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     Vous êtes anticommuniste et voulez débarasser le monde d'un jeune fou qui, selon vous, risque de faucher à nouveau des millions de vies?

Vous êtes stalino-maoïste (pardon : marxiste-léniniste-pensée-Mao-Zedong) et voulez écraser la vermine révisionniste que je suis?

Vous voulez simplement parler du communisme?

Alors ce blog est pour vous.

 

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Jeudi 2 novembre 2006 4 02 /11 /Nov /2006 14:52

J’écris ce billet à titre de présentation, mais aussi un peu pour donner un contre-exemple à ceux qui pensent que « ouais, bon, t’es coco parce que t’es jeune, plus tard tu verras… ». Combien de fois ai-je lu des textes de droitiers qui racontaient qu’ils avaient été de gauche voire communistes étant jeunes, puis qu’ils avaient « découvert les crimes du communisme », puis « l’incurie des économies administrées, jusque dans l’administration à la française », et qu’alors, ils avaient « ouvert les yeux », s’étaient tournés vers le « libéralisme », pour ne plus en démordre.

 

Et bien mon expérience est totalement inverse.


Quand j’étais plus jeune, j’étais vieux dans ma tête


Je me suis intéressé à la politique dès l’âge de 10-11 ans, et me souviens encore du jour de la première élection à la présidence de Jacques Chirac, en 1995. A l’époque, j’étais de droite. Mon père est médecin généraliste libéral, et lui aussi avait été de gauche étant jeune, soixante-huitard, avait voté Mitterrand en 1981, et avait été déçu au point de virer à droite, voire très à droite ensuite. Alors autant vous dire que je n’ai jamais ignoré les discours sur les « fonctionnaires feignants », les impôts trop élevés, la sur-administration de la France, et même de temps à autres les immigrés-qui-viennent-profiter-de-nos-largesses-sociales. N’ayant pas souvent eu d’excellentes relations avec mes professeurs, j’étais encore plus disposé à écouter le discours contre l’Etat, contre la fonction publique.

 Je n’avais pas davantage de sympathies pour le communisme. Quand fut paru « Le Livre Noir du Communisme » en 1997, je fus d’emblée partisan de ses thèses. Les communistes ne valaient pas mieux que les nazis, ils tuaient les « bourgeois » comme les nazis tuaient les juifs. Je me rappelle avoir même pensé qu’il fallait d’urgence envahir Cuba pour libérer son peuple du dernier « dictateur communiste ».

Mais il y avait cependant quelque chose chez moi qui faisait que je n’avais jamais été libéral pour autant. J’étais frappé que dans notre pays, plusieurs millions de personnes soient au chômage, et qu’en guise de solution, il aurait fallu « attirer les investisseurs » (je ne savais pas alors que la France attirait déjà beaucoup les investisseurs étrangers, ce qui ne résorbait pas le chômage pour autant). Je n’admettais pas que pour régler nos problèmes internes, il eût fallu se plier aux intérêts de personnes (physiques ou morales) privées et étrangères. Il y avait bien un moyen de remettre au travail les français par nous-mêmes, que diable ! Mes opinions n’en sont pas restées là, mais j’ai toujours conservé cette idée qu’il est inadmissible de confier notre avenir au « jeu des agents privés », en sachant que ceux qui décideraient de notre avenir ne seraient pas « tout le monde » (et là dessus, j’ai bien été confirmé, le « capitalisme populaire » est une farce), mais une minorité d’individus mieux dotés que les autres. Et je ne croyais pas non plus que les individus les plus riches soient les plus méritants.


Un déclic signé Gilles Perrault


Vers 14 ans, suite à de mauvaises discussions sur le Net, mes certitudes s’étaient en bonne parties effondrées, et je me suis retrouvé apathique pendant quelques temps. J’avais gardé mes idées d’antan sur certains sujets, comme l’anticommunisme. Et c’est au cours d’un été, 1999 je crois, que j’ai lu –ou plutôt relu- un article de Gilles Perrault paru dans Le monde Diplomatique en Décembre 1997. Vous pouvez le trouver sur :

 http://www.monde-diplomatique.fr/1997/12/PERRAULT/9660.html

 Dans un passage de l’article, Perrault s’en prend à la comparaison que dresse Stéphane Courtois (maître d’œuvre du Livre Noir) entre le « crime de race » nazi et le « crime de classe » imputé au communisme.

