une stratégie de communication basée sur le sensationnel, sur le "show", bref à l'américaine.Ne te leurre pas notre président voulait le poste pour une question de pouvoir personnel, vraiment très égotique comme démarche, et non par altruisme comme il voulait nous le faire gober pendant sa campagne. Sais tu qu'il a reçu, lorsqu'il était ministre de l'intérieur, Tom Cruise qui recrute pour l'église de la scientologie (très riches actionnaires de multinationales qui influencent les gouvernements notamment aux réunions des Bildeberg qui se tiennent avant les réunions du G8), et ensuite c'est le super copain de Bush. Ne trouves tu pas que la libération, en Lybie, des infirmières bulgares avaient quelque chose d'américain sur les bords ? La diplomatie française se pratiquait en toute discretion jusqu'à présent !!!Pour finir, nous verrons ce que l'avenir nous réservera. Pourvu que nous ne nous fassions pas tatouer sur le front et implanter des puces sous-cutanée sans mot dire !!!

akasha 12/01/2008 09:19

Je pense que certains Français ne sont pas dupes et réalisent vraiment que nous glissons de plus en plus rapidement vers une Europe économiste (de toute façon l'UE fut créée dans cet unique but). L'Europe est une machine à créer des profits basés sur la spéculation monétaire (l'€ est plus fort que le $). Ensuite tout n'est que jeu de pouvoir entre USA, Europe et Asie sur un plan économique biensûr mais surtout sur un plan géopolitique.Et l'Homme dans tout ça ? Bientôt impuissant, réduit à l'état d'homo-économicus seulement, devant rapporter de l'argent et ne surtout pas penser pour ne pas se révolter !!! La machine est déjà en marche, et d'en citer la preuve avec l'application du traité européen sans consultation de l'avis des français (qui de toute façon auraient répondu non, effectivement plutôt pour s'opposer à la politique sarkosiste que par refus du traité lui-même) cependant les politiques ne doivent-ils pas consulter les électeurs lorsqu'ils prennent des orientations les concernant sur le long terme ? Me suis je faite une idée fausse de la démocratie ? Ou bien ne sommes nous déjà plus dans une démocratie ?

DiadoreCronos 12/01/2008 11:38

L'Europe est déjà économiste, elle ne s'est même construite que là-dessus, depuis la CECA (charbon et acier), la CEE présentée à l'origine comme un grand marché "de plus de 150 millions de consommateurs" (en 1957). L'Europe est effectivement une zone de libre-échange, ce qui en soi est plutôt une bonne chose. Même si je pense qu'on ne peut plus envisager le libre-échange aujourd'hui sans poser la question des coûts écologiques du transport (quoique le coût du carburant est déjà en train de nous revenir à la figure...).L'Union Européenne ne doit surtout pas être comparée aux USA en tant que puissance politique. Car les USA sont partie prenante de la construction européenne (http://www.lalettrevolee.net/article-3464443.html), alors que l'UE n'a rien à faire dans la politique US.Pour ce que tu dis sur l'Homme réduit à l'économique, je ne pense pas que l'homo economicus existe ou existera réellement, au niveau français, européen ou autre, mais en revanche le principe même du Parlement européen revient à "moyenniser" les tendances politiques des divers pays. On peut se féliciter de voir l'extrême-droite ne plus disposer d'un groupe d'eurodéputés, mais pour ma part je n'attends pas grand-chose d'un parlement où on ne trouvera, malgré une forme abatardie de proportionnelle (les députés ne représentent pas le même nombre d'habitants selon leur pays d'origine...), que centre-gauche, centre, et droite. Au niveau national, on trouve déjà beaucoup plus de diversité, quand le niveau européen oblige à choisir le dénominateur commun (comme par exemple les partis communistes et autres gauches radicales qui s'associent au sein du "Parti de la Gauche européenne", comme si "Gauche" suffisait à nous définir)...Pour ce qui est du référendum, oui, Sarkozy pourrait le perdre, mais je n'en suis pas du tout sûr. De toute façon, nous avons déjà voté, et il est innommable de nous faire revoter. La démocratie est une machine sympathique, sans doute pas le gouvernement le plus parfait qu'inventera l'humanité, et surtout elle est facile à verrouiller. Il suffit pour cela de diviser ses adversaires, quitte à se créer soi-même une opposition (comme Sarkozy a été l'opposition à Chirac tout en présidant l'UMP), de faire des plébiscites et référendums quant ça nous arrange et pas autrement...