 «  Il [Stéphane Courtois] introduit donc le concept d’un « génocide de classe » qui serait l’exact équivalent du « génocide de race ». L’imposture intellectuelle sidère par son audace. Aux yeux des nazis, un Juif restait de sa conception à sa mort défini par sa judéité. Un bourgeois dépouillé de ses biens sort de la bourgeoisie. La Révolution française a voulu, et dans une certaine mesure accompli, la liquidation de l’aristocratie en tant que classe, ou caste. Mais les « ci-devant » dépossédés de leurs titres et privilèges n’étaient pas automatiquement promis à l’échafaud, où ils furent moins nombreux à monter que les ouvriers ou les paysans. »

Lors de ma première lecture de l’article en 1998, je ne compris pas les arguments de Perrault. Lorsque je relus l’article en 1999, ce fut le choc. Effectivement, on peut supprimer une classe sociale sans tuer ses membres. Si plus personne ne travaille la terre, il n’y a plus de paysans. Si personne ne travaille à l’usine ou n’a de boutique, plus d’ouvriers et de commerçants. Si plus personne n’a de capital productif privé, alors il n’y a plus de capitaliste, même sans tuer qui que ce soit. A l’inverse, un nazi considère le Juif comme indéfectiblement juif. Le seul moyen de supprimer une race dans l’optique nazie est de tuer tous ses membres, et c’est qui fut tenté par la Shoah. J’ai passé une nuit entière à essayer de batailler contre l’argumentation de Perrault. Mais si, il doit bien y avoir un moyen de montrer que les communistes veulent forcément exterminer les « bourgeois », puisque apparemment ils l’avaient fait dans les régimes de l’Est… Je devais me rendre compte plus tard que même la déportation des koulaks n’avait pas été une opération d’extermination comparable à la Shoah.


 
Ce fut la première étape de ma sortie de l’anticommunisme : le déconditionnement.

 
Auto-communisation

 
Le reste, je l’ai fait tout seul, sans aucun mentor, ni stage de formation théorique. De 1999 à 2001, j’avais cessé d’être anticommuniste, mais je n’étais pas communiste pour autant. J’avais cependant appris à faire la distinction entre l’idée communiste et les régimes qui s’en étaient réclamés. Mais je ne voyais pas, a priori, quelle nécessité on pouvait bien trouver à collectiviser ou planifier une économie.

 Puis en 2001, une brève réflexion au cours d’une heure de pause au lycée, et je me suis demandé qui pouvait bien prétendre être à l’origine de la création de la richesse matérielle. Qui, sinon le travail, la produisait ? Et quel était le rôle du propriétaire du capital ? D’avoir apporté ses machines, bâtiments, fournitures diverses ? Mais il ne les avait pas produit lui-même, la plupart du temps, il s’était contenté de régler les opérations financières qui permettaient aux travailleurs (qu’ils soient ouvriers, cadres, ingénieurs ou directeurs) de produire. Comme le disait Bernard Maris, « mettez vingt balles dans une boîte, enterrez-là, déterrez-là vingt ans après : ça fait toujours vingt balles ». Le travail seul crée la richesse, avec l’aide de la Nature. Le propriétaire du capital, en tant que propriétaire, ne produit rien. Celui qui prête de l’argent a bien entendu le droit de demander à le récupérer au bout d’un certain temps, avec même une compensation pour l’inflation pendant la période du prêt ; mais au-delà, s’il exige une rémunération nette, c’est un vol, même à 1% de la valeur ajoutée.


 Et c’est là que je me suis décidé. Les communistes avaient raison, à la base. L’exploitation existe, même si elle ne prend pas la forme d’un patron odieux en haut-de-forme martyrisant ses ouvriers. Elle existe par la simple rémunération du capital privé. J’ai ensuite dû affiner la chose : tous les salariés ne sont pas exploités au même niveau, certains sont eux-mêmes actionnaires, mais les cadres le sont nettement plus que les ouvriers, et la répartition du patrimoine financier en France est encore bien plus inégale que celle des revenus, 90% de ce patrimoine allant aux 50% de ménages français les plus aisés.


 
N’y a-t-il pas un moyen de remplacer les actionnaires privés, non pas par une planification en laquelle je ne crois pas, mais par un propriétaire démocratique, qui pourrait récupérer les bénéfices des sociétés au nom des salariés ? Plusieurs modèles se sont succédés dans ma tête. J’ai d’abord pensé à la propriété d’Etat généralisée, avant de considérer qu’il valait mieux avoir des représentants des salariés –ou même des travailleurs en général, indépendants compris- élus distincts du gouvernement. J’en suis arrivé à ce qui est publié sur mon site actuellement, en rubrique « programme communiste ».

Pour ceux qui m’accuseraient de « haine de classe », je tiens à vous dire une chose : je suis moi-même actionnaire. Mon père a tenu à placer pour nous des sommes qui seront partiellement investies en actions. Je toucherais donc probablement des dividendes venant d’entreprises pour lesquelles je n’ai pas pu fournir une once de boulot, puisque je ne sais même pas desquelles il s’agit, et que je n’ai pas besoin de le savoir. Ce qui m’a confirmé dans l’idée qu’à mon image, les actionnaires en tant qu’actionnaires sont des parasites économiques. Qui gagnent quand même plus d’une cinquantaine de milliards d’euros de dividendes par an en France. A comparer avec le coût des gaspillages publics. (Rassurez-vous, je ne resterai pas actionnaire longtemps : dès que je serai indépendant financièrement, je bazarde ce « patrimoine »)


 A ceux qui veulent m’apporter « la lumière », passez, j’ai déjà l’électricité (plus les soviets)

 


Il y a encore plein de choses à dire sur les raisons qui me font être et demeurer communiste aujourd’hui. Mais ce n’est absolument pas la peine de vouloir me « révéler » les crimes de Staline, Mao, Pol Pot, et j’en passe : c’est justement par là que j’ai commencé, quand j’étais anticommuniste sauce Courtois-Revel ! mon site parle assez abondamment des méfaits des ex-régimes de l’Est, tout en insistant bien sur les différences entre eux, ainsi que sur l’origine de la dictature dans ces états, et sur la différence de nature, d’objectifs et de méthode par rapport au nazisme.

 Ce n’est pas non plus nécessaire de me rabâcher « l’inefficacité » des économies administrées, leurs conséquences en terme de pénuries, de pauvreté, j’ai déjà lu sur ce sujet et ai exposé quelques causes de ces échecs dans la partie de mon site intitulée « Pourquoi l’échec de l’URSS ? ». La planification ne fait pas non plus partie de mon programme, car je considère qu’elle n’a pas de lien logique avec la collectivisation.

Quant aux administrations et aux entreprises publiques, j’y ai déjà travaillé deux fois. Je n’ai pas réellement assisté au spectacle de fonctionnaires payés à ne rien faire, mais plutôt régulièrement employés à des tâches d’utilité discutable. Au bout de deux semaines de travail en tant qu’ « instructeur » au Conseil Général de Vendée, on me demanda mon avis sur le service, et je répondis qu’en informatisant un peu plus on n’aurait pas eu besoin de m’employer. Je ne fus pas réembauché l’année suivante, contrairement à mon frère. Je ne suis en aucun cas un fan de l’Etat, des syndicats, de la fonction publique. Je suis tout à fait d’accord avec le principe de la responsabilisation des agents de l’Etat, de la rémunération au résultat, à condition qu’elle soit collective et non individuelle, car l’Etat n’est et ne sera jamais un employeur comme les autres, il peut très bien cacher un licenciement politique derrière un motif « d’incompétence », alors qu’un employeur privé préférera encore garder un bon ouvrier de gauche que de s’en débarrasser au profit d’un mauvais ouvrier, fut-il «jaune » et briseur de grève. Je ne suis pas « contre l’entreprise », mais je la préférerais propriété de l’ensemble de ceux qui y travaillent.

 

 Je suis communiste par conviction, et pas parce qu’un parti m’aurait séduit. Comme je l’écris dans « Misère de l’antilibéralisme », le programme du parti auquel j’ai adhéré, le PCF, me semble extrêmement mauvais, et pas communiste du tout. Denis Kessler (ancien trotskyste étant jeune, n°2 du Medef à l’époque de Seillères) disait : « Quand on n’est pas de gauche à vingt ans, c’est qu’on n’a pas de cœur ; quand on est toujours de gauche à quarante ans, c’est qu’on a pas de tête ». Dans ce cas, je n’avais pas de cœur étant plus jeune, mais, c’est étrange, les arguments des anticommunistes, même les plus-vieux-qu’on-tout-vu-tout-vécu me paraissent toujours aussi illogiques, peu en conformité avec les faits lorsqu’on creuse un peu les apparences. Je ne dois pas avoir de tête, peut-être.


 Quand les ex-communistes étaient jeunes, ils étaient cons ; ils sont restés très jeunes


Beaucoup de gens qui étaient « à gauche étant jeunes » furent en réalité des caricatures de ce qu’ils dénoncèrent plus tard : un tel adora Staline, Mao, croyaient être communistes parce qu’ils n’aimaient pas les riches, mais n’avaient même pas l’idée de ce que signifiait le mot « exploitation ». Plus tard, ils « découvrirent » les crimes de Staline, Mao, etc…, alors qu’ils n’avaient jamais eu l’idée de s’informer auparavant. Et vu qu’ils n’avaient jamais conçu le communisme comme une idée en soi plutôt que comme l’idôlatrie de tel ou tel « révolutionnaire », alors ils brûlèrent aussitôt ce qu’ils avaient adoré. Et n’avaient toujours pas davantage compris le communisme, ni dans les idées, ni même vraiment les faits.


 Mon avis ? A perdre ces « camarades » -là, nous autres communistes n’avons pas perdu grand-chose.

Par DiadoreCronos - Publié dans : Présentation
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Mercredi 1 novembre 2006 3 01 /11 /Nov /2006 19:47

Je suis membre du PCF depuis le 10 Septembre 2005, où j’ai rempli mon bulletin d’adhésion en pleine Fête de l’Humanité, au Bourget.

 

Je ne me suis jamais fait d’illusions sur le PCF. Je suis communiste depuis 2001, de par ma propre réflexion, mais je ne suis en aucun cas tombé amoureux du programme d’un parti politique existant. Et ce pour la simple raison qu’il n’y a pas de parti communiste en France, enfin qui soit digne de ce nom au sens où je le définis dans mon site (je ne prétends pas imposer ma définition au monde entier, mais c’est bien à cette définition du communisme que je me réfère puisque c’est la mienne !). 

 

Le PCF s’est rallié, en vue d’une candidature unitaire de la « gauche de la gauche », que j’approuve mais pas pour son programme, au « programme antilibéral » qu’on peut trouver sur ces sites :

http://www.mgbuffet.org/article.php3?id_article=147

http://www.alternativeagauche2007.org/spip.php?article385

 

Faire de l’anticapitalisme…mais avec l’accord des capitalistes.

 

Ce(s) programme(s) est très décevant. Car jamais il ne parle de la collectivisation de l’économie, alors que c’est le but final du communisme. Mais bien sûr je prévois la réponse : « tous les courants de la gauche antilibérale ne sont pas communistes ». mais la LCR et le PCF sont pourtant censés s’en réclamer. Quant aux mouvements « antilibéraux » style ATTAC, le mARS, la Fondation Copernic, les Alternatifs, les altermachins et autres écolos non voynetistes, je me demande pourquoi faudrait-il accepter de renoncer à la visée communiste  pour séduire ces formations dont le poids électoral est négligeable, et doit être considéré comme tel même pour des associations ayant des dizaines de milliers de membres comme ATTAC, car ATTAC n’est pas et ne veux pas être un parti politique avec des scores électoraux. Pourquoi, quitte à faire l’union, ne pas vouloir se recentrer uniquement sur l’axe LCR-PCF, qui eux seuls sont des formations politiques ayant un parcours électoral, et qui en plus se réclament tous deux du communisme ? Pourquoi s’enquiquiner à vouloir faire l’unité à plein quand la réaliser à deux serait déjà un bon résultat ?
 

Ensuite, on me répondra : « mais ça viendra la collectivisation, mais d’abord, il faut passer aux mesures d’urgence, comme la hausse du Smic, des minima sociaux etc… » Et bien je vous réponds non. La collectivisation n’est pas un lointain but que l’on réalisera quand on sera au pouvoir depuis longtemps. Car avec un tel programme que celui des « antilibéraux », on ne risque pas d’être au pouvoir bien longtemps.

Le programme « antilibéral » exprime un projet d’économie cadenassée dans une multitude de lois, de hausses d’impôts, appuyées par des affirmations économiques branlantes, où l’Etat aurait pour rôle de fixer le Smic à tant, les conditions de travail, d’interdire la précarité, d’interdire ceci, d’interdire cela, et l’Etat serait le seul rempart des salariés face à leurs employeurs –un rempart drôlement bureaucratique et éloigné des salariés, et qui a déjà plein d’autres affaires à gérer. Mais le pire, c’est cette logique de l’augmentation des prélèvements, « en prenant sur les profits », tout en refusant de passer de la propriété privée des entreprises à une propriété collective.

Bref, on demande aux capitalistes de bien vouloir continuer à gérer les entreprises, ou du moins à superviser leur rentabilité, tout en ne faisant pas ou presque plus de profits !

Le problème de ce programme « antilibéral » n’est  pas qu’il soit trop à gauche : il ne l’est pas assez.

 
Pour moins de bureaucratie, collectivisons !
 

 
Dans le programme de collectivisation que j’expose dans mon site

(http://www.pourlecommunisme.com/VII%20Un%20programme%20Communiste%20-%20Programme%20éco%20marché.pdf), le but n’est pas de hausser les impôts ni de farcir le pays d’une série de lois supplémentaires, mais avant tout de créer des structures (ici nommées les caisses salariales), qui soient dirigées par des élus des salariés, et qui remplacent carrément les actionnaires privés. Bien sûr, pour assurer le fonctionnement de l’économie collectivisée, il faut également une épargne collectivisée, sans quoi les entreprises seront en asphyxie de capitaux très rapidement ; cette épargne n’est pas un impôt, puisque l’épargnant doit conserver la possibilité de la retirer en cas de besoin et/ou au bout de plusieurs années.


Il est important que ces caisses salariales soient indépendantes de l’Etat
, qu’il y en ait plusieurs afin que les électeurs puissent comparer les gestions avant de réélire ou de sortir leurs élus. Il faut aussi préciser que ce projet n’a rien à voir avec la propriété des entreprises par les salariés de l’entreprise même –ce qui ne ferait que conforter la très grande inégalité entre salariés des PME et des grandes entreprises publiques comme EDF. Les salariés ne doivent être propriétaires ni au niveau individuel, ni de l’entreprise, mais au moins régional ou départemental.


Certains diront que ce système serait absolument bureaucratique, tel feu le système soviétique (en omettant un « détail », c’est que le système soviétique n’était pas démocratique, le pouvoir n’avait, en économie comme ailleurs, aucune responsabilité devant les travailleurs). Je pense le contraire. Dans une économie où les salariés sont collectivement propriétaires des entreprises, il n’est plus besoins de prélever l’impôt sur les sociétés sur les bénéfices touchés par le salariat : si la collectivité des salariés utilise ces bénéfices pour le financement d’emplois et/ou de salaires, le taux de cotisations sociales dépasse déjà celui de l’IS. Il n’est pas non plus besoin de bricoler toute une nouvelle législation concernant les licenciements massifs, car les salariés pourront faire appel à leurs élus en qualité de propriétaires des entreprises concernés, sans avoir besoin de sonner l’Etat. Enfin, pour ce qui est du salaire minimum, des conditions et du temps de travail, la collectivité des salariés, propriétaires des entreprises, sera beaucoup plus forte pour négocier des accords réalistes –car les salariés n’ont pas non plus intérêt à l’effondrement de leurs entreprises-, plutôt que d’espérer de l’Etat qu’il promulgue de nouvelles lois qui peuvent ne pas tenir compte de la réalité des entreprises dans une région donnée, en sachant que l’Etat peut survivre à la chute de plusieurs milliers d’entreprises, mais plus difficilement les salariés et les élus des caisses si une région entière entre en crise.


 Passage en revue du « programme antilibéral »


Revenons à ce programme (enfin la version du PCF); il accumule :

 -les nouvelles lois décidées par l’Etat « pour les salariés » plutôt que par les élus salariés eux-mêmes :

« Un plan pluriannuel de résorption de l’emploi précaire sera mis en place dés le début du quinquennat dans le public comme dans le privé. » « Face aux délocalisations et restructurations, les salariés et leurs institutions représentatives auront la possibilité d’imposer des moratoires suspensifs. » Bref, la possibilités pour les salariés de faire examiner leurs plans alternatifs pour l’entreprise. En sachant qu’ils n’en sont toujours pas propriétaires, et qu’ils pourront donc aller se brosser, même avec le soutien des préfets et autres commissions publiques chargées de lire leurs textes.

 « La sécurisation de l’entrée des jeunes dans l’emploi…Elle se fondera sur des objectifs d’emploi et de formation dans les bassins d’emploi ; des obligations et la responsabilité sociales des entreprises » ; « Il faut ensuite aller vers les 32 heures sans réduction des salaires. » ; « Le SMIC à 1 500 euros bruts par mois pour 35 heures » ;  « La convocation immédiate d’une conférence nationale sur les salaires, l’emploi, les qualifications et la formation sur la fin du gel des salaires, la reconnaissance des qualifications, la relance des politiques de formation, l’égalité salariale homme-femme, la réforme de la gestion de l’épargne salariale, la fin des discriminations salariales de toutes nature, l’extinction des "emplois pauvres" [Ouf !]. » 

Et bien sûr, si vous osez penser que certaines entreprises peuvent ne pas supporter les 32 heures, ou le Smic à 1500 euros (tout de suite, car atteindre ce chiffre en 2012 ne serait pas extraordinaire en soi) sans supprimer des emplois, alors on vous traitera d’ultra-libéral. Etant partisan de la collectivisation, je ne suis en aucun cas « libéral », mais vouloir collectiviser ne signifie pas qu’on pense que toutes les entreprises auraient des trésors cachés, permettant de financer une RTT ou un Smic uniforme dans toutes les entreprises. La collectivisation permettrait au contraire une gestion plus « cas par cas » des accords entre collectivité des salariés et entreprises.

-de nouvelles dépenses :

 « Les taux et la durée d’indemnisation du chômage seront rapidement revalorisés, », « une sécurité sociale universelle, ouverte à tous, allant vers le remboursement à 100% », « La loi Fillon et les décrets Balladur-Veil de 1993 doivent être abrogés, pour rétablir un droit à la retraite à 60 ans à taux plein, avec 37,5 années de cotisations, et développer le système de retraite par répartition. » ; « Le montant de la pension doit être garanti à 75% du salaire brut moyen des dix meilleures années pour les salariés du privé. ».

Et quand on demande le financement de tout cela (et encore, j’ai pas tout cité)?

Programme du PCF : « Le financement de ces mesures peut être assuré par une nouvelle politique d’emplois et une mise à contribution des revenus financiers du capital, notamment des entreprises, au même taux que les salaires. »


Programme « antilibéral » : « Le premier objectif est un nouveau partage de la richesse nationale visant à reconquérir la part des salaires dans la valeur ajoutée telle qu’elle était au début des années 1980. Cela représente d’environ 165 milliards d’euros chaque année (10 % de la valeur ajoutée). Ce déplacement s’opérera par la fiscalité, les cotisations patronales, les diverses mesures sociales (hausse du SMIC, des salaires, sécurisation des parcours de travail et de vie, baisse du temps de travail créatrice d’emplois, etc), le développement des activités qui entraînent une amélioration des rentrées fiscales et sociales. Quelques indications : 1 million de chômeurs en moins et 1% de croissance supplémentaire entraînent respectivement environ 9 et 3 milliards d’euros de rentrées fiscales supplémentaires. »
 (http://www.alternativeagauche2007.org/spip.php?article380 ; http://www.alternativeagauche2007.org/spip.php?article380 )  

 

Problème : les affirmations du « programme antilibéral », sur les « 165 milliards d’euros » pris par le capital depuis le début des années 1980 sont très contestables : en 1980, la part des salaires était historiquement élevée dans la valeur ajoutée, au point que les investissements et même les profits tombaient à une quasi-nullité. Ensuite, la somme TOTALE des revenus du capital en France en 2005, tels que les publient l’INSEE (et qu’on peut aussi lire dans le numéro spécial d’Alternatives Economiques sur les chiffres de l’économie 2005) est d’un peu moins de 160 milliards d’euros…60 milliards d’euros de dividendes, 70 milliards d’intérêts et de revenus de l’assurance-vie, environ 20 milliards de revenus réels du logement, voici les revenus de la propriété perçus par les ménages. Y retirer 160 milliards d’euros signifierait les réduire à rien. Et cela n’a aucun sens si en même temps on refuse de passer à une économie collectivisée. Et même monter les cotisations, même « patronales », n’aurait pas l’effet escompté, car sur long terme les entreprises répercuteront la hausse des cotisations par une moindre augmentation des salaires, et c’est ce qu’elles font depuis trente ans, pendant lesquels les salaires ont encaissé l’essentiel de la hausse des cotisations sociales.

 

Conclusion

L’histoire des « 10 points de PIB  perdus au profit du capital », qui s’est répandue comme une traînée de poudre dans la gauche de la gauche sans qu’on cherche vraiment à vérifier, sous-tend qu’il y aurait eu, il y a 25 ans, un capitalisme « meilleur » que celui d’aujourd’hui. Ce n’est pas vrai, et chercher à y « revenir » n’a pas de sens. On peut « prendre sur les profits », pour financer des emplois par exemple, mais en contrepartie il faut assumer la charge de remplacer les actionnaires privés dans leur rôle de propriétaires des entreprises, et donc s’intéresser à leur gestion. Et cette tâche est plus destinée aux salariés, directement concernés, qu’à l’Etat et aux syndicats.

La collectivisation ne doit pas être vue comme « un objectif à long terme » ; elle doit être le mot d’ordre actuel, car un programme « super-social-démocrate » comme celui du PCF ou des « antilibéraux » ne mènera que dans le mur, et à court terme.

Par DiadoreCronos - Publié dans : Economie
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Mercredi 1 novembre 2006 3 01 /11 /Nov /2006 02:36

D’abord je me présente : je suis Aurélien, communiste depuis bientôt l’âge de seize ans –mais ça passera avec l’âge, qu’on me dit…- et adhérent sans illusions du PCF depuis Septembre 2005. 

J'ai créé le site www.pourlecommunisme.com  en Septembre 2005, après plusieurs mois de travail et de lectures. Son but est simple: puisque je n'arrivais pas à trouver sur le Net un site de gauche communiste qui présente un argumentaire solide dans la défense du communisme, des idées de gauche et une critique rationnelle des thèses de la droite, j'ai décidé de lancer mon propre site, sans expérience de webmaster -le site n'est graphiquement pas beau, et pour tout dire, je m'en fous tant qu'il est lisible. Le site a reçu, dans ses 14 premiers mois d'existence, près de 2500 visites, ce qui est mieux que rien mais reste assez confidentiel. 

Et c’est surtout en réalisant le temps qu’il fallait pour mettre à jour le site que je me suis décidé à ouvrir un blog, non pas pour « succéder » au site, mais pour jouer le rôle d’une interface vivante avec le reste du monde internaute. J’y mettrai ainsi plus rapidement des mises à jour qui finiront peut-être sur le site, qui pourront être commentées, qui permettront un débat avec les lecteurs (vivement souhaités et attendus !).

Sur le blog seront abordés les mêmes sujets que sur le site : la conception du communisme, la critique du capitalisme, l’Histoire du communisme et du capitalisme, les programmes possibles pour la transformation de la société.

Je préviens d’entrée de jeu que les commentaires stupides du style : « petit crétin, t’as rien compris à la vie », ou « salauds de gauchistes, vous ruinez la France » seront purement et simplement ignorés, et, si cela m’est possible, supprimés. Je ne cède pas non plus devant les intimidations à base de manipulation des victimes des ex-régimes de l’Est, le rôle de mon site étant de proposer un projet communiste distinct de ces régimes. Sinon, pour peu que vous soyez disposé(e)s à discuter et lire sans mépris ni injure, alors bienvenue.

 

 

 

 

 

 

Par DiadoreCronos - Publié dans : Présentation
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